Militant des Jeunesses communistes, membre des Bataillons de la Jeunesse en octobre 1941, Elie Wallach intègre le 2e détachement des FTP-MOI à sa création au printemps 1942. Arrêté, il est fusillé au Mont-Valérien le 27 juillet 1942.
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Deux semaines avant le Vel d'Hiv, au 108 boulevard de Rochechouart, la police frappe à une autre adresse.
Au printemps 1942, Paris entre dans l'été le plus sombre de l'Occupation. Les arrestations de Juifs s'accélèrent. Les rafles se succèdent. Le gouvernement de Vichy négocie activement avec les autorités allemandes l'organisation d'une grande opération — elle aura lieu le 16 juillet, au Vel d'Hiv.
Au 108 boulevard de Rochechouart, dans le 18e arrondissement, au bas de la butte Montmartre, vit la famille Wallach. Élie Wallach est militant de « Solidarité » — l'organisation juive communiste clandestine fondée en 1939, au lendemain de l'interdiction du PCF. Elle s'est constituée à partir de la section juive de la MOI, la Main-d'œuvre immigrée, qui regroupe les travailleurs étrangers communistes réfugiés en France depuis les années vingt et trente — Polonais, Roumains, Hongrois, fuyant les pogroms et la montée des fascismes d'Europe centrale.
Solidarité opère sur plusieurs fronts : aide matérielle aux familles de détenus et de déportés, diffusion de tracts, sauvetage d'enfants, et — de plus en plus à mesure que la répression s'intensifie — résistance armée. Ses membres sont pour la plupart des immigrés récents, souvent sans papiers solides, sans domicile stable. La clandestinité n'est pas pour eux une posture politique : c'est un mode de vie imposé depuis des années.
Le 30 juin 1942, Élie Wallach est arrêté. L'arrestation entraîne celle de plusieurs membres de sa famille et d'autres militants. L'adresse du boulevard de Rochechouart était à la fois un domicile familial et une adresse de l'organisation — le type de superposition qui rend une arrestation si dévastatrice dans un réseau clandestin : on ne perd pas seulement un militant, on perd un lieu, un relais, un maillage entier.
Ce que nous savons, c'est le calendrier. Le 30 juin 1942 est à seize jours du Vel d'Hiv. En juillet, 13 152 Juifs de Paris et de banlieue seront arrêtés par la police française, conduits au Vélodrome d'Hiver, puis à Drancy, puis à Auschwitz. Les militants de Solidarité qui n'avaient pas encore été arrêtés survivront quelques mois de plus — et beaucoup mourront quand même, en 1943 et 1944.