Betka Weinraub, agent de liaison de Louis Gronowski, est repérée et filée par la 3ème section des RG

Planque de Betka Weinraub (dans une chambre louée aux de Boudé)

Ludwik-Louis Gronowski

Du 36, rue Brillat-Savarin (XIIIe arr.) à la gare d'Austerlitz, en passant par la rue Vergniaud et le boulevard Garibaldi, les Renseignements généraux remontent patiemment le fil d'un réseau de la MOI. En une journée, tout bascule.

Ce 14 avril 1943, la 3e section des Renseignements généraux repère Betka Weinraub. Sous le nom de Beila Brikner, cette jeune femme sert d'agent de liaison à Louis Gronowski, dit « Bruno », l'un des trois dirigeants nationaux des FTP-MOI — la branche immigrée de la résistance communiste armée. Elle est filée depuis sa chambre louée chez les de Boudé, au 36 rue Brillat-Savarin.

Les inspecteurs sont patients. Ils la suivent à travers Paris et, malgré elle, Weinraub les mène à plusieurs responsables du réseau. Au 40 rue Vergniaud, c'est Jean Jérôme qui tombe. À la gare d'Austerlitz, Teresa Nocce-Longo est cueillie alors qu'elle repartait en zone Sud après une réunion nationale de la direction clandestine.

Mais la journée réserve aussi un retournement. Au 65 boulevard Garibaldi, les inspecteurs arrêtent deux hommes : Kubin et Georgely, compagnons d'Otto Niebergall. Munis de faux papiers impeccables, les deux résistants bluffent si bien que des soldats allemands de passage interviennent en leur faveur et les font relâcher. Un miracle d'aplomb au milieu du désastre.

Pour Betka Weinraub, il n'y aura pas de miracle. Arrêtée, elle mourra en déportation. Gronowski, lui, échappera aux filets pendant toute la guerre, poursuivant la lutte clandestine jusqu'à la Libération. Il sera fait chevalier de la Légion d'honneur en 1946.