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Couverture — La Trosième défaite du prolétariat français (fac similé de l'édition de 1871)
Bibliographie

La Trosième défaite du prolétariat français (fac similé de l'édition de 1871)

Ressouvenances, 2009.
245 Fiches citant cet ouvrage
2009 Édition

Fiches citant cet ouvrage

245 fiches
Événement
1848
1848 — Hôtel de Poulpry/Comité de la rue de Poitiers (parti de "l'Ordre")
p 23-24
Rassemblement conservateur des orléanistes et légitimistes ; ils se rallieront à Louis-Napoléon Bonaparte, l'essentiel étant de "conserver"
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Événement
1870
11 septembre 1870 — Comité central révolutionnaire de la Corderie
p 41
Une ville qui s'organise pour se défendre est déjà à moitié en révolution. La Corderie du Temple, au 14 rue de la Corderie dans le 3e arrondissement, est depuis 1864 le coeur du mouvement ouvrier parisien: c'est là que s …

Une ville qui s'organise pour se défendre est déjà à moitié en révolution.

La Corderie du Temple, au 14 rue de la Corderie dans le 3e arrondissement, est depuis 1864 le coeur du mouvement ouvrier parisien: c'est là que siège la section parisienne de l'Association Internationale des Travailleurs, la Première Internationale. Le 11 septembre 1870, une semaine après la proclamation de la République, des délégués des comités de vigilance des vingt arrondissements s'y réunissent et constituent le Comité central de Défense nationale des Vingt arrondissements de Paris.

Le principe: deux délégués par arrondissement, formant une assemblée populaire parallèle au gouvernement officiel. La revendication: que la défense de Paris ne soit pas confiée aux seuls officiers de l'armée régulière et aux républicains modérés du gouvernement Trochu-Favre, mais qu'elle soit organisée démocratiquement, par et pour le peuple armé. Le Comité pousse à l'armement général, à la formation de bataillons populaires, à l'élection des officiers par leurs soldats: c'est le programme de la Convention en 1793, actualisé.

En face: le gouvernement de la Défense nationale, composé d'hommes que Blanqui appelle des "avocats" et que les délégués de la Corderie voient comme des obstacles à une défense vraiment populaire. Le Comité ne dispose ni de troupes ni de budget; son pouvoir est celui de la parole et de la pression. Il publie en janvier 1871 une "Affiche rouge" qui résume ses exigences et dénonce le gouvernement comme capitulard, exigeant la réquisition des vivres, la suppression du loyer pendant le siège, l'armement général. Ce programme sera celui de la Commune.

Les membres du Comité se retrouvent pour la plupart dans les instances de la Commune élue en mars 1871: Eugène Varlin, cordier et membre de l'Internationale, qui sera fusillé en mai 1871; Édouard Vaillant, futur fondateur du Parti socialiste; et d'autres militants dont les noms forment le répertoire de la démocratie ouvrière parisienne.

La Corderie est ainsi le berceau organisationnel de la Commune. Ce n'est pas une coïncidence: c'est le lieu où le mouvement ouvrier parisien a appris, depuis six ans, à débattre, à s'organiser, à formuler ses revendications politiques. Quand la Commune naît le 18 mars 1871, elle naît en partie de ce qui a été pensé et construit rue de la Corderie à l'automne 1870.

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Événement
1870
5 septembre 1870 — Siège de l'Association Internationale des Travailleurs/Comité central des Vingt arrondissements
p 41
Création du Comité central provisoire, qui devint le Comité central républicain des Vingt arrondissements, représentant les Comités de vigilance ; émanations de l'A.I.T.
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Événement
1870
8 octobre 1870 — Hôtel de ville
p 42
Le gouvernement n'a pas besoin de tirer sur les manifestants : il lui suffit d'envoyer contre eux les bataillons des beaux quartiers. Depuis le 19 septembre, Paris est enfermée. Le gouvernement de la Défense nationale mu …

Le gouvernement n'a pas besoin de tirer sur les manifestants : il lui suffit d'envoyer contre eux les bataillons des beaux quartiers.

Depuis le 19 septembre, Paris est enfermée. Le gouvernement de la Défense nationale multiplie les déclarations martiales et évite soigneusement l'action. Le général Trochu, gouverneur militaire, a un "plan" dont personne ne connaît le contenu et qui consiste, on le comprendra plus tard, à laisser la ville s'épuiser jusqu'à ce que la capitulation devienne acceptable. Les quartiers populaires réclament l'inverse : la sortie en masse, l'offensive générale contre les lignes prussiennes, la guerre à outrance.

Le 8 octobre 1870, cinq mille gardes nationaux se rassemblent place de l'Hôtel de Ville. Ils viennent en armes, en formation, avec leurs officiers élus. Ils demandent l'offensive et la levée du soupçon qui pèse sur les négociations de Jules Favre avec Bismarck. Auguste Blanqui, sorti de prison à la chute de l'Empire, est présent, comme Jean-Baptiste Millière, futur communard qui sera fusillé sur les marches du Panthéon en mai 1871.

La réponse du gouvernement est habile. Il ne fait pas tirer. Il appelle sur la place les bataillons de la Garde nationale des quartiers riches : le faubourg Saint-Germain, le quartier de la Bourse. Ces bataillons, composés de bourgeois, de commerçants et de rentiers, sont hostiles à toute agitation populaire. Ils submergent numériquement les manifestants. La place se remplit d'une foule contradictoire, et la manifestation perd sa signification politique. Jules Favre paraît alors et prononce une harangue. Il rassure, il promet, il ne s'engage à rien. La manifestation se disperse.

La Garde nationale de Paris compte alors des centaines de milliers d'hommes, armés par décret depuis septembre. Elle est traversée par la fracture sociale de la ville : les bataillons des arrondissements ouvriers contre ceux des arrondissements bourgeois. Cette fracture sera exactement celle du 18 mars 1871. Le 31 octobre 1870, trois semaines après cette journée, une tentative insurrectionnelle occupera brièvement l'Hôtel de Ville et prendra le gouvernement en otage. Elle échouera de peu.

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Événement
1870
31 octobre 1870 — Caserne Lobau/Souterrain de l'Hôtel de Ville
p 43
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Événement
1870
31 octobre 1870 — Ancienne mairie du 13ème arrondissement (dans un ancien pavillon d'octroi)
p 43
La mairie du 13ème est investie par les soldats du 101ème bataillon de la Garde nationale à l'annonce des tractations de Thiers avec Bismarck ; le drapeau rouge est hissé sur le bâtiment
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Événement
1870
31 octobre 1870 — Hôtel de Ville
p 43
Metz a capitulé, Thiers négocie avec Bismarck : Paris envahit l'Hôtel de Ville, séquestre le gouvernement, proclame la Commune, et perd tout avant l'aube. Trois nouvelles arrivent coup sur coup à la fin d'octobre 1870. B …

Metz a capitulé, Thiers négocie avec Bismarck : Paris envahit l'Hôtel de Ville, séquestre le gouvernement, proclame la Commune, et perd tout avant l'aube.

Trois nouvelles arrivent coup sur coup à la fin d'octobre 1870. Bazaine a capitulé à Metz le 27 octobre avec cent soixante-treize mille hommes, la plus grande reddition de l'histoire militaire française. Le Bourget, repris quelques jours plus tôt, est perdu. Et l'on apprend que Thiers négocie un armistice avec Bismarck. Pour les quartiers populaires, c'est la preuve de ce qu'ils soupçonnent depuis septembre : le gouvernement de la Défense nationale ne défend rien, il prépare la capitulation.

Le 31 octobre 1870, les bataillons de Belleville et des faubourgs marchent sur l'Hôtel de Ville. Un garibaldien du groupe de Paolo Tibaldi parvient à ouvrir les verrous d'une porte. La foule investit le bâtiment. Le gouvernement, réuni en séance, est fait prisonnier dans ses propres salles.

Les insurgés proclament la Commune et dressent des listes de gouvernement révolutionnaire. Gustave Flourens monte sur la table du conseil, en bottes. Blanqui arrive à la nuit tombée, après avoir attendu de voir la tournure des événements dans sa cachette du 191 rue du Temple, et installe son quartier général au café du Gaz, rue de Rivoli. Delescluze, Millière, Ranvier, Avrial, Jules Vallès sont présents. La mairie du 19e est occupée, celle du 13e aussi, où le drapeau rouge est hissé.

La confusion règne. Plusieurs listes concurrentes circulent, personne ne commande. Le gouvernement négocie, promet des élections municipales et l'impunité. Vers trois heures du matin, deux bataillons de mobiles bretons pénètrent par le souterrain reliant la caserne Lobau à l'Hôtel de Ville et libèrent les ministres. Trochu s'était déjà échappé.

Les promesses ne sont pas tenues. Flourens et Henry Bauër sont arrêtés. Blanqui, Flourens, Levrault et Cyrille seront condamnés à mort par contumace. Rochefort démissionne du gouvernement. Quatre mois et demi plus tard, le 18 mars 1871, la même ville recommencera et réussira.

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Événement
1870
31 octobre 1870
p 43
Occupation de la mairie du 19ème arrondissement par les insurgés de l'Hôtel de Ville
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Événement
1871
15 février 1871 — Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall)
p 50-51
Démission de Clément-Thomas. Désignation d'une commission des statuts par 3 000 gardes nationaux. Forme fédérative suggérée par Louis Chalain. Boursier propose que le département de la Seine devienne république indépenda …

Démission de Clément-Thomas. Désignation d'une commission des statuts par 3 000 gardes nationaux. Forme fédérative suggérée par Louis Chalain. Boursier propose que le département de la Seine devienne république indépendante.

Le 15 février 1871, la salle de bal du Tivoli Waux‑Hall, près de la porte Saint‑Martin, ne résonne pas de musique mais de prises de parole enfiévrées. Trois mille délégués de la Garde nationale parisienne y sont réunis pour discuter de l’avenir de ce corps armé, qui s’est radicalisé pendant le siège et refuse la capitulation et la perspective d’un désarmement imposé par l’Assemblée monarchiste élue le 8 février.

Depuis des mois, le général Jacques Clément‑Thomas, républicain « de la vieille roche », nommé commandant de la Garde nationale de la Seine, multiplie dissolutions de bataillons, ordres sévères, dénonciations publiques de l’« indiscipline » des gardes, en particulier dans les quartiers populaires comme Belleville. Aux yeux d’une grande partie de la troupe, il apparaît de plus en plus comme un général‑gendarme, plus préoccupé de maintien de l’ordre que de défense de Paris.

Face à la montée d’une organisation autonome des bataillons, Clément‑Thomas comprend qu’il ne « tient » plus la Garde nationale et remet sa démission autour du 14‑15 février. Le même jour, au Tivoli Waux‑Hall, les délégués adoptent une orientation inverse : ils désignent une commission chargée d’élaborer des statuts, sur une base fédérative proposée par Louis‑Denis Chalain. Il s’agit de reconnaître explicitement le droit des bataillons à s’organiser entre eux, par élus, en dehors du contrôle direct du gouvernement central.

Dans ce climat de bouillonnement politique, certains vont plus loin encore. Léopold Boursier suggère que le département de la Seine devienne une « république indépendante », idée qui préfigure, de façon radicale, l’autonomie communale que porteront bientôt les insurgés de mars. La démission de Clément‑Thomas et la réunion du Tivoli Waux‑Hall marquent ainsi un tournant : la rupture entre une partie de la Garde nationale et l’autorité gouvernementale est actée, et les bases de la future Commune de Paris commencent à se structurer, non plus seulement dans la rue, mais dans des salles de réunion comme celle‑ci.

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Événement
1871
27 février 1871
p 51-52
Les canons entreposés au Ranelagh sont récupérés par la Garde nationale et ramenés vers Montmartre, Belleville et la place des Vosges
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Événement
1871
27 février 1871
p 51-52
Les canons ramenés depuis la place Wagram à Montmartre sont entreposés boulevard Ornano dans un premier temps, avant d'être remontés au sommet de la Butte.171 pièces sur 417 au total soustraites aux prussiens
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Événement
1871
27 février 1871
p 51
Vinoy abandonne 227 canons et mitrailleuses, dont ceux de la place de Wagram ; à l'initiative de Lapie, le peuple les déplace avant l'entrée des prussiens, ils sont portés place des Vosges. Les troupes censées les garder …

Vinoy abandonne 227 canons et mitrailleuses, dont ceux de la place de Wagram ; à l'initiative de Lapie, le peuple les déplace avant l'entrée des prussiens, ils sont portés place des Vosges. Les troupes censées les garder laissent faire

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Événement
1871
28 février 1871 — Corderie du Temple
p 52
Réunion de l'A.I.T., de la Chambre fédérale des sociétés ouvrières et de la délégation des Vingt arrondissements qui s'oppose à une action suicidaire contre les prussiens lors de leur entrée dans Paris
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Événement
Événement
1871
3 mars 1871 — Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall)
p 54
Adoption des statuts de la Fédération républicaine de la Garde nationale, dite plus simplement Fédération de la Garde nationale, par les délégués de 215 bataillons. Unification avec le "Comité fédéral républlicain"
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Événement
1871
mars 1871 — Restaurant Lemardelay/Lieu de réunion du Comité fédéral républicain
p 54
Bergeret, Arnold et Viard participent au nom du Comité central de la Garde nationale fédérée à une réunion du Comité fédéral républicain de Montmartre et obtiennent la fusion des deux comités
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Événement
1871
14 mars 1871
p 54
Vinoy tente une seconde fois de faire reprendre par la troupe les canons entreposés place des Vosges. Les gardes nationaux Fédérés s'y opposent ; prémices du 18 mars
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Événement
1871
1er mars 1871 — Plate-forme du Moulin de la Galette
p 56
Cinq canons sont positionnés autour du Moulin de la Galette face à l'armée prussienne qui doit entrer dans Paris en vertu de la convention d'armistice signée par Thiers et Favre
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Événement
1871
18 mars 1871
p 62
Les canons laissés aux Batignolles sont enlevés par les troupes versaillaises sans coup férir au petit matin de la journée du 18 mars, preuve que les Fédérés ne s'attendaient pas à une telle manœuvre
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Événement
1871
18 mars 1871 — Poste de la Garde nationale de la rue des Rosiers/Champ des Polonais
p 63
Galdric Verdaguer donne l'ordre à ses soldats, du 88ème bataillon de ligne, de mettre l'arme au pied alors que le général Lecomte avait commandé de tirer sur la foule ; il sera pour cela fusillé le 22 février 1872 à Sato …

Galdric Verdaguer donne l'ordre à ses soldats, du 88ème bataillon de ligne, de mettre l'arme au pied alors que le général Lecomte avait commandé de tirer sur la foule ; il sera pour cela fusillé le 22 février 1872 à Satory.

Lecomte a ordonné de tirer sur la foule. Ses soldats refusent. C'est le sergent Galdric Verdaguer qui incarne et cristallise ce refus en une phrase restée dans l'histoire : « L'arme à terre ! »

Verdaguer est catalan, né à Millas dans les Pyrénées-Orientales. Simple sous-officier du 88e régiment de ligne, il n'est pas un révolutionnaire — rien dans son parcours n'annonce ce geste. Mais ce matin-là, face à la foule montmartroise désarmée, face aux femmes qui s'avancent vers les fusils braqués, il prend sa décision. Il désobéit à un ordre direct de son général. Ses hommes le suivent. Les crosses s'abaissent.

Ce moment — quelques secondes sur le Champ des Polonais — change le cours de la journée. Sans lui, une fusillade dans la foule aurait peut-être dispersé le rassemblement, sauvé l'opération, empêché la Commune. Avec lui, tout s'inverse.

La suite de l'histoire de Verdaguer est moins glorieuse. Arrêté après l'écrasement de la Commune, jugé par le conseil de guerre versaillais pour insubordination et trahison, il est fusillé le 22 février 1872 au camp de Satory — neuf mois après les événements. Il paie de sa vie le geste qui avait refusé de faire tirer sur des civils. Son nom figure dans les mémoires communardes. La République versaillaise l'envoya dans la fosse commune de Satory.

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Événement
1871
18 mars 1871 — Bal de la Tour de Solférino
p 63
Le Garde national Fédéré Turpin, de faction au poste de garde de la tour de Solférino, est abattu par les gendarmes et les soldats du 88ème de ligne qui viennent récupérer les canons de Montmartre
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Événement
1871
18 mars 1871
p 63
Le général Lecomte, face à la population qui s'oppose à la saisie des canons de Montmartre, donne à ses troupes l'ordre "sabrez-moi cette canaille !" Le soleil se lève sur Montmartre. Les attelages ne sont toujours pas l …

Le général Lecomte, face à la population qui s'oppose à la saisie des canons de Montmartre, donne à ses troupes l'ordre "sabrez-moi cette canaille !"

Le soleil se lève sur Montmartre. Les attelages ne sont toujours pas là. La foule, elle, est bien présente — et grossit à chaque minute. Place Saint-Pierre, au bas de la butte, des centaines de personnes font face aux soldats. Des femmes, des enfants, des ouvriers du quartier. Ils n'attaquent pas. Ils s'interposent, parlent aux soldats, s'approchent des canons. La situation échappe à tout contrôle militaire.

Lecomte, à bout, donne l'ordre à sa cavalerie : « Sabrez-moi cette canaille ! »

L'ordre ne sera pas exécuté. Les cavaliers restent immobiles. Ce n'est pas de la lâcheté — c'est quelque chose de plus profond qui se passe dans les rangs : ces soldats ne reconnaissent pas dans cette foule désarmée un ennemi à abattre. Certains ont eux-mêmes des parents dans ces quartiers. Beaucoup ont souffert du siège comme les Parisiens. Le mot « canaille » a achevé de retourner les cœurs.

C'est le témoin Noël de Poussargues qui rapportera cet ordre, l'un des plus compromettants de la journée. Il résume à lui seul la logique de Versailles face à Paris populaire — non pas une opération militaire, mais une démonstration de force contre le peuple désarmé. La propagande versaillaise s'emploiera ensuite à effacer ou minimiser ces mots. Ils resteront dans les mémoires communardes comme l'un des éléments qui rendirent l'exécution de Lecomte, quelques heures plus tard, inévitable aux yeux de la foule.

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Événement
1871
18 mars 1871 — Poste de la Garde nationale de la rue des Rosiers
p 63
Le poste de garde de la rue des Rosiers subit une violente fusillade de la part des troupes du général Lecomte. Les Fédérés sont cernés et obligés de se rendre ; ils seront libérés dans la journée Pendant que Lecomte att …

Le poste de garde de la rue des Rosiers subit une violente fusillade de la part des troupes du général Lecomte. Les Fédérés sont cernés et obligés de se rendre ; ils seront libérés dans la journée

Pendant que Lecomte attend ses attelages au sommet de la butte, ses troupes sécurisent le périmètre. Le poste de garde de la rue des Rosiers — le quartier général des bataillons de Montmartre, situé en contrebas du parc à canons — est une cible évidente. C'est de là que partiraient toute résistance organisée et tout contre-ordre.

Les soldats de Lecomte ouvrent le feu sur le poste. La fusillade est violente. Les Fédérés de garde sont cernés, contraints de se rendre. Ils seront détenus quelques heures avant d'être relâchés dans la journée — le gouvernement n'a pas prévu de les garder prisonniers, l'opération devant être achevée avant que Paris ne s'éveille.

Mais c'est précisément cette fusillade qui donne l'alerte dans le quartier. Le premier mort de la journée tombe ici : Germain Turpin, garde national en faction près du parc, est grièvement blessé par les tirs. Louise Michel, qui est de permanence au comité de vigilance tout proche, se précipite pour lui prodiguer les premiers soins avant qu'il soit conduit à l'hôpital — malgré l'opposition de Lecomte.

Le bruit des coups de feu se répand dans les ruelles endormies. Des fenêtres s'ouvrent. Des silhouettes descendent vers la rue. Le tocsin qui sonnait depuis les premières minutes de l'opération trouve maintenant un écho concret. La rue des Rosiers, qui sera quelques heures plus tard le lieu de l'exécution des généraux, vient d'entrer dans l'histoire du 18 mars**.**

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Événement
1871
18 mars 1871 — PC du général Vinoy
p 63-65
PC du général Vinoy lors de l'opération de récupération des canons qui va déclencher la Commune
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Événement
1871
18 mars 1871 — Rue Muller
p 63
Suite à l'ordre du général Lecomte, un seul coup de feu est tiré sur les gardes nationaux par un provocateur, un sergent de ville déguisé. Il est repéré et malmené par la foule. Les gardes nationaux ont le sang-froid de …

Suite à l'ordre du général Lecomte, un seul coup de feu est tiré sur les gardes nationaux par un provocateur, un sergent de ville déguisé. Il est repéré et malmené par la foule. Les gardes nationaux ont le sang-froid de ne pas riposter.

Les soldats n'ont pas obéi à l'ordre de sabre. Lecomte tente une autre approche : faire tirer sur la foule pour la disperser. Mais là encore, les hommes du 88e refusent. Dans la confusion, un seul coup de feu part — tiré non pas par un soldat de ligne, mais par un sergent de ville en civil infiltré dans la foule, rue Muller.

Le coup ne fait pas de blessé grave. Mais il pourrait tout faire basculer — une fusillade en réponse, une mêlée générale. C'est l'instant le plus dangereux de la matinée.

La foule repère l'homme. Il est malmené, saisi. Mais les gardes nationaux présents gardent leur sang-froid : ils empêchent un lynchage, contiennent les réactions les plus vives. Il n'y a pas de riposte armée. Ce détail — souvent oublié dans les récits de la journée — est essentiel : c'est la discipline des Fédérés, et non une explosion de violence, qui détermine le cours des événements sur la butte ce matin-là.

L'incident du sergent de ville déguisé soulève une question que les historiens ont posée depuis : l'opération comportait-elle des provocateurs chargés de déclencher une fusillade qui aurait justifié a posteriori la répression ? La propagande versaillaise avait besoin de faire passer les Fédérés pour des agresseurs. Ce tir isolé, s'il avait entraîné une riposte, aurait fourni le prétexte. Il n'a pas suffi.

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Événement
1871
18 mars 1871
p 64
Le général Susbielle fait charger la foule par les gendarmes à cheval ; la troupe fraternise, le capitaine Saint-James est abattu
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Événement
1871
18 mars 1871 — Lieu de l'arrestation du général Clément-Thomas
p 67-68
Arrestation du général Clément-Thomas, massacreur de Juin 1848, reconnu alors qu'il observait les évènements, en civil, dans la foule
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Événement
1871
18 mars 1871 — Mairie du 2ème arrondissement
p 93-94
Réunion des élus de Paris sur la conduite à tenir ; ils penchent vers la conciliation. Ils tentent d'imposer Langlois comme général commandant de la Garde nationale. Une minorité milite pour le ralliement à la Commune
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Événement
1871
18 mars 1871 — Mairie du 2ème arrondissement
p 93-94
Une réunion des maires et de députés de Paris organise une délégation auprès du gouvernement afin de tenter une conciliation avec le Comité central de la Garde nationale. Elle sera reçue par Ernest Picard, qui botte en t …

Une réunion des maires et de députés de Paris organise une délégation auprès du gouvernement afin de tenter une conciliation avec le Comité central de la Garde nationale. Elle sera reçue par Ernest Picard, qui botte en touche

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Événement
1871
19 mars 1871 — Mairie du 2ème arrondissement
p 96-97
Trois délégués du Comité central de la garde nationale concluent un accord avec les maires pour leur livrer l'Hôtel de Ville ; mais ils seront désavoués le lendemain au nom de l'intransigeance de l'Assemblée de Versaille …

Trois délégués du Comité central de la garde nationale concluent un accord avec les maires pour leur livrer l'Hôtel de Ville ; mais ils seront désavoués le lendemain au nom de l'intransigeance de l'Assemblée de Versailles

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Événement
1871
20 mars 1871 — Hôtel de Ville
p 97
Des représentants des maires se présentent pour prendre possession de l'Hôtel de Ville conformément à l'accord conclu la veille, mais que le Comité central refuse du fait de l'intransigeance de Versailles. Ils sont recon …

Des représentants des maires se présentent pour prendre possession de l'Hôtel de Ville conformément à l'accord conclu la veille, mais que le Comité central refuse du fait de l'intransigeance de Versailles. Ils sont reconduits

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Événement
1871
22 mars 1871 — Mairie du 9ème arrondissement
p 98-99
Les troupes de "l'ordre" occupent la mairie du 9ème après le 18 mars ; elles regroupent en tout environ 8 000 hommes
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Événement
1871
23 mars 1871 — Mairie de Montmartre
p 99
Clemenceau est mis en arrestation par le Comité de vigilance de Montmartre et expulsé de sa mairie. Le 23 mars 1871, cinq jours après le soulèvement, Georges Clemenceau est arrêté dans sa propre mairie. Ceux qui l'arrête …

Clemenceau est mis en arrestation par le Comité de vigilance de Montmartre et expulsé de sa mairie.

Le 23 mars 1871, cinq jours après le soulèvement, Georges Clemenceau est arrêté dans sa propre mairie. Ceux qui l'arrêtent sont Simon Dereure et Théophile Ferré, au nom du Comité de vigilance de Montmartre. Clemenceau est expulsé de la rue des Abbesses et remplacé.

Il n'a que trente ans. Maire du 18e arrondissement depuis novembre 1870, républicain intransigeant, il a tenté depuis le 18 mars de jouer les médiateurs entre le Comité central et les élus parisiens — réclamant des élections immédiates, courant de l'Hôtel de Ville aux mairies de quartier, ne dormant pas. Pour les communards de Montmartre, cette position médiane est suspecte. Clemenceau n'est ni avec eux ni franchement contre eux — il est pour la légalité républicaine, ce qui dans le contexte du moment ressemble à de la tergiversation.

Ferré, lui, ne tergiversera jamais. Blanquiste pur, il sera membre de la Commune, responsable de l'exécution des otages en mai 1871, fusillé à Satory le 28 novembre 1871 à vingt-cinq ans.

En 1871, la Commune ne pouvait pas savoir que l'homme qu'elle expulsait deviendrait le ministre de l'Intérieur réputé pour sa brutalité envers les grévistes, surnommé le premier flic de France — puis le président du Conseil de la victoire de 1918. Elle voyait en lui un gêneur ambigu. Sur le fond, elle n'avait pas tort.

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Événement
1871
22 mars 1871 — Grand Hôtel
p 99-100
QG de l'amiral Saisset contre le Comité central de la Garde nationale
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Événement
Événement
1871
22 mars 1871
p 102-105
Manifestation d'un millier de soi-disant "Amis de l'ordre" contre la Commune
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Événement
1871
22 mars 1871
p 102
Manifestation des "Amis de l'ordre", principalement bonapartistes, contre le Comité central de la Garde nationale. Le 22 mars 1871, les "Amis de l'ordre" descendent dans la rue. Partis de la place de l'Opéra et du Grand …

Manifestation des "Amis de l'ordre", principalement bonapartistes, contre le Comité central de la Garde nationale.

Le 22 mars 1871, les "Amis de l'ordre" descendent dans la rue. Partis de la place de l'Opéra et du Grand Hôtel, cocardes bleues à la boutonnière, ils convergent vers la place Vendôme au cri de : Vive l'ordre ! Vive la loi ! Sous la colonne, leur colonne — celle que Napoléon avait fait fondre avec le bronze des canons d'Austerlitz — ils entendent signifier au Comité central que Paris bourgeois existe encore.

Ils sont en majorité bonapartistes. L'ironie ne leur échappe peut-être pas, ou peut-être si : manifester pour l'ordre légal quatre jours après que Thiers a fui Paris en laissant la ville aux insurgés demande une certaine souplesse de conviction.

Jules Bergeret les attend. Commandant fédéré, il a déployé ses hommes autour de la place. La confrontation tourne à la fusillade — les gardes nationaux ouvrent le feu sur les manifestants qui s'enfuient. Le bilan est lourd : quinze morts et une dizaine de blessés parmi les manifestants, tous issus de l'aristocratie, de la finance et de la presse parisiennes.

C'est la première tentative organisée de la réaction parisienne contre le Comité central. Elle échoue, mais laisse des morts — ce qui radicalise les deux camps. Versailles en tirera argument. Dans six semaines, ce sera différent.

La colonne Vendôme, elle, sera abattue le 16 mai. Courbet en assumera la responsabilité, à ses dépens.

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Événement
1871
22 mars 1871
p 102-105
Manifestation des "Amis de l'ordre", un millier de provocateurs portant des rubans bleus comme signe de reconnaissance ; des coups de feu sont tirés sur les gardes nationaux qui répliquent. Deux gardes sont tués
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Événement
1871
22 mars 1871
p 102-105
Manifestation des "Amis de l'ordre", un millier de provocateurs portant des rubans bleus comme signe de reconnaissance ; des coups de feu sont tirés sur les gardes nationaux qui répliquent
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Événement
1871
22 mars 1871
p 102-105
Nouveau rassemblement des "Amis de l'ordre", auxquels sont distribués des rubans bleus comme signe de reconnaissance, en vue d'investir le quartier-général de la Garde nationale place Vendôme
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Événement
1871
22 mars 1871 — Manifestation des tenants de "l'Ordre"
p 103
Les manifestants de "l'Ordre" désarment les sentinelles gardant la place Vendôme
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Événement
1871
22 mars 1871
p 105
Le 22 mars 1871, rue de la Paix, un homme observe depuis sa fenêtre la manifestation des Amis de l'ordre qui descend vers la place Vendôme. Il n'est pas français, n'a aucun intérêt partisan dans l'affaire, et ce qu'il vo …

Le 22 mars 1871, rue de la Paix, un homme observe depuis sa fenêtre la manifestation des Amis de l'ordre qui descend vers la place Vendôme. Il n'est pas français, n'a aucun intérêt partisan dans l'affaire, et ce qu'il voit le rend perplexe. Il s'appelle Philip Sheridan.

Sheridan est l'un des généraux les plus célèbres de la guerre de Sécession américaine — commandant de la cavalerie de l'Union, artisan de la victoire finale sur Lee en 1865. En 1871, il est à Paris en observateur militaire, envoyé par Washington pour suivre la guerre franco-prussienne. Il a assisté au siège, vu la capitulation, et se trouve encore dans la ville quand éclate la Commune.

Ce jour-là, il assiste donc à la fusillade de la place Vendôme depuis sa fenêtre de la rue de la Paix. Sa position lui permet de voir ce que la version versaillaise contestera ensuite : les coups de feu sont partis des rangs des manifestants, pas des gardes nationaux fédérés. Son témoignage, consigné dans ses mémoires et repris par plusieurs historiens de la Commune, contredit directement la propagande réactionnaire qui fera des fédérés les agresseurs de ce 22 mars.

Un général américain, vainqueur d'une guerre civile, témoin d'une autre — et dont la déposition froide et militaire pèse, dans l'historiographie de la Commune, bien plus que les indignations de la presse versaillaise.

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Événement
1871
24 mars 1871 — Mairie du 1er arrondissement
p 106
Négociations pour les élections de la Commune ; la mairie, aux mains des opposants à la Commune, sera reprise par Brunel
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Événement
1871
22 mars 1871 — Hôtel de Ville
p 107
Arrestation de Charles Lullier, dont Martin a dénoncé les visées dictatoriales, par le capitaine Fossé sur l'ordre d'Assi, avec l'aide de Maxime Lisbonne. Brunel, Eudes et Duval sont nommés chefs militaires à sa place
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Événement
1871
13 mars 1871 — Siège de l'Association Internationale des Travailleurs
p 114-117
L'A.I.T. adopte et publie un manifeste à l'intention des Travailleurs énonçant le positionnement du Conseil fédéral de l'Association et du Conseil fédéral des Sociétés ouvrières vis à vis de la Commune
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Événement
1871
28 mars 1871
p 123-128
Proclamation de la Commune de Paris, qui installe son siège à l'Hôtel de Ville. 90 membres, 11 modérés, 13 membres du CC de la Garde nationale, 16 membres de l'A.I.T., 25 ouvriers. Le 28 mars 1871, par une journée de pri …

Proclamation de la Commune de Paris, qui installe son siège à l'Hôtel de Ville. 90 membres, 11 modérés, 13 membres du CC de la Garde nationale, 16 membres de l'A.I.T., 25 ouvriers.

Le 28 mars 1871, par une journée de printemps exceptionnellement belle, Paris proclame la Commune.

Depuis dix jours, le Comité central de la Garde nationale administre la ville, sans mandat autre que celui des fusils et de la nécessité. Il a convoqué des élections, reportées deux fois, tenues le 26 mars. Ce matin du 28, les résultats sont connus : quatre-vingt-dix membres sont élus au Conseil de la Commune. Quatre-vingt-dix hommes qui représentent un Paris que l'Assemblée de Versailles ne reconnaît pas — vingt-cinq ouvriers, seize membres de l'Internationale, treize délégués du Comité central, une poignée de républicains radicaux, onze modérés qui démissionneront dès la première séance.

À midi, Gabriel Ranvier proclame la Commune depuis les balcons de l'Hôtel de Ville. La place est noire de monde. Les bataillons de la Garde nationale sont massés en ordre, canons en batterie, drapeaux rouges au vent. La fanfare joue la Marseillaise. Léopold Boursier lit la proclamation au peuple parisien. La foule répond par des cris qui dureront des heures.

Ce que Paris acclame ce jour-là, c'est à la fois très précis et très ouvert. Très précis : un gouvernement élu au suffrage universel, autonome, responsable devant ses mandants, révocable. Très ouvert : personne ne sait encore ce que la Commune va faire de son pouvoir, ni combien de temps elle vivra. Les décrets viendront après — suppression du travail de nuit pour les boulangers, moratoire sur les loyers, séparation de l'Église et de l'État, remise des outils mis en gage, école laïque et gratuite. Deux mois de législation sociale qui anticipe sur plusieurs décennies.

Marx, depuis Londres, télégraphie à ses correspondants parisiens pour leur demander de ne pas se lancer trop vite. Il a peur de la répression. Il a raison.

La Semaine sanglante commence le 21 mai. En huit jours, l'armée versaillaise tue entre dix et vingt mille Parisiens. Ranvier, qui avait proclamé la Commune ce matin de mars, finit ses jours en exil à Genève.

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Événement
1871
28 mars 1871 — Hôtel de Ville
p 129
Lors de la première séance de la Commune, quinze membres modérés, dont Tirard est le porte-parole, s'affrontent à la majorité sur les pouvoirs de celle-ci. Tirard démissionne d'emblée
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Événement
Événement
1864
1864
p 139-140
Vermorel est le premier journaliste à reprendre, dans le Courrier français, les idées socialistes. Cela lui vaudra de lourdes amendes et plusieurs emprisonnements qui l'amèneront à interrompre la publication en 1868. Il …

Vermorel est le premier journaliste à reprendre, dans le Courrier français, les idées socialistes. Cela lui vaudra de lourdes amendes et plusieurs emprisonnements qui l'amèneront à interrompre la publication en 1868. Il la reprendra en 1870

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Événement
Date imprécise — Demeure d'Auguste Okolowicz
p 213
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Événement
Date imprécise — Demeure d'Auguste OkoloWicz
p 213
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Événement
Date imprécise — Bureaux des Chantiers et ateliers de l'Océan
p 213
Entreprise où travaillait comme dessinateur Théophile Dombrowski, exilé polonais, frère du général de la Commune, qui s'engagea lui aussi dans le combat de Paris comme secrétaire de Louis Rossel, puis de Victor Jaclard
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Événement
1871
1871 — Demeure d'Émile Clément
p 219-220
Demeure d'Émile Clément, membre de la Commune ; délégué aux Subsistances. Il sera arrêté par le Comité de Salut public pour avoir eu une attitude ambiguë sous l'Empire
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Événement
1871
6 avril 1871
p 230-231
Les partisans de l'ordre qui refusent de se décoiffer sur le passage du cortège funèbre des nombreux morts de la sortie du 3 avril sont violemment pris à partie par la foule, au cri de "à bas les chapeaux"
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Événement
1871
22 mai 1871 — Hôpital Beaujon/Lieu de massacre de Communards
p 230
Massacre de combattants de la Commune pendant la Semaine sanglante. L'amphithéâtre avait été transformé en morque pour accueillir les corps des nombreux morts de la sortie du 3 avril
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Événement
1871
6 avril 1871
p 232
Par dépit, les partisans de l'ordre organisent un rassemblement place de la Bourse le jour même de l'inhumation des victimes de la sortie du 3 avril. Ils sont rapidement dispersés par les Fédérés
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Événement
1871
4 avril 1871 — Hôtel Salé/École Centrale des Arts et Manufactures
p 234-235
Compromis avec les "braves radicaux" pour adresser une sommation à Versailles
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Événement
1871
24 avril 1871 — Théâtre du Châtelet
p 243-244
À la délégation maçonnique qui lui reproche de « sacrifier Paris », Thiers rétorque sèchement : « Il y aura quelques maisons de trouées, quelques personnes de tuées, mais force restera à la loi. » Le 24 avril 1871, le th …

À la délégation maçonnique qui lui reproche de « sacrifier Paris », Thiers rétorque sèchement : « Il y aura quelques maisons de trouées, quelques personnes de tuées, mais force restera à la loi. »

Le 24 avril 1871, le théâtre du Châtelet, place du Châtelet dans le 1er arrondissement, accueille une foule inhabituelle. Des centaines de francs-maçons et de curieux se pressent dans la grande salle. Les délégués rentrés de Versailles le jour même doivent rendre compte de leur mission. Le résultat tient en un mot : échec.

Depuis le 8 avril, les loges parisiennes travaillent à la conciliation. Au nom de « l'humanité, de la fraternité et de la Patrie désolée », elles tentent d'obtenir un cessez-le-feu entre la Commune et Versailles. L'initiative est partie de la loge des Disciples du Progrès, qui a rédigé un manifeste approuvé par les Conseils de l'Ordre présents dans la capitale. Les francs-maçons se voient en médiateurs naturels : des frères siègent des deux côtés, à l'Hôtel de Ville comme à l'Assemblée nationale. C'est un réseau transversal, habitué à parler aux pouvoirs.

Le 22 avril, une délégation maçonnique se rend à Versailles avec les représentants des municipalités de Sceaux et de Saint-Denis, ceux de l'Union républicaine et des loges. Ils demandent au moins une trêve, le temps de soustraire les populations suburbaines aux bombardements. Thiers accorde une suspension d'armes le 25, dans le secteur de Neuilly — le temps d'évacuer les habitants, avant que le canon ne reprenne. Quant aux droits de Paris, aux libertés municipales, à toute négociation de fond — c'est non. Thiers ne veut rien céder. La loi municipale du 14 avril, que les maçons considèrent comme une provocation, restera en vigueur. Et lorsque les délégués lui reprochent de se conduire comme s'il était « résolu à sacrifier Paris », le chef du gouvernement lâche sa phrase terrible : « Il y aura quelques maisons de trouées, quelques personnes de tuées, mais force restera à la loi. »

C'est cette réponse que les délégués rapportent au Châtelet, le 24. L'exposé déchaîne la colère de l'assistance. Une vive discussion s'engage. Les uns proposent de prendre les armes sur-le-champ et de rejoindre le camp des communeux, où de nombreux frères combattent déjà. Les autres, attachés aux principes humanitaires de l'Ordre, veulent persévérer dans la voie pacifique — organiser une pression de l'opinion grâce aux frères de province, ou monter une grande démonstration où tous les maçons, bannières en tête, iraient s'interposer entre les combattants.

L'assemblée ne tranche pas ce soir-là. Elle se retrouvera au même endroit le 26, pour voter une résolution menaçante : si Versailles ne prend pas sous quarante-huit heures des mesures de pacification, les bannières seront plantées sur les remparts. Le 29 avril, six mille frères de cinquante-cinq loges défileront jusqu'à la Porte Maillot et planteront leurs étendards sur les fortifications. Le soir même, les obus versaillais trouent les bannières. De médiateurs, les francs-maçons deviennent combattants.

La scène du Châtelet est un de ces moments où l'on voit basculer les esprits. La médiation supposait un interlocuteur prêt au compromis. Thiers, lui, est « résolu » — le mot est le sien — à écraser la Commune par la force. Marx le notera dans La Guerre civile en France : Versailles n'a jamais voulu négocier, parce que négocier aurait impliqué de reconnaître Paris comme sujet politique. La brutalité du refus ne laisse aux maçons que deux options : se taire ou se battre. En quelques jours, la plupart choisiront la seconde.

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Événement
1871
26 avril 1871 — Hôtel de Ville
p 244-245
Déclaration de soutien des francs-maçons à la Commune par une députation de 2 000 membres. Vallès offre son écharpe à la délégation, qui reçoit également un drapeau rouge
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Événement
1871
26 avril 1871 — Salle du Grand Orient de France
p 245-246
Une délégation de la Commune reconduit les francs-maçons venus à l'Hôtel de Ville en soutien au mouvement jusqu'au siège de la rue Cadet. Elle est acclamée par la population
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Événement
1871
29 avril 1871 — Cour carrée du Louvre (d'où part un cortège en direction de l'Hôtel de Ville)
p 246
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Événement
1871
30 avril 1871
p 261-265
Manifestation de "l'Alliance républicaine des départements" ; elle rassemble 50 000 personnes
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Événement
1871
30 avril 1871 — Cour carrée du Louvre (d'où part un cortège en direction de l'Hôtel de Ville)
p 261-265
Manifestation dite des Républicains de province en soutien à la Commune. Ils s'organisent en "Fédération des Associations départementales"
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Événement
1871
18 mai 1871 — Siège de l'Association Internationale des Travailleurs
p 268-269
Le Conseil fédéral de l'A.I.T. et celui de la Chambre fédérale des sociétés ouvrières déclarent que la minorité du Conseil de la Commune a eu raison de ne pas voter pour le Comité de Salut public mais lui demande de cont …

Le Conseil fédéral de l'A.I.T. et celui de la Chambre fédérale des sociétés ouvrières déclarent que la minorité du Conseil de la Commune a eu raison de ne pas voter pour le Comité de Salut public mais lui demande de continuer de siéger

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Événement
1871
6 avril 1871
p 272-273
Le 6 avril 1871, à neuf heures du matin, des fédérés du 130e bataillon de la Garde nationale se rendent au 60 rue de la Folie-Regnault, là où est remisé entre les exécutions ce que les ouvriers du faubourg appellent la V …

Le 6 avril 1871, à neuf heures du matin, des fédérés du 130e bataillon de la Garde nationale se rendent au 60 rue de la Folie-Regnault, là où est remisé entre les exécutions ce que les ouvriers du faubourg appellent la Veuve. Ils y trouvent deux guillotines — l'ancienne et une nouvelle, plus expéditive et portative. Ils les chargent et les portent place Voltaire, devant la statue du philosophe. Aux applaudissements d'une foule immense, ils les brisent et les brûlent.

Le Rappel du lendemain décrit la scène et souligne le choix du lieu : c'est devant "le défenseur de Sirven et de Calas, l'apôtre de l'humanité, le précurseur de la Révolution française" que la machine est détruite.

La portée symbolique est immédiate mais le Siècle pose la question qui dérange : si l'on brûle l'échafaud sans abolir la peine de mort, à quoi bon ? Rochefort dans Le Mot d'Ordre est encore plus direct — supprimer la guillotine ne sert à rien si on garde le chassepot pour fusiller. La Commune, en effet, n'a pas formellement voté l'abolition. Le Père Duchêne tranche à sa manière : pour que la Commune brûle toutes les guillotines, que les réactionnaires se tiennent tranquilles.

Ce même 6 avril, Gustave Courbet publie dans le Journal officiel un appel lyrique aux artistes — il les convoque à une assemblée, pour fonder ce qui deviendra la Fédération des artistes de Paris.

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Événement
1871
mars 1871
p 273-274
Fondation par André Léo et Anna Jaclard du journal politique quotidien La Sociale, qui avance l'idée "Au temps où nous sommes, c’est l’idée plus que la force du bras qui gagne les batailles !"
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Événement
1871
11 avril 1871 — Mairie du 10ème arrondissement/Siège de l'Union des Femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés
p 275-279
Le 11 avril 1871, à la mairie du 10e arrondissement, rue du Faubourg-Saint-Martin, des citoyennes se réunissent pour fonder l'Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés. Vingt comités s'organisent …

Le 11 avril 1871, à la mairie du 10e arrondissement, rue du Faubourg-Saint-Martin, des citoyennes se réunissent pour fonder l'Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés. Vingt comités s'organisent, un par arrondissement, reliés à un comité central. C'est la première organisation féminine de masse de l'histoire française.

À sa tête, deux femmes que tout semble opposer. Nathalie Le Mel est bretonne, ouvrière relieuse, militante de l'Internationale depuis des années, proche d'Eugène Varlin — une femme du peuple enracinée dans le mouvement ouvrier parisien. Élisabeth Dmitrieff a vingt ans, elle est russe, aristocrate, a contracté un mariage blanc pour pouvoir voyager librement, a rencontré Marx à Londres en 1870 et est arrivée à Paris en mars 1871 envoyée par l'Internationale. Leurs parcours divergent, leur engagement converge : toutes deux voient dans la Commune une occasion unique d'arracher aux femmes une place dans la révolution, pas seulement comme soignantes mais comme combattantes et comme forces politiques.

Ensemble elles signent l'adresse aux citoyennes, publiée dans le Journal Officiel du 14 avril et dans Le Cri du peuple du 16 avril. L'Union ne se limite pas aux ambulances que son nom évoque. Ses statuts, publiés dans La Sociale du 20 avril, prévoient des comités d'arrondissement chargés de recenser les citoyennes prêtes à servir aux ambulances, aux fourneaux — et aux barricades. Elle formule des revendications sociales concrètes : égalité de salaire entre hommes et femmes, réorganisation du travail en coopératives ouvrières, prise en charge des enfants.

Autour d'elles gravitent Blanche Lefebvre, Anna Jaclard, André Léo, Sophie Graix, Adélaïde Valentin — une constellation de femmes aux origines diverses, ouvrières et intellectuelles, françaises et étrangères, unies par la conviction que la question sociale et la question des femmes sont indissociables.

La Semaine sanglante met fin à leurs activités. Le Mel sera déportée en Nouvelle-Calédonie. Dmitrieff parviendra à fuir et disparaîtra en Russie. Leur organisation, éphémère, reste un moment fondateur de l'histoire du féminisme socialiste.

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Événement
1871
23 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 285-286
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Événement
1871
Événement
1871
1er mai 1871 — Prison de Mazas
p 290-291
Cluseret est incarcéré à Mazas sous l'accusation de trahison après la reddition du fort d'Issy
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Événement
1871
1871 — École militaire/État-major du général La Cécilia
p 294 & 332
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Événement
1871
mai 1871 — Palais de l'Élysée/État-major du général Wroblewski
p 294 & 332
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Événement
1871
23 mai 1871 — Ministère de la Justice/État-major du général Dombrowski
p 294 & 332
Prise du PC de la Garde nationale par les versaillais ; tous ses défenseurs seront massacrés
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Événement
1871
1871 — Hôtel de Salm/Hôtel de la Légion d'honneur/Quartier général d'Émile Eudes
p 294
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Événement
1871
mai 1871 — Mairie du 17ème arrondissement/Mairie des Batignolles
p 298-299
Des agents de Versailles tentent une attaque à main armée contre la mairie des Batignolles dans le but de livrer les portes Maillot et de Clichy aux troupes d'Adolphe Thiers. Ils échouent mais noyautent le Comité central …

Des agents de Versailles tentent une attaque à main armée contre la mairie des Batignolles dans le but de livrer les portes Maillot et de Clichy aux troupes d'Adolphe Thiers. Ils échouent mais noyautent le Comité central de la GN

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Événement
1871
mai 1871 — Café de la Garde nationale
p 299-300
Quelques officiers de la Garde nationale infiltrés par Versailles fomentent la destitution du Conseil de la Commune. Ils ne sont pas suivis mais obtiennent l'adresse d'une injonction associer le Comité central au pouvoir …

Quelques officiers de la Garde nationale infiltrés par Versailles fomentent la destitution du Conseil de la Commune. Ils ne sont pas suivis mais obtiennent l'adresse d'une injonction associer le Comité central au pouvoir Communal

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Événement
1871
1871 — Appartement loué par Georges Vaysset
p 301-302
Un des 7 appartements loués par Georges Vaysset pour son réseau destiné à tenter de corrompre La Cécilia puis Dombrowski en lui offrant 1 500 000 de francs de traites sur la banque Rothschild
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Événement
1871
1871 — Appartement loué par Georges Vaysset
p 301-302
Un des 7 appartements loués par Georges Vaysset pour son réseau destiné à tenter de corrompre La Cécilia puis Dombrowski en lui offrant 1 500 000 de francs de traites sur la banque Rothschild
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Événement
1871
24 mai 1871
p 301-302
Veysset, agent versaillais, est exécuté pour avoir tenté de compromettre le général Dombrowski. Ce dernier envisagea, de connivence avec Rossel, d'en profiter pour tendre un piège aux versaillais
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Événement
1871
5 mai 1871 — Hôtel de Ville
p 303-304
Vive altercation entre Rossel, venu protester auprès du Conseil de la Commune de la constante immixtion du Comité de Salut public dans les affaires militaires, et Félix Pyat, le "mauvais génie de la Commune"
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Événement
1871
5 mai 1871 — Chapelle expiatoire
p 313
Décret de la Commune, daté du 16 floréal an 79, ordonnant de raser la Chapelle expiatoire ; il ne sera jamais appliqué, seules les chaînes qui l'entouraient seront supprimées
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Événement
1871
1871
p 319
Demeure de Stanisals Blanchet, membre du premier Comité central de la Garde nationale ; démasqué par Rigault, il sera enfermé à Mazas et démissionnera du Conseil de la Commune
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Événement
1840
1840 — Palais Bourbon/Chambre des députés
p 320
Thiers est accusé publiquement, en pleine séance de la Chambre des députés, d'avoir spéculé sur les fonds publics à propos de la "Question d'Orient". Il s'en tire par un acte de contrition et des larmes
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Événement
1871
1871 — Atelier de Lasnier
p 321 & 334
Fabrication de 20 000 brassards destinés à la "légion des volontaires de la Seine", créée pour faire la chasse aux combattants de la Commune. On parla de "conspiration des brassards"
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Événement
1871
17 mai 1871
p 328
Explosion de la cartoucherie de l'avenue Rapp suite à un sabotage des agents versaillais restés à Paris ; elle fait une quarantaine de victimes. La Commune adopte leurs familles
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Événement
1871
16 mai 1871
p 328
La place Vendôme, conjointement à la destruction de la colonne, prend le nom de "place Internationale" par décret de la Commune. Le criminel de guerre, criminel contre l'Humanité, restaurateur de l'esclavage... est à nou …

La place Vendôme, conjointement à la destruction de la colonne, prend le nom de "place Internationale" par décret de la Commune. Le criminel de guerre, criminel contre l'Humanité, restaurateur de l'esclavage... est à nouveau au sol

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Événement
1871
27 avril 1871 — Chapelle Bréa/Salle de Juin (pendant la Commune)
p 328-329
Meilliet propose de raser la chapelle Bréa, symbole de la répression de juin 1848, Arnould et Clément sont contre ; le décret voté ne fut jamais exécuté
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Événement
1871
11 mai 1871 — Hôtel de Sophie Dosne/Demeure d'Adolphe Thiers (à partir de 1833)
p 332-333
La maison de Thiers, "la cambuse à Foutriquet", est détruite sur décision de la Commune. Les meubles vont au Mobilier national, les objets d'art au Louvre et le linge aux hôpitaux. L'ensemble estimé à 2 millions sera rem …

La maison de Thiers, "la cambuse à Foutriquet", est détruite sur décision de la Commune. Les meubles vont au Mobilier national, les objets d'art au Louvre et le linge aux hôpitaux. L'ensemble estimé à 2 millions sera rembouré 3

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Événement
1871
21 mai 1871
p 398
Le matin-même du 21 mai, Lefrançais constate que la poterne, sous le déluge de feu de l'artillerie versaillaise, est abandonnée par les Fédérés. Il envoie un rapport à Delescluze, qui ne lui parviendra pas
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Événement
1871
21 mai 1871
p 399
Les troupes versaillaises, qui ont pénétré dans Paris par la poterne du Point du Jour, ouvrent le pont-levis de la porte de Châtillon, également abandonnée par les Fédérés. Le soir-même, la moitié de l'armée versaillaise …

Les troupes versaillaises, qui ont pénétré dans Paris par la poterne du Point du Jour, ouvrent le pont-levis de la porte de Châtillon, également abandonnée par les Fédérés. Le soir-même, la moitié de l'armée versaillaise sera dans la ville

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Événement
1871
21 mai 1871 — Porte d'Issy de l'enceinte de Thiers (entre les bastions n° 70 et 71)
p 399
Les troupes versaillaises, qui ont pénétré dans Paris par la poterne du Point du Jour, ouvrent le pont-levis de la porte d'Issy, également abandonnée par les Fédérés. Le soir-même, la moitié de l'armée versaillaise sera …

Les troupes versaillaises, qui ont pénétré dans Paris par la poterne du Point du Jour, ouvrent le pont-levis de la porte d'Issy, également abandonnée par les Fédérés. Le soir-même, la moitié de l'armée versaillaise sera dans la ville

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Événement
1871
21 mai 1871
p 399
Les troupes versaillaises, qui ont pénétré dans Paris par la poterne du Point du Jour, ouvrent le pont-levis de la porte d'Auteuil, également abandonnée par les Fédérés. Le soir-même, la moitié de l'armée versaillaise se …

Les troupes versaillaises, qui ont pénétré dans Paris par la poterne du Point du Jour, ouvrent le pont-levis de la porte d'Auteuil, également abandonnée par les Fédérés. Le soir-même, la moitié de l'armée versaillaise sera dans la ville

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Événement
1871
21 mai 1871 — Arc de triomphe de l'Étoile
p 400
Les Fédérés montent une batterie d'obusiers sur la plate-forme de l'Arc de triomphe
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Événement
1871
24 mai 1871 — Ministère des Finances (incendié par les obus versaillais)
p 405-406
Le ministère des Finances est incendié à deux reprises par les obus versaillais tirés depuis le Trocadéro ; mais le Grand livre de la dette est sauvé ; ouf !...
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Événement
1871
21 mai 1871 — École militaire
p 406
L'école militaire, bombardée par les versaillais qui ont pris le Trocadéro, doit être évacuée. Les Fédérés se réfugient dans les baraquements du Champ de Mars. Razoua est blessé à la cheville
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Événement
1871
22 mai 1871 — Ancienne mairie des Batignolles-Monceaux/Mairie du 17ème arrondissement
p 408
Benoît Malon est obligé d'évacuer la mairie des Batignolles devant l'avancée versaillaise. Il refuse d'exécuter l'ordre de mettre le feu au quartier. Les versaillais fusilleront les combattants pris les armes à la main
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Événement
1871
22 mai 1871 — Collège Chaptal/Cour prévôtale/Lieu de massacre de Communards
p 408
Forte résistance des Zouaves de la Commune dans le collège alors en construction ; les versaillais massacrèrent les survivants. Une cour martiale s'installe ici dès le lundi 22 mai
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Événement
1871
23 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 408
Prise par les troupes versaillaises du général Clinchant de la barricade de la place Clichy, tenue par des Fédérés des Batignolles, équipée de 8 canons et 2 mitrailleuses
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Événement
1871
23 mai 1871
p 412
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
23 mai 1871
p 412
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
23 mai 1871 — Moulin de la Galette/Lieu de massacre de Communards
p 413
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Événement
1871
23 mai 1871 — Parc à canons du Moulin de la Galette
p 413
Le parc d'artillerie de Montmartre tombe pratiquement sans combat aux mains des troupes de Versailles. Les canons s'étaient déjà tus, faute de munitions
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Événement
1871
23 mai 1871 — Poste de la Garde nationale de la rue des Rosiers/Lieu de massacre de Communards
p 414
Là où la Commune a commencé, les vainqueurs choisissent le lieu de leur vengeance : le mur du jardin de la rue des Rosiers. Montmartre, le 18 mars 1871. À l’aube, les soldats de Thiers sont venus reprendre les canons de …

Là où la Commune a commencé, les vainqueurs choisissent le lieu de leur vengeance : le mur du jardin de la rue des Rosiers.

Montmartre, le 18 mars 1871. À l’aube, les soldats de Thiers sont venus reprendre les canons de la Garde nationale parqués sur la Butte ; la foule s’y oppose, la troupe fraternise, et deux généraux, Claude Lecomte et Clément-Thomas, sont tués dans un jardin de la rue des Rosiers. La version officielle parle d’une exécution ; pour des historiens comme William Serman ou pour Lissagaray, c’est la foule qui les a abattus. Le gouvernement quitte Paris pour Versailles ; la Commune est née de cette journée.

Deux mois plus tard, le 21 mai, l’armée versaillaise entre dans Paris. Le 23 mai, elle concentre son effort sur Montmartre en contournant les barricades et les batteries tournées vers le sud. La Butte tombe presque sans combat, tant ses défenseurs sont désorganisés. La répression commence aussitôt. Les prisonniers sont conduits rue des Rosiers, devant le mur même où les deux généraux étaient tombés, et fusillés à genoux : quarante-deux hommes, trois femmes et quatre enfants. L’une des femmes exhorte ses compagnons à mourir debout.

Le même jour, rue Myrha, le général de la Commune Jarosław Dąbrowski est mortellement blessé. Dans l’après-midi, les Versaillais descendent de la Butte pour enlever les barricades des places Clichy, Blanche et Pigalle, défendues par une centaine de femmes, dont Louise Michel et Élisabeth Dmitrieff. Au même moment, les premiers grands incendies s’allument au centre de Paris.

Cinq jours plus tard, le 28 mai, les combats cessent. Eugène Varlin, l’un des chefs de la Commune, est reconnu et dénoncé par un prêtre rue Lafayette. On le conduit à Montmartre, rue des Rosiers, où il est fusillé à son tour.

Le nom de la rue n’a pas survécu. Réunie à la rue de la Fontenelle en 1868, elle devient en 1885 la rue de La Barre, puis en 1907 la rue du Chevalier-de-La-Barre : les anticléricaux de la IIIe République ont choisi le nom de ce jeune homme torturé et exécuté pour blasphème en 1766, alors que s’élevait au sommet de la Butte la basilique du Sacré-Cœur. Le jardin des fusillés se trouvait à la hauteur de l’actuel n° 36.

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Événement
1871
23 mai 1871 — Bal de l'Élysée Montmartre/Lieu de massacre de Communards
p 414
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Événement
1871
Événement
1871
23 mai 1871 — Caveaux de l'église de la Madeleine/Lieu de massacre de Communards
p 415
Massacre de 300 Communards qui s'étaient réfugiés dans l'église de la Madeleine pendant la Semaine sanglante
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Événement
1871
23 mai 1871
p 416-417
Centre de résistance Rive Gauche pendant la Semaine sanglante. Il sera contourné par les troupes versaillaises et pris à revers le 24 mai
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Événement
1871
24 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante (dite barricade Royer-Collard)
p 416 & 478
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Événement
1871
24 mai 1871
p 416
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
23 mai 1871 — Église St Pierre du Petit Montrouge/Ambulance pendant la Commune
p 416
Siège du Club Montrougien, ambulance et poste de guet pendant la Commune ; un canon avait été hissé dans le clocher ; il s'y déroula de violents combats pendant la Semaine sanglante ; 37 Fédérés furent fusillés sous le p …

Siège du Club Montrougien, ambulance et poste de guet pendant la Commune ; un canon avait été hissé dans le clocher ; il s'y déroula de violents combats pendant la Semaine sanglante ; 37 Fédérés furent fusillés sous le porche

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Événement
1871
23 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 416
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Événement
1871
23 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 416
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Événement
1871
25 mai 1871 — Palais Brongniart/Bourse des valeurs/Lieu de massacre de Communards
p 421-422
Massacre de combattants de la Commune blessés, attachés aux grilles de la Bourse. Furent fusillés ici un homme qu'on prit pour Gustave Lefrançais et un autre pour Auguste Serraillier
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Événement
1871
23 mai 1871
p 423
Le général Galliffet fait fusiller 111 combattants de la Commune, en choisissant les plus âgés qu'il soupçonne d'avoir déjà lutté en 1848. Il fera massacrer à lui seul quelque 3 000 Communards
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Événement
1871
22 mai 1871 — École militaire/Cour prévôtale/Lieu de massacre de Communards
p 426 & 471
Le lundi 22 mai 1871, l’armée de Versailles prend l’École militaire et en fait aussitôt un lieu d’exécutions. Pendant près de deux semaines, on y entendra, selon un témoin, « des fusillades continuelles ». La veille, les …

Le lundi 22 mai 1871, l’armée de Versailles prend l’École militaire et en fait aussitôt un lieu d’exécutions. Pendant près de deux semaines, on y entendra, selon un témoin, « des fusillades continuelles ».

La veille, les troupes versaillaises sont entrées dans Paris par le Point-du-Jour, qu’un agent de Versailles leur a signalé sans défense. Sur la rive gauche, le 2e corps d’armée du général Ernest de Cissey marche sur Grenelle : l’École militaire et les Invalides sont ses objectifs. Le Champ-de-Mars est alors un camp d’artillerie de la Commune.

Le 22, l’École militaire est prise entre deux feux, par les avenues de La Motte-Picquet et de Lowendal. Son commandant n’a rien préparé ; les cours sont envahies en un instant. Les fédérés se replient dans les baraquements du Champ-de-Mars, où deux cents hommes à peine résistent plusieurs heures, avant de succomber vers midi. Les Versaillais s’emparent d’une centaine de canons. Cissey installe son quartier général à l’École militaire ; son aide de camp, le capitaine Garcin, y interroge des centaines de prisonniers pour savoir si la Prusse a soutenu la Commune.

Les exécutions commencent aussitôt. Au début de mai, Mac Mahon avait interdit de fusiller insurgés et déserteurs jusqu’à la fin des combats ; dès le début de la Semaine sanglante, Cissey, indigné par l’usage de bombes à pétrole, obtient de pouvoir reprendre les exécutions. Dans chaque quartier conquis s’installe une cour martiale, présidée par un officier supérieur, aux jugements expéditifs. Les colonnes de prisonniers convergent vers l’École militaire. Un médecin d’ambulance, arrêté près des Gobelins, a raconté à Camille Pelletan la marche sous une pluie battante, le bourgeois qui, boulevard du Montparnasse, agite son chapeau au bout de son parapluie en criant « Fusillez-les tous ! », puis la cour de l’École militaire, où l’on a dressé des planches contre un mur : « C’est là qu’on vous fera votre affaire », disent les soldats. Un officier le fait épargner. Enfermé six jours dans les casernes, il entend des fusillades sans fin.

La presse conservatrice ne cache rien. « On y amène continuellement des prisonniers et leur procès est déjà terminé : ce n’est que détonations », écrit La Patrie. Le 26 mai, avenue de La Bourdonnais, la foule désigne un passant bien mis : « C’est Billioray, membre de la Commune ! » Une patrouille le conduit à l’École militaire ; il a beau jurer qu’il s’appelle Constant et qu’il habite tout près, au Gros-Caillou, l’officier le fait fusiller à bout portant. On découvrira ensuite que c’était un mercier qui ne s’était jamais mêlé de politique. Les corps sont emportés vers les tranchées d’Issy et jetés pêle-mêle.

Les exécutions du 2e corps ne cessent qu’au début de juin. L’historien Robert Tombs tient la prévôté de Cissey pour « la plus sanglante » : au Champ-de-Mars, à l’École militaire, au Luxembourg, les fusillades ont lieu sous son contrôle. Le nombre des victimes de la Semaine sanglante, tuées au combat ou exécutées, reste débattu : entre dix et vingt mille selon Jacques Rougerie. Un tiers des exécutions, avance prudemment Georges Gugliotta, serait le fait du seul 2e corps. Le 7 juin 1871, Thiers nomme Cissey ministre de la Guerre.

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Événement
1871
23 mai 1871 — Théâtre du Châtelet/Cour prévôtale (dans le foyer, au 1er étage du Théâtre)
p 426 & 450
Cour martiale pendant et après la Semaine sanglante, constituée sur ordre direct d'Adolphe Thiers. Les étrangers sont systématiquement fusillés. Des gamins de 6 à 12 ans sont envoyés à la mort. Le général Drouay supervis …

Cour martiale pendant et après la Semaine sanglante, constituée sur ordre direct d'Adolphe Thiers. Les étrangers sont systématiquement fusillés. Des gamins de 6 à 12 ans sont envoyés à la mort. Le général Drouay supervise

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Événement
1871
24 mai 1871 — Square St Jacques la Boucherie
p 427-428
Charnier de 1 200 Fédérés fusillés sans jugement à la caserne Lobau, dont certains enterrés vivants. Les corps seront recouverts de chaux vive
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Événement
1871
24 mai 1871 — Séminaire St Sulpice (transformé en ambulance)/Lieu de massacre de Communards
p 428-429
Massacre dans leur lit d'une soixantaine de Communards blessés, et assassinat du docteur Faneau qui s'y opposait. Selon une autre version, il s'agissait du docteur Fano, jeune médecin espagnol
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Événement
1871
24 mai 1871 — Prison de la Grande Roquette (de 1836 à 1900)
p 433
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Événement
1871
23 mai 1871 — Prison de Ste Pélagie
p 433
Exécution de Gustave Chaudey, tenu responsable de la mort de Théodore Sapia lors de la tuerie du 22 janvier. Trois gendarmes sont fusillés en même temps que lui
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Événement
1871
24 mai 1871 — Hôtel de Ville
p 435
Incendie de l'Hôtel de Ville à l'initiative de Jean-Louis Pindy (Pendy). Il y aura 238 bâtiments incendiés en tout à Paris pendant la Semaine sanglante
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Événement
Événement
1871
24 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante (dite de la Pointe St Eustache)
p 436
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Événement
1871
24 mai 1871 — Hôtel de Ville
p 437-438
De violents combats ont lieu autour de l'Hôtel de Ville transformé en camp retranché pendant la Semaine sanglante. Le bâtiment est incendié par les Communards qui mettent le feu à la poudrière qu'il contenait
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Événement
1871
22 mai 1871
p 438
Le 22 mai au matin, Paris apprend que les Versaillais sont dans la ville. Rue Drouot, on relève la barricade en hâte. Le dimanche 21 mai 1871, vers trois heures de l’après-midi, un agent versaillais monté sur le rempart …

Le 22 mai au matin, Paris apprend que les Versaillais sont dans la ville. Rue Drouot, on relève la barricade en hâte.

Le dimanche 21 mai 1871, vers trois heures de l’après-midi, un agent versaillais monté sur le rempart du Point-du-Jour fait signe aux assiégeants : ce bastion n’est plus gardé. Deux heures plus tard, les premiers soldats entrent dans Paris par la porte de Saint-Cloud. Ce même après-midi, beaucoup de Parisiens assistent à un concert donné au jardin des Tuileries au profit des veuves et orphelins de la Garde nationale ; le soir, le délégué à la Guerre, Charles Delescluze, fait encore afficher que l’ennemi est repoussé.

Au matin du 22 mai, il faut se rendre à l’évidence. Réunis à neuf heures, les dirigeants de la Commune décident que chaque élu ira diriger la défense de son arrondissement : c’en est fini de toute lutte coordonnée. À midi, une proclamation de Delescluze appelle le peuple à la résistance. Paris se couvre de barricades, rue Auber et rue de la Chaussée-d’Antin, rue de Châteaudun et rue des Martyrs, devant la Trinité et Notre-Dame-de-Lorette. Leur nombre reste discuté : quatre à six cents selon certains auteurs, quelque neuf cents selon l’historien britannique Robert Tombs.

Dans le 9e arrondissement, à deux pas des Grands Boulevards et de la mairie, la barricade de la rue Drouot est reconstruite à la hâte. L’armée approche par l’ouest : le 22, elle enlève la caserne de la Pépinière, l’église Saint-Augustin et la gare Saint-Lazare ; le 23, elle occupe la place Saint-Georges et Notre-Dame-de-Lorette, et s’empare de la Concorde et de l’Opéra, tout proche. Les Versaillais ont pour eux le nombre et l’artillerie ; ils contournent les barricades quand ils le peuvent et les écrasent au canon dans les rues étroites du centre. Rue Drouot, les rangs des défenseurs s’éclaircissent d’heure en heure ; à la fin, ils ne sont plus que cinq. La barricade tombe le 24 mai, après de violents combats, le jour où l’armée prend la porte Saint-Denis et la porte Saint-Martin, et où brûlent l’Hôtel de Ville et le Palais-Royal.

De ces barricades de 1871, il ne reste que des photographies et des récits : c’est par ceux de Lissagaray, de Benoît Malon ou de Camille Pelletan que l’on connaît l’histoire de celle-ci. Beaucoup de leurs défenseurs n’ont pas survécu à la défaite : dans les quartiers repris, les soldats ratissent les rues, arrêtent au moindre soupçon et fusillent sans jugement.

La rue Drouot, elle, est devenue celle des commissaires-priseurs. L’hôtel Drouot, ouvert en 1852, est l’une des plus grandes salles de ventes aux enchères du monde, et les marchands de timbres y tiennent boutique depuis la fin du XIXe siècle.

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Événement
1871
24 mai 1871 — Hôtel de Ville
p 438
Lefrançais propose à ses collègues de s'enfermer dans l'Hôtel de Ville et de se faire sauter à l'arrivée des versaillais. Le Conseil décide de le replier sur la mairie du 11ème arrondissement
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Événement
1871
24 mai 1871 — Opéra Garnier (en construction)
p 438
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Événement
1871
25 mai 1871
p 441
Un enfant combattant de 15 ans revient se faire fusiller après être allé porter sa montre à ramener chez lui ; il est finalement relâché. Relaté par le Figaro et utilisé par Victor Hugo
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Événement
1871
25 mai 1871 — Hôpital St Antoine
p 446
Les Fédérés blessés trouvés par les versaillais à l'hospice St Antoine sont fusillés dans la cour
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Événement
1871
23 mai 1871
p 446
Les versaillais fusillent l'infirmier chef et arrêtent tout le personnel soignant et les blessés
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Événement
1871
25 mai 1871 — Mairie du 11ème arrondissement (dans la bibliothèque)
p 453-454
Dernière réunion du Comité de Salut public de la Commune. La proposition est faite que les membres de la Commune se sacrifient en se rendant pour arrêter les combats, mais elle est jugée impratiquable. La mairie est évac …

Dernière réunion du Comité de Salut public de la Commune. La proposition est faite que les membres de la Commune se sacrifient en se rendant pour arrêter les combats, mais elle est jugée impratiquable. La mairie est évacuée à minuit

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Événement
1871
24 mai 1871 — Ancienne préfecture de police
p 453
Incendie de la préfecture de police. Elle déménagera dans la caserne de la Cité. 238 bâtiments sont incendiés en tout à Paris pendant la Semaine sanglante, dont certains par leur propriétaire, pour toucher les primes d'a …

Incendie de la préfecture de police. Elle déménagera dans la caserne de la Cité. 238 bâtiments sont incendiés en tout à Paris pendant la Semaine sanglante, dont certains par leur propriétaire, pour toucher les primes d'assurance

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Événement
Événement
1871
25 mai 1871 — Conservatoire des Arts et Métiers
p 458
Le conservatoire des Arts et Métiers est fortifié pendant la Semaine sanglante ; une femme aurait tenu la dernière sur la barricade avec une mitrailleuse
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Événement
1871
25 mai 1871 — Parc à canons du Marché St Martin
p 458
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Événement
1871
25 mai 1871 — Parc à canons du Marché St Martin
p 458
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Événement
Événement
1871
25 mai 1871 — Église St Martin des Champs
p 458
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Événement
1871
25 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 458-460
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Événement
1871
Événement
1871
25 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 460-461
Combats très durs entre Fédérés, retranchés dans les Magasins réunis, et versaillais
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Événement
1871
Événement
1871
25 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante (dite des Magasins Réunis)
p 460-461
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Événement
1871
Événement
1871
25 mai 1871
p 461
Massacre par les Versaillais de 62 femmes et jeunes filles combattantes venues remplacer les Fédérés en retraite
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Événement
Événement
1871
26 mai 1871
p 463
Lefrançais, combattant sur une barricade contournée par les versaillais et encerclée, est recueilli et caché par des habitants du quartier. Il parviendra à s'enfuir à Genève
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Événement
1871
26 mai 1871 — Immeuble à l'angle de la place de la Bastille
p 463 & 470
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Événement
1871
25 mai 1871 — Grenier d'abondance/Grenier de Réserve
p 464
Incendie du grenier d'abondance pendant la Semaine sanglante ; allumé par les versaillais contrairement aux accusations de leur propagande. 238 bâtiments seront incendiés dans Paris, dont beaucoup par les canons de Versa …

Incendie du grenier d'abondance pendant la Semaine sanglante ; allumé par les versaillais contrairement aux accusations de leur propagande. 238 bâtiments seront incendiés dans Paris, dont beaucoup par les canons de Versailles

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Événement
1871
24 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 467
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Événement
Événement
Événement
1871
28 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 469
Barricade rue de Puebla pendant la Commune ; théâtre de violents combats qui durèrent trois jours et dans lesquels 60 Communards furent tués. 76 barricades furent érigées dans le 20ème arrondissement pendant la Commune
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Événement
1871
28 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 470
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Événement
1871
26 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante (dirigée par Eugène Protot)
p 470
Eugène Protot, blessé au visage par une balle explosive utilisée par les versaillais en dépit des conventions internationales, est évacué et caché par des habitants
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Événement
1871
26 mai 1871
p 470
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune. 700 Fédérés sont fusillés sur cette place
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Événement
Événement
1871
25 mai 1871 — Palais du Luxembourg/Cour prévôtale
p 471
Cour martiale installée dans une salle du rez-de-chaussée du Palais du Luxembourg. Maxime Vuillaume est sauvé par un officier qu'il connaissait
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Événement
1871
25 mai 1871 — Manufacture des Gobelins/Cour prévôtale/Lieu de massacre de Communards
p 471
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
25 mai 1871 — Caserne du Prince Eugène (aujourd'hui caserne Vérines)/Cour prévôtale/Lieu de massacre de Communards
p 471
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
22 mai 1871 — Caserne de la Pépinière/Cour prévôtale/Lieu de massacre de Communards
p 471
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
30 mai 1871 — Cimetière du Père Lachaise/Mur des Fédérés/Lieu de massacre de Communards
p 472
Au pied du mur d’enceinte, où 147 fédérés sont fusillés le 28 mai 1871, la fosse reçoit ensuite des centaines d’autres corps, fusillés sur place ou amenés à pleines charretées, entassés sur trois rangs. Maxime Du Camp, h …

Au pied du mur d’enceinte, où 147 fédérés sont fusillés le 28 mai 1871, la fosse reçoit ensuite des centaines d’autres corps, fusillés sur place ou amenés à pleines charretées, entassés sur trois rangs. Maxime Du Camp, hostile à la Commune, décrit 148 insurgés de Mazas fusillés par escouades de dix : « Ils se prirent par la main et crièrent : Vive la Commune ! avant de mourir. » Un témoin cité par Pelletan entend des exécutions à la mitrailleuse chaque matin jusqu’au 7 juin ; Du Camp le nie, et ne compte que 878 corps, contre au moins 1 800 pour Pelletan ; l’historienne Danielle Tartakowsky en situe quelque 900 dans les fosses. Un arrêté du 8 juin 1871 y interdit croix et couronnes ; en 1883, on veut lotir le terrain ; en 1907 seulement, la Ville l’affecte à perpétuité aux fédérés.

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Événement
1871
27 mai 1871 — Parc des Buttes Chaumont/Lieu de massacre de Communards
p 472
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune. Les exécutions ont lieu à la mitrailleuse
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Événement
1871
27 mai 1871 — Parc des Buttes Chaumont
p 472
Violents combats à l'arme blanche dans la nuit du samedi 27 au dimanche 28 mai. Certains Fédérés se tuent pour ne pas tomber aux mains des versaillais
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Événement
1871
26 mai 1871
p 473
Belleville est le dernier refuge de la Commune. Rue d’Angoulême, ses élus se battent sur les barricades comme de simples gardes nationaux. Le 26 mai 1871, la Commune n’est pas encore battue, mais elle n’a plus d’espoir. …

Belleville est le dernier refuge de la Commune. Rue d’Angoulême, ses élus se battent sur les barricades comme de simples gardes nationaux.

Le 26 mai 1871, la Commune n’est pas encore battue, mais elle n’a plus d’espoir. Depuis la veille, ses derniers dirigeants se sont repliés sur Belleville et Ménilmontant ; ses trois ou quatre mille combattants ne tiennent plus qu’un demi-cercle de l’Est parisien, du canal de l’Ourcq à la porte de Vincennes, le long du canal Saint-Martin et du boulevard Richard-Lenoir. La rue d’Angoulême — l’actuelle rue Jean-Pierre-Timbaud —, qui monte du boulevard du Temple vers Belleville, est l’un des verrous de cette ligne.

Sur ses barricades, des membres du Conseil de la Commune se battent comme de simples gardes nationaux. Il y a là Albert Theisz, ouvrier ciseleur sur bronze, qui a dirigé les Postes ; Frédéric Cournet, journaliste, ancien délégué à la Sûreté générale ; Jules Vallès, l’homme du « Cri du peuple » ; Eugène Varlin. Et Zéphirin Camélinat, ouvrier bronzier devenu directeur de la Monnaie, où il a fait frapper des pièces de cinq francs avec l’argenterie des palais impériaux ; il est porte-drapeau du 209e bataillon, qui défend la rue. Dans « L’Insurgé », Vallès raconte comment, après une nuit blanche, il redescend à l’aube vers Paris avec Cournet, Theisz et Camélinat : « La rue d’Angoulême tient encore. » Le 209e s’y défend « en désespéré ».

La répression versaillaise ne fait pas de quartier. Benoît Malon rapportera que dans cette rue, des enfants de huit à dix ans furent fusillés pour avoir aidé à construire une barricade ou refusé de dire où demeurait leur père. De son côté, la Commune agonisante cède à la vengeance : le 26 mai, rue Haxo, cinquante otages, prêtres, gendarmes et civils, sont exécutés, malgré l’opposition de Vallès, de Cournet et de Varlin.

Varlin sera fusillé le 28 mai à Montmartre. Les autres échappent à la répression : Vallès en se déguisant en infirmier, Theisz, Cournet et Camélinat en gagnant Londres. Ils ne rentreront qu’après l’amnistie de 1880.

La rue, elle, a changé de nom à la Libération, en 1944-1945, pour honorer Jean-Pierre Timbaud, fondeur et syndicaliste de la métallurgie, fusillé comme otage à Châteaubriant en octobre 1941. Au n° 94, la maison des métallos rappelle qu’elle fut longtemps le cœur du Paris ouvrier et syndical.

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Événement
1871
25 mai 1871 — Cimetière du Père Lachaise
p 475-477
Inhumation de Jaroslaw Dombrowski, général polonais de la Commune, tué rue Myrha après avoir été accusé injustement de trahison. Sa tombe a été déplacée et non localisée, peut-être transférée au cimetière d'Ivry
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Événement
1871
25 mai 1871 — Cimetière du Père Lachaise/Caveau de la famille Brizard
p 475-477
Officier révolutionnaire né à Jytomyr, évadé de Russie après l'insurrection polonaise, Jarosław Dąbrowski, dit Dombrowski, commande pour la Commune la défense de la rive droite avec le grade de général. Le 23 mai 1871, a …

Officier révolutionnaire né à Jytomyr, évadé de Russie après l'insurrection polonaise, Jarosław Dąbrowski, dit Dombrowski, commande pour la Commune la défense de la rive droite avec le grade de général. Le 23 mai 1871, au pied de la barricade de la rue Myrha, il reçoit une balle et meurt quelques heures plus tard à l'Hôtel de Ville. Deux jours après, il est enterré au Père-Lachaise dans un linceul rouge, Vermorel prononçant son éloge. Sa tombe n'a jamais été retrouvée : sa mémoire est honorée au Mur des Fédérés.

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Événement
1871
23 mai 1871 — Hôpital Lariboisière/Lieu de massacre de Communards
p 475-477
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Événement
1871
25 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante (dite barricade du Château d'Eau)
p 477
Auguste Vermorel est blessé au cours de la défense du Château d'Eau. Il mourra en captivité à Versailles, faute de soins, lui qui s'était opposé aux exécutions
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Événement
1871
25 mai 1871
p 477
Maxime Lisbonne, blessé, est caché pendant la Semaine sanglante par la famille d'un garde national Fédéré
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Événement
1871
25 mai 1871 — Magasins "Au Pauvre Jacques" (sous une porte cochère)
p 477
Maxime Lisbonne est blessé en déplaçant des obus entreposés au bureau du télégraphe du boulevard du Temple pour les mettre à l'abri des tirs versaillais
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Événement
1871
25 mai 1871 — Cachette d'Auguste Vermorel et d'Olivier Pain
p 477
Olivier Pain, puis Auguste Vermorel, blessés au Château d'Eau, sont amenés ici par leurs camarades. Vermorel mourra à Versailles faute de soins. Pain, déporté en Kanaky s'évadera
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Événement
1871
24 mai 1871 — Hôtel Gay-Lussac/Demeure de Raoul Rigault
p 478
Arrestation de Raoul Rigault, Blanquiste, procureur de la Commune, à son domicile
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Événement
1871
28 mai 1871
p 479-482
Exécution d'Eugène Varlin, ouvrier relieur, fondateur de l'A.I.T. ; l'assassin Sicre vole sa montre pour s'en faire un trophée. Plusieurs personnes avaient déjà été exécutées à sa place par confudion
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Événement
1871
28 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 479
Jean Baptiste Clément dédie à l'ambulancière Louise, la jeune femme qui avait assisté les combattants de la barricade et dont on ne connait ni le nom ni ce qu'elle est devenue, son "Temps des Cerises"
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Événement
1871
28 mai 1871
p 479-482
Rue par laquelles les versaillais ramenèrent Eugène Varlin à Montmartre, au long d'un véritable calvaire, pour l'exécuter par vengeance là où l'avaient été les généraux Lecomte et Thomas
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Événement
1871
28 mai 1871 — Banc de la place Cadet/Lieu de l'arrestation d'Eugène Varlin
p 479-482
Varlin est dénoncé par un écclésiastique en civil et arrêté vers 15 heures par le misérable lieutenant Sicre ; l'union "du sabre et du goupillon". Martyr de celui que ses camarades appelaient à juste titre "l'Honneur du …

Varlin est dénoncé par un écclésiastique en civil et arrêté vers 15 heures par le misérable lieutenant Sicre ; l'union "du sabre et du goupillon". Martyr de celui que ses camarades appelaient à juste titre "l'Honneur du Prolétariat"

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Événement
1871
27 mai 1871 — Demeure de Jules Antoine Moilin
p 483
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Événement
1871
26 mai 1871 — Marches du Panthéon
p 483-485
Exécution de Jean-Baptiste Millière avocat, journaliste et député de la Seine, n'ayant pas paticipé aux combats de la Commune, il est faussement accusé d'avoir tiré à trois reprises sur des soldats
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Événement
1871
28 mai 1871
p 483
On lui accorde une dernière faveur : épouser sa compagne, qui attend un enfant. Deux heures plus tard, il est fusillé. Tony Moilin a trente-neuf ans. Médecin, élève puis assistant de Claude Bernard, il s’est fait connaît …

On lui accorde une dernière faveur : épouser sa compagne, qui attend un enfant. Deux heures plus tard, il est fusillé.

Tony Moilin a trente-neuf ans. Médecin, élève puis assistant de Claude Bernard, il s’est fait connaître par son dévouement pendant l’épidémie de choléra de 1865 et par les soins qu’il donne aux pauvres dans des dispensaires de la rue de Rivoli et de la rue de Seine. Socialiste, nourri de Fourier, il a publié en 1869 une utopie, « Paris en l’an 2000 », où il imagine la capitale parcourue de rues-galeries. L’Empire l’a condamné en 1870 à cinq ans de prison dans l’affaire du « complot de Blois », sans doute montée par la police ; la chute de Napoléon III l’a libéré un mois plus tard. En janvier 1871, il signe l’Affiche rouge qui appelle à la Commune.

Pendant la Commune, il n’est pas élu au Conseil. Il sert comme chirurgien-major du 193e bataillon de la Garde nationale et fait office, quelques jours, de maire du 6e arrondissement. Cela suffit. Le 27 mai, alors que les derniers combats se livrent à Belleville, il est dénoncé, arrêté et condamné à mort le jour même par une cour martiale.

Le maire de l’arrondissement, Anne-Charles Hérisson, obtient pour lui une faveur. Le 28 mai au matin, Moilin épouse sa compagne, Lucie Marie Repiquet. Deux heures plus tard, il est fusillé dans le jardin du Luxembourg, devant le piédestal d’une statue de lion, à gauche de l’escalier qui descend vers l’allée de l’Observatoire. Malgré la promesse faite à sa veuve, son corps ne lui sera pas rendu : on le jette à la fosse commune, pour que sa tombe ne devienne pas un lieu de mémoire de la Commune.

Sa mort a frappé les contemporains, parce qu’elle punissait moins des actes qu’un homme et ses idées. Camille Pelletan lui consacre de longues pages dans « La Semaine de mai », son réquisitoire contre la répression versaillaise, et Eugène Pottier, l’auteur de « L’Internationale », cite son nom dans sa chanson « Elle n’est pas morte ! ».

Le Luxembourg n’en a pas fini avec les exécutions : le 4 juin encore, des fédérés sont fusillés au pied de la terrasse des Reines. Depuis 2003, une plaque apposée par le Sénat, qui siège dans le palais, rappelle leur mémoire.

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Événement
Événement
1871
26 mai 1871
p 483-485
Le domicile du beau-père de Jean-Baptiste Millière, qui s'y cachait, est perquisitionné ; il va se faire arrêter en s'y rendant
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Événement
1873
2 août 1873 — Demeure d'une certaine Berthe
p 500
Un voisin avait signé de son nom. Les quatre autres n'avaient pas osé. La répression de la Commune passa aussi par là. Le 2 août 1873, un informateur signala à la préfecture de police la présence à Paris d'Albert Theisz, …

Un voisin avait signé de son nom. Les quatre autres n'avaient pas osé. La répression de la Commune passa aussi par là.

Le 2 août 1873, un informateur signala à la préfecture de police la présence à Paris d'Albert Theisz, Communard en exil à Londres. La dénonciation était peut-être fausse. Elle s'ajoutait à des centaines de milliers d'autres.

Albert Theisz avait été l'un des responsables des Postes et Télégraphes pendant la Commune. Après la Semaine sanglante de mai 1871, il avait fui, comme des milliers d'autres Communards, vers l'exil. La Commune avait été écrasée ; les procès continuaient, et la préfecture de police cataloguait méthodiquement les informations reçues sur les fugitifs.

Dans ses archives, la préfecture compta 379 828 dénonciations visant des Communards. Benoît Malon, lui-même communard et historien du mouvement ouvrier, avança le chiffre de 389 823. Quatre dénonciations sur cinq étaient anonymes.

Ces chiffres disent quelque chose sur la France de la Troisième République naissante : une société où le voisin pouvait, sans risque, signaler l'ancien insurgé, où la délation trouvait ses habitudes, où la peur des représailles contre les dénonciateurs était bien moindre que la tentation de la vengeance ou du calcul. La Commune avait été brève (du 18 mars au 28 mai 1871) ; sa répression fut longue, minutieuse, et porta très loin dans les familles et les quartiers.

Theisz revint en France après l'amnistie de 1880. Il était graveur de métier. Il mourut à Paris en 1882.

Sur les 379 828 noms de dénonciateurs que la préfecture conserva dans ses dossiers, quatre sur cinq n'avaient pas laissé le leur.

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Événement
1871
24 mai 1871
p 519
Arrestation de plusieurs combattantes de la Commune, accusées par la propagande versaillaise d'être des "pétroleuses". Elles seront condamnées à des peines de déportation, de réclusion à perpétuité et même de mort mais c …

Arrestation de plusieurs combattantes de la Commune, accusées par la propagande versaillaise d'être des "pétroleuses". Elles seront condamnées à des peines de déportation, de réclusion à perpétuité et même de mort mais commuées

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Événement
1871
24 mai 1871
p 519
Eulalie Papavoine et Léontine Suétens, ambulancières de la Commune, sont arrêtées et accusées de vol et d'être des "pétroleuses" par la propagande versaillaise. La première est condamnée à la déportation et la seconde à …

Eulalie Papavoine et Léontine Suétens, ambulancières de la Commune, sont arrêtées et accusées de vol et d'être des "pétroleuses" par la propagande versaillaise. La première est condamnée à la déportation et la seconde à mort

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