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3 avril 1961
Événement

Suite à la mort d'un des leurs dans l'attentat du 2 avril 1961, les "calots bleus" saccagent 32 établissements du quartier

Quartier de la Goutte d'Or
Suite à la mort d'un des leurs dans l'attentat du 2 avril 1961, les "calots bleus" saccagent 32 établissements du quartier
Rue de la Goutte d'Or, vers 1930, Cparama

Suite à la mort d'un des leurs dans l'attentat du 2 avril 1961, les "calots bleus" saccagent 32 établissements du quartier. 128 algériens sont grièvement blessés, 300 sont "molestés".

Le 3 avril 1961, le lendemain de l'attentat contre le poste FPA de la rue de la Goutte d'Or, les "calots bleus" se déchaînent dans le quartier. En représailles à la mort d'un des leurs, ils saccagent 32 établissements — cafés, épiceries, hôtels meublés — et passent à tabac les Algériens qu'ils croisent. Le bilan : 128 blessés graves, 300 personnes "molestées" selon le vocabulaire officiel de l'époque.

La Force de police auxiliaire — la FPA — est une unité para-militaire créée par Maurice Papon, préfet de police de Paris depuis 1958, composée essentiellement de harkis et de supplétifs musulmans. Officiellement destinée à lutter contre le FLN dans les quartiers à forte immigration algérienne, elle fonctionne en pratique comme un instrument de répression collective, opérant en dehors des cadres légaux ordinaires. Ses membres portent des casquettes bleues — d'où le surnom.

Ce saccage du 3 avril n'est pas une bavure isolée — c'est la logique d'une force qui n'est pas tenue de rendre compte de ses actes à la justice ordinaire, dans un contexte de guerre où les libertés civiques des Algériens de métropole sont suspendues de fait. Sept mois plus tard, le 17 octobre 1961, la répression atteindra son paroxysme avec le massacre de manifestants algériens à Paris, sous les ordres du même Papon.

La Goutte d'Or portait ces violences au quotidien, dans un silence médiatique presque total.