Suite à l'ordre du général Lecomte, un seul coup de feu est tiré sur les gardes nationaux par un provocateur, un sergent de ville déguisé. Il est repéré et malmené par la foule. Les gardes nationaux ont le sang-froid de ne pas riposter.
Les soldats n'ont pas obéi à l'ordre de sabre. Lecomte tente une autre approche : faire tirer sur la foule pour la disperser. Mais là encore, les hommes du 88e refusent. Dans la confusion, un seul coup de feu part — tiré non pas par un soldat de ligne, mais par un sergent de ville en civil infiltré dans la foule, rue Muller.
Le coup ne fait pas de blessé grave. Mais il pourrait tout faire basculer — une fusillade en réponse, une mêlée générale. C'est l'instant le plus dangereux de la matinée.
La foule repère l'homme. Il est malmené, saisi. Mais les gardes nationaux présents gardent leur sang-froid : ils empêchent un lynchage, contiennent les réactions les plus vives. Il n'y a pas de riposte armée. Ce détail — souvent oublié dans les récits de la journée — est essentiel : c'est la discipline des Fédérés, et non une explosion de violence, qui détermine le cours des événements sur la butte ce matin-là.
L'incident du sergent de ville déguisé soulève une question que les historiens ont posée depuis : l'opération comportait-elle des provocateurs chargés de déclencher une fusillade qui aurait justifié a posteriori la répression ? La propagande versaillaise avait besoin de faire passer les Fédérés pour des agresseurs. Ce tir isolé, s'il avait entraîné une riposte, aurait fourni le prétexte. Il n'a pas suffi.