Panorama de l'hémicycle de l'Assemblée nationale, Photo: Richard Ying & Tangui Morlier, Wikimedia.
Le 15 février 1956, des incidents violents éclatent à l'Assemblée nationale, au Palais Bourbon. Ces affrontements mettent aux prises les députés poujadistes, fraîchement élus le 2 janvier 1956 avec 52 sièges, et les autres groupes parlementaires, en particulier les communistes. Les tensions, qui couvaient depuis plusieurs semaines, éclatent lors de débats sur l'invalidation de certains élus poujadistes dont les mandats sont contestés.
Depuis leur arrivée à l'Assemblée, les députés poujadistes, issus du mouvement de Pierre Poujade fondé en 1953 sur la défense des petits commerçants contre la fiscalité, dérangent l'ordre parlementaire établi. Souvent commerçants, artisans ou agriculteurs eux-mêmes, ils incarnent une contestation antiparlementaire virulente. Parmi eux figure Jean-Marie Le Pen, qui s'impose rapidement comme la figure politique majeure du groupe.
Lors de ces débats et confrontations du 15 février, la violence éclate dans l'hémicycle. Selon les témoignages de l'époque, les tabourets volent, symbole de la rupture des convenances parlementaires habituelles. Ces incidents témoignent du choc provoqué par l'intrusion d'une force contestataire d'extrême droite dans les institutions, remettant en cause les équilibres politiques de la IVe République. La majorité républicaine, de centre-gauche, avait justement cherché à faire bloc contre la montée du poujadisme lors des élections de janvier 1956.