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Boulevard de Reuilly
Adresse

10 boulevard de Reuilly

📍 10 boulevard de Reuilly, 75012 Paris 📋 3 événements répertorié s 📅 1786 — 1800

Toponymie — boulevard de Reuilly

boulevard de Reuilly
Voisinage de la rue de Reuilly.
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Événements à cette adresse

3 événements · 1786 — 1800
Barrière de Charenton — Barrière de Marengo
Il revient en vainqueur. Ce qu'il tait, c'est que la victoire n'était pas la sienne. Le 2 juillet 1800, Bonaparte entre dans Paris sous les acclamations. Deux mois qu'il est parti : les Alpes franchies par le…

Il revient en vainqueur. Ce qu'il tait, c'est que la victoire n'était pas la sienne.

Le 2 juillet 1800, Bonaparte entre dans Paris sous les acclamations. Deux mois qu'il est parti : les Alpes franchies par le Grand-Saint-Bernard en mai, l'Italie du Nord traversée, les Autrichiens bousculés. Et le 14 juin, à Marengo, une bataille qui change tout.

Sauf que Marengo, ce matin-là, tourne mal. Les Autrichiens enfoncent les lignes françaises dès l'aube. À quinze heures, le général Mélas est convaincu d'avoir gagné — il dicte déjà son rapport à Vienne. C'est Desaix qui sauve la mise : rappelé en urgence, il lance une contre-attaque qui retourne le cours de la journée. Les Autrichiens cèdent. La victoire est là. Desaix, lui, est mort — une balle dans la poitrine au moment exact où ses hommes perçaient.

Bonaparte recueille les lauriers. Dans les semaines qui suivent, les bulletins officiels sont soigneusement retravaillés : le rôle de Desaix s'efface, le récit se resserre sur le Premier Consul, stratège infaillible qui avait tout prévu.

Le même 14 juin, à six mille kilomètres de là, le général Kléber est assassiné au Caire par un étudiant syrien. La nouvelle met quelques jours à parvenir à Paris. Une victoire éclatante en Italie, un désastre discret en Égypte — et un seul nom dans toutes les bouches.

Paris est épuisée. Dix ans de révolution, de journées, de têtes coupées, de coups d'État. La foule qui acclame Bonaparte ce 2 juillet n'acclame pas seulement un général : elle acclame la fin du désordre. Quatre ans plus tard, il se fera couronner Empereur à Notre-Dame. La fatigue d'un peuple peut construire bien des trônes.

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Personnage(s) : Napoléon Bonaparte
10 boulevard de Reuilly — 12e arr.
Barrière de Charenton
Revenu en triomphe treize ans après sa mort, le plus mondain des philosophes dut patienter une nuit entière à un poste de péage, sous l'orage. Le 10 juillet 1791, aux portes est de Paris, un lourd cortège s'immobilise à…

Revenu en triomphe treize ans après sa mort, le plus mondain des philosophes dut patienter une nuit entière à un poste de péage, sous l'orage.

Le 10 juillet 1791, aux portes est de Paris, un lourd cortège s'immobilise à la barrière de Charenton. C'est l'une des soixante barrières d'octroi du mur des Fermiers généraux, cette enceinte fiscale qui taxait tout ce qui entrait dans la ville. Elle se dressait là où la rue de Charenton franchissait le mur, à l'emplacement de l'actuel boulevard de Reuilly, dans le 12e. Sur le char, un sarcophage. Dedans, ce qui reste de François-Marie Arouet, dit Voltaire.

Il faut mesurer l'ironie du lieu. Voltaire avait passé sa vie à fuir Paris et à y revenir : la Bastille deux fois, l'exil à Ferney aux portes de la Suisse, pour rester hors de portée du pouvoir. Il n'était rentré dans la capitale qu'en 1778, à quatre-vingt-trois ans, pour y mourir quelques semaines plus tard. Faute de sépulture chrétienne — l'Église lui refusait la terre bénite —, son neveu l'abbé Mignot l'avait fait inhumer en catimini à l'abbaye de Scellières, en Champagne.

Treize ans plus tard, la Révolution vient le rechercher. L'Assemblée nationale a décrété le transfert de ses cendres au Panthéon — l'ancienne église Sainte-Geneviève convertie en temple des grands hommes. La fuite du roi à Varennes, trois semaines plus tôt, avait bousculé le calendrier. On exhume, on met en route un convoi qui remonte lentement vers Paris.

Et voici que, parvenu à la barrière de Charenton, le cortège doit s'arrêter. Le maire Bailly est venu recevoir le corps ; les gens du faubourg Saint-Antoine sont là, portant un drapeau et des reliques de la Bastille abattue deux ans plus tôt. Mais le ciel s'en mêle. Le mauvais temps — Michelet insiste sur l'orage — force à différer la grande entrée. Voltaire, l'homme qui avait fait trembler les rois par ses mots, doit attendre son heure à un guichet de percepteur, là même où l'on rançonnait les charretiers.

Le convoi finit par gagner les ruines de la Bastille, où la dépouille passe la nuit sur un tombeau dressé en plein air. Le lendemain, sous la pluie encore, c'est l'apothéose réglée par David : un char à douze chevaux blancs, jusqu'au Panthéon.

La barrière de Charenton, elle, n'a pas survécu au siècle. Le mur des Fermiers généraux, si haï qu'un bon mot courait les rues — « le mur murant Paris rend Paris murmurant » —, a été démoli sous le Second Empire. Là où le philosophe patienta une nuit sous l'averse, passe aujourd'hui la circulation du boulevard de Reuilly, sans une pierre pour le rappeler. Voltaire aurait sans doute souri de finir sa course triomphale coincé à la douane : lui qui avait tant écrit contre les entraves, arrêté une dernière fois par une barrière.

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Personnage(s) : Voltaire
10 boulevard de Reuilly — 12e arr.
Barrière de Charenton — Barrière de Marengo — Mur des Fermiers généraux
Emplacement : face à la rue de Charenton
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10 boulevard de Reuilly — 12e arr.
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