🗺 Lieux & Arrondissements 🎭 Thèmes ⏳ Époques 👤 Personnages 📅 Événements 🚶 Balades 🧭 Explorer 📚 Bibliographie À propos
14 mai 1610
Événement

Henri IV est poignardé rue de la Ferronnerie, devant l’enseigne du Cœur couronné

Boutique à l'enseigne du Cœur couronné (percé d'une flèche)
emplacement, plaque
Signaler une erreur
« Le 14 mai 1610, Henri IV meurt assassiné par l’infâme Ravaillac qui le frappe d’un coup de couteau, dans la rue de la Ferronnerie » : vignette de l’imagerie d’Épinal (Archives départementales des Vosges). Imagerie d’Épinal — domaine public (Wikimedia Commons)

Une charrette de foin, un haquet chargé de vin, une rue de quatre mètres de large : il n’en faut pas plus pour arrêter le carrosse du roi.

La veille, à Saint-Denis, Henri IV a enfin fait couronner la reine, Marie de Médicis ; jovial et ému, il a pris le dauphin dans ses bras : « Messieurs, voici le roi ». Il s’apprête à partir en guerre pour disputer à l’empereur la succession de Clèves et de Juliers, quitte à soutenir des princes protestants, ce qui inquiète une partie des catholiques. Il doit rejoindre son armée le 17 mai. Les présages se sont multipliés ; un astrologue a tenté de le mettre en garde contre la journée du 14, et le roi a refusé de le recevoir. Il a déjà échappé à une vingtaine de tentatives d’assassinat : en 1594, le couteau de Jean Châtel lui a fendu la lèvre.

Le 14 mai 1610, peu avant quatre heures de l’après-midi, le roi quitte le Louvre pour l’Arsenal, où Sully, son surintendant des Finances, est cloué au lit par la grippe. C’est tout près : il juge inutile la garde à cheval, se contente de quelques fantassins et monte dans son grand carrosse avec quatre de ses officiers, dont les ducs d’Épernon et de Montbazon. Il fait même lever les rideaux de cuir pour voir les préparatifs de l’entrée solennelle de la reine. Depuis la sortie du Louvre, un homme suit la voiture : François Ravaillac, un catholique fervent, tourmenté par des visions, qui a vainement cherché à rencontrer le roi pour le convaincre de combattre les huguenots, et qui a volé un couteau dans une auberge.

À cinq cents mètres à l’est du Louvre, la rue de la Ferronnerie longe alors le cimetière des Innocents. Elle est si étroite — quatre mètres — qu’une charrette de foin et un haquet chargé de tonneaux suffisent à la boucher. Le carrosse s’arrête devant l’enseigne du Cœur couronné percé d’une flèche. Les valets de pied s’éloignent pour écarter la foule qui a reconnu le roi ; Henri salue les badauds d’un signe de tête. Ravaillac bondit et frappe trois fois. Le premier coup glisse près de l’aisselle, le deuxième atteint le poumon, le troisième perce la manche de Montbazon. Ramené au Louvre à grand train, le roi y meurt presque aussitôt.

Ravaillac ne cherche pas à fuir. Le duc d’Épernon le soustrait à la foule qui veut le lyncher. Son procès, présidé par Achille de Harlay, dure dix jours ; les juges, qui ne peuvent croire qu’un homme de si basse extraction ait agi seul, cherchent surtout des complices, sans en trouver. Le Parlement conclut à l’acte isolé d’un fanatique catholique. Le 27 mai, après avoir fait amende honorable devant Notre-Dame, pieds nus, un cierge à la main, Ravaillac est tenaillé et arrosé de plomb fondu en place de Grève, puis écartelé par quatre chevaux ; la foule se dispute les morceaux de son corps. « On m’a bien trompé quand on m’a voulu persuader que le coup que je ferais serait bien reçu du peuple », aurait-il dit au milieu du supplice. L’hypothèse d’un complot — l’Espagne, l’archiduc Albert, des proches de la reine comme Épernon ou Concini —, apparue dès les premiers jours, fait encore discuter les historiens quatre siècles plus tard.

Le cœur du roi est porté au collège des jésuites de La Flèche, selon son vœu ; au Louvre, pendant plus de dix jours, des domestiques font mine de servir deux repas par jour à son effigie de cire. La régente fait décréter qu’on l’appellera désormais Henri le Grand : la légende du bon roi commence.

Où exactement ? En 1669, Louis XIV fait élargir la rue et raser les maisons adossées au cimetière, et les récits ne s’accordent pas sur le numéro. Une plaque au sol, aux armes de France et de Navarre, marque aujourd’hui le lieu, et un restaurant, au n° 6, porte le nom du Cœur couronné. Les recoupements de ce site situent l’enseigne devant les actuels n° 8 et 10, et non devant le n° 11 comme l’indique une autre plaque, erronée.

Texte rédigé avec l’aide de l’IA, relu et corrigé par la rédaction.