🗺 Lieux & Arrondissements 🎭 Thèmes ⏳ Époques 👤 Personnages 📅 Événements 🚶 Balades 🧭 Explorer 📚 Bibliographie À propos

Au 31 de la rue de Rivoli — cette artère baptisée du souvenir des canons de Bonaparte sur les Autrichiens en janvier 1797 —, un café discret devient, entre 1870 et 1871, l'un des arrière-plans les plus agités de l'histoire révolutionnaire parisienne. Le Café du Gaz s'impose d'abord comme le quartier général de Louis-Auguste Blanqui lors de la tentative de prise de l'Hôtel de Ville en 1870 : à deux pas de l'édifice convoité, le vieux conspirateur y tient ses fils. Il y revient en janvier 1871, pour l'insurrection du 22 janvier qui tourne au drame — Théodore Sapia y est tué, et Blanqui doit fuir une nouvelle fois.

Sous la Commune, le café change de surnom et devient le Café de la Garde nationale, fréquenté par les chefs de légion qui y tiennent des réunions secrètes ou ouvertement factieuses. C'est ici que des officiers infiltrés par Versailles tentent de fomenter la destitution du Conseil de la Commune ; ici encore que Édouard Moreau, Simon Charles Mayer et Léopold Boursier se retrouvent pour dénoncer la situation militaire désastreuse — Boursier sera arrêté dans la foulée. Louis Rossel lui-même passe par cette adresse lors d'une réunion de quinze chefs de légion lançant un ultimatum à la Commune.

L'endroit a aussi une face plus douce : Paul Verlaine, employé à l'Hôtel de Ville tout proche, en fait son « annexe » officieuse, et c'est là, dit-on, qu'il retrouve parfois le jeune Arthur Rimbaud, débarqué à Paris avec ses poèmes plein les poches.

Noms successifs du lieu
  • 1870 Café du Gaz — quartier général de Blanqui lors de la tentative de prise de l'Hôtel de Ville
  • Janvier 1871 Café du Gaz — base de Blanqui pour l'insurrection du 22 janvier ; mort de Théodore Sapia
  • 1871 (Commune) Café de la Garde nationale — lieu de réunion du Comité central de la Garde nationale et de conspirations pro-versaillaises
  • 1871 Café du Gaz — annexe informelle du bureau de Verlaine, rendez-vous avec Rimbaud
Toponymie — rue de Rivoli
rue de Rivoli
Victoire remportée par l'armée française, commandée par Bonaparte, sur les Autrichiens, les 14 et 15 janvier 1797.
Voir la fiche complète de la voie →
Événements à cette adresse
6 événements · 1870 — 1871
Café du Gaz
Café du Gaz, "annexe" du bureau de Verlaine lorsqu'il travaillait à l'Hôtel de Ville
Lire la fiche →
Personnage(s) : Paul Verlaine ·Arthur Rimbaud
31 rue de Rivoli — 4e arr.
Café de la Garde nationale
Réunion du Comité central de la Garde nationale en vue d'une délégation auprès du Conseil de la Commune visant à dénoncer la situation militaire ; Boursier est arrêté et le Comité central fait machine
Lire la fiche →
31 rue de Rivoli — 4e arr.
Café de la Garde nationale
Quelques officiers de la Garde nationale infiltrés par Versailles fomentent la destitution du Conseil de la Commune. Ils ne sont pas suivis mais obtiennent l'adresse d'une injonction associer le Comit
Lire la fiche →
31 rue de Rivoli — 4e arr.
Café du Gaz/Café de la Garde nationale
Quartier général de Blanqui lors de la tentative du 22 janvier, qui verra la mort de Théodore Sapia ; Blanqui devra fuir une nouvelle fois
Lire la fiche →
Personnage(s) : Théodore Sapia ·Auguste Blanqui
31 rue de Rivoli — 4e arr.
Café du Gaz/Café de la Garde nationale
Quartier général de Blanqui lors de la tentative de prise de l'Hôtel de Ville
Lire la fiche →
Personnage(s) : Auguste Blanqui
31 rue de Rivoli — 4e arr.
Aujourd'hui

Le bâtiment du 31 rue de Rivoli s'inscrit aujourd'hui dans la continuité haussmannienne de l'artère, face au Bazar de l'Hôtel de Ville. Aucune trace visible du Café du Gaz ne subsiste ; le rez-de-chaussée est occupé par des commerces contemporains, sans plaque ni mémorial rappelant ce passé tumultueux.

N° précédent · rue de Rivoli 31–33 rue de Rivoli
N° suivant · rue de Rivoli 39–41 rue de Rivoli