Attaque à la grenade d'un restaurant réservé aux officiers allemands par des combattants des FTP-M.O.I. du 2ème détachement

Restaurant fréquenté par des officiers allemands

Scène de rue à Paris durant l'occupation allemande, Bundesarchiv

Le 15 février 1943, en plein cœur de l’Occupation, un restaurant parisien réservé aux officiers allemands devient la cible d’un commando des FTP‑M.O.I. du 2ᵉ détachement. Ce type d’établissement, à la fois lieu de détente pour les cadres de la Wehrmacht et symbole ostentatoire de la présence ennemie, figure parmi les objectifs privilégiés de la résistance armée : frapper les hommes, mais aussi l’illusion de sécurité qui entoure leurs lieux de vie.

Ce jour‑là, les résistants approchent le restaurant comme de simples passants. La tactique est désormais rodée : repérage préalable des allées et venues, choix d’une heure de forte affluence, entrée ou passage furtif, puis lancement d’une ou plusieurs grenades dans la salle où dînent les officiers. L’attaque est fulgurante : explosion, panique, puis retraite immédiate du groupe dans le maillage des rues, avant l’arrivée de la Feldgendarmerie.

Pour les FTP‑M.O.I., composés en grande partie d’immigrés et de réfugiés politiques, ces actions spectaculaires ont plusieurs objectifs. Militaires, d’abord : infliger des pertes aux forces d’occupation, rappeler que l’ennemi est vulnérable même loin du front. Politiques, ensuite : montrer à la population qu’une résistance active existe, et que la collaboration n’a rien d’inéluctable.

En retour, la répression est féroce. Chaque attentat de ce type entraîne enquêtes, rafles, exécutions d’otages ou de militants soupçonnés d’appartenir aux réseaux de la résistance. Les communiqués allemands et de Vichy dénoncent des « terroristes », tentant d’opposer « bons Français » et « fauteurs de troubles ».

L’attaque à la grenade du 15 février 1943 s’inscrit ainsi dans une séquence de lutte armée de plus en plus intense, où la guerre mondiale se matérialise, pour les Parisiens, à la porte des cafés, des cinémas et des restaurants fréquentés par l’occupant.

Bibliographie