Tombe de Gustave Flourens, scientifique, blanquiste, assassiné à Chatou lors de la désastreuse sortie du 3 Avril

Cimetière du Père Lachaise (66ème division, 1ère ligne)/Tombe de Gustave Flourens

Mort de Gustave Flourens, Carnavalet

Gustave Flourens est tué le 3 avril 1871 à Chatou, d'un coup de sabre d'un gendarme, au bord d'une route. Il avait trente-deux ans. Sa tombe est au Père-Lachaise, 66e division.

Flourens était une anomalie dans le paysage communard. Fils du physiologiste Marie Jean Pierre Flourens, lui-même scientifique de formation — spécialiste des crustacés, professeur au Collège de France à vingt-six ans — il avait tout abandonné pour la révolution. Blanquiste convaincu, il avait participé à des soulèvements en Crète contre l'occupation ottomane, puis aux journées révolutionnaires parisiennes de 1870, avant de rejoindre la Commune en mars 1871 comme commandant de bataillon.

Ce 3 avril, la Commune lance son unique tentative offensive sérieuse contre Versailles — une sortie en trois colonnes censée renverser la situation militaire avant que Thiers n'ait reconstitué ses forces. L'opération est désorganisée, précipitée, sans coordination entre les colonnes. Duval est capturé et fusillé sur place. La colonne de Bergeret se disloque. Flourens, à la tête de ses hommes vers Chatou, est surpris dans une auberge par des gendarmes versaillais et tué sans résistance possible.

La sortie du 3 avril est le début de la fin militaire de la Commune. Elle démontre que les fédérés, excellents défenseurs de barricades urbaines, ne sont pas en mesure de mener une guerre de campagne. Versailles prendra six semaines à préparer l'assaut final. Mais le rapport de force est désormais clair.

Gustave Flourens, Tombe au Père Lachaise Antonio Ca' Zorzi

Gustave Flourens, Tombe au Père Lachaise, Antonio Ca' Zorzi

 

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