Le 4 avril 1871, le Comité de sûreté générale de la Commune fait arrêter Georges Darboy, archevêque de Paris, à son domicile du 127 rue de Grenelle. Il est conduit à la prison de Mazas. C'est le début d'une affaire qui hantera longtemps la mémoire de la Commune.
Darboy n'est pas un réactionnaire acharné. Gallican convaincu, il avait résisté à l'infaillibilité pontificale au concile Vatican I l'année précédente, ce qui l'avait mis en délicatesse avec Rome. Mais pour la Commune, il représente l'institution ecclésiastique, les propriétés de l'Église, la complicité avec Versailles. Son arrestation s'inscrit dans la politique des otages : la Commune espère l'échanger contre Blanqui, son fondateur emprisonné par le gouvernement.
Thiers refuse. L'échange n'a pas lieu. Darboy reste à Mazas, puis à la Grande Roquette. Il écrit des lettres calmes, célèbre la messe pour ses codétenus, attend.
Le 24 mai 1871, pendant la Semaine sanglante, alors que les Versaillais entrent dans Paris et que la Commune agonise, Darboy est fusillé avec cinq autres otages dans la cour de la Grande Roquette, sur ordre de Théophile Ferré. Il a soixante ans. Sa mort soulève une indignation internationale et sert à Versailles de justification supplémentaire pour la répression qui suit.
Ferré sera fusillé à Satory le 28 novembre 1871. Il monta à l'exécution sans se rétracter.