Henri IV assiégeant Paris, 1590, Auteur inconnu
Le 27 mars 1594, Henri IV entre dans Paris. Après cinq ans de siège, de famine, et de négociations, la capitale du royaume lui ouvre ses portes sans combattre. Les ligueurs qui avaient tenu la ville contre lui depuis 1589 se rallient les uns après les autres, soudoyés, convaincus ou simplement épuisés. Les troupes espagnoles qui soutenaient la Ligue quittent la ville en bon ordre, et Henri, dit-on, les regarde passer avec une ironie courtoise.
Un seul homme refuse. Antoine Dumaine Dubourg l'Espinasse, gouverneur de la Bastille, ne capitule pas. Pendant que Paris entier bascule, il reste retranché dans sa forteresse avec sa garnison, drapeau de la Ligue au vent. Charles de Gontaut et Charles II de Cossé viennent le sommer de se rendre. Il refuse.
Henri IV ne donne pas l'assaut. Il attend. La résistance de Dubourg est aussi solitaire que spectaculaire — il n'a aucun secours à espérer, aucune raison militaire de tenir. C'est un geste de fidélité pure, ou d'entêtement, selon le point de vue. Il finit par capituler quelques jours plus tard, et Henri, fidèle à sa politique de réconciliation, lui accorde des conditions honorables.
L'entrée dans Paris marque la fin effective des guerres de Religion. Le roi qui avait dit Paris vaut bien une messe s'installait enfin dans sa capitale, après avoir renié le protestantisme quatre ans plus tôt. Dubourg avait au moins eu le mérite de ne pas faire semblant d'être convaincu.