En plein occupation allemande, le 10 février 1942, station Quai de la Rapée. Yves Kermen, responsable de l’Organisation spéciale communiste à Paris, arrive à un rendez-vous avec la chimiste résistante France Bloch-Sérazin. Elle fabrique des explosifs pour les premiers groupes armés communistes, depuis un laboratoire clandestin installé dans son logement du 19ᵉ arrondissement.
Quand Kermen sort du métro, il voit France déjà contrôlée par deux policiers français. Les agents sortent leurs armes et tentent d’emmener les deux résistants vers leur voiture. Yves Kermen choisit alors de tirer : il blesse un inspecteur à la jambe et permet à France de se jeter dans une rame qui démarre, lui sauvant ainsi la liberté – temporairement.
Kermen, lui, est immédiatement maîtrisé et arrêté. Transféré à la Préfecture de police, il subit huit jours d’interrogatoires et de tortures infligées par les Brigades spéciales du ministère de l’Intérieur, spécialistes du tabassage, du nerf de bœuf et du supplice de la baignoire. Sa capture ouvre la voie à un vaste coup de filet contre la direction parisienne de l’OS et le groupe Fabien.
France Bloch-Sérazin sera finalement repérée, filée, puis arrêtée le 16 mai 1942, jugée par un tribunal spécial allemand et guillotinée à Hambourg le 12 février 1943.