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Couverture — Souvenirs d'un garde national pendant le siège de Paris et pendant la Commune
Bibliographie

Souvenirs d'un garde national pendant le siège de Paris et pendant la Commune

GUILLAUME Georges
Hachette BnF, 1871.
69 Fiches citant cet ouvrage
1871 Édition

Fiches citant cet ouvrage

69 fiches
Événement
1871
22 janvier 1871
t1 p 226
Chaudey fait tirer sur la foule protestant contre le défaitisme du gouvernement ; la fusillade fait 5 tués, dont Sapia, et 18 blessés du côté des manifestants, 2 blessés dont un officier du côté de "l'ordre"
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Événement
1871
21 janvier 1871 — Prison de Mazas
t1 p 226
Libération de Gustave Flourens et Henry Bauër, emprisonnés après le 31 octobre
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Événement
1871
3 mars 1871 — Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall)
t2 p 64-65
Adoption des statuts de la Fédération républicaine de la Garde nationale, dite plus simplement Fédération de la Garde nationale, par les délégués de 215 bataillons. Unification avec le "Comité fédéral républlicain"
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Événement
1871
14 mars 1871 — Palais Brongniart/Bourse des valeurs
t2 p 48-53
Assemblée générale des négociants, commerçants, industriels et constructeurs qui protestent contre la loi sur les échéances promulguée le 13 et appliquée le même jour
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Événement
1871
25 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante (dite barricade du Château d'Eau)
t2 p 305
Auguste Vermorel est blessé au cours de la défense du Château d'Eau. Il mourra en captivité à Versailles, faute de soins, lui qui s'était opposé aux exécutions
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Événement
Événement
Événement
1871
22 mars 1871 — Mairie du 1er arrondissement
t2 p 155-162
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Événement
1871
18 mars 1871 — Poste de la Garde nationale de la rue des Rosiers
t2 p 67
Bergeret est nommé chef de la Légion de Montmartre. Les Fédérés montmartrois ont constitué un comité de la Garde nationale indépendant de la Fédération
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Événement
1871
18 mars 1871
t2 p 111-115
Clément-Thomas, un des bouchers de Juin 1848, et considéré comme le responsable de l'échec de Buzenval, reconnu et arrêté au coin de la rue des Martyrs, est emmené au poste de la rue des Rosiers où il va être exécuté
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Événement
1871
17 mars 1871
t2 p 91
Concentration de troupes destinées non seulement à récupérer les canons de la Garde nationale fédérée mais aussi à écraser la révolte communaliste dans l'œuf ; un de ses régiments rendra les armes
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Événement
Événement
1871
18 mars 1871 – 1910 — Jardin de la veuve d'Eugène Scribe/Poste de la Garde nationale de la rue des Rosiers
t2 p 109-119
Exécution des généraux Claude Lecomte et Jacques Clément-Thomas ; le premier pour avoir donné l'ordre de tirer sur le peuple, le second en tant que massacreur de Juin 1848 Dans l'après-midi, Lecomte est transféré du Chât …

Exécution des généraux Claude Lecomte et Jacques Clément-Thomas ; le premier pour avoir donné l'ordre de tirer sur le peuple, le second en tant que massacreur de Juin 1848

Dans l'après-midi, Lecomte est transféré du Château Rouge au 36 rue du Chevalier de la Barre — l'ancien jardin de la veuve d'Eugène Scribe, devenu le poste de commandement des bataillons montmartrois. C'est là que tout bascule.

Un homme en civil est amené dans la cour au même moment : le général Jacques Clément-Thomas, reconnu sur un boulevard alors qu'il inspecte des barricades. Son nom suffit à enflammer la foule. Commandant de la Garde nationale pendant le siège, il est surtout dans les mémoires populaires comme l'homme de juin 1848 — l'officier qui avait participé à l'écrasement sanglant de l'insurrection ouvrière, faisant des milliers de morts dans les faubourgs. Vingt-trois ans de rancœur remontent d'un coup.

Les officiers fédérés présents — dont Théophile Ferré et Nicolas Garcin — tentent de contenir la foule et d'organiser un semblant de jugement. Clemenceau, prévenu, accourt mais n'arrive pas à temps. Un capitaine garibaldien, Herpin-Lacroix, risque sa vie pour s'interposer dans le couloir. En vain. La foule force l'entrée du jardin. Les deux généraux sont poussés dans la cour et fusillés — Clément-Thomas d'abord, Lecomte ensuite. Parmi les tireurs se trouvent des soldats du 88e, ceux-là mêmes que Lecomte avait fait enfermer le matin.

La propagande versaillaise fera de cet acte le symbole de la barbarie communarde. Les historiens ont depuis établi qu'il fut le fait d'une foule incontrôlée — et non d'une décision du Comité central, qui n'en fut informé qu'après coup.

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Événement
1871
25 mai 1871 — Cimetière du Père Lachaise/Caveau de la famille Brizard
t2 p 302-305
Officier révolutionnaire né à Jytomyr, évadé de Russie après l'insurrection polonaise, Jarosław Dąbrowski, dit Dombrowski, commande pour la Commune la défense de la rive droite avec le grade de général. Le 23 mai 1871, a …

Officier révolutionnaire né à Jytomyr, évadé de Russie après l'insurrection polonaise, Jarosław Dąbrowski, dit Dombrowski, commande pour la Commune la défense de la rive droite avec le grade de général. Le 23 mai 1871, au pied de la barricade de la rue Myrha, il reçoit une balle et meurt quelques heures plus tard à l'Hôtel de Ville. Deux jours après, il est enterré au Père-Lachaise dans un linceul rouge, Vermorel prononçant son éloge. Sa tombe n'a jamais été retrouvée : sa mémoire est honorée au Mur des Fédérés.

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Événement
1871
20 mars 1871 — Demeure de Charles Vavin
t2 p 48-53
L'organisation patronale l'Union nationale du commerce et de l'industrie présente une protestation à l'Assemblée nationale contre la loi sur les échéances
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Événement
1871
22 mars 1871 — Banque de France (encore en travaux de construction)
t2 p 149
La Banque de France est transformée en camp retranché par un bataillon de gardes nationaux pro-versaillais : Jourde et Varlin qui venaient réclamer des fonds se voient répondre qu'on "ne traite pas avec des maisons incon …

La Banque de France est transformée en camp retranché par un bataillon de gardes nationaux pro-versaillais : Jourde et Varlin qui venaient réclamer des fonds se voient répondre qu'on "ne traite pas avec des maisons inconnues"

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Événement
1871
7 mars 1871 — Mont de Piété
t2 p 48-53
La vente des objets déposés au Mont de Piété, interrompue pendant le siège, reprend par ordre du gouvernement. Le 10 mars ce sera l'annulation du moratoire sur les loyers et les échéances. Cela sonne comme une provocatio …

La vente des objets déposés au Mont de Piété, interrompue pendant le siège, reprend par ordre du gouvernement. Le 10 mars ce sera l'annulation du moratoire sur les loyers et les échéances. Cela sonne comme une provocation

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Événement
1871
19 mars 1871 — Hôtel de Ville/Siège du Comité central de la Garde nationale (jusqu'aux élections)
t2 p 124
Le Comité central de la Garde nationale convoque la population pour des élections prévues pour le 22 mars. Elles seront reportées au 23 puis au 26. Antoine Fabre/François Fougeret
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Événement
1871
18 mars 1871 — Bal de la Tour de Solférino
t2 p 96-98
Le Garde national Fédéré Turpin, de faction au poste de garde de la tour de Solférino, est abattu par les gendarmes et les soldats du 88ème de ligne qui viennent récupérer les canons de Montmartre
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Événement
1871
1871 — Séminaire St Sulpice
t2 p 194
Le séminaire de St Sulpice est transformé en caserne puis en ambulance pendant la Commune
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Événement
1871
18 mars 1871 — Bal de la Tour de Solférino
t2 p 98-99
Lecomte fait enfermer des soldats du 88ème régiment de ligne qui ont fraternisé avec les Fédérés Verdaguer a dit « l'arme à terre ». Ses hommes ont obéi. Lecomte est désormais face à une troupe qui lui échappe — des sold …

Lecomte fait enfermer des soldats du 88ème régiment de ligne qui ont fraternisé avec les Fédérés

Verdaguer a dit « l'arme à terre ». Ses hommes ont obéi. Lecomte est désormais face à une troupe qui lui échappe — des soldats qui fraternisent avec la foule, qui distribuent leurs fusils, qui rient avec ceux qu'ils étaient censés disperser.

Sa réponse est celle d'un officier qui n'a plus que l'autorité formelle pour s'appuyer : il fait saisir et enfermer les soldats qui ont fraternisé. Le lieu choisi est le bal de la Tour de Solférino, rue Lamarck — une salle de danse reconvertie en geôle improvisée. Une dizaine, peut-être davantage, sont mis aux arrêts.

Le geste est vain. Il ne rétablit pas l'ordre — il l'aggrave. La nouvelle se répand immédiatement parmi les soldats encore en ligne : leur propre général fait emprisonner ceux d'entre eux qui ont refusé de tirer sur des civils. L'effet est inverse à celui escompté. Ceux qui hésitaient encore franchissent mentalement la ligne.

C'est aussi, paradoxalement, l'un des actes qui scellera le sort de Lecomte quelques heures plus tard. Quand il sera arrêté et conduit rue des Rosiers, parmi les plus ardents à réclamer sa mort se trouveront les soldats du 88e — ses propres hommes qu'il avait fait enfermer le matin même. La rancœur de la caserne s'ajoutera à la colère de la rue.

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Événement
1871
27 février 1871
t2 p 66-67
Les canons ramenés depuis la place Wagram à Montmartre sont entreposés boulevard Ornano dans un premier temps, avant d'être remontés au sommet de la Butte.171 pièces sur 417 au total soustraites aux prussiens
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Événement
1871
29 avril 1871
t2 p 272-276
Les francs-maçons des trois rites se rassemblent contre l'avis de leur direction pour aller négocier la paix sur les remparts ; 6 000 francs-maçons, représentant 45 loges
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Événement
1871
22 mars 1871 — Manifestation des tenants de "l'Ordre"
t2 p 152
Les manifestants de "l'Ordre" désarment les sentinelles gardant la place Vendôme
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Événement
1871
1er mars 1871
t2 p 34-45
Le 1ᵉʳ mars 1871, Paris vit l’une de ses journées les plus amères. En vertu des préliminaires de paix négociés à Versailles, 30 000 soldats allemands sont autorisés à occuper symboliquement les quartiers ouest de la capi …

Le 1ᵉʳ mars 1871, Paris vit l’une de ses journées les plus amères. En vertu des préliminaires de paix négociés à Versailles, 30 000 soldats allemands sont autorisés à occuper symboliquement les quartiers ouest de la capitale : ils doivent entrer par l’avenue de Neuilly, franchir la barrière de l’Étoile et descendre vers la Concorde. Vers 10 heures, les premières colonnes se présentent au bout de l’avenue de la Grande‑Armée : casques à pointe, manteaux gris, fifres et tambours en tête.

Autour d’eux, la ville s’est organisée pour exprimer son deuil et sa colère sans déclencher d’affrontement. Les statues de la place de la Concorde, notamment celle de Strasbourg, sont voilées de crêpe noir ; des couronnes et des fleurs sont déposées au pied des monuments. Des prolonges d’artillerie et des caissons ferment l’accès aux rues qui mènent vers les quartiers non occupés : les Parisiens ont vidé la zone, tandis que plus de cent mille gardes nationaux montent la garde en limite du périmètre assigné aux troupes prussiennes. Sur l’avenue de la Grande‑Armée et les Champs‑Élysées, les régiments allemands défilent presque dans le vide : peu de Parisiens aux fenêtres, presque aucun drapeau, une atmosphère de paysage figé.

Bismarck et Moltke, chefs civil et militaire de l’Empire allemand, ne s’aventurent guère dans la capitale : Bismarck s’avance un moment sur l’avenue de la Grande‑Armée, est reconnu et sifflé, puis fait demi‑tour ; Guillaume Iᵉʳ, qu’on annonçait à l’Élysée, n’entrera finalement pas dans Paris, l’Assemblée ayant ratifié très vite les préliminaires de paix pour hâter le départ des troupes. Le 3 mars au matin, la parade victorieuse prend fin : les derniers détachements quittent la ville par la même avenue, sous les regards d’une foule populaire qui, cette fois, suit les colonnes au plus près, gamins en tête.

Pour les contemporains, cette entrée du 1ᵉʳ mars reste un traumatisme symbolique : Paris, qui a tenu le siège pendant des mois, voit passer sous l’Arc de Triomphe et sur les Champs‑Élysées l’armée ennemie, sans pouvoir tirer un coup de feu. Dans les quartiers populaires, beaucoup considèrent que la vraie bataille est désormais à venir, non plus contre les Prussiens, mais contre le gouvernement de Thiers retranché à Versailles ; quelques jours plus tard, cette tension se déplacera vers les canons de la Garde nationale, et mènera à l’insurrection du 18 mars.

Parade Prussienne dans Paris, mars 1871

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Événement
1871
22 mars 1871
t2 p 150-154
Manifestation d'un millier de soi-disant "Amis de l'ordre" contre la Commune
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Événement
1871
22 mars 1871
t2 p 153
Manifestation des "Amis de l'ordre", un millier de provocateurs portant des rubans bleus comme signe de reconnaissance ; des coups de feu sont tirés sur les gardes nationaux qui répliquent. Deux gardes sont tués
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Événement
1871
24 mai 1871 — Séminaire St Sulpice (transformé en ambulance)/Lieu de massacre de Communards
t2 p 327-328
Massacre dans leur lit d'une soixantaine de Communards blessés, et assassinat du docteur Faneau qui s'y opposait. Selon une autre version, il s'agissait du docteur Fano, jeune médecin espagnol
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Événement
1871
12 avril 1871 — Demeure de Pierre Leroux
t2 p 207
Mort du philosophe socialiste Pierre Leroux, qui serait l'introducteur du mot "socialisme" en France. ierre Leroux meurt le 12 avril 1871 au 168 boulevard du Montparnasse, à soixante-quatorze ans. Dehors, Paris vit sa Co …

Mort du philosophe socialiste Pierre Leroux, qui serait l'introducteur du mot "socialisme" en France.

ierre Leroux meurt le 12 avril 1871 au 168 boulevard du Montparnasse, à soixante-quatorze ans. Dehors, Paris vit sa Commune. L'homme qui aurait introduit le mot « socialisme » dans la langue française s'éteint au milieu de la révolution dont il avait rêvé les fondements sans jamais en approuver la violence.

Il était rentré d'exil deux ans plus tôt, après dix-huit ans à Jersey puis à Lausanne — proscrit du coup d'État de 1851, compagnon de Victor Hugo dans l'île anglo-normande. Il était revenu vieilli, pauvre, oublié par presque tout le monde. Le Paris qu'il retrouvait en 1869 n'était plus celui de 1848, quand il siégeait à la Constituante et défendait le droit au travail à la tribune.

C'est pourtant dans ce Paris-là, vers 1833, que Leroux avait forgé le mot qui allait traverser les siècles — « socialisme », opposé à l'individualisme, désignant une pensée de la solidarité humaine. Le terme existait peut-être en anglais. C'est Leroux qui lui donna en français son contenu philosophique. George Sand, sa plus fidèle lectrice, en fit le socle de plusieurs de ses romans. Marx le lut. Jaurès s'en souvint.

Le 12 avril 1871, rien de tout cela ne compte plus. Leroux est trop malade pour descendre dans la rue, trop fatigué pour participer à quoi que ce soit. Il meurt dans son lit, boulevard du Montparnasse, pendant que la Commune tente d'inventer ce qu'il avait pensé. Marx, qui suivait les événements depuis Londres et qui avait rangé Leroux parmi les socialistes utopiques — admirant l'intuition, critiquant l'idéalisme —, ne mentionne pas sa mort. On l'enterre à quelques centaines de mètres, au cimetière du Montparnasse.

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Événement
1871
24 mars 1871 — Mairie du 1er arrondissement
t2 p 155-162
Négociations pour les élections de la Commune ; la mairie, aux mains des opposants à la Commune, sera reprise par Brunel
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Événement
1871
22 mars 1871
t2 p 150-154
Nouveau rassemblement des "Amis de l'ordre", auxquels sont distribués des rubans bleus comme signe de reconnaissance, en vue d'investir le quartier-général de la Garde nationale place Vendôme
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Événement
1871
26 février 1871
t2 p 74
Parc provisoire des canons ramenés de la place Wagram pour les soustraire aux troupes prussiennes. La place St Pierre sera transformée en camp retrancé par les montmartrois, garni de 30 canons et douze mitrailleuses
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Événement
1871
25 mars 1871 — Mairie du 1er arrondissement
t2 p 155-162
Paul Antoine Brunel et Lisbonne menacent la mairie du 1er arrondissement tenue par les élus de Paris opposants à la Commune, avec 450 hommes du 213ème bataillon de la Garde nationale ; Adam et Méline transigent et se ren …

Paul Antoine Brunel et Lisbonne menacent la mairie du 1er arrondissement tenue par les élus de Paris opposants à la Commune, avec 450 hommes du 213ème bataillon de la Garde nationale ; Adam et Méline transigent et se rendent

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Événement
1871
janvier 1871 — Maison au 14 rue Fermat
t2 p 22
Première victime tuée par un obus prussien tombé sur Paris. Ces bombardements ont fait en tout 107 morts sur le coup dont 31 enfants, 23 femmes et 53 hommes ; ainsi que 276 blessés dont certains sont décédés par la suite
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Événement
1871
29 avril 1871 — Cour carrée du Louvre (d'où part un cortège en direction de l'Hôtel de Ville)
t2 p 272-276
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Événement
1871
22 mars 1871
t2 p 154
Le 22 mars 1871, rue de la Paix, un homme observe depuis sa fenêtre la manifestation des Amis de l'ordre qui descend vers la place Vendôme. Il n'est pas français, n'a aucun intérêt partisan dans l'affaire, et ce qu'il vo …

Le 22 mars 1871, rue de la Paix, un homme observe depuis sa fenêtre la manifestation des Amis de l'ordre qui descend vers la place Vendôme. Il n'est pas français, n'a aucun intérêt partisan dans l'affaire, et ce qu'il voit le rend perplexe. Il s'appelle Philip Sheridan.

Sheridan est l'un des généraux les plus célèbres de la guerre de Sécession américaine — commandant de la cavalerie de l'Union, artisan de la victoire finale sur Lee en 1865. En 1871, il est à Paris en observateur militaire, envoyé par Washington pour suivre la guerre franco-prussienne. Il a assisté au siège, vu la capitulation, et se trouve encore dans la ville quand éclate la Commune.

Ce jour-là, il assiste donc à la fusillade de la place Vendôme depuis sa fenêtre de la rue de la Paix. Sa position lui permet de voir ce que la version versaillaise contestera ensuite : les coups de feu sont partis des rangs des manifestants, pas des gardes nationaux fédérés. Son témoignage, consigné dans ses mémoires et repris par plusieurs historiens de la Commune, contredit directement la propagande réactionnaire qui fera des fédérés les agresseurs de ce 22 mars.

Un général américain, vainqueur d'une guerre civile, témoin d'une autre — et dont la déposition froide et militaire pèse, dans l'historiographie de la Commune, bien plus que les indignations de la presse versaillaise.

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Événement
Événement
1871
18 mars 1871 — Rue Muller
t2 p 98-99
Suite à l'ordre du général Lecomte, un seul coup de feu est tiré sur les gardes nationaux par un provocateur, un sergent de ville déguisé. Il est repéré et malmené par la foule. Les gardes nationaux ont le sang-froid de …

Suite à l'ordre du général Lecomte, un seul coup de feu est tiré sur les gardes nationaux par un provocateur, un sergent de ville déguisé. Il est repéré et malmené par la foule. Les gardes nationaux ont le sang-froid de ne pas riposter.

Les soldats n'ont pas obéi à l'ordre de sabre. Lecomte tente une autre approche : faire tirer sur la foule pour la disperser. Mais là encore, les hommes du 88e refusent. Dans la confusion, un seul coup de feu part — tiré non pas par un soldat de ligne, mais par un sergent de ville en civil infiltré dans la foule, rue Muller.

Le coup ne fait pas de blessé grave. Mais il pourrait tout faire basculer — une fusillade en réponse, une mêlée générale. C'est l'instant le plus dangereux de la matinée.

La foule repère l'homme. Il est malmené, saisi. Mais les gardes nationaux présents gardent leur sang-froid : ils empêchent un lynchage, contiennent les réactions les plus vives. Il n'y a pas de riposte armée. Ce détail — souvent oublié dans les récits de la journée — est essentiel : c'est la discipline des Fédérés, et non une explosion de violence, qui détermine le cours des événements sur la butte ce matin-là.

L'incident du sergent de ville déguisé soulève une question que les historiens ont posée depuis : l'opération comportait-elle des provocateurs chargés de déclencher une fusillade qui aurait justifié a posteriori la répression ? La propagande versaillaise avait besoin de faire passer les Fédérés pour des agresseurs. Ce tir isolé, s'il avait entraîné une riposte, aurait fourni le prétexte. Il n'a pas suffi.

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Événement
1871
18 mars 1871 — Parc à canons des Buttes Chaumont (3 lieux différents, 52 pièces d'artillerie)
t2 p 97
Tentative manquée par les troupes de Thiers de récupérer les canons de Belleville parqués aux Buttes Chaumont ; seules 18 pièces sont enlevées. Trois coups de canons tirés vont donner l'alerte aux parisiens
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Événement
1871
18 mars 1871 — Ministère des Affaires étrangères
t2 p 120
Thiers convainc le gouvernement d'évacuer Paris, son vieux plan qui consiste à reculer pour mieux réprimer ; puis il s'enfuit. Il donne l'ordre d'évacuer les casernes pour rassembler les troupes à Versailles
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Événement
1871
20 mars 1871 — Palais Brongniart/Bourse des valeurs
t2 p 159
Un des quartiers généraux des "Amis de l'ordre" contre la Commune. Les maires et les adjoints s'y sont installés et prétendent représenter le pouvoir, face au Comité central de la Garde nationale
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Événement
1871
mars 1871 — Parc à canons de la Tour de Solférino
t2 p 67
Un des trois parcs d'artillerie de la Commune sur la butte Montmartre, fortifié par des marins. Les travaux sont dirigés par le commandant De Poulizac qui combattra ensuite dans les rangs des versaillais
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Événement
1871
1er mars 1871 — Barricade improvisée marquant la limite d'occupation par les prussiens
t2 p 34-45
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Événement
1871
mars 1871
t2 p 74
Une importante barricade est érigée rue des Acacias dès avant le 18 mars 1871, complément au dispositif de défense de la place St Pierre et de la Butte Montmartre
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Événement
1871
18 mars 1871 — Mairie du 2ème arrondissement
t2 p 134
Une réunion des maires et de députés de Paris organise une délégation auprès du gouvernement afin de tenter une conciliation avec le Comité central de la Garde nationale. Elle sera reçue par Ernest Picard, qui botte en t …

Une réunion des maires et de députés de Paris organise une délégation auprès du gouvernement afin de tenter une conciliation avec le Comité central de la Garde nationale. Elle sera reçue par Ernest Picard, qui botte en touche

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Événement
1871
18 mars 1871 — Mairie du 1er arrondissement
t2 p 134-135
Une seconde réunion des maires et de députés de Paris désigne une délégation de douze membres chargée d'aller négocier un compromis avec Versailles. Ils seront reçus par Jules Fabre qui leur opposera un refus
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Événement
1871
18 mars 1871
t2 p 99
Une soixantaine de gendarmes qui accompagnaient les troupes de ligne et qui avaient refusé de fraterniser avec les gardes nationaux Fédérés sont conduits et enfermés à la mairie de Montmartre
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Événement
1871
18 mars 1871 — Le Château Rouge (corps de garde Fédéré)
p 99-100
Le général Lecomte, ainsi que d'autres officiers, sont détenus au Château Rouge, dont le commandant Lartet qui parvient à s'enfuir. Lecomte est pris dans un premier temps pour le général Vinoy Le Château Rouge — une anci …

Le général Lecomte, ainsi que d'autres officiers, sont détenus au Château Rouge, dont le commandant Lartet qui parvient à s'enfuir. Lecomte est pris dans un premier temps pour le général Vinoy

Le Château Rouge — une ancienne demeure bourgeoise reconvertie en bal populaire, l'un des plus fréquentés de Montmartre — devient ce matin-là le quartier général des bataillons fédérés. C'est là qu'on conduit Lecomte après son arrestation, entouré d'autres officiers capturés dans la débâcle de l'opération.

L'arrivée du général est marquée par une confusion révélatrice : la foule le prend d'abord pour Vinoy, le gouverneur militaire de Paris. Vinoy — dont le nom symbolise à lui seul la répression — aurait été lynché sur place. Le capitaine Simon Charles Mayer, responsable du poste, doit intervenir pour faire comprendre à la foule qu'il s'agit de Lecomte, un officier d'un rang inférieur. Ce malentendu sauve momentanément la vie du général.

À l'intérieur, Lecomte est traité avec une relative correction par les officiers fédérés qui comprennent que le tuer serait une faute politique. Il signe l'ordre d'évacuation de la butte — un ultime acte d'autorité que personne n'exécutera. Le commandant Lartet, lui, profite de la confusion pour s'enfuir.

Mais dehors, la situation se détériore. Les soldats du 88e qu'il avait fait enfermer quelques heures plus tôt arrivent au Château Rouge. La rancœur est vive. Dans l'après-midi, Lecomte sera transféré rue des Rosiers — et l'arrivée simultanée du général Clément-Thomas, reconnu en civil dans le quartier, fera basculer la foule vers l'irréparable.

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Événement
1871
18 mars 1871 — Hôtel de Ville (salle St Jean)
p 100
Le Comité central de la Garde nationale s'installe à l'Hôtel de Ville qui arbore le drapeau rouge. Une marche sur Versailles est évoquée, mais malheureusement l'idée ne sera pas suivie d'effet. Vers vingt-trois heures, J …

Le Comité central de la Garde nationale s'installe à l'Hôtel de Ville qui arbore le drapeau rouge. Une marche sur Versailles est évoquée, mais malheureusement l'idée ne sera pas suivie d'effet.

Vers vingt-trois heures, Jules Ferry abandonne l'Hôtel de Ville. Le bâtiment, déserté par le dernier représentant du gouvernement légal à Paris, est aussitôt investi par les fédérés. Au fronton, le drapeau rouge remplace le tricolore.

Dans la salle Saint-Jean, le Comité central de la Garde nationale prend ses quartiers. Brunel, Moreau, Varlin, Bergeret, Eudes, Duval, Rigault, Jourde — les hommes qui ont suivi la journée depuis Montmartre se retrouvent là, face à une responsabilité qu'aucun n'avait tout à fait anticipée. Paris est à eux. Versailles est en fuite.

Quelqu'un évoque une marche immédiate sur Versailles. L'idée est là, brûlante, logique même : Thiers n'a pas encore reconstitué ses forces, la route est ouverte. Mais le Comité hésite. Il n'a pas de mandat pour gouverner la France — seulement pour défendre la Garde nationale parisienne. Il annonce des élections municipales et s'en tient là.

Ce scrupule de légitimité, que ses adversaires interpréteront comme une faiblesse fatale, dit quelque chose d'essentiel sur ces hommes : révolutionnaires, oui, mais républicains d'abord.

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Événement
1871
18 mars 1871 — Caserne Lobau/Souterrain de l'Hôtel de Ville
p 100
Un groupe de blanquistes tente de prendre l'Hôtel de Ville par surprise en empruntant le souterrain de la caserne Lobau. Il semble qu'il ait été pris finalement sans résistance Pendant que le Comité central hésite et tât …

Un groupe de blanquistes tente de prendre l'Hôtel de Ville par surprise en empruntant le souterrain de la caserne Lobau. Il semble qu'il ait été pris finalement sans résistance

Pendant que le Comité central hésite et tâtonne, un petit groupe de blanquistes prend les choses en main à sa manière. Edmond Levraud, Charles Amouroux, Fortuné Henry et Gaston Da Costa — quelques hommes résolus, formés à la culture du coup de force blanquiste — empruntent le souterrain qui relie la caserne Lobau à l'Hôtel de Ville. L'objectif : prendre le symbole du pouvoir parisien par surprise, avant que quiconque ne l'occupe officiellement.

L'initiative révèle la fracture qui traverse le mouvement révolutionnaire en ce 18 mars. Le Comité central — composé en majorité d'internationalistes, de proudhoniens, d'hommes attachés à la légitimité élective — répugne à s'emparer du pouvoir par un coup de force. Il veut des élections, une légitimité populaire. Les blanquistes, eux, ont une tout autre tradition : le parti révolutionnaire doit agir, prendre le pouvoir, puis organiser. Attendre, c'est laisser Versailles se ressaisir.

La tentative par le souterrain semble avoir réussi sans grande résistance — les soldats versaillais avaient déjà commencé à évacuer. Mais l'initiative blanquiste ne dicte pas les événements : c'est bien le Comité central qui s'installera quelques heures plus tard dans la salle Saint-Jean, en ordre, avec ses membres élus, sous le drapeau rouge.

La tension entre ces deux logiques — la démocratie fédérée et l'avant-garde révolutionnaire — traversera toute la Commune, jusqu'à sa fin tragique.

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