Condamnation des membres de la première Commission de l'Association Internationale des Travailleurs

Palais de Justice/Tribunal correctionnel

Procès de l'Association internationale des Travailleurs Verbal du 20 mars 1868, BnF

Condamnation des membres de la première Commission de l'Association Internationale des Travailleurs ; dissolution de la Première Internationale, l'A.I.T.

Le 20 mars 1868, le tribunal correctionnel du Palais de Justice condamne les dirigeants de la commission parisienne de l'Association Internationale des Travailleurs. Tolain, Chemalé, Héligon et leurs camarades écopent d'amendes et de peines de prison. La section française de l'AIT est dissoute.

C'est le troisième procès intenté à l'Internationale en France depuis sa fondation à Londres en 1864. Napoléon III ne s'y était d'abord pas trompé — une organisation ouvrière internationale, structurée, capable de coordonner des grèves et de diffuser des idées socialistes à travers les frontières, représentait une menace d'un genre nouveau. Les deux premiers procès, en 1866 et 1867, n'avaient pas suffi à briser l'organisation. Celui-ci est plus sévère.

Mais la répression produit l'effet inverse de celui escompté. Les condamnés deviennent des figures du mouvement ouvrier. Tolain, ciseleur sur métaux, sera élu à l'Assemblée nationale en 1871 — avant de voter contre la Commune et d'en être exclu. Héligon continuera le combat syndical. Et l'Internationale, malgré la dissolution de sa section française, poursuit son activité clandestine jusqu'à la Commune, où plusieurs de ses membres — Varlin, Frankel, Malon — joueront un rôle central.

Napoléon III avait voulu étouffer l'organisation dans l'œuf. Il lui avait surtout offert trois procès retentissants.

Bibliographie