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📖 Mémoires d'un Communard. La Commune vécue DA COSTA Gaston
Bibliographie

Mémoires d'un Communard. La Commune vécue

DA COSTA Gaston
Larousse, 2009.
176 Fiches citant cet ouvrage
2009 Édition

À propos de cet ouvrage

Source : gallica · bnf

Fiches citant cet ouvrage

176 fiches
Événement
1871
18 mars 1871
p 19
Point de rassemblement des troupes de Paturel à 3 heures du matin pour récupérer les canons du Moulin de la Galette sur ordre de Thiers
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Événement
1871
18 mars 1871
p 20
Le général Susbielle, qui commande les opérations de récupération des canons de Montmartre, installe son PC entre la place Pigalle et le cimetière. Il dispose de 4 000 hommes. Il sera la cible de plusieurs coups de feu
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Événement
1871
18 mars 1871 — Redoute bâtie par des marins
p 20
Soldats massés tôt le matin pour venir enlever les canons de Montmartre ; 88ème régiment de ligne, gendarmes, marins cantonnés à Paris pendant le Siège
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Événement
1871
18 mars 1871
p 21-22
Les Fédérés du 128ème bataillon de la Garde nationale font couper les traits des attelages qui emmenaient les canons de Montmartre
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Événement
1871
18 mars 1871
p 23 & 75
Le général Lecomte, face à la population qui s'oppose à la saisie des canons de Montmartre, donne à ses troupes l'ordre "sabrez-moi cette canaille !" Le soleil se lève sur Montmartre. Les attelages ne sont toujours pas l …

Le général Lecomte, face à la population qui s'oppose à la saisie des canons de Montmartre, donne à ses troupes l'ordre "sabrez-moi cette canaille !"

Le soleil se lève sur Montmartre. Les attelages ne sont toujours pas là. La foule, elle, est bien présente — et grossit à chaque minute. Place Saint-Pierre, au bas de la butte, des centaines de personnes font face aux soldats. Des femmes, des enfants, des ouvriers du quartier. Ils n'attaquent pas. Ils s'interposent, parlent aux soldats, s'approchent des canons. La situation échappe à tout contrôle militaire.

Lecomte, à bout, donne l'ordre à sa cavalerie : « Sabrez-moi cette canaille ! »

L'ordre ne sera pas exécuté. Les cavaliers restent immobiles. Ce n'est pas de la lâcheté — c'est quelque chose de plus profond qui se passe dans les rangs : ces soldats ne reconnaissent pas dans cette foule désarmée un ennemi à abattre. Certains ont eux-mêmes des parents dans ces quartiers. Beaucoup ont souffert du siège comme les Parisiens. Le mot « canaille » a achevé de retourner les cœurs.

C'est le témoin Noël de Poussargues qui rapportera cet ordre, l'un des plus compromettants de la journée. Il résume à lui seul la logique de Versailles face à Paris populaire — non pas une opération militaire, mais une démonstration de force contre le peuple désarmé. La propagande versaillaise s'emploiera ensuite à effacer ou minimiser ces mots. Ils resteront dans les mémoires communardes comme l'un des éléments qui rendirent l'exécution de Lecomte, quelques heures plus tard, inévitable aux yeux de la foule.

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Événement
1871
18 mars 1871
p 24-25
Le général Susbielle fait charger la foule par les gendarmes à cheval ; la troupe fraternise, le capitaine Saint-James est abattu
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Événement
1871
18 mars 1871 — Carrefour Barbès Rochechouart
p 24
Les soldats du 88ème de marche fraternisent avec la foule et la Garde nationale. Colonel et chef de bataillon sont arrêtés
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Événement
1871
18 mars 1871
p 25
Combat corps à corps entre gardes nationaux et chasseurs à pieds qui avaient tiré sur la foule boulevard de Rochechouart
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Événement
1871
18 mars 1871 — PC du général Vinoy
p 25-26
PC du général Vinoy lors de l'opération de récupération des canons qui va déclencher la Commune
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Événement
1871
18 mars 1871 — Le Château Rouge (corps de garde Fédéré)
p 29-38
Le général Lecomte, ainsi que d'autres officiers, sont détenus au Château Rouge, dont le commandant Lartet qui parvient à s'enfuir. Lecomte est pris dans un premier temps pour le général Vinoy Le Château Rouge — une anci …

Le général Lecomte, ainsi que d'autres officiers, sont détenus au Château Rouge, dont le commandant Lartet qui parvient à s'enfuir. Lecomte est pris dans un premier temps pour le général Vinoy

Le Château Rouge — une ancienne demeure bourgeoise reconvertie en bal populaire, l'un des plus fréquentés de Montmartre — devient ce matin-là le quartier général des bataillons fédérés. C'est là qu'on conduit Lecomte après son arrestation, entouré d'autres officiers capturés dans la débâcle de l'opération.

L'arrivée du général est marquée par une confusion révélatrice : la foule le prend d'abord pour Vinoy, le gouverneur militaire de Paris. Vinoy — dont le nom symbolise à lui seul la répression — aurait été lynché sur place. Le capitaine Simon Charles Mayer, responsable du poste, doit intervenir pour faire comprendre à la foule qu'il s'agit de Lecomte, un officier d'un rang inférieur. Ce malentendu sauve momentanément la vie du général.

À l'intérieur, Lecomte est traité avec une relative correction par les officiers fédérés qui comprennent que le tuer serait une faute politique. Il signe l'ordre d'évacuation de la butte — un ultime acte d'autorité que personne n'exécutera. Le commandant Lartet, lui, profite de la confusion pour s'enfuir.

Mais dehors, la situation se détériore. Les soldats du 88e qu'il avait fait enfermer quelques heures plus tôt arrivent au Château Rouge. La rancœur est vive. Dans l'après-midi, Lecomte sera transféré rue des Rosiers — et l'arrivée simultanée du général Clément-Thomas, reconnu en civil dans le quartier, fera basculer la foule vers l'irréparable.

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Événement
1871
18 mars 1871 — Lieu de l'arrestation du général Clément-Thomas
p 33-34
Arrestation du général Clément-Thomas, massacreur de Juin 1848, reconnu alors qu'il observait les évènements, en civil, dans la foule
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Événement
1871
18 mars 1871 — Jardin de la veuve d'Eugène Scribe/Poste de la Garde nationale de la rue des Rosiers
p 35-38
Exécution des généraux Claude Lecomte et Jacques Clément-Thomas ; le premier pour avoir donné l'ordre de tirer sur le peuple, le second en tant que massacreur de Juin 1848 Dans l'après-midi, Lecomte est transféré du Chât …

Exécution des généraux Claude Lecomte et Jacques Clément-Thomas ; le premier pour avoir donné l'ordre de tirer sur le peuple, le second en tant que massacreur de Juin 1848

Dans l'après-midi, Lecomte est transféré du Château Rouge au 36 rue du Chevalier de la Barre — l'ancien jardin de la veuve d'Eugène Scribe, devenu le poste de commandement des bataillons montmartrois. C'est là que tout bascule.

Un homme en civil est amené dans la cour au même moment : le général Jacques Clément-Thomas, reconnu sur un boulevard alors qu'il inspecte des barricades. Son nom suffit à enflammer la foule. Commandant de la Garde nationale pendant le siège, il est surtout dans les mémoires populaires comme l'homme de juin 1848 — l'officier qui avait participé à l'écrasement sanglant de l'insurrection ouvrière, faisant des milliers de morts dans les faubourgs. Vingt-trois ans de rancœur remontent d'un coup.

Les officiers fédérés présents — dont Théophile Ferré et Nicolas Garcin — tentent de contenir la foule et d'organiser un semblant de jugement. Clemenceau, prévenu, accourt mais n'arrive pas à temps. Un capitaine garibaldien, Herpin-Lacroix, risque sa vie pour s'interposer dans le couloir. En vain. La foule force l'entrée du jardin. Les deux généraux sont poussés dans la cour et fusillés — Clément-Thomas d'abord, Lecomte ensuite. Parmi les tireurs se trouvent des soldats du 88e, ceux-là mêmes que Lecomte avait fait enfermer le matin.

La propagande versaillaise fera de cet acte le symbole de la barbarie communarde. Les historiens ont depuis établi qu'il fut le fait d'une foule incontrôlée — et non d'une décision du Comité central, qui n'en fut informé qu'après coup.

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Événement
1871
17 mars 1871 — Hôtel de Ville
p 46-47
L'Hôtel de Ville est occupé dans la nuit par le 110ème régiment de ligne en préparation d'un coup d'État de Thiers le 18 mars après la prise des canons de la Garde nationale Pendant que Susbielle et Lecomte préparent leu …

L'Hôtel de Ville est occupé dans la nuit par le 110ème régiment de ligne en préparation d'un coup d'État de Thiers le 18 mars après la prise des canons de la Garde nationale

Pendant que Susbielle et Lecomte préparent leurs colonnes vers Montmartre et Belleville, le plan de Thiers prévoit un volet souvent oublié : le contrôle simultané des symboles du pouvoir parisien. Dans la nuit du 17 au 18 mars, la brigade Derroja — comprenant des éléments du 109e et du 110e de marche — investit silencieusement l'Hôtel de Ville.

Le choix du bâtiment est politique autant que militaire. L'Hôtel de Ville est depuis 1789 le lieu où Paris proclame ses révolutions et installe ses gouvernements insurrectionnels — en 1830, en 1848, en septembre 1870. Le tenir, c'est empêcher que le scénario ne se répète. Si l'enlèvement des canons réussit et que les meneurs sont arrêtés comme prévu, le 110e sera là pour interdire toute tentative de réoccupation populaire. Dans le même temps, d'autres régiments occupent la caserne du Prince-Eugène, les Tuileries et le Louvre. Thiers a fait transmettre aux commissaires de police des listes de personnes à arrêter dès l'aube.

La suite est connue. À Montmartre, les chevaux n'arrivent pas, la foule se rassemble, les soldats fraternisent. Le plan s'effondre heure après heure. Le 110e reste à l'Hôtel de Ville — mais pour rien. Dans l'après-midi, l'ordre d'évacuation est donné. Jules Ferry, maire de Paris, abandonne le bâtiment. Vers 23 heures, le Comité central de la Garde nationale, vainqueur malgré lui d'une journée qu'il n'avait pas planifiée, s'y installe à son tour. La Commune peut commencer.

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Événement
1871
17 mars 1871 — Caserne du Prince Eugène/Caserne Vérines
p 46-47
La caserne du Prince Eugène est occupée dans la nuit par deux bataillons du 120ème régiment de ligne en préparation d'un coup d'État de Thiers le 18 mars après la prise des canons de la Garde nationale
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Événement
1871
17 mars 1871 — Palais des Tuileries
p 46-47
Le palais des Tuileries est occupé dans la nuit par le 89ème régiment de ligne en préparation d'un coup d'État de Thiers le 18 mars après la prise des canons de la Garde nationale
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Événement
1871
17 mars 1871 — Palais du Louvre (état-major du général Vinoy)
p 46-47
Le palais du Louvre est occupé dans la nuit par le 89ème régiment de ligne en préparation d'un coup d'État de Thiers le 18 mars après la prise des canons de la Garde nationale
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Événement
1871
18 mars 1871 — Parc à canons des Buttes Chaumont (3 lieux différents, 52 pièces d'artillerie)
p 46
Tentative manquée par les troupes de Thiers de récupérer les canons de Belleville parqués aux Buttes Chaumont ; seules 18 pièces sont enlevées. Trois coups de canons tirés vont donner l'alerte aux parisiens
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Événement
1871
15 mars 1871 — Ministère des Affaires étrangères
p 49-53
Thiers est rentré à Paris le 13 mars pour reprendre la main avant l'ouverture de l'Assemblée à Versailles le 20. Son choix de résidence en dit long : plutôt que son hôtel particulier de la place Saint-Georges, au cœur d' …

Thiers est rentré à Paris le 13 mars pour reprendre la main avant l'ouverture de l'Assemblée à Versailles le 20. Son choix de résidence en dit long : plutôt que son hôtel particulier de la place Saint-Georges, au cœur d'un Paris agité, il s'installe au ministère des Affaires étrangères, quai d'Orsay — bâtiment officiel, plus défendable, à l'écart des faubourgs populaires de l'est et du nord.

C'est de là qu'il orchestre le plan de reprise des canons de Montmartre et Belleville, accumulés par la Garde nationale depuis janvier. Il entend frapper vite, avant que la Fédération ne se consolide davantage — le 15 mars, précisément, 1 325 délégués élisent au Tivoli Wauxhall le Comité central définitif.

Trois jours plus tard, l'opération tourne au désastre. Thiers quittera le quai d'Orsay par un escalier dérobé donnant sur la rue de l'Université, en voiture, vers Versailles — d'où il ne reviendra qu'en vainqueur, après avoir fait écraser dans le sang la Commune, deux mois plus tard.

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Événement
1871
18 mars 1871 — Ministère des Affaires étrangères
p 53
Thiers convainc le gouvernement d'évacuer Paris, son vieux plan qui consiste à reculer pour mieux réprimer ; puis il s'enfuit. Il donne l'ordre d'évacuer les casernes pour rassembler les troupes à Versailles
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Événement
1871
18 mars 1871 — Palais Bourbon/Chambre des députés
p 53-55
Thiers s'enfuit en compagnie de Talabot par le pont d'Iéna, la rue d'Auteuil et le bois de Boulogne ; il passe à son domicile place St Georges mais trouve ses domestiques construisant une barricade ; il se réfugie chez l …

Thiers s'enfuit en compagnie de Talabot par le pont d'Iéna, la rue d'Auteuil et le bois de Boulogne ; il passe à son domicile place St Georges mais trouve ses domestiques construisant une barricade ; il se réfugie chez la Comtesse Taverna

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Événement
1871
18 mars 1871 — Appartement de Guillaume Calmon
p 55
Les ministres qui ont fui le ministère des Affaires étrangères où ils ont failli se faire prendre, se réunissent une dernière fois à Paris le soir du 18 mars, avant de filer à Versailles
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Événement
1871
18 mars 1871 — Caserne Lobau/Souterrain de l'Hôtel de Ville
p 59
Un groupe de blanquistes tente de prendre l'Hôtel de Ville par surprise en empruntant le souterrain de la caserne Lobau. Il semble qu'il ait été pris finalement sans résistance Pendant que le Comité central hésite et tât …

Un groupe de blanquistes tente de prendre l'Hôtel de Ville par surprise en empruntant le souterrain de la caserne Lobau. Il semble qu'il ait été pris finalement sans résistance

Pendant que le Comité central hésite et tâtonne, un petit groupe de blanquistes prend les choses en main à sa manière. Edmond Levraud, Charles Amouroux, Fortuné Henry et Gaston Da Costa — quelques hommes résolus, formés à la culture du coup de force blanquiste — empruntent le souterrain qui relie la caserne Lobau à l'Hôtel de Ville. L'objectif : prendre le symbole du pouvoir parisien par surprise, avant que quiconque ne l'occupe officiellement.

L'initiative révèle la fracture qui traverse le mouvement révolutionnaire en ce 18 mars. Le Comité central — composé en majorité d'internationalistes, de proudhoniens, d'hommes attachés à la légitimité élective — répugne à s'emparer du pouvoir par un coup de force. Il veut des élections, une légitimité populaire. Les blanquistes, eux, ont une tout autre tradition : le parti révolutionnaire doit agir, prendre le pouvoir, puis organiser. Attendre, c'est laisser Versailles se ressaisir.

La tentative par le souterrain semble avoir réussi sans grande résistance — les soldats versaillais avaient déjà commencé à évacuer. Mais l'initiative blanquiste ne dicte pas les événements : c'est bien le Comité central qui s'installera quelques heures plus tard dans la salle Saint-Jean, en ordre, avec ses membres élus, sous le drapeau rouge.

La tension entre ces deux logiques — la démocratie fédérée et l'avant-garde révolutionnaire — traversera toute la Commune, jusqu'à sa fin tragique.

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Événement
1871
18 mars 1871
p 67
Une barricade est dressée à hauteur du corps de garde de la rue de Montreuil dès l'annonce de l'insurrection. 78 barricades seront construites dans le 11ème arrondissement pendant la Commune
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Événement
1871
18 mars 1871 — Barricade pendant la Commune
p 67
Une barricade est dressée à l'angle de la rue St Bernard dès l'annonce de l'insurrection. 78 barricades seront construites dans le 11ème arrondissement pendant la Commune
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Événement
1871
18 mars 1871
p 68 & 357
Prise de l'Hôtel de Ville par des bataillons bellevillois de la Garde nationale, commandés par Émile Eudes. Le Comité central de la Garde nationale s'y installe dans la soirée. Jules ferry s'enfuit au dernier moment
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Événement
1871
18 mars 1871 — Siège de l'état-major général de la Garde nationale
p 68 & 358
Prise du quartier général de l'état-major de la Garde nationale par 4 bataillons des Batignolles et de Montmartre réunissant 2 000 hommes ; Bergeret y installe sont propre état-major
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Événement
1871
18 mars 1871 — Barricade pendant la Commune
p 76
Une des premières et des plus importantes barricades construites dès le 18 mars. 78 barricades seront construites dans le 11ème arrondissement pendant la Commune
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Événement
Événement
1871
19 février 1871 — Demeure de Courty/Siège de la Commission pour une Fédération de la Garde nationale
p 79
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Événement
1871
16 février 1871 — Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall)
p 79
Du 16 au 18 février 1871, le Tivoli Waux‑Hall, grande salle de bal près du canal Saint‑Martin, se transforme en véritable constituante de la Garde nationale. Depuis la défaite face à la Prusse et l’élection d’une Assembl …

Du 16 au 18 février 1871, le Tivoli Waux‑Hall, grande salle de bal près du canal Saint‑Martin, se transforme en véritable constituante de la Garde nationale. Depuis la défaite face à la Prusse et l’élection d’une Assemblée largement monarchiste, une partie des bataillons parisiens refuse l’idée d’un désarmement imposé par Thiers. Il s’agit désormais de s’organiser collectivement, sur une base durable.

Après la grande réunion du 15 février, les 16, 17 et 18 sont consacrés à un travail plus structuré : des délégués des bataillons se retrouvent au Tivoli pour discuter, article par article, des futurs statuts de la Fédération de la Garde nationale. L’idée centrale est claire : passer d’une somme de corps dispersés à une organisation fédérative, élisant ses responsables, décidant collectivement de sa ligne, et non plus simplement obéissant aux généraux nommés par le gouvernement.

Les débats portent sur plusieurs points sensibles :

  • les modalités d’élection des officiers ;
  • l’autonomie des bataillons face au pouvoir central ;
  • la garantie que la Garde nationale ne puisse être utilisée contre le peuple de Paris.

Des figures comme Louis‑Denis Chalain poussent en ce sens, tandis que d’autres, plus modérés, cherchent encore un compromis avec l’exécutif. Mais le mouvement de fond est là : la Garde nationale parisienne se pense désormais comme une force politique, pas seulement militaire.

Ces journées de travail au Tivoli Waux‑Hall préparent directement la naissance de la Fédération républicaine de la Garde nationale et annoncent les choix du 18 mars : quand Thiers tentera de reprendre les canons, il trouvera face à lui une force déjà dotée de structures, de statuts et d’une culture de délibération collective forgée dans ces réunions de février.

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Événement
1871
3 mars 1871 — Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall)
p 80
Adoption des statuts de la Fédération républicaine de la Garde nationale, dite plus simplement Fédération de la Garde nationale, par les délégués de 215 bataillons. Unification avec le "Comité fédéral républlicain"
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Événement
1871
22 mars 1871 — Mairie du 2ème arrondissement
p 83 & 96-98
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Événement
1871
19 mars 1871 — Ancienne mairie du 13ème arrondissement (dans un ancien pavillon d'octroi)
p 84
Le général Chanzy, retenu à la mairie du 13ème, échappe à l'exécution grâce à Léo Meilliet. Alfred Chanzy est l'un des rares généraux français à s'être distingué dans la guerre contre la Prusse, à la tête de l'armée de l …

Le général Chanzy, retenu à la mairie du 13ème, échappe à l'exécution grâce à Léo Meilliet.

Alfred Chanzy est l'un des rares généraux français à s'être distingué dans la guerre contre la Prusse, à la tête de l'armée de la Loire. Ce 19 mars, il arrive à la gare d'Orléans en provenance de province — et tombe directement entre les mains des fédérés du 13e arrondissement. La veille, Lecomte et Clément-Thomas ont été fusillés à Montmartre. La journée est électrique.

On l'amène à l'ancienne mairie place d'Italie, un ancien pavillon d'octroi reconverti. Émile Duval, ouvrier fondeur devenu commandant militaire de la Commune, est là. Pour lui, un général versaillais arrêté le lendemain du 18 mars n'a pas vocation à repartir vivant. La foule rassemblée devant la mairie partage cet avis.

C'est Léo Meilliet qui s'interpose. Jeune avocat républicain, maire du 13e, il n'est pas encore membre de la Commune — il le deviendra. Mais ce jour-là, il fait barrage entre Chanzy et ceux qui réclament sa tête. Il argumente, il s'impose, il prend physiquement en charge le prisonnier. Sérizier, commandant des bataillons fédérés locaux, finit par obtempérer.

Chanzy sera transféré à la prison de la Santé, puis relâché. Il survivra à la Commune, commandera des troupes en Algérie, sera ambassadeur en Russie. Duval, lui, sera fusillé par les versaillais le 4 avril 1871, après la sortie ratée sur Châtillon.

Ce que Meilliet avait sauvé ce jour-là, Versailles n'en tiendra aucun compte.

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Événement
1871
19 mars 1871 — Demeure de Léo Meilliet
p 85
Léo Meilliet héberge et abrite le général Chanzy pour le soustraire à la foule
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Événement
1871
19 mars 1871 — Hôtel de Ville
p 90-92
Les élus parisiens viennent exiger que le pouvoir leur soit rendu par le Comité central de la Garde nationale ; Eugène Varlin tient tête à Clemenceau. Dans la matinée du 19 mars, une délégation d'élus parisiens se présen …

Les élus parisiens viennent exiger que le pouvoir leur soit rendu par le Comité central de la Garde nationale ; Eugène Varlin tient tête à Clemenceau.

Dans la matinée du 19 mars, une délégation d'élus parisiens se présente à l'Hôtel de Ville. Clemenceau est là, maire du 18e arrondissement, républicain convaincu, hostile à la fois à Versailles et à l'insurrection. Avec Bonvalet et d'autres, il vient exiger que le Comité central rende le pouvoir aux représentants légaux de Paris.

C'est Eugène Varlin qui leur répond. Relieur de son état, membre de l'Internationale, l'un des rares hommes du Comité central dont la rigueur morale soit unanimement reconnue — y compris par ses adversaires. Face à Clemenceau qui invoque la légitimité électorale, Varlin ne cède pas. Le Comité central n'a pas pris le pouvoir pour le conserver, dit-il en substance : il le tiendra jusqu'aux élections qu'il vient précisément de convoquer. La procédure est en marche.

L'échange illustre la ligne de fracture qui traverse tout le camp républicain ce jour-là. Clemenceau n'est pas versaillais — il a voté contre les préliminaires de paix — mais il refuse de légitimer une insurrection armée, même populaire. Varlin ne cherche pas la révolution permanente — il veut des élections dans les plus brefs délais. Les deux hommes défendent la République, mais pas depuis le même endroit.

Jules Vallès, présent dans les couloirs de l'Hôtel de Ville, observe la scène. Il notera dans ses carnets l'étrange sensation de ce jour suspendu entre deux légitimités, où personne ne savait encore très bien qui gouvernait Paris.

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Événement
1871
19 mars 1871 — Mairie du 3ème arrondissement
p 90
Réunion de maires et de députés de Paris à qui Versailles a délégué l'administration provisoire de Paris ; ils décident d'envoyer une délégation au Comité central de la Garde nationale. Les blanquistes veulent les faire …

Réunion de maires et de députés de Paris à qui Versailles a délégué l'administration provisoire de Paris ; ils décident d'envoyer une délégation au Comité central de la Garde nationale. Les blanquistes veulent les faire arrêter

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Événement
1871
19 mars 1871 — Mairie du 2ème arrondissement
p 92-94
Négociations entre la Commune et les élus parisiens après l'échec de l'Hôtel de Ville
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Événement
1871
23 mars 1871 — Mairie de Montmartre
p 98
Clemenceau est mis en arrestation par le Comité de vigilance de Montmartre et expulsé de sa mairie. Le 23 mars 1871, cinq jours après le soulèvement, Georges Clemenceau est arrêté dans sa propre mairie. Ceux qui l'arrête …

Clemenceau est mis en arrestation par le Comité de vigilance de Montmartre et expulsé de sa mairie.

Le 23 mars 1871, cinq jours après le soulèvement, Georges Clemenceau est arrêté dans sa propre mairie. Ceux qui l'arrêtent sont Simon Dereure et Théophile Ferré, au nom du Comité de vigilance de Montmartre. Clemenceau est expulsé de la rue des Abbesses et remplacé.

Il n'a que trente ans. Maire du 18e arrondissement depuis novembre 1870, républicain intransigeant, il a tenté depuis le 18 mars de jouer les médiateurs entre le Comité central et les élus parisiens — réclamant des élections immédiates, courant de l'Hôtel de Ville aux mairies de quartier, ne dormant pas. Pour les communards de Montmartre, cette position médiane est suspecte. Clemenceau n'est ni avec eux ni franchement contre eux — il est pour la légalité républicaine, ce qui dans le contexte du moment ressemble à de la tergiversation.

Ferré, lui, ne tergiversera jamais. Blanquiste pur, il sera membre de la Commune, responsable de l'exécution des otages en mai 1871, fusillé à Satory le 28 novembre 1871 à vingt-cinq ans.

En 1871, la Commune ne pouvait pas savoir que l'homme qu'elle expulsait deviendrait le ministre de l'Intérieur réputé pour sa brutalité envers les grévistes, surnommé le premier flic de France — puis le président du Conseil de la victoire de 1918. Elle voyait en lui un gêneur ambigu. Sur le fond, elle n'avait pas tort.

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Événement
1871
24 mars 1871 — Ancienne préfecture de police
p 99
Conseil de guerre d'où émane la décision de reprendre les mairies du 1er et 2ème arrondissements et la gare St Lazare
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Événement
1871
25 mars 1871 — Mairie du 2ème arrondissement
p 100
Floquet et Clemenceau faisant un compte-rendu catastrophique des décisions réactionnaires de l'Assemblée entraînent la "capitulation des maires", qui finalement acceptent l'organisation d'élections
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Événement
1871
24 mars 1871 — Mairie du 2ème arrondissement
p 102
Négociations pour les élections de la Commune ; un certain nombre de maires refusent de signer la convention électorale
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Événement
Événement
1871
22 mars 1871
p 104-105
Manifestation des "Amis de l'ordre", principalement bonapartistes, contre le Comité central de la Garde nationale. Le 22 mars 1871, les "Amis de l'ordre" descendent dans la rue. Partis de la place de l'Opéra et du Grand …

Manifestation des "Amis de l'ordre", principalement bonapartistes, contre le Comité central de la Garde nationale.

Le 22 mars 1871, les "Amis de l'ordre" descendent dans la rue. Partis de la place de l'Opéra et du Grand Hôtel, cocardes bleues à la boutonnière, ils convergent vers la place Vendôme au cri de : Vive l'ordre ! Vive la loi ! Sous la colonne, leur colonne — celle que Napoléon avait fait fondre avec le bronze des canons d'Austerlitz — ils entendent signifier au Comité central que Paris bourgeois existe encore.

Ils sont en majorité bonapartistes. L'ironie ne leur échappe peut-être pas, ou peut-être si : manifester pour l'ordre légal quatre jours après que Thiers a fui Paris en laissant la ville aux insurgés demande une certaine souplesse de conviction.

Jules Bergeret les attend. Commandant fédéré, il a déployé ses hommes autour de la place. La confrontation tourne à la fusillade — les gardes nationaux ouvrent le feu sur les manifestants qui s'enfuient. Le bilan est lourd : quinze morts et une dizaine de blessés parmi les manifestants, tous issus de l'aristocratie, de la finance et de la presse parisiennes.

C'est la première tentative organisée de la réaction parisienne contre le Comité central. Elle échoue, mais laisse des morts — ce qui radicalise les deux camps. Versailles en tirera argument. Dans six semaines, ce sera différent.

La colonne Vendôme, elle, sera abattue le 16 mai. Courbet en assumera la responsabilité, à ses dépens.

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Événement
1871
22 mars 1871
p 105-107
Manifestation des "Amis de l'ordre", un millier de provocateurs portant des rubans bleus comme signe de reconnaissance ; des coups de feu sont tirés sur les gardes nationaux qui répliquent
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Événement
1871
22 mars 1871
p 105-107
Manifestation des "Amis de l'ordre", un millier de provocateurs portant des rubans bleus comme signe de reconnaissance ; des coups de feu sont tirés sur les gardes nationaux qui répliquent. Deux gardes sont tués
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Événement
1871
22 mars 1871
p 105
Nouveau rassemblement des "Amis de l'ordre", auxquels sont distribués des rubans bleus comme signe de reconnaissance, en vue d'investir le quartier-général de la Garde nationale place Vendôme
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Événement
1871
22 mars 1871 — Manifestation des tenants de "l'Ordre"
p 106-107
Les manifestants de "l'Ordre" désarment les sentinelles gardant la place Vendôme
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Événement
1871
22 mars 1871
p 107 & 361
Le 22 mars 1871, rue de la Paix, un homme observe depuis sa fenêtre la manifestation des Amis de l'ordre qui descend vers la place Vendôme. Il n'est pas français, n'a aucun intérêt partisan dans l'affaire, et ce qu'il vo …

Le 22 mars 1871, rue de la Paix, un homme observe depuis sa fenêtre la manifestation des Amis de l'ordre qui descend vers la place Vendôme. Il n'est pas français, n'a aucun intérêt partisan dans l'affaire, et ce qu'il voit le rend perplexe. Il s'appelle Philip Sheridan.

Sheridan est l'un des généraux les plus célèbres de la guerre de Sécession américaine — commandant de la cavalerie de l'Union, artisan de la victoire finale sur Lee en 1865. En 1871, il est à Paris en observateur militaire, envoyé par Washington pour suivre la guerre franco-prussienne. Il a assisté au siège, vu la capitulation, et se trouve encore dans la ville quand éclate la Commune.

Ce jour-là, il assiste donc à la fusillade de la place Vendôme depuis sa fenêtre de la rue de la Paix. Sa position lui permet de voir ce que la version versaillaise contestera ensuite : les coups de feu sont partis des rangs des manifestants, pas des gardes nationaux fédérés. Son témoignage, consigné dans ses mémoires et repris par plusieurs historiens de la Commune, contredit directement la propagande réactionnaire qui fera des fédérés les agresseurs de ce 22 mars.

Un général américain, vainqueur d'une guerre civile, témoin d'une autre — et dont la déposition froide et militaire pèse, dans l'historiographie de la Commune, bien plus que les indignations de la presse versaillaise.

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Événement
1871
24 mars 1871 — Grand amphithéâtre de l'École de Médecine
p 108
Le professeur Trélat prononce un discours de soutien aux maires, dénonçant le Comité central de la Garde nationale
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Événement
1871
28 mars 1871
p 128-134
Proclamation de la Commune de Paris, qui installe son siège à l'Hôtel de Ville. 90 membres, 11 modérés, 13 membres du CC de la Garde nationale, 16 membres de l'A.I.T., 25 ouvriers. Le 28 mars 1871, par une journée de pri …

Proclamation de la Commune de Paris, qui installe son siège à l'Hôtel de Ville. 90 membres, 11 modérés, 13 membres du CC de la Garde nationale, 16 membres de l'A.I.T., 25 ouvriers.

Le 28 mars 1871, par une journée de printemps exceptionnellement belle, Paris proclame la Commune.

Depuis dix jours, le Comité central de la Garde nationale administre la ville, sans mandat autre que celui des fusils et de la nécessité. Il a convoqué des élections, reportées deux fois, tenues le 26 mars. Ce matin du 28, les résultats sont connus : quatre-vingt-dix membres sont élus au Conseil de la Commune. Quatre-vingt-dix hommes qui représentent un Paris que l'Assemblée de Versailles ne reconnaît pas — vingt-cinq ouvriers, seize membres de l'Internationale, treize délégués du Comité central, une poignée de républicains radicaux, onze modérés qui démissionneront dès la première séance.

À midi, Gabriel Ranvier proclame la Commune depuis les balcons de l'Hôtel de Ville. La place est noire de monde. Les bataillons de la Garde nationale sont massés en ordre, canons en batterie, drapeaux rouges au vent. La fanfare joue la Marseillaise. Léopold Boursier lit la proclamation au peuple parisien. La foule répond par des cris qui dureront des heures.

Ce que Paris acclame ce jour-là, c'est à la fois très précis et très ouvert. Très précis : un gouvernement élu au suffrage universel, autonome, responsable devant ses mandants, révocable. Très ouvert : personne ne sait encore ce que la Commune va faire de son pouvoir, ni combien de temps elle vivra. Les décrets viendront après — suppression du travail de nuit pour les boulangers, moratoire sur les loyers, séparation de l'Église et de l'État, remise des outils mis en gage, école laïque et gratuite. Deux mois de législation sociale qui anticipe sur plusieurs décennies.

Marx, depuis Londres, télégraphie à ses correspondants parisiens pour leur demander de ne pas se lancer trop vite. Il a peur de la répression. Il a raison.

La Semaine sanglante commence le 21 mai. En huit jours, l'armée versaillaise tue entre dix et vingt mille Parisiens. Ranvier, qui avait proclamé la Commune ce matin de mars, finit ses jours en exil à Genève.

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Événement
1871
3 avril 1871 — École des jésuites
p 153-155
Perquisition des Fédérés à l'école des jésuites de la rue des Postes en application du décret sur les biens de l'Église. Un coup de feu est tiré sur une sentinelle
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Événement
1871
Événement
1871
4 avril 1871 — Archevêché de Paris
p 155-156
Le 4 avril 1871, le Comité de sûreté générale de la Commune fait arrêter Georges Darboy, archevêque de Paris, à son domicile du 127 rue de Grenelle. Il est conduit à la prison de Mazas. C'est le début d'une affaire qui h …

Le 4 avril 1871, le Comité de sûreté générale de la Commune fait arrêter Georges Darboy, archevêque de Paris, à son domicile du 127 rue de Grenelle. Il est conduit à la prison de Mazas. C'est le début d'une affaire qui hantera longtemps la mémoire de la Commune.

Darboy n'est pas un réactionnaire acharné. Gallican convaincu, il avait résisté à l'infaillibilité pontificale au concile Vatican I l'année précédente, ce qui l'avait mis en délicatesse avec Rome. Mais pour la Commune, il représente l'institution ecclésiastique, les propriétés de l'Église, la complicité avec Versailles. Son arrestation s'inscrit dans la politique des otages : la Commune espère l'échanger contre Blanqui, son fondateur emprisonné par le gouvernement.

Thiers refuse. L'échange n'a pas lieu. Darboy reste à Mazas, puis à la Grande Roquette. Il écrit des lettres calmes, célèbre la messe pour ses codétenus, attend.

Le 24 mai 1871, pendant la Semaine sanglante, alors que les Versaillais entrent dans Paris et que la Commune agonise, Darboy est fusillé avec cinq autres otages dans la cour de la Grande Roquette, sur ordre de Théophile Ferré. Il a soixante ans. Sa mort soulève une indignation internationale et sert à Versailles de justification supplémentaire pour la répression qui suit.

Ferré sera fusillé à Satory le 28 novembre 1871. Il monta à l'exécution sans se rétracter.

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Événement
1871
Événement
1871
23 mai 1871
p 177-178
Violents combats pendant la Semaine sanglante. Les Fédérés du 66ème bataillon se font massacrer ; ceux qui sont pris sont fusillés sur place. Ce massacre sera reproché à Beaufort
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Événement
1871
24 mai 1871
p 178-179
Arrestation et exécution du capitaine de Beaufort par le 66ème bataillon de la Garde nationale ; Delescluze intervient en vain
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Événement
1871
24 mai 1871 — Poste du 66ème bataillon de la Garde nationale
p 178
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Événement
1871
24 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante/Barricade du pont du chemin de fer de Vincennes
p 187
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Événement
1871
25 mai 1871 — Tunnel du canal St Martin (voûte du Temple)
p 189
Pindy, qui rejoint des Fédérés réfugiés dans le tunnel du canal St Martin, est accueilli comme un traître après l'incendie de l'Hôtel de Ville
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Événement
1871
2 avril 1871 — Siège du Comité central de la Garde nationale
p 205
Premier transfert du siège du Comité central de la Garde nationale depuis l'Hôtel de Ville
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Événement
Événement
Événement
1871
Événement
1871
23 mai 1871 — Ministère de la Justice/État-major du général Dombrowski
p 221
Prise du PC de la Garde nationale par les versaillais ; tous ses défenseurs seront massacrés
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Événement
1871
1871 — Hôtel de Salm/Hôtel de la Légion d'honneur/Quartier général d'Émile Eudes
p 221
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Événement
1871
25 avril 1871 — Hôtel de Ville/Siège du Comité de Sûreté générale de la Commune !!!
p 225-227
Trois inconnus se présentent au Comité de Sûreté générale et demandent une entrevue particulière avec Aminthe Dupont. Ils n'y vont pas par quatre chemins. Le 25 ou le 26 avril 1871 — Gaston Da Costa, secrétaire de Rigaul …

Trois inconnus se présentent au Comité de Sûreté générale et demandent une entrevue particulière avec Aminthe Dupont. Ils n'y vont pas par quatre chemins.

Le 25 ou le 26 avril 1871 — Gaston Da Costa, secrétaire de Rigault et témoin direct, hésite lui-même sur le jour —, trois hommes se présentent au Comité de Sûreté générale, à l'Hôtel de Ville. Parmi eux, un certain Bayer, ex-colonel au service de la Pologne insurgée. Ils demandent à voir Aminthe Dupont, délégué à la Sûreté générale depuis le 21 avril.

Après quelques minutes de conversation banale, les visiteurs mettent cartes sur table. Ils demandent à Dupont si, dans le cas d'une dissolution de la Commune, il consentirait à faire partie d'un triumvirat. La répartition est déjà prête : Rossel au département de la Guerre, Charles Gérardin aux relations extérieures pour le soulèvement de la province, Dupont à l'Intérieur réuni aux subsistances. Le général Dombrowski prendrait le commandement en chef de la Garde nationale. Un coup d'État en bonne et due forme, motivé par la conviction que l'assemblée délibérante de la Commune, à force de discussions parlementaires, conduit la Révolution à sa perte.

Dupont refuse net. Le moment est mal choisi, la situation trop critique pour assumer une telle responsabilité. Et il conclut : « Je ne veux voir en vous que des citoyens entraînés par l'excès de leurs bonnes intentions ; j'ignore si vous agissez en votre nom ou si vous m'êtes envoyés ; mais je dois vous prévenir que si j'entends encore parler d'un semblable projet, je vous ferai arrêter immédiatement, vous… et les autres. »

Le soir même, Dupont rapporte l'incident à Rigault, à Trinquet et à Da Costa. La réaction de Rigault est caractéristique : « Il y a peut-être quelque chose à tirer de ces gens-là, surtout si nous parvenons à faire évader Blanqui. Ce sera à voir. En attendant, nous allons les faire surveiller… » Ce qui fut fait.

L'épisode n'a rien d'anecdotique. Dès les premiers jours d'avril, les plus lucides ont compris que le modèle d'une assemblée cumulant pouvoir délibératif et exécutif est un système paralysant en temps de guerre. La proposition de triumvirat n'est pas un caprice d'aventuriers : Rossel est un officier compétent, Dombrowski le meilleur chef militaire de la Commune, Gérardin un élu actif. Mais Dupont, tout autoritaire qu'il soit dans ses convictions, juge les conjurés « pas suffisamment autorisés » pour un tel coup de force — et la situation trop compromise pour y risquer ce qui reste de cohésion.

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Événement
1871
3 février 1871 — Siège du journal "Le Vengeur" (qui succède au "Combat")
p 231
Le 3 février 1871, Félix Pyat crée le journal Le Vengeur au numéro 10 rue Tiquetonne, dans le 2e arrondissement de Paris. Cette adresse abrite l'imprimerie où paraissent les premiers numéros de ce périodique républicain …

Le 3 février 1871, Félix Pyat crée le journal Le Vengeur au numéro 10 rue Tiquetonne, dans le 2e arrondissement de Paris. Cette adresse abrite l'imprimerie où paraissent les premiers numéros de ce périodique républicain radical.

Félix Pyat, journaliste et homme politique, dirige le journal. Il réunit une équipe de collaborateurs : Odilon Delimal, Auguste Rogeard, Henri Brissac, Henry Maret, Camille Clodong, Jean-Baptiste Millière, Maxime Vuillaume, Alphonse Humbert, Gustave Cluseret et Germain Casse. Ces individus contribuent aux articles publiés dans Le Vengeur.

La création intervient au lendemain de la capitulation de Paris face aux Prussiens, le 28 janvier 1871. Le journal défend des positions hostiles à l'armistice signé par Adolphe Thiers. Il appelle à la résistance et soutient les idées révolutionnaires dans le contexte de la fin du Second Empire et du début de la Troisième République.

Il est imprimé au 14, rue des Jeuneurs dans l’établissement « G Masquin & Cie ». Le journal se présente sous la forme d'une feuille simple, grand format, et coûte 10 centimes pièce.. Les numéros sortent quotidiennement pendant plusieurs semaines. Le Vengeur devient un organe de presse influent parmi les milieux ouvriers et républicains parisiens.

Sources

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Événement
Date imprécise — Siège du journal "Le Journal de la Révolution"
p 231
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Événement
1871
23 mai 1871
p 237
Centre de résistance Rive Gauche pendant la Semaine sanglante. Il sera contourné par les troupes versaillaises et pris à revers le 24 mai
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Événement
1871
22 mai 1871 — Hôtel des Grands Hommes
p 237
Lisbonne libère un des deux frères Lafon, soldat versaillais, l'autre étant Fédéré, sous promesse de ne plus combattre pour Versailles
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Événement
1871
22 mai 1871
p 237
Poste de commandement d'Henry Bauër, commandant de la 6ème légion Fédérée
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Événement
1871
24 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante (une des trois défendant le Panthéon)/Lieu de massacre de Communards
p 237 & 271
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Événement
1871
24 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante (une des trois défendant le Panthéon)/Lieu de massacre de Communards
p 237 & 271
Violents combats pour défendre le Panthéon ; la barricade est contournée par les versaillais ; 400 Fédérés faits prisonniers sont fusillés après les combats
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Événement
1871
Événement
1870
1870 — Demeure de Jules Favre
p 251
Demeure d'un des membres du gouvernement dit de "Défense nationale" ; un des "trois Jules", sans conteste le plus crapuleux. Il vit là avec "sa fille", qui n'est pas sa fille, mais qu'il revendique comme telle pour en dé …

Demeure d'un des membres du gouvernement dit de "Défense nationale" ; un des "trois Jules", sans conteste le plus crapuleux. Il vit là avec "sa fille", qui n'est pas sa fille, mais qu'il revendique comme telle pour en détourner un héritage. Voleur, en plus !

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Événement
1871
11 mai 1871 — Hôtel de Sophie Dosne/Demeure d'Adolphe Thiers (à partir de 1833)
p 251-253
La maison de Thiers, "la cambuse à Foutriquet", est détruite sur décision de la Commune. Les meubles vont au Mobilier national, les objets d'art au Louvre et le linge aux hôpitaux. L'ensemble estimé à 2 millions sera rem …

La maison de Thiers, "la cambuse à Foutriquet", est détruite sur décision de la Commune. Les meubles vont au Mobilier national, les objets d'art au Louvre et le linge aux hôpitaux. L'ensemble estimé à 2 millions sera rembouré 3

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Événement
1871
24 mai 1871 — Hôtel de Ville
p 264
Incendie de l'Hôtel de Ville à l'initiative de Jean-Louis Pindy (Pendy). Il y aura 238 bâtiments incendiés en tout à Paris pendant la Semaine sanglante
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Événement
1871
21 mai 1871
p 266-267
Les versaillais entrent dans Paris grâce aux signaux que leur fait l'ingénieur civil Ducâtel, un mouchard envoyé par le général Douay, leur indiquant l'absence de gardes sur les fortifications
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Événement
1871
23 mai 1871 — Tour de Solférino
p 268-269
La butte Montmartre est prise en une heure par des troupes versaillaises très supérieures en nombre, après de violents combats. À 13 heures, le drapeau tricolore flotte sur la tour de Solférino
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Événement
1871
23 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 268
Prise par les troupes versaillaises du général Clinchant de la barricade de la place Clichy, tenue par des Fédérés des Batignolles, équipée de 8 canons et 2 mitrailleuses
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Événement
Événement
1871
23 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 269
Barricade qui résista deux jours aux assauts des versaillais ; les Communards allumèrent des incendies de protection et firent sauter leur dépôt de munitions avant de se retirer. Les Enfants du Père Duchêne participent a …

Barricade qui résista deux jours aux assauts des versaillais ; les Communards allumèrent des incendies de protection et firent sauter leur dépôt de munitions avant de se retirer. Les Enfants du Père Duchêne participent au combat

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Événement
1871
23 mai 1871 — Cimetière Montparnasse/Lieu de massacre de Communards
p 269 & 280
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
23 mai 1871
p 269
Siège du Club Montrougien, ambulance et poste de guet pendant la Commune ; un canon avait été hissé dans le clocher ; il s'y déroula de violents combats pendant la Semaine sanglante ; 37 Fédérés furent fusillés sous le p …

Siège du Club Montrougien, ambulance et poste de guet pendant la Commune ; un canon avait été hissé dans le clocher ; il s'y déroula de violents combats pendant la Semaine sanglante ; 37 Fédérés furent fusillés sous le porche

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Événement
1871
23 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 269 & 367
Violents combats sur une barricade prise à revers par les versaillais après l'échec d'un assaut de front commandé par le colonel Boulanger. Il y eut 45 barricades dans le 14ème arrondissement pendant la Commune
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Événement
1871
28 mai 1871 — Demeure et débit de boisson de Jean Allemane
p 270-271
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Événement
1871
28 mai 1871 — Lieu de l'arrestation de Jean Allemane (chez un ami qui le cachait)
p 270-271
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Événement
1871
24 mai 1871 — Palais Royal
p 270
Dans la nuit du 23 au 24 mai, trois foyers s’allument au Palais-Royal. Au matin, des voisins et des ouvriers de la Banque de France font la chaîne. Depuis le 21 mai 1871, l’armée versaillaise reconquiert Paris rue par ru …

Dans la nuit du 23 au 24 mai, trois foyers s’allument au Palais-Royal. Au matin, des voisins et des ouvriers de la Banque de France font la chaîne.

Depuis le 21 mai 1871, l’armée versaillaise reconquiert Paris rue par rue. Pour ralentir son avance, les communards commencent, le 23, à livrer au feu les grands bâtiments du pouvoir : les Tuileries, où l’on a disposé des barils de poudre au pied de l’escalier d’honneur, le palais de la Légion d’honneur, le palais d’Orsay. Ces brasiers tiennent à la fois, écrivent les historiens, de la stratégie du désespoir, d’un acte d’appropriation et de purification, et d’une sorte de fête apocalyptique ; dans une Commune en pleine déliquescence, bien des décisions relèvent d’initiatives locales.

Le Palais-Royal est l’un de ces symboles. Ancien Palais-Cardinal de Richelieu, résidence des Orléans, il était sous le Second Empire à la disposition de l’ancien roi Jérôme, l’oncle de Napoléon III. Après de violents combats dans le quartier, trois foyers y sont allumés dans la nuit du 23 au 24 mai, sur ordre du Comité de salut public ; Victor Bénot, qui a déjà mis le feu aux Tuileries, y joue un rôle majeur. Le même jour brûlent l’Hôtel de Ville, le Palais de justice, la Préfecture de police et des maisons des rues Saint-Honoré, de Rivoli et Royale.

Au Palais-Royal pourtant, le feu est maîtrisé dès le lendemain matin, grâce à quelques habitants du quartier et à une trentaine d’ouvriers de la Banque de France voisine. Seuls l’aile droite de la cour d’entrée et les étages du bâtiment central sont gravement endommagés ; le mobilier et les objets d’art souffrent bien moins qu’en 1848.

Selon l’historien Jean-Claude Caron, entre 216 et 238 bâtiments parisiens ont été détruits ou endommagés par le feu pendant la Semaine sanglante ; les derniers foyers ne sont éteints que le 2 juin. Pour les Versaillais, ces incendies prouvent la barbarie des communards, et surtout des communardes : c’est le mythe des « pétroleuses ». Paris y perd aussi une partie de sa mémoire, avec les archives parties en fumée : les deux collections de l’état civil parisien antérieur à 1860 disparaissent, l’une à l’Hôtel de Ville, l’autre au Palais de justice.

Le Palais-Royal, lui, est restauré à l’identique de 1872 à 1874. Il accueille alors le Conseil d’État, chassé du palais d’Orsay en ruine : il y siège toujours, aux côtés du Conseil constitutionnel et du ministère de la Culture.

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Événement
1871
24 mai 1871
p 271
Maxime Lisbonne et ses combattants parviennent à s'échapper de la Montagne Ste Geneviève cernée et rejoignent la rive droite par le pont d'Austerlitz
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Événement
Événement
1871
25 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 273
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Événement
1871
25 mai 1871 — Magasins "Au Pauvre Jacques" (sous une porte cochère)
p 273-274
Maxime Lisbonne est blessé en déplaçant des obus entreposés au bureau du télégraphe du boulevard du Temple pour les mettre à l'abri des tirs versaillais
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Événement
1871
25 mai 1871
p 273
Maxime Lisbonne prend le commandement du système de défense de la place du Château d'Eau à 5 heures du matin avec 300 Fédérés
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Événement
1871
25 mai 1871
p 273
Regroupement des Fédérés qui ont dû abandonner la Butte aux Cailles. Dernier îlot de résistance des Fédérés sur la rive gauche
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Événement
1871
25 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante (dite barricade du Château d'Eau)
p 274
Auguste Vermorel est blessé au cours de la défense du Château d'Eau. Il mourra en captivité à Versailles, faute de soins, lui qui s'était opposé aux exécutions
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Événement
1871
25 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante (dite barricade du Château d'Eau)
p 274
Charles Delescluze se fait tuer volontairement sur la barricade ; trois volontaires seront abattus en tentant de le secourir. Benoît Malon parle de la "barricade Bataclan", qui est située plus haut sur le boulevard, mais …

Charles Delescluze se fait tuer volontairement sur la barricade ; trois volontaires seront abattus en tentant de le secourir. Benoît Malon parle de la "barricade Bataclan", qui est située plus haut sur le boulevard, mais sans doute à tort

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Événement
1871
26 mai 1871
p 275
Résistance des Fédérés de la Bastille, retranchés dans la gare, contre la division Vergé des troupes versaillaises, brigade Derroja arrivant à revers par la voie ferrée
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Événement
1871
26 mai 1871 — Caserne Reuilly
p 276
Après de violents combats, la caserne Reuilly n'est investie par les versaillais que par un renfort d'artillerie
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Événement
1871
26 mai 1871
p 276
Combats pendant la Semaine sanglante contre les troupes versaillaises de Ladmirault. 111 barricades furent édifiées dans le 20ème arrondissement pendant la Commune
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Événement
1871
27 mai 1871 — Cimetière du Père Lachaise (13ème division)/Monument de Casimir-Perier
p 277
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Événement
1871
27 mai 1871 — Parc des Buttes Chaumont
p 277
Violents combats à l'arme blanche dans la nuit du samedi 27 au dimanche 28 mai. Certains Fédérés se tuent pour ne pas tomber aux mains des versaillais
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Événement
1871
23 mai 1871 — Parc Monceau/Cour prévôtale/Lieu de massacre de Communards/Fosse commune
p 280-281
Cour martiale et début des massacres en masse de combattants de la Commune sur l'ordre de Lacretelle. Exécution de François Manchon décrite par Catulle Mendès dans "les 73 journées"
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Événement
1871
22 mai 1871
p 280-281
Le lundi 22 mai 1871, l’armée de Versailles prend l’École militaire et en fait aussitôt un lieu d’exécutions. Pendant près de deux semaines, on y entendra, selon un témoin, « des fusillades continuelles ». La veille, les …

Le lundi 22 mai 1871, l’armée de Versailles prend l’École militaire et en fait aussitôt un lieu d’exécutions. Pendant près de deux semaines, on y entendra, selon un témoin, « des fusillades continuelles ».

La veille, les troupes versaillaises sont entrées dans Paris par le Point-du-Jour, qu’un agent de Versailles leur a signalé sans défense. Sur la rive gauche, le 2e corps d’armée du général Ernest de Cissey marche sur Grenelle : l’École militaire et les Invalides sont ses objectifs. Le Champ-de-Mars est alors un camp d’artillerie de la Commune.

Le 22, l’École militaire est prise entre deux feux, par les avenues de La Motte-Picquet et de Lowendal. Son commandant n’a rien préparé ; les cours sont envahies en un instant. Les fédérés se replient dans les baraquements du Champ-de-Mars, où deux cents hommes à peine résistent plusieurs heures, avant de succomber vers midi. Les Versaillais s’emparent d’une centaine de canons. Cissey installe son quartier général à l’École militaire ; son aide de camp, le capitaine Garcin, y interroge des centaines de prisonniers pour savoir si la Prusse a soutenu la Commune.

Les exécutions commencent aussitôt. Au début de mai, Mac Mahon avait interdit de fusiller insurgés et déserteurs jusqu’à la fin des combats ; dès le début de la Semaine sanglante, Cissey, indigné par l’usage de bombes à pétrole, obtient de pouvoir reprendre les exécutions. Dans chaque quartier conquis s’installe une cour martiale, présidée par un officier supérieur, aux jugements expéditifs. Les colonnes de prisonniers convergent vers l’École militaire. Un médecin d’ambulance, arrêté près des Gobelins, a raconté à Camille Pelletan la marche sous une pluie battante, le bourgeois qui, boulevard du Montparnasse, agite son chapeau au bout de son parapluie en criant « Fusillez-les tous ! », puis la cour de l’École militaire, où l’on a dressé des planches contre un mur : « C’est là qu’on vous fera votre affaire », disent les soldats. Un officier le fait épargner. Enfermé six jours dans les casernes, il entend des fusillades sans fin.

La presse conservatrice ne cache rien. « On y amène continuellement des prisonniers et leur procès est déjà terminé : ce n’est que détonations », écrit La Patrie. Le 26 mai, avenue de La Bourdonnais, la foule désigne un passant bien mis : « C’est Billioray, membre de la Commune ! » Une patrouille le conduit à l’École militaire ; il a beau jurer qu’il s’appelle Constant et qu’il habite tout près, au Gros-Caillou, l’officier le fait fusiller à bout portant. On découvrira ensuite que c’était un mercier qui ne s’était jamais mêlé de politique. Les corps sont emportés vers les tranchées d’Issy et jetés pêle-mêle.

Les exécutions du 2e corps ne cessent qu’au début de juin. L’historien Robert Tombs tient la prévôté de Cissey pour « la plus sanglante » : au Champ-de-Mars, à l’École militaire, au Luxembourg, les fusillades ont lieu sous son contrôle. Le nombre des victimes de la Semaine sanglante, tuées au combat ou exécutées, reste débattu : entre dix et vingt mille selon Jacques Rougerie. Un tiers des exécutions, avance prudemment Georges Gugliotta, serait le fait du seul 2e corps. Le 7 juin 1871, Thiers nomme Cissey ministre de la Guerre.

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Événement
1871
28 mai 1871 — Prison de la Grande Roquette/Cour prévôtale/Lieu de massacre de Communards
p 280-281
Cour martiale installée dans la prison de la Roquette pendant la Semaine sanglante ; entre 2 et 3 000 Fédérés pris dans le secteur du Père Lachaise y sont massacrés, dont certains à la mitrailleuse
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Événement
1871
25 mai 1871 — Bureau de Poste/Cour prévôtale
p 280
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Événement
1871
24 mai 1871 — Caserne de la garde républicaine/Cour prévôtale
p 280
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Événement
1871
23 mai 1871 — Théâtre du Châtelet/Cour prévôtale (dans le foyer, au 1er étage du Théâtre)
p 280
Cour martiale pendant et après la Semaine sanglante, constituée sur ordre direct d'Adolphe Thiers. Les étrangers sont systématiquement fusillés. Des gamins de 6 à 12 ans sont envoyés à la mort. Le général Drouay supervis …

Cour martiale pendant et après la Semaine sanglante, constituée sur ordre direct d'Adolphe Thiers. Les étrangers sont systématiquement fusillés. Des gamins de 6 à 12 ans sont envoyés à la mort. Le général Drouay supervise

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Événement
1871
22 mai 1871 — Caserne de Babylone/Lieu de massacre de Communards
p 280-281
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Événement
1871
25 mai 1871
p 280-281
Massacre à la mitrailleuse de combattants de la Commune pendant la Semaine sanglante
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Événement
1871
23 mai 1871
p 280-281
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante. D'immenses fosses sont creusées et les corps des victimes sont brûlées au pétrole
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Événement
1871
24 mai 1871 — Hôtel des Monnaies (dans la cour)/Lieu de massacre de Communards
p 280-281
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
25 mai 1871 — Manufacture des Gobelins/Cour prévôtale/Lieu de massacre de Communards
p 280-281
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
27 mai 1871 — Parc des Buttes Chaumont/Lieu de massacre de Communards
p 280-281
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune. Les exécutions ont lieu à la mitrailleuse
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Événement
1871
25 mai 1871 — Square du Temple/Lieu de massacre de Communards
p 280-281
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
24 mai 1871
p 280-281
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
25 mai 1871 — Square de Montholon/Lieu de massacre de Communards
p 280-281
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
25 mai 1871 — Conservatoire des Arts et Métiers/Lieu de massacre de Communards
p 280-281
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
30 mai 1871 — Cimetière du Père Lachaise/Mur des Fédérés/Lieu de massacre de Communards
p 281
Fosse commune creusée pour les 1018 victimes des combats de la Semaine sanglante tués dans le cimetière et aux alentours ; 147 Fédérés sont fusillés sur place, à la mitrailleuse. 152 selon Maxime Du Camp
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Événement
1871
25 mai 1871
p 281
Un enfant combattant de 15 ans revient se faire fusiller après être allé porter sa montre à ramener chez lui ; il est finalement relâché. Relaté par le Figaro et utilisé par Victor Hugo
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Événement
1871
11 mai 1871 — Église St Bernard de La Chapelle/Club Bernard/Club de la Révolution
p 293-294
Club blanquiste réunissant 3 000 membres pendant la Commune ; il tint ses assises le 21 floréal an 79
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Événement
1848
25 juin 1848 — Barricade à l'entrée du faubourg St Antoine/Barricade en Juin 1848
p 318
Un rameau vert à la main, l'archevêque de Paris escalade la plus grande barricade de juin 1848 : il veut arrêter le massacre. Le massacre ne l'a pas attendu. Paris est en guerre civile depuis trois jours. Le 22 juin 1848 …

Un rameau vert à la main, l'archevêque de Paris escalade la plus grande barricade de juin 1848 : il veut arrêter le massacre. Le massacre ne l'a pas attendu.

Paris est en guerre civile depuis trois jours. Le 22 juin 1848, les ouvriers des Ateliers nationaux — ces chantiers créés par la République en février pour donner du travail aux chômeurs — apprennent que le gouvernement les ferme. Cent mille hommes jetés à la rue, sans travail, sans indemnité, avec pour seule proposition l'enrôlement dans l'armée ou le départ vers les marais de Sologne. Le 23, les barricades se lèvent dans tout l'est parisien.

Le général Cavaignac, investi des pleins pouvoirs par l'Assemblée, mène la répression avec méthode. L'artillerie pilonne les quartiers ouvriers. Le faubourg Saint-Antoine, cœur de l'insurrection, résiste. À son entrée, face à la place de la Bastille, une immense barricade barre la rue — la plus grande, la plus symbolique, la dernière à tomber.

C'est devant cette barricade que le général François de Négrier est tué d'une balle au front le 25 juin, en menant l'assaut. Et c'est sur cette même barricade que, quelques heures plus tard, Mgr Denys Affre, archevêque de Paris, décide de monter.

Affre a cinquante-quatre ans. Encouragé par Frédéric Ozanam, fondateur de la Société de Saint-Vincent-de-Paul, il s'est convaincu que son intervention personnelle peut ramener la paix. Cavaignac tente de l'en dissuader. L'archevêque insiste. Il part à pied vers le faubourg, accompagné de quelques fidèles, un rameau vert à la main en signe de paix, porteur d'une proclamation gouvernementale promettant le pardon aux insurgés qui déposeront les armes.

Il monte sur la barricade. Les tirs cessent. Le silence se fait — un silence improbable dans ce faubourg qui tonne depuis trois jours. Affre commence à parler. Mais un coup de feu claque. D'où ? La question n'a jamais été tranchée. L'opinion dominante veut que le premier tir soit venu des lignes de la Garde nationale. Les insurgés, croyant à un piège, ripostent. La fusillade reprend, chaotique. Au milieu de la confusion, une balle frappe l'archevêque dans les reins. Il s'effondre.

Les insurgés le portent au presbytère de Saint-Antoine sur un brancard de fortune. On le ramène le lendemain au palais épiscopal. Il meurt le 27 juin au matin. Ses derniers mots, entrés dans la légende : « Puisse mon sang être le dernier versé ! »

Il ne l'est pas. La répression de Cavaignac fera entre trois et cinq mille morts parmi les insurgés, auxquels s'ajoutent les déportations massives vers l'Algérie. L'insurrection de juin 1848 est, pour Marx, le moment de vérité de la révolution : dans Les Luttes de classes en France (1850), il y voit le premier affrontement ouvert entre le prolétariat et la bourgeoisie républicaine — la « fraternité » de février démasquée en « guerre civile sous sa forme la plus effroyable, la guerre du travail contre le capital ». La République avait promis du travail ; elle envoie l'artillerie. L'archevêque, entre les deux camps, tombe du côté où personne ne l'attendait.

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Événement
1871
21 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 357
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Événement
1867
1867 — Théâtre des Folies Saint Antoine
p 358
Conférence de Tony Moilin sur sa vision de Paris en l'an 2 000
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Événement
1870
17 septembre 1870 — Comité central révolutionnaire de la Corderie
p 359
Proclamation du Comité central révolutionnaire annoncée par une première affiche émanant de celui-ci
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Événement
1871
26 mai 1871 — Marches du Panthéon
p 361
Exécution de Jean-Baptiste Millière avocat, journaliste et député de la Seine, n'ayant pas paticipé aux combats de la Commune, il est faussement accusé d'avoir tiré à trois reprises sur des soldats
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Événement
1871
1871 — Atelier de Lasnier
p 365
Fabrication de 20 000 brassards destinés à la "légion des volontaires de la Seine", créée pour faire la chasse aux combattants de la Commune. On parla de "conspiration des brassards"
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Événement
1871
Événement
1871
1 février 1871 — Siège du journal "Le Mot d'ordre" (siège administratif)
p 365-366
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Événement
1871
24 mai 1871 — Ancienne préfecture de police
p 366
Incendie de la préfecture de police. Elle déménagera dans la caserne de la Cité. 238 bâtiments sont incendiés en tout à Paris pendant la Semaine sanglante, dont certains par leur propriétaire, pour toucher les primes d'a …

Incendie de la préfecture de police. Elle déménagera dans la caserne de la Cité. 238 bâtiments sont incendiés en tout à Paris pendant la Semaine sanglante, dont certains par leur propriétaire, pour toucher les primes d'assurance

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