Maurice Duplay, gravure.
Le 10 thermidor, la famille Duplay fut arrêtée et conduite à Sainte-Pélagie. Robespierre logeait chez eux depuis trois ans. Ils n'avaient rien fait d'autre qu'ouvrir leur porte.
Maurice Duplay était maître menuisier, rue Saint-Honoré. Depuis juin 1791, Maximilien Robespierre occupait un appartement dans sa maison : ils dînaient ensemble, ils discutaient, ils vivaient dans l'intimité du plus puissant homme de France. Les filles Duplay avaient grandi dans cet entourage. Élisabeth avait épousé Philippe Le Bas, l'un des plus fidèles compagnons de Robespierre, en août 1793 ; elle venait d'accoucher de leur fils au printemps. Éléonore, l'aînée, avait aimé Robespierre en silence et garderait sa mémoire toute sa vie.
Dans la matinée du 10 thermidor, toute la famille fut arrêtée et conduite à la prison de Sainte-Pélagie, rue Lacépède. Le lendemain matin, Mme Duplay fut retrouvée morte dans sa cellule — pendue ou étranglée. Les circonstances ne furent jamais éclaircies. Nul ne fut inquiété.
Élisabeth Duplay ignorait encore que son mari, Le Bas, s'était tiré une balle dans la tête à l'Hôtel de Ville dans la nuit. Elle apprit sa mort en prison, quelques heures après celle de sa mère.
Maurice Duplay fut libéré peu après et survécut à toutes les révolutions suivantes, mort en 1820. Éléonore ne se maria jamais. Elle conserva les portraits de Robespierre et ses papiers jusqu'à sa mort, en 1832.
Mme Duplay, elle, n'avait eu aucun rôle politique. Elle avait fait à manger et ouvert sa porte.