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📖 La Commune MARGUERITTE Paul & MARGUERITTE Victor
Bibliographie

La Commune

MARGUERITTE Paul & MARGUERITTE Victor
Plon-Nourrit, 1904.
220 Fiches citant cet ouvrage
1904 Édition

Fiches citant cet ouvrage

220 fiches
Événement
1871
24 février 1871 — Place de la Bastille/Colonne de Juillet/Génie de la Bastille
p 1-5
Commémoration de la Révolution de 1848 par la Garde nationale ; 14 bataillons défilent ; une couronne d'éternelles coiffe le Génie de la Bastille ; un drapeau rouge flotte au sommet de la colonne. Le 24 février 1871, la …

Commémoration de la Révolution de 1848 par la Garde nationale ; 14 bataillons défilent ; une couronne d'éternelles coiffe le Génie de la Bastille ; un drapeau rouge flotte au sommet de la colonne.

Le 24 février 1871, la Bastille rejoue, à sa manière, le 24 février 1848. Vingt‑trois ans après la chute de Louis‑Philippe, quatorze bataillons de la Garde nationale parisienne viennent y commémorer la révolution qui avait fait naître la IIᵉ République. La guerre contre la Prusse vient de se terminer, l’Assemblée installée à Bordeaux est très conservatrice, et beaucoup de Parisiens ont le sentiment que la République qu’on leur prépare n’a plus grand‑chose à voir avec celle qu’ils espéraient.

Ce jour‑là, les bataillons défilent jusqu’à la colonne de Juillet, monument déjà chargé de mémoire, érigé pour les journées de 1830. On dépose des couronnes d’« éternelles » au pied du socle, puis l’une d’elles est hissée jusqu’au Génie de la Bastille, tout en haut. Un drapeau rouge est également installé au sommet de la colonne. Le message est clair, sans discours théorique : on relie 1830, 1848 et 1871, et on place la Garde nationale du côté d’une République qui ne soit pas seulement parlementaire, mais aussi sociale.

Des prises de parole attaquent la politique de Thiers et du gouvernement, accusés de brader la victoire possible, d’accepter l’indemnité de guerre et de tourner le dos aux couches populaires qui ont tenu Paris pendant le siège. Dans les rangs des gardes, on trouve des artisans, des employés, des ouvriers qui refusent de se laisser désarmer sans réagir. Moins d’un mois plus tard, la tentative de reprise des canons à Montmartre fera tout basculer : le 18 mars, Paris se soulève et la Commune commence.

Vu de loin, la cérémonie du 24 février pourrait passer pour une simple commémoration. Mais à la Bastille, ce jour‑là, la Garde nationale ne se contente pas d’honorer les morts de 1848 : elle se teste, s’affiche, et laisse déjà entrevoir qu’elle est prête à aller plus loin que les républicains « raisonnables » de Versailles.

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Événement
1871
26 février 1871 — Port de l'Arsenal
p 3-4
Un policier qui notait les numéros des bataillons rebelles est lynché et jeté à l'eau par les manifestants ; Augustin Avrial essaie en vain de le protéger
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Événement
1871
24 février 1871 — Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall)
p 6
La Garde nationale se fédère ; 500 délégués des bataillons adoptent ses statuts et instaurent un Comité central provisoire de 29 membres ; apparition de l'appellation "Fédérés"
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Événement
1871
18 mars 1871 — Mairie du 2ème arrondissement
p 9 & 118
Réunion des élus de Paris sur la conduite à tenir ; ils penchent vers la conciliation. Ils tentent d'imposer Langlois comme général commandant de la Garde nationale. Une minorité milite pour le ralliement à la Commune
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Événement
1870
4 septembre 1870 — Siège de l'Association Internationale des Travailleurs/Chambre fédérale des Sociétés ouvrières
p 10
Rédaction par l'A.I.T. d'une adresse au peuple allemand l'invitant à la paix
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Événement
1871
27 février 1871
p 11 & 13
Vinoy abandonne 227 canons et mitrailleuses, dont ceux de la place de Wagram ; à l'initiative de Lapie, le peuple les déplace avant l'entrée des prussiens, ils sont portés place des Vosges. Les troupes censées les garder …

Vinoy abandonne 227 canons et mitrailleuses, dont ceux de la place de Wagram ; à l'initiative de Lapie, le peuple les déplace avant l'entrée des prussiens, ils sont portés place des Vosges. Les troupes censées les garder laissent faire

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Événement
1870
31 octobre 1870 — Hôtel de Ville
p 12
Metz a capitulé, Thiers négocie avec Bismarck : Paris envahit l'Hôtel de Ville, séquestre le gouvernement, proclame la Commune, et perd tout avant l'aube. Trois nouvelles arrivent coup sur coup à la fin d'octobre 1870. B …

Metz a capitulé, Thiers négocie avec Bismarck : Paris envahit l'Hôtel de Ville, séquestre le gouvernement, proclame la Commune, et perd tout avant l'aube.

Trois nouvelles arrivent coup sur coup à la fin d'octobre 1870. Bazaine a capitulé à Metz le 27 octobre avec cent soixante-treize mille hommes, la plus grande reddition de l'histoire militaire française. Le Bourget, repris quelques jours plus tôt, est perdu. Et l'on apprend que Thiers négocie un armistice avec Bismarck. Pour les quartiers populaires, c'est la preuve de ce qu'ils soupçonnent depuis septembre : le gouvernement de la Défense nationale ne défend rien, il prépare la capitulation.

Le 31 octobre 1870, les bataillons de Belleville et des faubourgs marchent sur l'Hôtel de Ville. Un garibaldien du groupe de Paolo Tibaldi parvient à ouvrir les verrous d'une porte. La foule investit le bâtiment. Le gouvernement, réuni en séance, est fait prisonnier dans ses propres salles.

Les insurgés proclament la Commune et dressent des listes de gouvernement révolutionnaire. Gustave Flourens monte sur la table du conseil, en bottes. Blanqui arrive à la nuit tombée, après avoir attendu de voir la tournure des événements dans sa cachette du 191 rue du Temple, et installe son quartier général au café du Gaz, rue de Rivoli. Delescluze, Millière, Ranvier, Avrial, Jules Vallès sont présents. La mairie du 19e est occupée, celle du 13e aussi, où le drapeau rouge est hissé.

La confusion règne. Plusieurs listes concurrentes circulent, personne ne commande. Le gouvernement négocie, promet des élections municipales et l'impunité. Vers trois heures du matin, deux bataillons de mobiles bretons pénètrent par le souterrain reliant la caserne Lobau à l'Hôtel de Ville et libèrent les ministres. Trochu s'était déjà échappé.

Les promesses ne sont pas tenues. Flourens et Henry Bauër sont arrêtés. Blanqui, Flourens, Levrault et Cyrille seront condamnés à mort par contumace. Rochefort démissionne du gouvernement. Quatre mois et demi plus tard, le 18 mars 1871, la même ville recommencera et réussira.

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Événement
1871
26 février 1871
p 15
Parc provisoire des canons ramenés de la place Wagram pour les soustraire aux troupes prussiennes. La place St Pierre sera transformée en camp retrancé par les montmartrois, garni de 30 canons et douze mitrailleuses
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Événement
1871
26 février 1871
p 15
Parc provisoire des canons ramenés de la place Wagram pour les soustraire aux troupes prussiennes
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Événement
1871
11 mars 1871
p 15
Première tentative de reprise du canon "Alsace-Lorraine" par le 59ème bataillon sur ordre de Vinoy ; les Fédérés s'y opposent à l'appel d'Allemane, soutenus par la population
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Événement
1871
28 février 1871 — Corderie du Temple
p 25
Réunion de l'A.I.T., de la Chambre fédérale des sociétés ouvrières et de la délégation des Vingt arrondissements qui s'oppose à une action suicidaire contre les prussiens lors de leur entrée dans Paris
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Événement
1871
28 février 1871 — Caserne de la Pépinière
p 26
Les gardes mobiles de la Seine ralliés à l'insurrection investissent la caserne de la Pépinière et fraternisent avec des marins qui y étaient cantonnés
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Événement
1871
27 février 1871 — Prison de Ste Pélagie
p 26
Libération de Piazza et de Brunel par les manifestants ; ils étaient enfermés depuis le 26 janvier
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Événement
1871
1 mars 1871
p 28-34
Le 1ᵉʳ mars 1871, Paris vit l’une de ses journées les plus amères. En vertu des préliminaires de paix négociés à Versailles, 30 000 soldats allemands sont autorisés à occuper symboliquement les quartiers ouest de la capi …

Le 1ᵉʳ mars 1871, Paris vit l’une de ses journées les plus amères. En vertu des préliminaires de paix négociés à Versailles, 30 000 soldats allemands sont autorisés à occuper symboliquement les quartiers ouest de la capitale : ils doivent entrer par l’avenue de Neuilly, franchir la barrière de l’Étoile et descendre vers la Concorde. Vers 10 heures, les premières colonnes se présentent au bout de l’avenue de la Grande‑Armée : casques à pointe, manteaux gris, fifres et tambours en tête.

Autour d’eux, la ville s’est organisée pour exprimer son deuil et sa colère sans déclencher d’affrontement. Les statues de la place de la Concorde, notamment celle de Strasbourg, sont voilées de crêpe noir ; des couronnes et des fleurs sont déposées au pied des monuments. Des prolonges d’artillerie et des caissons ferment l’accès aux rues qui mènent vers les quartiers non occupés : les Parisiens ont vidé la zone, tandis que plus de cent mille gardes nationaux montent la garde en limite du périmètre assigné aux troupes prussiennes. Sur l’avenue de la Grande‑Armée et les Champs‑Élysées, les régiments allemands défilent presque dans le vide : peu de Parisiens aux fenêtres, presque aucun drapeau, une atmosphère de paysage figé.

Bismarck et Moltke, chefs civil et militaire de l’Empire allemand, ne s’aventurent guère dans la capitale : Bismarck s’avance un moment sur l’avenue de la Grande‑Armée, est reconnu et sifflé, puis fait demi‑tour ; Guillaume Iᵉʳ, qu’on annonçait à l’Élysée, n’entrera finalement pas dans Paris, l’Assemblée ayant ratifié très vite les préliminaires de paix pour hâter le départ des troupes. Le 3 mars au matin, la parade victorieuse prend fin : les derniers détachements quittent la ville par la même avenue, sous les regards d’une foule populaire qui, cette fois, suit les colonnes au plus près, gamins en tête.

Pour les contemporains, cette entrée du 1ᵉʳ mars reste un traumatisme symbolique : Paris, qui a tenu le siège pendant des mois, voit passer sous l’Arc de Triomphe et sur les Champs‑Élysées l’armée ennemie, sans pouvoir tirer un coup de feu. Dans les quartiers populaires, beaucoup considèrent que la vraie bataille est désormais à venir, non plus contre les Prussiens, mais contre le gouvernement de Thiers retranché à Versailles ; quelques jours plus tard, cette tension se déplacera vers les canons de la Garde nationale, et mènera à l’insurrection du 18 mars.

Parade Prussienne dans Paris, mars 1871

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Événement
1871
1 mars 1871
p 30
La place et les statues sont tendues de noir et des violettes jonchent le socle de celle de Strasbourg en signe de deuil pour l'entrée des prussiens dans Paris. Le 1ᵉʳ mars 1871, la place de la Concorde se transforme en …

La place et les statues sont tendues de noir et des violettes jonchent le socle de celle de Strasbourg en signe de deuil pour l'entrée des prussiens dans Paris.

Le 1ᵉʳ mars 1871, la place de la Concorde se transforme en autel de deuil national. La veille de l’entrée des troupes prussiennes, des Parisiens ont recouvert d’un voile noir les grandes allégories de pierre qui ceinturent la place : les « villes de France » semblent drapées de crêpe funèbre, figées dans une posture de veillée mortuaire. Au milieu d’elles, Strasbourg, déjà devenue depuis la chute de la ville un symbole de la France mutilée, est littéralement ensevelie sous les couronnes, drapeaux et bouquets, notamment de violettes, apportés en hommage à l’Alsace perdue.

Lorsque les cavaliers et fantassins prussiens tournent autour des fontaines de la Concorde, la scène est presque irréelle : soldats qui caracolent et casques à pointe ceints de lauriers d’un côté, statues voilées de noir et socle de Strasbourg couvert de fleurs de l’autre. Les accès de la place sont en partie barrés par des caissons et prolonges d’artillerie, et, au-delà, la Garde nationale veille, drapeau tricolore lui-même voilé de crêpe.

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Événement
1871
3 mars 1871
p 35
Café saccagé pour avoir reçu des prussiens lors de leur bref "séjour" dans Paris après la capitulation
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Événement
1832
5 juin 1832 — Restaurant "Au Rocher de Cancale" (aujourd'hui au 78)
p 45-46
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Événement
Événement
1871
15 mars 1871 — Ministère des Affaires étrangères
p 45-46
Thiers est rentré à Paris le 13 mars pour reprendre la main avant l'ouverture de l'Assemblée à Versailles le 20. Son choix de résidence en dit long : plutôt que son hôtel particulier de la place Saint-Georges, au cœur d' …

Thiers est rentré à Paris le 13 mars pour reprendre la main avant l'ouverture de l'Assemblée à Versailles le 20. Son choix de résidence en dit long : plutôt que son hôtel particulier de la place Saint-Georges, au cœur d'un Paris agité, il s'installe au ministère des Affaires étrangères, quai d'Orsay — bâtiment officiel, plus défendable, à l'écart des faubourgs populaires de l'est et du nord.

C'est de là qu'il orchestre le plan de reprise des canons de Montmartre et Belleville, accumulés par la Garde nationale depuis janvier. Il entend frapper vite, avant que la Fédération ne se consolide davantage — le 15 mars, précisément, 1 325 délégués élisent au Tivoli Wauxhall le Comité central définitif.

Trois jours plus tard, l'opération tourne au désastre. Thiers quittera le quai d'Orsay par un escalier dérobé donnant sur la rue de l'Université, en voiture, vers Versailles — d'où il ne reviendra qu'en vainqueur, après avoir fait écraser dans le sang la Commune, deux mois plus tard.

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Événement
1871
18 mars 1871 — Palais Bourbon/Chambre des députés
p 45-46
Thiers s'enfuit en compagnie de Talabot par le pont d'Iéna, la rue d'Auteuil et le bois de Boulogne ; il passe à son domicile place St Georges mais trouve ses domestiques construisant une barricade ; il se réfugie chez l …

Thiers s'enfuit en compagnie de Talabot par le pont d'Iéna, la rue d'Auteuil et le bois de Boulogne ; il passe à son domicile place St Georges mais trouve ses domestiques construisant une barricade ; il se réfugie chez la Comtesse Taverna

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Événement
1871
18 mars 1871 — Poste de la Garde nationale de la rue des Rosiers
p 46
Bergeret est nommé chef de la Légion de Montmartre. Les Fédérés montmartrois ont constitué un comité de la Garde nationale indépendant de la Fédération
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Événement
1871
février 1871 — Le Château Rouge/Comité de vigilance du 18ème
p 46
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Événement
1871
18 mars 1871 — Parc à canons de Belleville/Mairie de Belleville
p 58 & 62
Parc où sont entreposés les canons transférés la veille de la place des Vosges ; le général Faron, venu les récupérer, doit battre en retraite, ses troupes refusant de mettre les mitrailleuses en batterie
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Événement
1871
15 mars 1871 — Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall)
p 59
Élection du Comité central de la Garde nationale par 1 325 délégués de 215 bataillons ; fusion du Comité fédéral et du Comité central ; Giuseppe Garibaldi est acclamé général en chef mais refuse le poste. Depuis la capit …

Élection du Comité central de la Garde nationale par 1 325 délégués de 215 bataillons ; fusion du Comité fédéral et du Comité central ; Giuseppe Garibaldi est acclamé général en chef mais refuse le poste.

Depuis la capitulation de janvier, la Garde nationale parisienne se fédère. Hostile à l'armistice et à la majorité monarchiste de l'Assemblée élue le 8 février, siégeant à Bordeaux, elle s'est organisée dès février autour de la grande salle de bal du Tivoli Wauxhall, rue de la Douane. C'est là qu'une commission provisoire, emmenée par l'architecte Georges Arnold, a élaboré les statuts d'une fédération permanente — publiés dans le Cri du Peuple du 9 mars.

Le 15 mars, l'assemblée constitutive se réunit pour la quatrième fois dans cette salle. 1 325 délégués représentant 215 bataillons élisent le Comité central, composé de deux délégués par arrondissement élus par le conseil de légion, et d'un chef de bataillon par légion. Les deux structures préexistantes — le Comité fédéral républicain, réunissant les officiers, et le Comité central issu des compagnies — fusionnent en une instance unique. Sur les 38 membres élus, une quinzaine sont membres de l'Internationale ou des chambres syndicales. Les hommes en vedette n'avaient pas brigué les suffrages — des inconnus de toutes les couches du peuple, connus seulement de leurs bataillons.

Arnold proclame les noms des élus, puis l'assemblée acclame Garibaldi comme général en chef. Le choix est politique autant que militaire : vainqueur à Dijon avec ses volontaires italiens, héros de l'unité italienne, ennemi des rois et des prêtres, Garibaldi incarne la République en armes — tout le contraire d'Aurelle de Paladines, le général monarchiste imposé par Thiers. L'Assemblée vient en outre de lui refuser son siège de député de Nice au motif qu'il est étranger : l'acclamer chef, c'est aussi un pied-de-nez à Versailles. Garibaldi refuse cependant le poste, estimant qu'un général français doit commander.

Ce comité dirige de fait la ville de Paris du 15 mars au 28 mars 1871. Trois jours après cette séance du Tivoli Wauxhall, après l'insurrection du 18 mars et la fuite de Thiers à Versailles, ce sont ces mêmes inconnus qui s'installeront à l'Hôtel de Ville et convoqueront les élections de la Commune. Nés dans une salle de bal, ils feront l'histoire.

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Événement
1871
10 mai 1871 — Palais des Tuileries/Salle des maréchaux
p 60 & 448
Arrestation durant 3 jours de Victor Schœlcher, libéré par Raoul Rigault
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Événement
1871
24 mars 1871 — Mairie du 2ème arrondissement
p 60
Négociations pour les élections de la Commune ; un certain nombre de maires refusent de signer la convention électorale
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Événement
1871
17 mars 1871 — Mairie de Belleville
p 62 & 66
Concentration de troupes destinées non seulement à récupérer les canons de la Garde nationale fédérée mais aussi à écraser la révolte communaliste dans l'œuf. Il dispose de 6 000 hommes
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Événement
1871
17 mars 1871 — Parc des Buttes Chaumont
p 62
Concentration de troupes destinées non seulement à récupérer les canons de la Garde nationale fédérée mais aussi à écraser la révolte communaliste dans l'œuf
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Événement
1871
17 mars 1871 — Esplanade des Invalides
p 62
Concentration de troupes destinées non seulement à récupérer les canons de la Garde nationale fédérée mais aussi à écraser la révolte communaliste dans l'œuf
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Événement
1871
17 mars 1871
p 62
Concentration de troupes destinées non seulement à récupérer les canons de la Garde nationale fédérée mais aussi à écraser la révolte communaliste dans l'œuf
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Événement
1871
17 mars 1871
p 62 & 66
Concentration de troupes destinées non seulement à récupérer les canons de la Garde nationale fédérée mais aussi à écraser la révolte communaliste dans l'œuf
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Événement
1871
17 mars 1871
p 62 & 66
Concentration de troupes destinées non seulement à récupérer les canons de la Garde nationale fédérée mais aussi à écraser la révolte communaliste dans l'œuf
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Événement
1871
17 mars 1871
p 62 & 66
Concentration de troupes destinées non seulement à récupérer les canons de la Garde nationale fédérée mais aussi à écraser la révolte communaliste dans l'œuf ; un de ses régiments rendra les armes
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Événement
1871
17 mars 1871
p 62
Concentration de troupes destinées non seulement à récupérer les canons de la Garde nationale fédérée mais aussi à écraser la révolte communaliste dans l'œuf
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Événement
1871
18 mars 1871
p 62
Le général Susbielle, qui commande les opérations de récupération des canons de Montmartre, installe son PC entre la place Pigalle et le cimetière. Il dispose de 4 000 hommes. Il sera la cible de plusieurs coups de feu
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Événement
1871
18 mars 1871
p 62
Point de rassemblement des troupes de Paturel à 3 heures du matin pour récupérer les canons du Moulin de la Galette sur ordre de Thiers
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Événement
1871
18 mars 1871 — Parc à canons des Buttes Chaumont (3 lieux différents, 52 pièces d'artillerie)
p 62
Tentative manquée par les troupes de Thiers de récupérer les canons de Belleville parqués aux Buttes Chaumont ; seules 18 pièces sont enlevées. Trois coups de canons tirés vont donner l'alerte aux parisiens
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Événement
1871
17 mars 1871 — Palais du Louvre
p 62
La [décision politique prise au quai d'Orsay](https://parisrevolutionnaire.org/thiers-vient-a-paris-et-convoque-une-reunion-elargie-du/), il faut maintenant la traduire en plan militaire. Vinoy réunit ses généraux au Lou …

La décision politique prise au quai d'Orsay, il faut maintenant la traduire en plan militaire. Vinoy réunit ses généraux au Louvre — quartier général de la place de Paris — pour distribuer les rôles. Le dispositif est ambitieux : quadriller Paris simultanément, de sorte qu'aucune résistance ne puisse s'organiser.

Susbielle commandera la colonne sur Montmartre, avec les brigades Paturel et Lecomte — environ 6 000 hommes, régiments de ligne, gardes républicains, gendarmes et mitrailleuses. Faron marchera sur Belleville et les Buttes-Chaumont avec 6 000 hommes supplémentaires. Maud'huy occupera l'Hôtel de Ville, la Bastille et les ponts de la rive droite. Barry tiendra la Concorde et les Tuileries. Valentin, préfet de police, assurera le contrôle des Champs-Élysées avec ses gardes républicains.

Au total, Thiers a obtenu de Bismarck que ses troupes soient portées à 40 000 hommes — mais la réalité est plus modeste : les libérables sont rentrés chez eux depuis la signature des préliminaires de paix, et Vinoy ne dispose en fait que de 20 000 hommes environ. Surtout, pour transporter 227 canons, il faudrait près de 2 000 chevaux. Personne n'a prévu d'en réquisitionner suffisamment.

Vinoy le sait. Il a exprimé ses réserves au conseil du quai d'Orsay — trop tôt, trop peu préparé. Thiers n'a pas voulu entendre. Le déploiement est fixé à 3 heures du matin. Les soldats marcheront dans la nuit froide vers des objectifs qu'ils atteindront sans difficulté — et devant lesquels ils resteront ensuite immobiles, à attendre des chevaux qui ne viendront pas.

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Événement
1871
18 mars 1871 — Tour de Solférino (de 1859, reliée au bal du même nom par une passerelle)
p 63
Les Fédérés de faction sur la Butte Montmartre sont arrêtés et enfermés dans les caves de la Tour de Solférino
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Événement
1871
18 mars 1871
p 65
Le général Susbielle fait charger la foule par les gendarmes à cheval ; la troupe fraternise, le capitaine Saint-James est abattu
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Événement
1871
18 mars 1871 — Mairie de Montmartre
p 67
Clemenceau protège des gendarmes poursuivis par les Fédérés cachés dans les caves de sa mairie. Clemenceau a passé la journée à courir. Maire du 18e arrondissement depuis septembre 1870, élu républicain modéré, il a tent …

Clemenceau protège des gendarmes poursuivis par les Fédérés cachés dans les caves de sa mairie.

Clemenceau a passé la journée à courir. Maire du 18e arrondissement depuis septembre 1870, élu républicain modéré, il a tenté le matin même d'empêcher l'opération en négociant avec Lecomte au Château-Rouge — en vain. Il a couru rue des Rosiers pour protéger les généraux prisonniers — trop tard. Il court maintenant à sa mairie de la rue des Abbesses, au cœur d'un quartier que les Fédérés contrôlent désormais entièrement.

Des gendarmes pourchassés par les Fédérés se sont réfugiés là. Clemenceau les fait cacher dans les caves. Il joue son rôle de maire — protéger des hommes en danger, quel que soit leur camp — au risque de sa propre sécurité. C'est exactement le rôle qu'il s'est assigné depuis le matin : être le tampon entre la révolution et l'ordre, essayer de maintenir une ligne médiane dans une journée qui n'en laisse plus.

Ce détail révèle quelque chose d'essentiel sur le personnage. Clemenceau n'est ni communard ni versaillais ce 18 mars — il est le républicain qui refuse les deux logiques de guerre civile. Il sera plus tard l'homme qui brisera les grèves, le président du Conseil qui enverra la troupe contre les ouvriers. Mais ce soir-là, il cache des gendarmes dans ses caves et a tenté de sauver Lecomte de la foule. L'histoire est rarement simple.

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Événement
1871
17 mars 1871 — École dite de la rue Basfroi/Comité central de la Garde nationale (siège pendant la Commune)
p 67
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Événement
1871
18 mars 1871 — Le Château Rouge (corps de garde Fédéré)
p 72-75
Le général Lecomte, ainsi que d'autres officiers, sont détenus au Château Rouge, dont le commandant Lartet qui parvient à s'enfuir. Lecomte est pris dans un premier temps pour le général Vinoy Le Château Rouge — une anci …

Le général Lecomte, ainsi que d'autres officiers, sont détenus au Château Rouge, dont le commandant Lartet qui parvient à s'enfuir. Lecomte est pris dans un premier temps pour le général Vinoy

Le Château Rouge — une ancienne demeure bourgeoise reconvertie en bal populaire, l'un des plus fréquentés de Montmartre — devient ce matin-là le quartier général des bataillons fédérés. C'est là qu'on conduit Lecomte après son arrestation, entouré d'autres officiers capturés dans la débâcle de l'opération.

L'arrivée du général est marquée par une confusion révélatrice : la foule le prend d'abord pour Vinoy, le gouverneur militaire de Paris. Vinoy — dont le nom symbolise à lui seul la répression — aurait été lynché sur place. Le capitaine Simon Charles Mayer, responsable du poste, doit intervenir pour faire comprendre à la foule qu'il s'agit de Lecomte, un officier d'un rang inférieur. Ce malentendu sauve momentanément la vie du général.

À l'intérieur, Lecomte est traité avec une relative correction par les officiers fédérés qui comprennent que le tuer serait une faute politique. Il signe l'ordre d'évacuation de la butte — un ultime acte d'autorité que personne n'exécutera. Le commandant Lartet, lui, profite de la confusion pour s'enfuir.

Mais dehors, la situation se détériore. Les soldats du 88e qu'il avait fait enfermer quelques heures plus tôt arrivent au Château Rouge. La rancœur est vive. Dans l'après-midi, Lecomte sera transféré rue des Rosiers — et l'arrivée simultanée du général Clément-Thomas, reconnu en civil dans le quartier, fera basculer la foule vers l'irréparable.

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Événement
1871
18 mars 1871 — Ministère des Affaires étrangères
p 75-79
Thiers convainc le gouvernement d'évacuer Paris, son vieux plan qui consiste à reculer pour mieux réprimer ; puis il s'enfuit. Il donne l'ordre d'évacuer les casernes pour rassembler les troupes à Versailles
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Événement
1871
18 mars 1871 — Jardin de la veuve d'Eugène Scribe/Poste de la Garde nationale de la rue des Rosiers
p 79-82
Exécution des généraux Claude Lecomte et Jacques Clément-Thomas ; le premier pour avoir donné l'ordre de tirer sur le peuple, le second en tant que massacreur de Juin 1848 Dans l'après-midi, Lecomte est transféré du Chât …

Exécution des généraux Claude Lecomte et Jacques Clément-Thomas ; le premier pour avoir donné l'ordre de tirer sur le peuple, le second en tant que massacreur de Juin 1848

Dans l'après-midi, Lecomte est transféré du Château Rouge au 36 rue du Chevalier de la Barre — l'ancien jardin de la veuve d'Eugène Scribe, devenu le poste de commandement des bataillons montmartrois. C'est là que tout bascule.

Un homme en civil est amené dans la cour au même moment : le général Jacques Clément-Thomas, reconnu sur un boulevard alors qu'il inspecte des barricades. Son nom suffit à enflammer la foule. Commandant de la Garde nationale pendant le siège, il est surtout dans les mémoires populaires comme l'homme de juin 1848 — l'officier qui avait participé à l'écrasement sanglant de l'insurrection ouvrière, faisant des milliers de morts dans les faubourgs. Vingt-trois ans de rancœur remontent d'un coup.

Les officiers fédérés présents — dont Théophile Ferré et Nicolas Garcin — tentent de contenir la foule et d'organiser un semblant de jugement. Clemenceau, prévenu, accourt mais n'arrive pas à temps. Un capitaine garibaldien, Herpin-Lacroix, risque sa vie pour s'interposer dans le couloir. En vain. La foule force l'entrée du jardin. Les deux généraux sont poussés dans la cour et fusillés — Clément-Thomas d'abord, Lecomte ensuite. Parmi les tireurs se trouvent des soldats du 88e, ceux-là mêmes que Lecomte avait fait enfermer le matin.

La propagande versaillaise fera de cet acte le symbole de la barbarie communarde. Les historiens ont depuis établi qu'il fut le fait d'une foule incontrôlée — et non d'une décision du Comité central, qui n'en fut informé qu'après coup.

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Événement
1871
18 mars 1871 — Appartement de Guillaume Calmon
p 88
Les ministres qui ont fui le ministère des Affaires étrangères où ils ont failli se faire prendre, se réunissent une dernière fois à Paris le soir du 18 mars, avant de filer à Versailles
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Événement
1871
18 mars 1871
p 88
Prise de l'Hôtel de Ville par des bataillons bellevillois de la Garde nationale, commandés par Émile Eudes. Le Comité central de la Garde nationale s'y installe dans la soirée. Jules ferry s'enfuit au dernier moment
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Événement
1871
18 mars 1871 — Siège de l'état-major général de la Garde nationale
p 88
Prise du quartier général de l'état-major de la Garde nationale par 4 bataillons des Batignolles et de Montmartre réunissant 2 000 hommes ; Bergeret y installe sont propre état-major
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Événement
1871
19 mars 1871 — Mairie du 2ème arrondissement
p 100 & 103
Négociations entre la Commune et les élus parisiens après l'échec de l'Hôtel de Ville
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Événement
1871
19 mars 1871 — Hôtel de Ville
p 103
Les élus parisiens viennent exiger que le pouvoir leur soit rendu par le Comité central de la Garde nationale ; Eugène Varlin tient tête à Clemenceau. Dans la matinée du 19 mars, une délégation d'élus parisiens se présen …

Les élus parisiens viennent exiger que le pouvoir leur soit rendu par le Comité central de la Garde nationale ; Eugène Varlin tient tête à Clemenceau.

Dans la matinée du 19 mars, une délégation d'élus parisiens se présente à l'Hôtel de Ville. Clemenceau est là, maire du 18e arrondissement, républicain convaincu, hostile à la fois à Versailles et à l'insurrection. Avec Bonvalet et d'autres, il vient exiger que le Comité central rende le pouvoir aux représentants légaux de Paris.

C'est Eugène Varlin qui leur répond. Relieur de son état, membre de l'Internationale, l'un des rares hommes du Comité central dont la rigueur morale soit unanimement reconnue — y compris par ses adversaires. Face à Clemenceau qui invoque la légitimité électorale, Varlin ne cède pas. Le Comité central n'a pas pris le pouvoir pour le conserver, dit-il en substance : il le tiendra jusqu'aux élections qu'il vient précisément de convoquer. La procédure est en marche.

L'échange illustre la ligne de fracture qui traverse tout le camp républicain ce jour-là. Clemenceau n'est pas versaillais — il a voté contre les préliminaires de paix — mais il refuse de légitimer une insurrection armée, même populaire. Varlin ne cherche pas la révolution permanente — il veut des élections dans les plus brefs délais. Les deux hommes défendent la République, mais pas depuis le même endroit.

Jules Vallès, présent dans les couloirs de l'Hôtel de Ville, observe la scène. Il notera dans ses carnets l'étrange sensation de ce jour suspendu entre deux légitimités, où personne ne savait encore très bien qui gouvernait Paris.

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Événement
1871
22 mars 1871
p 118
Manifestation des "Amis de l'ordre", principalement bonapartistes, contre le Comité central de la Garde nationale. Le 22 mars 1871, les "Amis de l'ordre" descendent dans la rue. Partis de la place de l'Opéra et du Grand …

Manifestation des "Amis de l'ordre", principalement bonapartistes, contre le Comité central de la Garde nationale.

Le 22 mars 1871, les "Amis de l'ordre" descendent dans la rue. Partis de la place de l'Opéra et du Grand Hôtel, cocardes bleues à la boutonnière, ils convergent vers la place Vendôme au cri de : Vive l'ordre ! Vive la loi ! Sous la colonne, leur colonne — celle que Napoléon avait fait fondre avec le bronze des canons d'Austerlitz — ils entendent signifier au Comité central que Paris bourgeois existe encore.

Ils sont en majorité bonapartistes. L'ironie ne leur échappe peut-être pas, ou peut-être si : manifester pour l'ordre légal quatre jours après que Thiers a fui Paris en laissant la ville aux insurgés demande une certaine souplesse de conviction.

Jules Bergeret les attend. Commandant fédéré, il a déployé ses hommes autour de la place. La confrontation tourne à la fusillade — les gardes nationaux ouvrent le feu sur les manifestants qui s'enfuient. Le bilan est lourd : quinze morts et une dizaine de blessés parmi les manifestants, tous issus de l'aristocratie, de la finance et de la presse parisiennes.

C'est la première tentative organisée de la réaction parisienne contre le Comité central. Elle échoue, mais laisse des morts — ce qui radicalise les deux camps. Versailles en tirera argument. Dans six semaines, ce sera différent.

La colonne Vendôme, elle, sera abattue le 16 mai. Courbet en assumera la responsabilité, à ses dépens.

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Événement
1871
22 mars 1871
p 119-120
Manifestation des "Amis de l'ordre", un millier de provocateurs portant des rubans bleus comme signe de reconnaissance ; des coups de feu sont tirés sur les gardes nationaux qui répliquent. Deux gardes sont tués
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Événement
1862
1862 — Hôtel des Quatre Nations/Demeure de Charles-Ernest Lullier
p 131
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Événement
1871
Événement
Événement
1871
22 mars 1871 — Mairie du 9ème arrondissement
p 132
Les troupes de "l'ordre" occupent la mairie du 9ème après le 18 mars ; elles regroupent en tout environ 8 000 hommes
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Événement
1871
25 mars 1871 — Mairie du 2ème arrondissement
p 134-135
Floquet et Clemenceau faisant un compte-rendu catastrophique des décisions réactionnaires de l'Assemblée entraînent la "capitulation des maires", qui finalement acceptent l'organisation d'élections
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Événement
1871
25 mars 1871 — Mairie du 2ème arrondissement
p 134
Paul Antoine Brunel assiège la mairie du 2ème arrondissement pour faire céder les maires
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Événement
1871
25 mars 1871 — Mairie du 1er arrondissement
p 134
Paul Antoine Brunel et Lisbonne menacent la mairie du 1er arrondissement tenue par les élus de Paris opposants à la Commune, avec 450 hommes du 213ème bataillon de la Garde nationale ; Adam et Méline transigent et se ren …

Paul Antoine Brunel et Lisbonne menacent la mairie du 1er arrondissement tenue par les élus de Paris opposants à la Commune, avec 450 hommes du 213ème bataillon de la Garde nationale ; Adam et Méline transigent et se rendent

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Événement
1871
28 mars 1871
p 151-153
Proclamation de la Commune de Paris, qui installe son siège à l'Hôtel de Ville. 90 membres, 11 modérés, 13 membres du CC de la Garde nationale, 16 membres de l'A.I.T., 25 ouvriers. Le 28 mars 1871, par une journée de pri …

Proclamation de la Commune de Paris, qui installe son siège à l'Hôtel de Ville. 90 membres, 11 modérés, 13 membres du CC de la Garde nationale, 16 membres de l'A.I.T., 25 ouvriers.

Le 28 mars 1871, par une journée de printemps exceptionnellement belle, Paris proclame la Commune.

Depuis dix jours, le Comité central de la Garde nationale administre la ville, sans mandat autre que celui des fusils et de la nécessité. Il a convoqué des élections, reportées deux fois, tenues le 26 mars. Ce matin du 28, les résultats sont connus : quatre-vingt-dix membres sont élus au Conseil de la Commune. Quatre-vingt-dix hommes qui représentent un Paris que l'Assemblée de Versailles ne reconnaît pas — vingt-cinq ouvriers, seize membres de l'Internationale, treize délégués du Comité central, une poignée de républicains radicaux, onze modérés qui démissionneront dès la première séance.

À midi, Gabriel Ranvier proclame la Commune depuis les balcons de l'Hôtel de Ville. La place est noire de monde. Les bataillons de la Garde nationale sont massés en ordre, canons en batterie, drapeaux rouges au vent. La fanfare joue la Marseillaise. Léopold Boursier lit la proclamation au peuple parisien. La foule répond par des cris qui dureront des heures.

Ce que Paris acclame ce jour-là, c'est à la fois très précis et très ouvert. Très précis : un gouvernement élu au suffrage universel, autonome, responsable devant ses mandants, révocable. Très ouvert : personne ne sait encore ce que la Commune va faire de son pouvoir, ni combien de temps elle vivra. Les décrets viendront après — suppression du travail de nuit pour les boulangers, moratoire sur les loyers, séparation de l'Église et de l'État, remise des outils mis en gage, école laïque et gratuite. Deux mois de législation sociale qui anticipe sur plusieurs décennies.

Marx, depuis Londres, télégraphie à ses correspondants parisiens pour leur demander de ne pas se lancer trop vite. Il a peur de la répression. Il a raison.

La Semaine sanglante commence le 21 mai. En huit jours, l'armée versaillaise tue entre dix et vingt mille Parisiens. Ranvier, qui avait proclamé la Commune ce matin de mars, finit ses jours en exil à Genève.

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Événement
1871
1871 — Demeure d'Émile Clément
p 183
Demeure d'Émile Clément, membre de la Commune ; délégué aux Subsistances. Il sera arrêté par le Comité de Salut public pour avoir eu une attitude ambiguë sous l'Empire
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Événement
1871
28 mars 1871 — Banque de France
p 185-186
De Plœuc convainc Beslay de ne pas occuper la Banque de France ; une des plus grosses erreurs de la Commune, qui n'utilisera pas ce formidable moyen de pression contre Versailles. Le 28 mars 1871, le jour même de la proc …

De Plœuc convainc Beslay de ne pas occuper la Banque de France ; une des plus grosses erreurs de la Commune, qui n'utilisera pas ce formidable moyen de pression contre Versailles.

Le 28 mars 1871, le jour même de la proclamation de la Commune, Charles Beslay se rend rue La Vrillière. La Banque de France est là, à portée de main — ses caves renferment plusieurs milliards de francs en billets et en réserves métalliques. Beslay est le délégué de la Commune auprès de la Banque. Il vient en prendre le contrôle.

Il en ressort sans avoir rien pris.

Le sous-gouverneur de Plœuc l'a reçu, et l'a convaincu. L'argument est simple, et redoutablement efficace : la Banque de France n'appartient pas à l'État, elle appartient à ses actionnaires. En saisir les avoirs serait porter atteinte à la propriété privée — ce que la Commune, qui se réclame de la légalité républicaine, ne peut pas faire. Surtout, de Plœuc fait valoir que la Banque est le garant du commerce et de l'industrie, que bloquer ses opérations ruinerait les petits épargnants autant que les grands. Beslay, vieux saint-simonien de soixante-sept ans, républicain modéré, proche de Proudhon, est sensible à ces arguments. Il part.

Philippe avait résumé l'affaire en une phrase dans sa fiche : une des plus grosses erreurs de la Commune, qui n'utilisera pas ce formidable moyen de pression contre Versailles.

Les historiens sont du même avis. La Banque accordera en tout 15 millions à la Commune — contre 257 à Versailles, pour financer l'armée qui l'écrasera en mai. Les trois milliards dormaient en cave, rue La Vrillière, pendant toute la durée de la Commune. Beslay lui-même, dans ses Souvenirs, reconnaîtra s'être laissé abuser. De Plœuc, lui, reçut la Légion d'honneur après la Semaine sanglante.

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Événement
1871
31 mars 1871 — Église Ste Geneviève/Le Panthéon
p 193
Les bras de la croix de bois doré provisoire imposée par Napoléon III sont sciés par les Communards, son montant vertical servant de hampe à un immense drapeau rouge ; le Panthéon est rendu aux "grands hommes". Le 31 mar …

Les bras de la croix de bois doré provisoire imposée par Napoléon III sont sciés par les Communards, son montant vertical servant de hampe à un immense drapeau rouge ; le Panthéon est rendu aux "grands hommes".

Le 31 mars 1871, trois jours après la proclamation de la Commune, un groupe de fédérés monte au sommet du Panthéon. Ils apportent une scie.

La croix qui surmonte le dôme n'est pas la croix originelle — c'est une croix provisoire en bois doré que Napoléon III avait fait poser en 1851 quand il avait transformé le Panthéon en église Sainte-Geneviève, chassant les grands hommes pour y réinstaller les prêtres. Napias, Jourde, Rastoul et leurs compagnons scient les bras horizontaux. Il reste le montant vertical — une hampe parfaite pour un drapeau rouge immense, visible depuis tout le quartier.

Le geste est précis et symbolique à la fois. En sciant les bras de la croix, la Commune rend le Panthéon à sa vocation républicaine — le temple des grands hommes, laïque, civique, consacré à la mémoire nationale et non à la liturgie. C'est aussi une réponse directe à Napoléon III et à vingt ans de Second Empire clérical.

Le Panthéon oscille depuis sa construction entre ces deux identités. Construit pour être une église, consacré sous Louis XVI, il devient temple républicain sous la Révolution — Mirabeau, puis Voltaire, puis Rousseau y entrent. Napoléon Ier le rend au culte, Louis XVIII aussi, la Révolution de 1830 le laïcise à nouveau, Napoléon III le re-consacre. La Commune le reprend. Après la Semaine sanglante, l'église reviendra. Définitivement laïcisé en 1885 pour les funérailles de Victor Hugo, il ne changera plus.

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Événement
1871
27 mars 1871 — Hôtel des Postes
p 195 & 556
Il s'oppose à sa destruction le 23 mai.
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Événement
1871
4 avril 1871 — Archevêché de Paris
p 226
Le 4 avril 1871, le Comité de sûreté générale de la Commune fait arrêter Georges Darboy, archevêque de Paris, à son domicile du 127 rue de Grenelle. Il est conduit à la prison de Mazas. C'est le début d'une affaire qui h …

Le 4 avril 1871, le Comité de sûreté générale de la Commune fait arrêter Georges Darboy, archevêque de Paris, à son domicile du 127 rue de Grenelle. Il est conduit à la prison de Mazas. C'est le début d'une affaire qui hantera longtemps la mémoire de la Commune.

Darboy n'est pas un réactionnaire acharné. Gallican convaincu, il avait résisté à l'infaillibilité pontificale au concile Vatican I l'année précédente, ce qui l'avait mis en délicatesse avec Rome. Mais pour la Commune, il représente l'institution ecclésiastique, les propriétés de l'Église, la complicité avec Versailles. Son arrestation s'inscrit dans la politique des otages : la Commune espère l'échanger contre Blanqui, son fondateur emprisonné par le gouvernement.

Thiers refuse. L'échange n'a pas lieu. Darboy reste à Mazas, puis à la Grande Roquette. Il écrit des lettres calmes, célèbre la messe pour ses codétenus, attend.

Le 24 mai 1871, pendant la Semaine sanglante, alors que les Versaillais entrent dans Paris et que la Commune agonise, Darboy est fusillé avec cinq autres otages dans la cour de la Grande Roquette, sur ordre de Théophile Ferré. Il a soixante ans. Sa mort soulève une indignation internationale et sert à Versailles de justification supplémentaire pour la répression qui suit.

Ferré sera fusillé à Satory le 28 novembre 1871. Il monta à l'exécution sans se rétracter.

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Événement
1871
6 avril 1871
p 228
Le 6 avril 1871, à neuf heures du matin, des fédérés du 130e bataillon de la Garde nationale se rendent au 60 rue de la Folie-Regnault, là où est remisé entre les exécutions ce que les ouvriers du faubourg appellent la V …

Le 6 avril 1871, à neuf heures du matin, des fédérés du 130e bataillon de la Garde nationale se rendent au 60 rue de la Folie-Regnault, là où est remisé entre les exécutions ce que les ouvriers du faubourg appellent la Veuve. Ils y trouvent deux guillotines — l'ancienne et une nouvelle, plus expéditive et portative. Ils les chargent et les portent place Voltaire, devant la statue du philosophe. Aux applaudissements d'une foule immense, ils les brisent et les brûlent.

Le Rappel du lendemain décrit la scène et souligne le choix du lieu : c'est devant "le défenseur de Sirven et de Calas, l'apôtre de l'humanité, le précurseur de la Révolution française" que la machine est détruite.

La portée symbolique est immédiate mais le Siècle pose la question qui dérange : si l'on brûle l'échafaud sans abolir la peine de mort, à quoi bon ? Rochefort dans Le Mot d'Ordre est encore plus direct — supprimer la guillotine ne sert à rien si on garde le chassepot pour fusiller. La Commune, en effet, n'a pas formellement voté l'abolition. Le Père Duchêne tranche à sa manière : pour que la Commune brûle toutes les guillotines, que les réactionnaires se tiennent tranquilles.

Ce même 6 avril, Gustave Courbet publie dans le Journal officiel un appel lyrique aux artistes — il les convoque à une assemblée, pour fonder ce qui deviendra la Fédération des artistes de Paris.

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Événement
1871
2 avril 1871 — Siège du Comité central de la Garde nationale
p 231
Premier transfert du siège du Comité central de la Garde nationale depuis l'Hôtel de Ville
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Événement
1871
4 avril 1871 — Hôtel Salé/École Centrale des Arts et Manufactures
p 248
Compromis avec les "braves radicaux" pour adresser une sommation à Versailles
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Événement
1871
7 juin 1871 — Hôtel de Montebello/Cachette de Louis Rossel
p 253
Arrestation de Louis Rossel, officier passé à la Commune sans y adhérer, par patriotisme ; caché ici depuis sa destitution par la Commune
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Événement
1848
22 juin 1848
p 253
Gustave Cluseret, alors lieutenant, s'enrôle dans la garde mobile ; il est décoré de la légion d'honneur pour son efficacité dans la lutte contre les Insurgés
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Événement
1871
1 avril 1871 — Hôtel de Ville
p 255
Arrestation par la Commune d'Adolphe Assi, gouverneur de l'Hôtel de Ville, pour collusion avec Versailles. Emprisonné à Mazas, il sera libéré 15 jours plus tard
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Événement
1871
16 mai 1871
p 266 & 464-466
Le 16 mai 1871, à cinq heures et demie du soir, la colonne Vendôme s’abat sous les acclamations. Pour la Commune, c’est la fin d’un symbole ; pour le peintre Gustave Courbet, le commencement de la ruine. La colonne se dr …

Le 16 mai 1871, à cinq heures et demie du soir, la colonne Vendôme s’abat sous les acclamations. Pour la Commune, c’est la fin d’un symbole ; pour le peintre Gustave Courbet, le commencement de la ruine.

La colonne se dresse au centre de la place Vendôme, là où se trouvait la statue équestre de Louis XIV, abattue en 1792. Napoléon Ier l’a fait élever de 1806 à 1810 pour commémorer Austerlitz, à l’imitation de la colonne Trajane de Rome : quarante-quatre mètres de haut, un fût de pierre gainé de 425 plaques de bronze qui déroulent en spirale les batailles de la campagne. Le métal vient, dit-on, de 1 200 canons pris aux Russes et aux Autrichiens ; chiffre gonflé par la propagande, les historiens comptant environ 130 canons pris à Austerlitz. Au sommet, l’empereur en César. Descendue en 1814, la statue a été fondue ; Napoléon III en a fait replacer une copie en 1863.

Au lendemain du 4 septembre 1870, Gustave Courbet, chargé de veiller sur les musées pendant la guerre, propose au gouvernement de la Défense nationale de « déboulonner la colonne » et d’en récupérer le métal ; il la verrait bien relevée aux Invalides, coiffée d’un bonnet phrygien, en hommage à la République universelle. La demande reste sans suite.

La Commune va plus loin. Le 12 avril 1871, après un appel de Jules Vallès dans Le Cri du peuple, elle adopte la proposition de Félix Pyat : la colonne, « monument de barbarie », « symbole de force brute et de fausse gloire », « insulte permanente des vainqueurs aux vaincus », sera abattue, et non déboulonnée. Courbet, élu au conseil de la Commune le 16 avril seulement, n’a pas pris part au vote. Karl Marx l’avait prédit en 1852 : si le manteau impérial tombait un jour sur les épaules de Louis Bonaparte, la statue de Napoléon tomberait du haut de la colonne. La place Vendôme devient place Internationale. La chute, prévue pour le 5 mai, anniversaire de la mort de l’empereur, est repoussée à plusieurs reprises par la guerre contre Versailles.

Dessin aquarellé : sur la place Vendôme, une foule entoure le piédestal de la colonne, pavoisé de drapeaux rouges

Le 16 mai, la foule envahit la place. On a posé des câbles, et disposé des fascines pour amortir la chute ; l’ingénieur Iribe dirige l’opération, qui ne va pas sans difficultés. À 17 h 30, la colonne s’abat. Le photographe Bruno Braquehais, dont l’atelier du boulevard des Capucines est à deux pas, en fixe les préparatifs, puis l’empereur à terre ; des fédérés posent en groupe devant le monument. Le globe de la Victoire, qui datait de 1810, est perdu.

Photographie : une foule de gardes nationaux, de curieux et d’enfants pose, debout sur les débris de la colonne abattue

Ces images se retournent contre leurs modèles : après la Semaine sanglante, les autorités saisissent les photographies de la chute de la colonne pour identifier les communards. Courbet, qui a démissionné le 24 mai pour protester contre l’exécution de son ami Gustave Chaudey, est arrêté le 7 juin. On croit le reconnaître sur un cliché, sans certitude. Un conseil de guerre le condamne à six mois de prison pour avoir « provoqué comme membre de la Commune la destruction de la colonne ». « On ne s’oppose pas à deux millions d’individus », plaide-t-il ; c’est lui, assure-t-il, qui a fait poser les fascines pour limiter les dégâts.

En mai 1873, sous la présidence du maréchal de Mac Mahon, une loi met la reconstruction de la colonne à la charge du peintre : 323 091,68 francs. Ruiné, ses biens sous séquestre, ses toiles confisquées, Courbet passe en Suisse. Il meurt à La Tour-de-Peilz le 31 décembre 1877, à la veille de l’échéance de la première traite. La colonne, rebâtie de 1873 à 1875, a retrouvé son César.

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Événement
1871
23 mai 1871 — Prison de Ste Pélagie
p 279
Exécution de Gustave Chaudey, tenu responsable de la mort de Théodore Sapia lors de la tuerie du 22 janvier. Trois gendarmes sont fusillés en même temps que lui
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Événement
1871
24 mai 1871 — Église Notre-Dame de la Croix
p 316
Club où fut votée l'exécution des otages pendant la Commune ; le premier à investir une église sous la Commune
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Événement
1871
24 mai 1871 — Église Notre-Dame de la Croix
p 316
Club où fut votée l'exécution des otages pendant la Commune ; le premier à investir une église sous la Commune
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Événement
1871
1871 — Demeure de Félix Pyat
p 324-325
Demeure du journaliste Félix Pyat, membre de la Commune, personnage très controversé ; le "mauvais génie de la révolution du 18 mars" selon Benoît Malon, jugement repris par Marx
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Événement
Événement
1871
29 avril 1871
p 352
Les francs-maçons des trois rites se rassemblent contre l'avis de leur direction pour aller négocier la paix sur les remparts ; 6 000 francs-maçons, représentant 45 loges
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Événement
1871
8 avril 1871 — Théâtre du Châtelet
p 352
Le 8 avril 1871, au théâtre du Châtelet, les francs-maçons parisiens se réunissent en assemblée générale. Ils publient un manifeste qui appelle à la paix entre la Commune et Versailles, proposant leur médiation pour évit …

Le 8 avril 1871, au théâtre du Châtelet, les francs-maçons parisiens se réunissent en assemblée générale. Ils publient un manifeste qui appelle à la paix entre la Commune et Versailles, proposant leur médiation pour éviter la guerre civile. Le Grand-Orient de France les désavoue aussitôt.

La maçonnerie parisienne était traversée de courants contradictoires — beaucoup de ses membres appartenaient aux classes moyennes républicaines, attachés à la fois à l'ordre et aux idéaux de 1789. Face à la Commune, la première réaction est celle de l'arbitrage : ne peut-on trouver un accord qui évite le bain de sang ?

Versailles ne répond pas. La Commune non plus, ou si peu. Le canon continue.

Trois semaines plus tard, le 29 avril, les francs-maçons changeront radicalement de posture. Renonçant à la neutralité, des délégations de plusieurs loges parisiennes marcheront en cortège jusqu'aux remparts de Paris, leurs bannières en tête, pour planter leurs étendards entre les lignes versaillaises et communardes — geste symbolique pour signifier qu'en tirant sur Paris, Versailles tirerait aussi sur la maçonnerie. Certains resteront pour combattre aux côtés des fédérés.

Ce basculement du 29 avril — de la médiation à l'engagement — est l'un des moments les plus dramatiques de la Commune. Il ne changera rien à l'issue. Mais il dit quelque chose de la faillite de toutes les tentatives d'apaisement face à la détermination de Thiers d'écraser Paris.

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Événement
1871
12 mai 1871 — Mont de Piété (41 928 articles : 323 407 F)
p 377
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Événement
1871
12 mai 1871 — Mont de Piété (41 928 articles : 323 407 F)
p 377
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Événement
1871
12 mai 1871 — Mont de Piété (41 928 articles : 323 407 F)
p 377
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Événement
1883
9 mai 1883 — Cimetière du Père Lachaise (52ème division)/Tombe de Jules Miot
p 390
Pharmacien, membre de l'Internationale, Jules Miot est élu député en 1848 puis déporté en Algérie après le coup d'État de 1851. Élu de la Commune pour le XIXe arrondissement, membre de la commission de l'Enseignement, c' …

Pharmacien, membre de l'Internationale, Jules Miot est élu député en 1848 puis déporté en Algérie après le coup d'État de 1851. Élu de la Commune pour le XIXe arrondissement, membre de la commission de l'Enseignement, c'est lui qui propose, à la fin d'avril 1871, la création d'un Comité de salut public. Condamné à mort par contumace, réfugié en Suisse, il rentre après l'amnistie de 1880 et meurt le 9 mai 1883 à Adamville, près de Saint-Maur.

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Événement
1871
Événement
1871
23 mai 1871 — Ministère de la Justice/État-major du général Dombrowski
p 408
Prise du PC de la Garde nationale par les versaillais ; tous ses défenseurs seront massacrés
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Événement
1871
1871 — Hôtel de Salm/Hôtel de la Légion d'honneur/Quartier général d'Émile Eudes
p 408
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Événement
1871
24 mars 1871 — Mairie du 1er arrondissement
p 431
Négociations pour les élections de la Commune ; la mairie, aux mains des opposants à la Commune, sera reprise par Brunel
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Événement
1871
1871 — Atelier de Lasnier
p 443
Fabrication de 20 000 brassards destinés à la "légion des volontaires de la Seine", créée pour faire la chasse aux combattants de la Commune. On parla de "conspiration des brassards"
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Événement
1871
17 mai 1871
p 484-485
Explosion de la cartoucherie de l'avenue Rapp suite à un sabotage des agents versaillais restés à Paris ; elle fait une quarantaine de victimes. La Commune adopte leurs familles
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Événement
Événement
1871
21 mai 1871 — Palais des Tuileries
p 490
Aux Tuileries, Agar récite Victor Hugo et la Bordas chante « La Canaille ». À l’autre bout de Paris, les Versaillais franchissent les remparts. Depuis que la Commune est maîtresse des Tuileries, l’ancien palais impérial …

Aux Tuileries, Agar récite Victor Hugo et la Bordas chante « La Canaille ». À l’autre bout de Paris, les Versaillais franchissent les remparts.

Depuis que la Commune est maîtresse des Tuileries, l’ancien palais impérial s’est ouvert au peuple. On y donne des fêtes et des concerts, dans le salon des Maréchaux comme au jardin, au profit des blessés de la Garde nationale, des veuves et des orphelins des fédérés. La Fédération des artistes du spectacle, qui veut rendre du travail aux chanteurs et aux comédiens, participe activement à leur organisation. Le 6 mai, le 10 mai, le 18 mai, où l’on donne trois concerts à la suite, la foule se presse dans les salons de l’Empereur déchu.

Le dimanche 21 mai 1871, un dernier grand concert est donné, au jardin cette fois, au profit des veuves et des orphelins. Deux vedettes de la Commune sont à l’affiche. La tragédienne Agar, de la Comédie-Française, lit des passages des « Châtiments », le réquisitoire en vers de Victor Hugo contre Napoléon III ; le 6 mai déjà, elle était venue réciter « La Marseillaise » aux Tuileries. La chanteuse Rosa Bordas, « la Bordas », qui s’est fait connaître au Grand Concert parisien et au théâtre du Châtelet, entre en scène vêtue d’un péplos blanc, enveloppée dans un grand drapeau rouge, et chante « La Canaille », la chanson des pauvres qui revendiquent fièrement le nom qu’on leur jette au visage.

Au même moment, vers trois heures, un agent versaillais fait signe aux assiégeants depuis le rempart du Point-du-Jour : le bastion n’est plus gardé. Deux heures plus tard, les premiers soldats entrent dans Paris par la porte de Saint-Cloud. Au jardin, on écoute la musique en tâchant d’oublier la canonnade ; personne ne sait encore rien ; le soir, le délégué à la Guerre, Delescluze, fait même afficher que l’ennemi est repoussé. C’est le premier jour de la Semaine sanglante.

Deux jours plus tard, le 23 mai, les communards Bergeret, Bénot et Boudin font entrer dans la cour des fourgons de poudre, de pétrole et de goudron, et mettent le feu au palais. Les Tuileries brûlent jusqu’au 26 mai ; leurs ruines seront rasées en 1883.

Les artistes paient le prix de leur engagement. On fait de ces soirées un crime à Agar, qui se défend simplement : elle est, dit-elle, « partout où je puis être en aide aux malheureux ». Elle doit quitter la Comédie-Française en 1872 ; il lui faudra six ans d’ostracisme avant d’y être rappelée. La Bordas tombe dans l’oubli ; quand elle remonte sur scène, trois ans plus tard, la presse conservatrice l’éreinte.

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Événement
1871
24 mai 1871
p 491
Veysset, agent versaillais, est exécuté pour avoir tenté de compromettre le général Dombrowski. Ce dernier envisagea, de connivence avec Rossel, d'en profiter pour tendre un piège aux versaillais
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Événement
1871
mai 1871 — Viaduc de la ligne du chemin de fer de St Denis
p 500
Un plan de pénétration des troupes versaillaises dans Paris par le chemin de fer de St Denis, avec la complicité des prussiens, est rejeté par Thiers qui veut se réserver le succès de la répression de la Commune
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Événement
1871
21 mai 1871
p 501
Les versaillais entrent dans Paris grâce aux signaux que leur fait l'ingénieur civil Ducâtel, un mouchard envoyé par le général Douay, leur indiquant l'absence de gardes sur les fortifications
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Événement
1871
21 mai 1871
p 511
Combats place d'Auteuil et prise de Ste Périne dès l'entrée des versaillais dans Paris pendant la Semaine sanglante
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Événement
1871
22 mai 1871 — Cour prévôtale du Trocadéro/Cour martiale/Lieu de massacre de Communards
p 511
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; les exécution, faute d'un peloton, sont perpétrées par un seul sergent de ville qui attache les victimes à un arbre pour les abattre
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Événement
1871
22 mai 1871 — Poudrière Beethoven
p 511
Prise par les versaillais de la poudrière creusée sous la colline de Chaillot ; 70 000 Kg de poudre et des millions de cartouches
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Événement
1871
24 mai 1871 — Ministère des Finances (incendié par les obus versaillais)
p 513 & 535
Le ministère des Finances est incendié à deux reprises par les obus versaillais tirés depuis le Trocadéro ; mais le Grand livre de la dette est sauvé ; ouf !...
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Événement
1871
22 mai 1871 — Hôtel de Sens (ancien Hôtel de Noirmoutier)/École d'application d'État-major
p 513
Les Fédérés font sauter l'École d'État-major devant l'avancée des troupes versaillaises pendant la Semaine sanglante
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Événement
1871
23 mai 1871 — Parc Monceau/Cour prévôtale/Lieu de massacre de Communards/Fosse commune
p 514 & 529 & 615
Cour martiale et début des massacres en masse de combattants de la Commune sur l'ordre de Lacretelle. Exécution de François Manchon décrite par Catulle Mendès dans "les 73 journées"
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Événement
1871
22 mai 1871
p 514
Massacre de combattants de la Commune pendant la Semaine sanglante, contre un mur de la rue du Ranelagh
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Événement
1871
Événement
1871
22 mai 1871 — Ancienne mairie des Batignolles-Monceaux/Mairie du 17ème arrondissement
p 519
Benoît Malon est obligé d'évacuer la mairie des Batignolles devant l'avancée versaillaise. Il refuse d'exécuter l'ordre de mettre le feu au quartier. Les versaillais fusilleront les combattants pris les armes à la main
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Événement
1871
23 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 519
Prise par les troupes versaillaises du général Clinchant de la barricade de la place Clichy, tenue par des Fédérés des Batignolles, équipée de 8 canons et 2 mitrailleuses
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Événement
1871
23 mai 1871 — Rue Lepic/Lieu de massacre de Communards
p 525
Massacre de Fédérés pendant la Semaine sanglante dont de nombreuses femmes
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Événement
1871
23 mai 1871
p 529
Centre de résistance Rive Gauche pendant la Semaine sanglante. Il sera contourné par les troupes versaillaises et pris à revers le 24 mai
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Événement
1871
23 mai 1871
p 529
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
23 mai 1871
p 529
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
24 mai 1871
p 529
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
23 mai 1871
p 529
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
23 mai 1871 — Moulin de la Galette/Lieu de massacre de Communards
p 532
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Événement
1871
Événement
1871
23 mai 1871 — Tour de Solférino/Lieu de massacre de Communards
p 532
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
23 mai 1871
p 532
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
23 mai 1871
p 532
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
24 mai 1871 — Caserne d'Orsay (emplacement du musée d'Orsay)
p 535
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Événement
Événement
1871
23 mai 1871 — Caisse des Dépôts et Consignations
p 535
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Événement
1871
24 mai 1871 — Palais Royal
p 536
Dans la nuit du 23 au 24 mai, trois foyers s’allument au Palais-Royal. Au matin, des voisins et des ouvriers de la Banque de France font la chaîne. Depuis le 21 mai 1871, l’armée versaillaise reconquiert Paris rue par ru …

Dans la nuit du 23 au 24 mai, trois foyers s’allument au Palais-Royal. Au matin, des voisins et des ouvriers de la Banque de France font la chaîne.

Depuis le 21 mai 1871, l’armée versaillaise reconquiert Paris rue par rue. Pour ralentir son avance, les communards commencent, le 23, à livrer au feu les grands bâtiments du pouvoir : les Tuileries, où l’on a disposé des barils de poudre au pied de l’escalier d’honneur, le palais de la Légion d’honneur, le palais d’Orsay. Ces brasiers tiennent à la fois, écrivent les historiens, de la stratégie du désespoir, d’un acte d’appropriation et de purification, et d’une sorte de fête apocalyptique ; dans une Commune en pleine déliquescence, bien des décisions relèvent d’initiatives locales.

Le Palais-Royal est l’un de ces symboles. Ancien Palais-Cardinal de Richelieu, résidence des Orléans, il était sous le Second Empire à la disposition de l’ancien roi Jérôme, l’oncle de Napoléon III. Après de violents combats dans le quartier, trois foyers y sont allumés dans la nuit du 23 au 24 mai, sur ordre du Comité de salut public ; Victor Bénot, qui a déjà mis le feu aux Tuileries, y joue un rôle majeur. Le même jour brûlent l’Hôtel de Ville, le Palais de justice, la Préfecture de police et des maisons des rues Saint-Honoré, de Rivoli et Royale.

Au Palais-Royal pourtant, le feu est maîtrisé dès le lendemain matin, grâce à quelques habitants du quartier et à une trentaine d’ouvriers de la Banque de France voisine. Seuls l’aile droite de la cour d’entrée et les étages du bâtiment central sont gravement endommagés ; le mobilier et les objets d’art souffrent bien moins qu’en 1848.

Selon l’historien Jean-Claude Caron, entre 216 et 238 bâtiments parisiens ont été détruits ou endommagés par le feu pendant la Semaine sanglante ; les derniers foyers ne sont éteints que le 2 juin. Pour les Versaillais, ces incendies prouvent la barbarie des communards, et surtout des communardes : c’est le mythe des « pétroleuses ». Paris y perd aussi une partie de sa mémoire, avec les archives parties en fumée : les deux collections de l’état civil parisien antérieur à 1860 disparaissent, l’une à l’Hôtel de Ville, l’autre au Palais de justice.

Le Palais-Royal, lui, est restauré à l’identique de 1872 à 1874. Il accueille alors le Conseil d’État, chassé du palais d’Orsay en ruine : il y siège toujours, aux côtés du Conseil constitutionnel et du ministère de la Culture.

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Événement
1871
24 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante (dite barricade du square de Montholon)
p 540
Prise par les versaillais des barricades de la rue La Fayette
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Événement
1871
24 mai 1871 — Gare du Nord
p 540
Violents combats pendant la Semaine sanglante. Les troupes versaillaises ont pénétré dans Paris par les voies du chemin de fer avec la complicité des prussiens qui leur ont permis de longer l'extérieur des fortifications
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Événement
Événement
1871
24 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante (une des trois défendant le Panthéon)/Lieu de massacre de Communards
p 545
Violents combats pour défendre le Panthéon ; la barricade est contournée par les versaillais ; 400 Fédérés faits prisonniers sont fusillés après les combats
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Événement
1871
22 mai 1871 — Ancienne mairie du 15ème arrondissement
p 548
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Événement
1871
24 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante (dite barricade Royer-Collard)
p 557
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Événement
1871
24 mai 1871
p 558
Arrestation et exécution du capitaine de Beaufort par le 66ème bataillon de la Garde nationale ; Delescluze intervient en vain
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Événement
1871
25 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante (dite barricade du Château d'Eau)
p 558
Auguste Vermorel est blessé au cours de la défense du Château d'Eau. Il mourra en captivité à Versailles, faute de soins, lui qui s'était opposé aux exécutions
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Événement
1871
1871 — Demeure de Charles Longuet
p 558
Demeure de Charles Longuet avant et pendant la Commune, vote contre le Comité de Salut public, signataire du Manifeste de la minorité ; il s'opposera à l'exécution des otages. Réfugié en Angleterre, il épousera Jenny Mar …

Demeure de Charles Longuet avant et pendant la Commune, vote contre le Comité de Salut public, signataire du Manifeste de la minorité ; il s'opposera à l'exécution des otages. Réfugié en Angleterre, il épousera Jenny Marx

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Événement
Date imprécise — Demeure de Charles Longuet
p 558
Demeure de Charles Longuet avant et pendant la Commune, vote contre le Comité de Salut public, signataire du Manifeste de la minorité ; il s'opposera à l'exécution des otages. Réfugié en Angleterre, il épousera Jenny Mar …

Demeure de Charles Longuet avant et pendant la Commune, vote contre le Comité de Salut public, signataire du Manifeste de la minorité ; il s'opposera à l'exécution des otages. Réfugié en Angleterre, il épousera Jenny Marx

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Événement
1871
25 mai 1871
p 558
Exécution d'un inconnu pris pour Jules Vallès ; alors que ce dernier s'était opposé aux exécutions d'otages. On fusilla de faux Longuet, Ostyn, Protot, Amouroux, Ferré, Gambon, Courbet, Vaillant, Lefrançais
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Événement
1871
24 mai 1871 — Prison de la Grande Roquette (de 1836 à 1900)
p 559-563
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Événement
1871
25 mai 1871
p 568 & 582
Incendie du grenier d'abondance pendant la Semaine sanglante ; allumé par les versaillais contrairement aux accusations de leur propagande. 238 bâtiments seront incendiés dans Paris, dont beaucoup par les canons de Versa …

Incendie du grenier d'abondance pendant la Semaine sanglante ; allumé par les versaillais contrairement aux accusations de leur propagande. 238 bâtiments seront incendiés dans Paris, dont beaucoup par les canons de Versailles

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Événement
1871
25 mai 1871
p 568
Le général Wróblewski force le passage pour rejoindre la rive droite avec les survivants du 101ème bataillon de la Garde nationale, dont il refusera le commandement général
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Événement
1871
25 mai 1871
p 568
Regroupement des Fédérés qui ont dû abandonner la Butte aux Cailles. Dernier îlot de résistance des Fédérés sur la rive gauche
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Événement
Événement
1871
26 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante (dite de la rue des Partants)
p 569
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Événement
1871
Événement
1871
25 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante (dite barricade du Château d'Eau)
p 571-572
Charles Delescluze se fait tuer volontairement sur la barricade ; trois volontaires seront abattus en tentant de le secourir. Benoît Malon parle de la "barricade Bataclan", qui est située plus haut sur le boulevard, mais …

Charles Delescluze se fait tuer volontairement sur la barricade ; trois volontaires seront abattus en tentant de le secourir. Benoît Malon parle de la "barricade Bataclan", qui est située plus haut sur le boulevard, mais sans doute à tort

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Événement
1871
25 mai 1871 — Mairie du 11ème arrondissement
p 572
Léo Fränkel blessé ramené par Elisabeth Dmitrieff à la mairie du 11ème
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Événement
1871
25 mai 1871 — Magasins "Au Pauvre Jacques" (sous une porte cochère)
p 572
Maxime Lisbonne est blessé en déplaçant des obus entreposés au bureau du télégraphe du boulevard du Temple pour les mettre à l'abri des tirs versaillais
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Événement
1871
26 mai 1871
p 584
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune. Exécution de nombreuses femmes
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Événement
1871
Événement
1871
Événement
1871
25 mai 1871 — Ancienne mairie du 20ème arrondissement (de 1847 à 1875)
p 586
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Événement
1871
27 mai 1871 — Cimetière du Père Lachaise/Batterie de canons pendant la Semaine sanglante
p 590
Deux batteries d'artillerie de la Commune sont positionnées au Père Lachaise, 8 pièces en avant du mausolée de Morny, 3 autres au pied de la pyramide de Félix de Beaujour
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Événement
1871
26 mai 1871 — Marches du Panthéon
p 603-604
Exécution de Jean-Baptiste Millière avocat, journaliste et député de la Seine, n'ayant pas paticipé aux combats de la Commune, il est faussement accusé d'avoir tiré à trois reprises sur des soldats
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Événement
1871
24 mai 1871 — Séminaire St Sulpice (transformé en ambulance)/Lieu de massacre de Communards
p 603
Massacre dans leur lit d'une soixantaine de Communards blessés, et assassinat du docteur Faneau qui s'y opposait. Selon une autre version, il s'agissait du docteur Fano, jeune médecin espagnol
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Événement
1871
22 mai 1871
p 615
Le lundi 22 mai 1871, l’armée de Versailles prend l’École militaire et en fait aussitôt un lieu d’exécutions. Pendant près de deux semaines, on y entendra, selon un témoin, « des fusillades continuelles ». La veille, les …

Le lundi 22 mai 1871, l’armée de Versailles prend l’École militaire et en fait aussitôt un lieu d’exécutions. Pendant près de deux semaines, on y entendra, selon un témoin, « des fusillades continuelles ».

La veille, les troupes versaillaises sont entrées dans Paris par le Point-du-Jour, qu’un agent de Versailles leur a signalé sans défense. Sur la rive gauche, le 2e corps d’armée du général Ernest de Cissey marche sur Grenelle : l’École militaire et les Invalides sont ses objectifs. Le Champ-de-Mars est alors un camp d’artillerie de la Commune.

Le 22, l’École militaire est prise entre deux feux, par les avenues de La Motte-Picquet et de Lowendal. Son commandant n’a rien préparé ; les cours sont envahies en un instant. Les fédérés se replient dans les baraquements du Champ-de-Mars, où deux cents hommes à peine résistent plusieurs heures, avant de succomber vers midi. Les Versaillais s’emparent d’une centaine de canons. Cissey installe son quartier général à l’École militaire ; son aide de camp, le capitaine Garcin, y interroge des centaines de prisonniers pour savoir si la Prusse a soutenu la Commune.

Les exécutions commencent aussitôt. Au début de mai, Mac Mahon avait interdit de fusiller insurgés et déserteurs jusqu’à la fin des combats ; dès le début de la Semaine sanglante, Cissey, indigné par l’usage de bombes à pétrole, obtient de pouvoir reprendre les exécutions. Dans chaque quartier conquis s’installe une cour martiale, présidée par un officier supérieur, aux jugements expéditifs. Les colonnes de prisonniers convergent vers l’École militaire. Un médecin d’ambulance, arrêté près des Gobelins, a raconté à Camille Pelletan la marche sous une pluie battante, le bourgeois qui, boulevard du Montparnasse, agite son chapeau au bout de son parapluie en criant « Fusillez-les tous ! », puis la cour de l’École militaire, où l’on a dressé des planches contre un mur : « C’est là qu’on vous fera votre affaire », disent les soldats. Un officier le fait épargner. Enfermé six jours dans les casernes, il entend des fusillades sans fin.

La presse conservatrice ne cache rien. « On y amène continuellement des prisonniers et leur procès est déjà terminé : ce n’est que détonations », écrit La Patrie. Le 26 mai, avenue de La Bourdonnais, la foule désigne un passant bien mis : « C’est Billioray, membre de la Commune ! » Une patrouille le conduit à l’École militaire ; il a beau jurer qu’il s’appelle Constant et qu’il habite tout près, au Gros-Caillou, l’officier le fait fusiller à bout portant. On découvrira ensuite que c’était un mercier qui ne s’était jamais mêlé de politique. Les corps sont emportés vers les tranchées d’Issy et jetés pêle-mêle.

Les exécutions du 2e corps ne cessent qu’au début de juin. L’historien Robert Tombs tient la prévôté de Cissey pour « la plus sanglante » : au Champ-de-Mars, à l’École militaire, au Luxembourg, les fusillades ont lieu sous son contrôle. Le nombre des victimes de la Semaine sanglante, tuées au combat ou exécutées, reste débattu : entre dix et vingt mille selon Jacques Rougerie. Un tiers des exécutions, avance prudemment Georges Gugliotta, serait le fait du seul 2e corps. Le 7 juin 1871, Thiers nomme Cissey ministre de la Guerre.

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Événement
1871
25 mai 1871 — Palais du Luxembourg/Cour prévôtale
p 615
Cour martiale installée dans une salle du rez-de-chaussée du Palais du Luxembourg. Maxime Vuillaume est sauvé par un officier qu'il connaissait
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Événement
1871
23 mai 1871 — Théâtre du Châtelet/Cour prévôtale (dans le foyer, au 1er étage du Théâtre)
p 615
Cour martiale pendant et après la Semaine sanglante, constituée sur ordre direct d'Adolphe Thiers. Les étrangers sont systématiquement fusillés. Des gamins de 6 à 12 ans sont envoyés à la mort. Le général Drouay supervis …

Cour martiale pendant et après la Semaine sanglante, constituée sur ordre direct d'Adolphe Thiers. Les étrangers sont systématiquement fusillés. Des gamins de 6 à 12 ans sont envoyés à la mort. Le général Drouay supervise

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Événement
1871
23 mai 1871 — Collège de France/Cour prévôtale
p 615
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Événement
1871
28 mai 1871 — Prison de la Grande Roquette/Cour prévôtale/Lieu de massacre de Communards
p 616
Cour martiale installée dans la prison de la Roquette pendant la Semaine sanglante ; entre 2 et 3 000 Fédérés pris dans le secteur du Père Lachaise y sont massacrés, dont certains à la mitrailleuse
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Événement
1871
28 mai 1871
p 616-617
Exécution d'Eugène Varlin, ouvrier relieur, fondateur de l'A.I.T. ; l'assassin Sicre vole sa montre pour s'en faire un trophée. Plusieurs personnes avaient déjà été exécutées à sa place par confudion
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Événement
1871
26 mai 1871 — Prison de Mazas/Lieu de massacre de Communards
p 616
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Événement
1871
28 mai 1871 — Cimetière du Père Lachaise (allée centrale, à 50 m de l'entrée)
p 616
Point de rassemblement des 147 Communards amenés de Mazas, avant leur exécution au Mur des Fédérés
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Événement
1871
28 mai 1871
p 616-617
Rue par laquelles les versaillais ramenèrent Eugène Varlin à Montmartre, au long d'un véritable calvaire, pour l'exécuter par vengeance là où l'avaient été les généraux Lecomte et Thomas
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Événement
1871
28 mai 1871 — Banc de la place Cadet/Lieu de l'arrestation d'Eugène Varlin
p 616-617
Varlin est dénoncé par un écclésiastique en civil et arrêté vers 15 heures par le misérable lieutenant Sicre ; l'union "du sabre et du goupillon". Martyr de celui que ses camarades appelaient à juste titre "l'Honneur du …

Varlin est dénoncé par un écclésiastique en civil et arrêté vers 15 heures par le misérable lieutenant Sicre ; l'union "du sabre et du goupillon". Martyr de celui que ses camarades appelaient à juste titre "l'Honneur du Prolétariat"

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Événement
1794
28 juillet 1794
p 627
Robespierre avait la mâchoire fracassée par une balle. Au Pavillon de Flore, des chirurgiens le pansèrent sommairement. Il fallait qu'il pût monter à la charrette. À l'aube du 10 thermidor, les forces de Barras avaient i …

Robespierre avait la mâchoire fracassée par une balle. Au Pavillon de Flore, des chirurgiens le pansèrent sommairement. Il fallait qu'il pût monter à la charrette.

À l'aube du 10 thermidor, les forces de Barras avaient investi l'Hôtel de Ville. Augustin Robespierre avait sauté d'une corniche pour fuir et s'était fracturé les jambes. Couthon avait été retrouvé blessé dans un escalier. Saint-Just s'était rendu sans résister. Le Bas, lui, s'était tiré une balle dans la tête plutôt que d'être pris.

Les survivants furent conduits au Pavillon de Flore, siège du Comité de Salut public. Les thermidoriens répandirent le bruit que Robespierre avait tenté de se suicider ; le pistolet retrouvé sur lui n'était pas déchargé. Peu importait la vérité : il s'agissait de l'avilir avant de le tuer.

Mis hors la loi la veille par la Convention, les condamnés n'avaient pas droit à un procès. La simple identification de leur personne suffisait. Dans la matinée, ils furent transférés à la Conciergerie, quai de l'Horloge. Dans l'après-midi, la charrette traversa Paris.

Vingt-deux personnes furent guillotinées ce jour-là, place de la Révolution : Robespierre, Saint-Just, Couthon, Augustin Robespierre, le général Hanriot, le maire de Paris Fleuriot-Lescot, le président du Tribunal révolutionnaire Dumas, et quinze autres membres de la Commune ou des sections. On dit que la foule les hua. Les témoignages furent aussitôt réécrits par les vainqueurs.

Robespierre fut le dernier de la charrette à passer sous la lame. Son bandage à la mâchoire fut arraché avant l'exécution.

La place de la Révolution porte aujourd'hui le nom de place de la Concorde. La guillotine y avait fait, entre 1792 et 1794, un millier cent dix-neuf victimes.

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Événement
1873
2 août 1873 — Demeure d'une certaine Berthe
p 628
Un voisin avait signé de son nom. Les quatre autres n'avaient pas osé. La répression de la Commune passa aussi par là. Le 2 août 1873, un informateur signala à la préfecture de police la présence à Paris d'Albert Theisz, …

Un voisin avait signé de son nom. Les quatre autres n'avaient pas osé. La répression de la Commune passa aussi par là.

Le 2 août 1873, un informateur signala à la préfecture de police la présence à Paris d'Albert Theisz, Communard en exil à Londres. La dénonciation était peut-être fausse. Elle s'ajoutait à des centaines de milliers d'autres.

Albert Theisz avait été l'un des responsables des Postes et Télégraphes pendant la Commune. Après la Semaine sanglante de mai 1871, il avait fui, comme des milliers d'autres Communards, vers l'exil. La Commune avait été écrasée ; les procès continuaient, et la préfecture de police cataloguait méthodiquement les informations reçues sur les fugitifs.

Dans ses archives, la préfecture compta 379 828 dénonciations visant des Communards. Benoît Malon, lui-même communard et historien du mouvement ouvrier, avança le chiffre de 389 823. Quatre dénonciations sur cinq étaient anonymes.

Ces chiffres disent quelque chose sur la France de la Troisième République naissante : une société où le voisin pouvait, sans risque, signaler l'ancien insurgé, où la délation trouvait ses habitudes, où la peur des représailles contre les dénonciateurs était bien moindre que la tentation de la vengeance ou du calcul. La Commune avait été brève (du 18 mars au 28 mai 1871) ; sa répression fut longue, minutieuse, et porta très loin dans les familles et les quartiers.

Theisz revint en France après l'amnistie de 1880. Il était graveur de métier. Il mourut à Paris en 1882.

Sur les 379 828 noms de dénonciateurs que la préfecture conserva dans ses dossiers, quatre sur cinq n'avaient pas laissé le leur.

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