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77
Boulevard Arago
Adresse

77 boulevard Arago

📍 77 boulevard Arago, 75014 Paris 📋 2 événements répertorié s 📅 1910 — 1913

Toponymie — boulevard Arago

boulevard Arago
Dominique, François dit François Arago (1786-1853), astronome ; voisinage de l'Observatoire.
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Événements à cette adresse

2 événements · 1910 — 1913
Guillotine à l'angle de la prison de la Santé (à partir de 1899)
La guillotine est montée depuis trois heures du matin. Les badauds affluent. Trois hommes qui avaient déclaré la guerre à la société vont découvrir ce qu'elle réserve aux vaincus. Le 21 avril 1913, aux premières lueurs…

La guillotine est montée depuis trois heures du matin. Les badauds affluent. Trois hommes qui avaient déclaré la guerre à la société vont découvrir ce qu'elle réserve aux vaincus.

Le 21 avril 1913, aux premières lueurs du jour, le bourreau Anatole Deibler et ses aides dressent la mécanique au croisement du boulevard Arago et de la rue de la Santé, face à la prison du même nom. C'est ici, depuis 1899, que Paris exécute ses condamnés — le dernier emplacement en plein air d'une pratique qui durera encore vingt-six ans avant d'être reléguée dans les cours de prison.

Trois hommes sont tirés de leurs cellules : Raymond Callemin, vingt-trois ans, dit « Raymond la Science » ; André Soudy, vingt et un ans ; Étienne Monier, dit « Simentoff ». Tous les trois sont membres de la bande à Bonnot, le groupe d'anarchistes illégalistes qui a terrorisé Paris et sa banlieue de décembre 1911 à avril 1912. L'exécution des trois hommes dure à peine deux minutes.

L'illégalisme en automobile La bande à Bonnot, c'est d'abord une rupture technique : pour la première fois, des braqueurs utilisent l'automobile. Le 21 décembre 1911, Jules Bonnot et ses complices attaquent un garçon de recette de la Société Générale rue Ordener, à bord d'une Delaunay-Belleville volée. La presse s'enflamme — les « bandits en auto » deviennent l'obsession de la France entière. S'ensuivent des mois de braquages, de fusillades et de cavales, avant que Bonnot lui-même ne soit abattu lors du siège de Choisy-le-Roi, le 28 avril 1912, et Garnier et Valet tués à Nogent-sur-Marne quelques semaines plus tard.

Les survivants — Callemin, Soudy, Monier, Dieudonné et une quinzaine d'autres — sont jugés en février 1913. Le procès est un spectacle. Callemin, brillant et provocateur, revendique l'illégalisme au nom de l'anarchisme individualiste : puisque la propriété est un vol, le vol est une restitution. Soudy, phtisique, à peine majeur, a l'air d'un enfant égaré. Monier se tait. Quatre condamnations à mort sont prononcées. Dieudonné, qui clame son innocence, obtient la grâce présidentielle — il sera envoyé au bagne de Cayenne, d'où il ne reviendra qu'en 1927, réhabilité.

Le boulevard et la lame Boulevard Arago, la foule est considérable. Les exécutions publiques attirent toujours du monde — c'est d'ailleurs ce scandale du spectacle qui finira par provoquer leur suppression. Les trois têtes tombent dans un silence relatif. Callemin, dit-on, aurait lancé un dernier mot — les témoignages divergent sur ce qu'il fut.

La guillotine continuera de fonctionner au même endroit pendant encore un quart de siècle. Aujourd'hui, cinq dalles de granit, à l'angle du boulevard et de la rue de la Santé, marquent l'emplacement exact où se dressait l'échafaud. On passe devant sans les voir.

Emplacement : à l'angle de la rue de la Santé
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77 boulevard Arago — 14e arr.
Guillotine à l'angle de la prison de la Santé (à partir de 1899)
Jean-Jacques Liabeuf a vingt-trois ans quand la police des mœurs l'arrête, en 1909. Chef d'accusation : proxénétisme. Il nie — il n'a jamais touché à ça. Mais dans le Paris de la Belle Époque, la police des mœurs…

Jean-Jacques Liabeuf a vingt-trois ans quand la police des mœurs l'arrête, en 1909. Chef d'accusation : proxénétisme. Il nie — il n'a jamais touché à ça. Mais dans le Paris de la Belle Époque, la police des mœurs fonctionne à la prime : les agents sont intéressés aux interpellations, les travailleurs sans appui font de bons dossiers. Liabeuf, cordonnier du faubourg, est condamné à trois mois de prison. À sa sortie, son nom figure sur le registre des souteneurs — une marque indélébile qui ferme les portes et colle à la peau.

Il prépare sa réponse en silence. Des brassards de cuir, garnis de lames métalliques fixées aux avant-bras. Une armure artisanale, conçue pour une seule occasion.

Le 8 janvier 1910, dans le Marais, il surgit sur un groupe d'agents. Deux policiers meurent. Plusieurs autres sont grièvement blessés. Liabeuf est maîtrisé à coups de crosse, le corps en sang.

Son procès dure deux jours. Condamné à mort. L'affaire a entre-temps débordé les colonnes des journaux ouvriers : pour les anarchistes et une partie du mouvement socialiste, Liabeuf est moins un meurtrier qu'un homme que l'État a d'abord brisé sur une accusation fabriquée, puis condamné à mort pour s'en être vengé. Octave Mirbeau prend sa défense dans la presse. La CGT appelle à manifester. Le cas illustre ce que Marx désignait dans les Luttes de classes en France : une justice qui protège l'ordre bourgeois sous couvert de neutralité.

Le 2 juillet 1910, à l'aube, la guillotine est dressée boulevard Arago, devant la prison de la Santé. Des dizaines de milliers de personnes sont massées dans la nuit — certains pour assister, d'autres pour protester. La police charge à plusieurs reprises avant et après l'exécution. Liabeuf monte à l'échafaud sans prononcer un mot.

Il avait vingt-quatre ans. Sur les registres de la préfecture, il était toujours inscrit comme souteneur.

Emplacement : à l'angle de la rue de la Santé
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77 boulevard Arago — 14e arr.
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