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Entre le 229 et le 235 de la rue Saint-Honoré, à deux pas des Tuileries, s'élevait l'un des couvents les plus singuliers de Paris : celui des Feuillants, religieux réformés de l'ordre de Cîteaux, installés là depuis le XVIe siècle. Leurs bâtiments, leurs jardins et leurs cloîtres occupaient un vaste quadrilatère que la Révolution allait transformer en théâtre politique. Jean de La Fontaine y avait ses habitudes, fréquentant le salon de Marguerite Hessein de La Sablière, dont la demeure jouxtait le couvent. L'abbé André Morellet, encyclopédiste protégé de Mme Geoffrin, y logeait également — avant d'être envoyé à la Bastille en 1760 pour une préface un peu trop philosophique.

La Révolution s'empare littéralement des lieux. Dès 1789, l'Assemblée constituante, dont le Manège des Tuileries est la salle des séances, installe ses bureaux dans les anciens locaux des moines. Jacques-Louis David y trouve l'espace pour travailler à son monumental Serment du Jeu de paume. Puis vient le grand schisme : en juillet 1791, après la fuite à Varennes et le massacre du Champ-de-Mars, les partisans d'une monarchie constitutionnelle claquent la porte des Jacobins et s'installent ici — La Fayette, Barnave, Lameth, Duport, Le Chapelier, Sieyès, Talleyrand : l'élite du centre libéral fonde le Club des Feuillants. Face à eux, Robespierre et une poignée d'irréductibles tiennent bon rue Saint-Honoré.

Le coup de grâce survient le 10 août 1792 : après la prise des Tuileries, Louis XVI, Marie-Antoinette et leurs enfants sont enfermés trois jours dans le couvent avant d'être transférés au donjon du Temple. Le monastère, vidé de toute vie religieuse, disparaît finalement en 1804. Quelques vestiges de ses piliers subsistent encore dans la cour du 229.

Noms successifs du lieu
  • XVIe siècle — 1789 Couvent des Feuillants, monastère de l'ordre cistercien réformé
  • 1789 — 1792 Bureaux et dépendances de l'Assemblée nationale constituante
  • 1790 Atelier de Jacques-Louis David pour le Serment du Jeu de paume
  • 1791 — 1792 Club des Feuillants, siège du courant monarchiste constitutionnel
  • 10–13 août 1792 Lieu de détention provisoire de la famille royale avant le Temple
  • 1804 — aujourd'hui Démoli ; vestiges de piliers visibles dans la cour du 229 rue Saint-Honoré
Toponymie — rue Saint-Honoré
rue Saint-Honoré
Dû à l'ancienne église collégiale de Saint-Honoré située autrefois dans le cloître Saint-Honoré.
Anciens noms : rue de la Chausseterie · chemin de Clichy · grand chemin Saint-Honoré · grand'rue Saint-Louis · rue de la Chaussée Saint-Honoré · rue du Chastiau Festu · grand chemin de la Porte Saint-Honoré · nouvelle rue Saint-Louis · chemin Royal · chaussée Saint-Honoré · grande rue du Faubourg Saint-Honoré · rue du Château Fétu · rue Neuve Saint-Honoré
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Événements à cette adresse
6 événements · 1673 — 1792
229–235 rue Saint Honoré — 1er arr.
Couvent des Feuillants
Scission des Jacobins sur le sort de Louis XVI. Les Monarchistes constitutionnels s'installent aux Feuillants. Parmi les députés, seuls Robespierre, Anthoine, Buzot, Rœderer, Pétion et Louis Coroller
🕰️ église au 229
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229–235 rue Saint Honoré — 1er arr.
229–235 rue Saint Honoré — 1er arr.
229–235 rue Saint Honoré — 1er arr.
229–235 rue Saint Honoré — 1er arr.
229–235 rue Saint Honoré — 1er arr.
Aujourd'hui

Du couvent, il ne reste que quelques vestiges architecturaux — des piliers de l'ancien cloître — encore visibles depuis la cour du 229 rue Saint-Honoré. Le reste a été absorbé par l'urbanisme du début du XIXe siècle. Une plaque rappelle sur la façade le souvenir du Club des Feuillants et le passage de la famille royale en août 1792.

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