Barricade d'où partit le cri de "Vive la République" en février 1848

Barricade en février 1848

Barricade de 1848, Carnavalet

Le 23 février 1848, une des barricades parisiennes prend une importance particulière : c’est de là que, selon la tradition, serait parti l’un des premiers cris nets de « Vive la République ! » pendant les journées de Février.

Nous sommes encore dans un moment charnière. Une partie des manifestants ne réclame officiellement que la réforme du régime – le renvoi de Guizot, l’élargissement du suffrage –, et le mot d’ordre dominant reste souvent « Vive la réforme ! ». Mais autour de certaines barricades, notamment dans les quartiers étudiants et populaires de la rive gauche, l’horizon politique se déplace. Là, des républicains plus décidés estiment que la monarchie de Juillet est arrivée au bout de ce qu’elle peut concéder.

Sur cette barricade du 23 février, l’appel à la République ne se murmure plus, il se crie. Le slogan, repris par les groupes voisins, vient expliciter ce que beaucoup ressentent déjà après la fusillade du boulevard des Capucines : un régime qui tire sur la foule n’est plus réformable, il doit être renversé.

Ce cri n’abat pas à lui seul la monarchie, mais il marque un basculement symbolique : en quelques heures, l’opposition de réforme laisse place à une insurrection de changement de régime. Le lendemain, le 24, quand Louis‑Philippe abdique et que la République est proclamée à l’Hôtel de Ville, les mots lancés depuis cette barricade trouvent leur traduction politique officielle.

Bibliographie