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Couverture — Paris révolutionnaire
Bibliographie

Paris révolutionnaire

LENOTRE Gaston
Firmin Didot et Cie, 1895.
Livre
90 Fiches citant cet ouvrage
1895 Édition

Fiches citant cet ouvrage

90 fiches
Événement
Événement
1791
17 juillet 1791 — Demeure de Maurice Duplay/Demeure de Maximilien de Robespierre
p 14-23
Le soir du 17 juillet 1791 est mauvais pour les républicains. La fusillade du Champ-de-Mars a fait une cinquantaine de morts parmi les pétitionnaires ; la loi martiale reste en vigueur ; les arrestations menacent. Robesp …

Le soir du 17 juillet 1791 est mauvais pour les républicains. La fusillade du Champ-de-Mars a fait une cinquantaine de morts parmi les pétitionnaires ; la loi martiale reste en vigueur ; les arrestations menacent. Robespierre a signé la pétition pour la déchéance du roi — il risque d'être pris. Jeanne-Marie Roland et son mari Jean-Marie passent à son logement de la rue de Saintonge, dans le Marais, pour lui proposer une cachette. Il est déjà parti.

Il est chez les Duplay. Maurice Duplay est menuisier-ébéniste, rue Saint-Honoré — une maison à deux pas du club des Jacobins que Robespierre fréquente assidûment depuis des mois. La famille l'installe dans une chambre simple, donnant sur la cour. Il y a là Duplay et sa femme, leurs filles — dont Éléonore, que l'entourage tient pour la compagne officieuse de l'Incorruptible.

Robespierre ne s'installe pas « pour quelques jours ». Il reste. Pendant trois ans, la maison Duplay sera son seul logement parisien. Il y reçoit des visiteurs, rédige ses discours, travaille sous le bruit des ateliers en contrebas. Les Duplay le couvent avec une dévotion qui tient autant de la conviction républicaine que de l'attachement familial.

Ces trois années voient Robespierre passer de député radical en survie à membre tout-puissant du Comité de salut public. La chambre de la rue Saint-Honoré est son ancre dans une période où tout le reste — les institutions, les alliances, les têtes — change sans cesse. Le 9 Thermidor an II — 27 juillet 1794 —, il quitte la maison Duplay pour se rendre à la séance de la Convention. Il ne revient pas. Arrêté dans la soirée, il est guillotiné le lendemain place de la Révolution.

La maison des Duplay a depuis disparu. Une plaque marque aujourd'hui l'emplacement de la porte où il était entré, ce soir de juillet 1791, en fuyard.

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Événement
1791
octobre 1791 — Demeure des Robespierre (qui quittent temporairement la famille Duplay)
p 36-37
Charlotte provoque une brouille avec les Duplay et amène ses frères à déménager
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Événement
1794
février 1794 — Demeure de Louis Antoine de Saint-Just
p 43
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Événement
1794
28 juillet 1794 — Prison de Ste Pélagie
p 43
Le 10 thermidor, la famille Duplay fut arrêtée et conduite à Sainte-Pélagie. Robespierre logeait chez eux depuis trois ans. Ils n'avaient rien fait d'autre qu'ouvrir leur porte. Maurice Duplay était maître menuisier, rue …

Le 10 thermidor, la famille Duplay fut arrêtée et conduite à Sainte-Pélagie. Robespierre logeait chez eux depuis trois ans. Ils n'avaient rien fait d'autre qu'ouvrir leur porte.

Maurice Duplay était maître menuisier, rue Saint-Honoré. Depuis juin 1791, Maximilien Robespierre occupait un appartement dans sa maison : ils dînaient ensemble, ils discutaient, ils vivaient dans l'intimité du plus puissant homme de France. Les filles Duplay avaient grandi dans cet entourage. Élisabeth avait épousé Philippe Le Bas, l'un des plus fidèles compagnons de Robespierre, en août 1793 ; elle venait d'accoucher de leur fils au printemps. Éléonore, l'aînée, avait aimé Robespierre en silence et garderait sa mémoire toute sa vie.

Dans la matinée du 10 thermidor, toute la famille fut arrêtée et conduite à la prison de Sainte-Pélagie, rue Lacépède. Le lendemain matin, Mme Duplay fut retrouvée morte dans sa cellule — pendue ou étranglée. Les circonstances ne furent jamais éclaircies. Nul ne fut inquiété.

Élisabeth Duplay ignorait encore que son mari, Le Bas, s'était tiré une balle dans la tête à l'Hôtel de Ville dans la nuit. Elle apprit sa mort en prison, quelques heures après celle de sa mère.

Maurice Duplay fut libéré peu après et survécut à toutes les révolutions suivantes, mort en 1820. Éléonore ne se maria jamais. Elle conserva les portraits de Robespierre et ses papiers jusqu'à sa mort, en 1832.

Mme Duplay, elle, n'avait eu aucun rôle politique. Elle avait fait à manger et ouvert sa porte.

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Événement
1789
1789 — Hôtel des États-Unis/Demeure de Louis Antoine de Saint-Just
p 43
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Événement
1796
1796
p 49
Arrestation manquée de Gracchus Babeuf, sortant sans doute de l'ancien couvent de l'Assomption, qui se réfugie chez un charron près de chez Duplay
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Événement
Date imprécise — Hôtel du Garde-Meuble/Garde-Meuble de la Couronne
p 55
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Événement
1770
1770 — Palais des Tuileries/Comédie Française
p 56
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Événement
1792
20 novembre 1792 — Palais des Tuileries/Armoire de fer (dans la chambre Louis XVI, au 1er étage, côté Seine et jardin)
p 58 & 92
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Événement
1789
19 octobre 1789
p 62-65
Treize jours après que le peuple eut ramené le roi de Versailles, les députés le suivent : le pouvoir législatif rentre lui aussi dans Paris. Les 5 et 6 octobre 1789, les femmes de Paris ont marché sur Versailles et rame …

Treize jours après que le peuple eut ramené le roi de Versailles, les députés le suivent : le pouvoir législatif rentre lui aussi dans Paris.

Les 5 et 6 octobre 1789, les femmes de Paris ont marché sur Versailles et ramené la famille royale aux Tuileries. L'Assemblée nationale constituante ne peut pas rester seule dans un château vide, à vingt kilomètres de la ville qui fait la Révolution. Elle vote son transfert.

Le 19 octobre 1789, elle tient sa première séance parisienne dans la salle synodale du palais épiscopal, l'Archevêché, adossé au flanc sud de Notre-Dame, sur l'actuelle place du Parvis dans le 4e arrondissement. L'installation est improvisée, la salle trop petite, mal disposée pour un débat. Le 26 octobre, une tribune surchargée de spectateurs s'effondre.

L'Assemblée n'y restera que jusqu'au 8 novembre, avant de gagner la salle du Manège des Tuileries, longue bâtisse où elle siégera pendant toute la Révolution et où la royauté sera abolie en 1792.

Ces vingt jours à l'Archevêché ne sont pas anodins. C'est dans cette salle que sont discutés les décrets qui nationalisent les biens du clergé, adoptés le 2 novembre sur la proposition de Talleyrand, évêque d'Autun : "Tous les biens ecclésiastiques sont à la disposition de la Nation." Les députés votent la confiscation de l'Église dans le palais de l'archevêque de Paris.

Le déménagement de l'Assemblée à Paris a une conséquence politique durable que les modérés mesureront trop tard. À Versailles, les députés délibéraient à l'écart. À Paris, ils siègent au milieu d'une population armée, organisée en sections et en clubs, qui remplit les tribunes, hue, applaudit, et vient parfois en armes. L'Assemblée est désormais sous la surveillance directe du peuple parisien. Cette proximité fera toute la dynamique révolutionnaire, et fera dire aux provinces que Paris confisque la Révolution.

L'ancien palais archiépiscopal sera saccagé lors de l'émeute anticléricale de février 1831 puis démoli.

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Événement
1640
1640 — Palais du Louvre/Imprimerie royale (future Imprimerie nationale)
p 62
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Événement
1789
9 novembre 1789 — Salle du Manège/Siège de l'Assemblée Constituante (1159 membres)
p 62-76
Sièges successifs de l'Assemblée Constituante, de la Législative, et de la Convention jusqu'au 9 mai 1793. Par la suite, celui du Conseil des Cinq-Cents
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Événement
1789
novembre 1789 — Couvent des Capucins St Honoré (devenu bien national par décret du 2 novembre 1789)
p 65 & 69
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Événement
1673
1673 — Couvent des Feuillants (vestiges au 231, visibles de la cour du 229)
p 66-67
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Événement
1693
1693 — Couvent des Capucins St Honoré/Globes de Coronelli/Globes de Marly
p 67
Exposition des deux globes, l'un céleste et l'autre terrestre, réalisés par Vincenzo Coronelli dans le couvent des Capucins ; aujourd'hui à la Bibliothèque nationale
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Événement
1792
7 juillet 1792 — Demeure d'Adrien Lamourette
p 68
En ce juillet 1792, avec les armées ennemies aux frontières et la patrie sur le point d'être déclarée en danger, l'évêque Lamourette trouva le seul remède que les partis n'avaient pas encore essayé : s'embrasser. Le 7 ju …

En ce juillet 1792, avec les armées ennemies aux frontières et la patrie sur le point d'être déclarée en danger, l'évêque Lamourette trouva le seul remède que les partis n'avaient pas encore essayé : s'embrasser.

Le 7 juillet 1792, la Salle du Manège est le théâtre d'une séance âpre. L'Assemblée législative débat de la « patrie en danger » : la France est en guerre contre l'Autriche depuis avril, la Prusse vient de rejoindre la coalition, les armées ennemies progressent vers le nord et l'est. À l'intérieur, le roi Louis XVI a mis son veto aux décrets contre les prêtres réfractaires et sur le camp de fédérés. L'Assemblée est minée par la méfiance entre Feuillants, partisans de la Constitution de 1791, et Girondins qui poussent vers la déchéance royale. Les accusations mutuelles paralysent les débats depuis des semaines.

Antoine-Adrien Lamourette se lève. Né à Frévent dans le Pas-de-Calais, fils d'artisans modestes, ordonné lazariste, il est devenu en 1791 l'un des premiers évêques constitutionnels — l'évêque de Rhône-et-Loire — et cumule cette fonction avec son mandat de député. Proche collaborateur de Mirabeau, mort depuis un an, il a souvent nourri l'argumentation du grand orateur sans jamais la porter lui-même à la tribune : « J'ai rarement parlé à la tribune, dit-il, mais de grands patriotes y ont souvent prononcé ce que j'avais conçu et écrit. »

Ce soir, il parle. Il affirme que la désunion de l'Assemblée est la source de tous les malheurs de la Nation. Avec une ardeur extraordinaire, il appelle à la fraternité et propose que les députés s'embrassent en signe de réconciliation.

La proposition fait son effet. L'Assemblée est traversée d'enthousiasme. Les membres des partis les plus hostiles se jettent dans les bras les uns des autres. Condorcet et Pastoret, qui s'étaient affrontés durement la veille par journaux interposés, se tiennent embrassés. Brissot, qui se préparait à intervenir, doit suspendre et réécrire son discours en catastrophe pour ne pas se retrouver en opposition frontale avec l'ambiance du moment.

L'expression exacte du discours de Lamourette éclaire pourtant ce qu'il proposait vraiment. Il demande à l'Assemblée de condamner « par un serment irrévocable » à la fois la République et les Deux Chambres — les deux chimères qui, selon lui, alimentent la contre-révolution en divisant les partis. Ce n'est pas la fraternité abstraite qu'il invoque : c'est la défense de la Constitution de 1791 qu'il veut, et c'est à cette bannière précise qu'il tente d'unir une Assemblée en train de se déchirer.

Jean Jaurès, dans son Histoire socialiste de la Révolution française, est impitoyable : « une effusion sentimentale qui n'était pas sans arrière-pensée. » Et il constate que dès le lendemain, les participants de ce moment si particulier en parlaient « d'un ton railleur ». Adolphe Thiers préfère y voir une sincérité momentanée : « Ce fait prouve que la méfiance et la crainte produisaient toutes les haines, qu'un moment de confiance les faisait disparaître. »

Le mot est entré dans la langue. Un « baiser Lamourette » désigne désormais toute réconciliation brève et sans lendemain, toute accolade entre adversaires qui reprennent leurs querelles sitôt le rideau retombé.

Lamourette, lui, proteste contre les massacres de Septembre 1792, se lie aux Girondins et soutient la révolte fédéraliste de Lyon. Il est arrêté en 1793, transféré à Paris et jugé par le Tribunal révolutionnaire. Il est guillotiné en janvier 1794. Ceux qu'il avait vus tomber dans les bras les uns des autres ce soir du 7 juillet avaient, entre-temps, voté la mort du roi.

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Événement
Événement
Date imprécise — Hôtel meublé d'Aligre/Hôtel de Rennes/Demeure de Pierre Victurnien Vergniaud
p 69
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Événement
1792
1792 — Salle du Manège/Siège de la Convention nationale
p 72
Des problèmes d'éblouissement du président placé face au soleil amènent à inverser la disposition de la salle. La confusion qui s'ensuit entre "droite" et "gauche" aurait amené à utiliser les appellations "Montagne", "Pl …

Des problèmes d'éblouissement du président placé face au soleil amènent à inverser la disposition de la salle. La confusion qui s'ensuit entre "droite" et "gauche" aurait amené à utiliser les appellations "Montagne", "Plaine" et "Gironde"

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Événement
1792
10 août 1792 — Palais des Tuileries (péristyle du pavillon central au pied du grand escalier)
p 80
Les Marseillais entrent les premiers aux Tuileries ; la prise du palais marque la fin de la monarchie
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Événement
1793
10 mai 1793 — Palais des Tuileries (aile Nord, côté pavillon de Marsan)/Siège de la Convention
p 93 & 103
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Événement
Événement
1815
20 mars 1815 — Palais des Tuileries/Escalier ci-devant de la Reine (côté cour contre le pavillon de Flore)
p 112
Dans la journée du 20 mars 1815, Paris change deux fois de maître. Dans la nuit du 19 au 20, Louis XVIII quitte les Tuileries. Napoléon a débarqué à Golfe-Juan le 1er mars, il remonte la France sans tirer un coup de feu …

Dans la journée du 20 mars 1815, Paris change deux fois de maître.

Dans la nuit du 19 au 20, Louis XVIII quitte les Tuileries. Napoléon a débarqué à Golfe-Juan le 1er mars, il remonte la France sans tirer un coup de feu — les troupes envoyées l'arrêter se rallient les unes après les autres. Le roi le sait depuis plusieurs jours. Il part comme il peut : en carrosse, par la barrière de Clichy, vers l'exil flamand. On dit qu'il a les pieds gonflés par la goutte et qu'il pleure.

Dans les Tuileries qu'il vient d'abandonner, les draps sont encore chauds.

Le soir, Napoléon entre dans Paris. Il n'a pas eu à se battre. À Auxerre, Ney lui avait juré de le ramener en cage — et avait retourné son armée. À Lyon, les Bourbons avaient disparu avant son arrivée. La route était ouverte. Il arrive aux Tuileries vers neuf heures du soir, porté à bras d'hommes par la foule et les soldats jusqu'à l'escalier de la Reine, incapable de marcher tant il est étreint de toutes parts.

C'est Lenotre qui raconte la scène : dans le palais que Louis XVIII occupait encore le matin, Napoléon s'installe. Il reste cent jours. Waterloo est le 18 juin.

Ce 20 mars 1815, les Tuileries ont vu partir un roi boiteux et rentrer un empereur porté en triomphe. Le même escalier, le même soir.

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Événement
1794
Événement
Événement
1792
2 septembre 1792 — Parvis de l'église St Germain des Prés/Massacres de Septembre
p 124
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Événement
1792
2 septembre 1792 — Séminaire St Firmin/Massacres de Septembre
p 132
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Événement
1792
2 septembre 1792 — Séminaire St Firmin/Prison pour prêtres réfractaires/Massacres de Septembre
p 132
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Événement
1792
3 septembre 1792 — Prison de la Force/Grande Force/Massacres de Septembre
p 132
À la Petite-Force, sur plus de deux cents femmes détenues, une seule est tuée. Son nom résume à lui seul ces journées. Fin août 1792, Paris a peur. Les armées prussiennes et autrichiennes ont franchi la frontière ; Longw …

À la Petite-Force, sur plus de deux cents femmes détenues, une seule est tuée. Son nom résume à lui seul ces journées.

Fin août 1792, Paris a peur. Les armées prussiennes et autrichiennes ont franchi la frontière ; Longwy a capitulé sans combattre, Verdun est assiégée. Dans la capitale, où la monarchie a été renversée le 10 août, une rumeur court : les prisons, pleines de prêtres réfractaires et de suspects royalistes, cacheraient des armes pour une contre-révolution. Le 2 septembre, un convoi de prêtres est assailli devant la prison de l’Abbaye ; c’est le début de cinq jours de tueries. Des bandes armées vont de prison en prison — l’Abbaye, les Carmes, le Châtelet — et massacrent les détenus après un simulacre de jugement.

Dans la nuit du 2 au 3 septembre, la tuerie gagne la prison de la Force, rue du Roi-de-Sicile. La prison occupe un grand hôtel particulier bâti à partir de 1533 sur les ruines de celui de Charles d’Anjou, roi de Sicile et frère de Saint Louis ; on y enferme des détenus depuis 1780. À la Grande-Force, la prison des hommes, un tribunal improvisé s’installe ; le matin du 3, il est présidé par Jacques-René Hébert, le rédacteur du « Père Duchesne ». Cent soixante-huit des quatre cent six détenus sont tués.

La Petite-Force, réservée aux femmes, ne compte qu’une victime : la princesse de Lamballe. Née à Turin, mariée au fils du richissime duc de Penthièvre et veuve un an plus tard, elle est depuis plus de vingt ans l’amie de Marie-Antoinette, qui l’a faite surintendante de sa maison. Supplantée ensuite dans le cœur de la reine par la duchesse de Polignac, elle lui est restée fidèle : après le 10 août, elle l’a suivie à la tour du Temple, d’où on l’a transférée à la Force le 19 août, avec la gouvernante des enfants royaux, Mme de Tourzel. Conduite devant le tribunal vers huit heures, interrogée, elle est déclarée libre ; mais à peine a-t-elle franchi la porte qu’elle est frappée d’une pique, puis d’une bûche, et massacrée par la foule. Son corps dénudé est exposé, puis traîné jusqu’à la borne qui fait l’angle des rues du Roi-de-Sicile et des Ballets ; sa tête, plantée sur une pique, est promenée jusqu’au Temple, sous les fenêtres de la reine.

Les autres femmes sont sauvées : la plupart sortent dans la nuit avec l’aide du personnel de la prison, et le lendemain, des commissaires envoyés par le procureur Manuel, dont Nicolas Truchon, font libérer les dernières, parmi lesquelles Mme de Tourzel. À la Grande-Force, les exécutions durent plus longtemps : le tribunal de la Force est le dernier à siéger, jusqu’au 6 septembre, peut-être jusqu’au matin du 7. Dans tout Paris, les massacres de Septembre ont fait sans doute plus de 1 300 morts. Les responsabilités restent discutées : la Commune et son comité de surveillance, Marat, qui appelait à la violence dans son journal, mais aussi l’inaction des ministres, Roland comme Danton.

La prison a été démolie en 1845. Il en reste un pan de mur, rue Malher, contre la Bibliothèque historique de la Ville de Paris, et une fenêtre murée, avec sa grille, dans la cour de la caserne de pompiers de la rue de Sévigné.

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Événement
1792
Événement
1792
2 septembre 1792 — Prison de l'Abbaye de St Germain des Prés/Massacres de Septembre
p 148
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Événement
Événement
1792
1792 — Demeure retenue mais erronée de Manon Phlipon (d'abord chez ses parents, puis mariée avec Roland)
p 172-174
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Événement
1792
1792 — Demeure retenue mais erronée de Manon Phlipon (d'abord chez ses parents, puis mariée avec Roland)
p 174
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Événement
1789
1789 — Hôtel Britannique/Demeure de Jean-Marie et de Manon Roland
p 178
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Événement
1791
1791 — Hôtel Britannique/Demeure de Jean-Marie et de Manon Roland
p 179
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Événement
1792
mars 1792 — Hôtel Calonne/Hôtel de Lionne-Pontchartrain/Ministère de l'Intérieur
p 182
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Événement
1793
1er juin 1793 — Demeure de Jean-Marie et Manon Roland
p 189
Arrestation de Mme Roland ; son mari, en fuite, apprend sa mort et se suicide le 10 novembre 1793
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Événement
1792
1792 — Prison de l'Abbaye de St Germain des Prés
p 189-191
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Événement
1792
1792 — Prison de Ste Pélagie
p 191-193
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Événement
1793
Événement
1793
11 juillet 1793 — Hôtel de la Providence (chambre n° 7, au n° 17 selon certains)
p 203-205
Le 11 juillet 1793, une voyageuse descend de la diligence de Caen et retient une chambre pour cinq nuits. Elle n'en occupera que deux. Il est environ midi, ce jeudi 11 juillet 1793, quand la voiture des Messageries s'arr …

Le 11 juillet 1793, une voyageuse descend de la diligence de Caen et retient une chambre pour cinq nuits. Elle n'en occupera que deux.

Il est environ midi, ce jeudi 11 juillet 1793, quand la voiture des Messageries s'arrête rue Notre-Dame-des-Victoires. En descend une jeune femme de vingt-quatre ans, arrivée de Caen. Elle s'appelle Marie-Anne Charlotte de Corday d'Armont. Un employé des Messageries lui glisse une adresse toute proche : « Mme Grollier tient l'hôtel de la Providence, rue des Vieux-Augustins, 19. »

Quelques centaines de mètres à pied, et la voici devant la maison. C'est aujourd'hui la rue Hérold, une courte voie du 1er arrondissement ; sous la Révolution, elle porte encore le vieux nom de rue des Vieux-Augustins. La tenancière lui donne la chambre n° 7, au premier étage, sur la rue : une pièce assez vaste, un lit, un secrétaire, des rideaux blancs et rouges. Corday y pose son maigre bagage et ne prévient personne de sa présence dans Paris.

Elle est venue avec une idée fixe. Girondine de cœur, révoltée par la chute de la Gironde, elle a fait le voyage pour frapper l'homme qu'elle tient pour responsable des massacres : Jean-Paul Marat, député à la Convention, la plume de L'Ami du peuple. De sa chambre, elle rayonne dans le quartier. Elle porte à Lauze Duperret les lettres dont l'a chargée Barbaroux ; elle tente d'approcher Marat une première fois sans y parvenir.

Le samedi 13 juillet au matin, elle sort. Sous les galeries de bois du Palais-Royal, chez un coutelier, elle achète un couteau à manche noir — une lame de cuisine, pour quelques dizaines de sous. Elle revient chambre n° 7, attend, écrit. Le soir, elle se fait conduire chez Marat, rue des Cordeliers — l'actuelle rue de l'École-de-Médecine. Éconduite deux fois, elle insiste : elle apporte, dit-elle, des nouvelles de Caen. Marat, malade, la reçoit dans sa baignoire. Elle le frappe une seule fois, en pleine poitrine. Il meurt presque aussitôt. On l'arrête sur place.

Charlotte Corday ne reverra jamais la chambre n° 7. Le 17 juillet, elle monte à l'échafaud. Ses cinq nuits réservées rue des Vieux-Augustins se seront réduites à deux.

La maison, elle, a survécu un siècle à la scène. La rue des Vieux-Augustins fut redécoupée et rebaptisée rue Hérold en 1881 ; l'ancien n° 19 devint le n° 14. L'hôtel de la Providence n'accueillait plus de voyageurs — il servait, dit-on, d'entrepôt d'archives de la Caisse d'épargne — quand on le démolit en 1893. La chambre d'où une jeune femme de Caen avait rêvé d'infléchir le cours de la Révolution avait fini en réserve de paperasses — puis en rien du tout.

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Événement
1793
12 juillet 1793
p 209-210
Charlotte Corday contacte de Perret, conventionnel qui sera plus tard guillotiné, pour lui demander de l'introduise à la Convention ; mai il refuse
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Événement
1793
13 juillet 1793 — Boutique du coutelier Badin
p 210
Le 13 juillet 1793 au matin, dans le plus révolutionnaire des jardins de Paris, une inconnue marchande un couteau de cuisine à quarante sols. Vers huit heures, une jeune femme sort de l'hôtel de la Providence, rue des Vi …

Le 13 juillet 1793 au matin, dans le plus révolutionnaire des jardins de Paris, une inconnue marchande un couteau de cuisine à quarante sols.

Vers huit heures, une jeune femme sort de l'hôtel de la Providence, rue des Vieux-Augustins (aujourd'hui rue Hérold), où elle est descendue deux jours plus tôt en arrivant de Caen. Quelques pas la mènent au Palais-Royal — depuis un an le Palais-Égalité. Ce matin-là, les galeries grouillent : Paris s'est rempli de provinciaux montés pour les fêtes du 14 Juillet, et Charlotte Corday attend, comme tout le monde, que les boutiques ouvrent.

L'endroit ne pouvait être mieux choisi, ni plus ironique. Le Palais-Égalité est alors le cœur battant de la Révolution : cafés bruissants de nouvelles, colporteurs de pamphlets, joueurs, filles sous les arcades. C'est là, quatre ans plus tôt, que Camille Desmoulins avait sauté sur une table du café de Foy pour appeler Paris aux armes. Un bazar politique à ciel ouvert, où l'on trouve de tout. Sous la galerie de Valois, qui longe le côté est du jardin, au numéro 177, la boutique du coutelier Badin.

Elle y achète un simple couteau de cuisine, manche d'ébène et virole d'argent, pour quarante sols — deux livres. Rien d'un poignard : l'outil d'une ménagère, qu'elle glisse dans son corsage. La lame ne servira qu'une fois.

Le reste appartient à l'après-midi. Corday repasse la Seine, gagne la rue des Cordeliers ; éconduite deux fois, elle est enfin reçue le soir dans le cabinet de Marat, et le couteau de quarante sols entre sous la clavicule de l'Ami du peuple. La Révolution avait ainsi, sans le savoir, vendu elle-même l'arme qui abattit son journaliste le plus incendiaire, à l'étal d'un coutelier, entre un café et une maison de jeu.

La galerie de Valois longe toujours le côté est du jardin, sous ses arcades de pierre blonde, aujourd'hui bordées de boutiques de luxe. Au numéro 177, plus rien ne rappelle le coutelier Badin, ni la cliente pressée d'un matin de juillet.

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Événement
1793
13 juillet 1793 — Hôtel de Cahors/Demeure de Jean-Paul Marat
p 212-215
Le 13 juillet 1793, en fin d'après-midi, une jeune femme venue de Caen se présente au 30 rue des Cordeliers. Elle insiste, dit détenir des noms de Girondins réfugiés en Normandie. Marat la reçoit dans son cabinet, au pre …

Le 13 juillet 1793, en fin d'après-midi, une jeune femme venue de Caen se présente au 30 rue des Cordeliers. Elle insiste, dit détenir des noms de Girondins réfugiés en Normandie. Marat la reçoit dans son cabinet, au premier étage, plongé dans une baignoire sabot où il soulage la maladie de peau qui le ronge, une planche en travers lui servant de bureau. Charlotte Corday tire un couteau de sous son fichu et frappe une seule fois, sous la clavicule. Il crie — « À moi, ma chère amie ! » selon les récits — et s'effondre. Simonne Évrard, sa compagne, accourt trop tard.

Tout, ce mois-là, tient dans un mouchoir de poche. La maison de Marat, l'église des ci-devant Cordeliers, le jardin du couvent : quelques dizaines de mètres, au cœur du quartier le plus radical de Paris. C'est là que David met en scène les funérailles. Le corps est exposé dans l'ancienne église les 15 et 16 juillet, la plaie offerte aux regards, drapé de tricolore. Le 16 au soir, le cortège s'ébranle à travers le quartier ; on n'inhume Marat qu'entre onze heures et minuit, sous les arbres du jardin des Cordeliers, à deux pas de sa baignoire. Son cœur, dit-on, est déposé à part, dans une urne suspendue à la voûte du club.

Or ce même 16 juillet, tandis qu'on l'enterre, Marat reparaît en librairie. Jacques Roux, le « curé rouge » de la section des Gravilliers, toute proche, publie le numéro 243 du Publiciste de la République française, sous-titré « par l'ombre de Marat, l'Ami du peuple ». Le chiffre n'est pas un hasard : il reprend la numérotation là où l'Ami du peuple l'avait laissée, comme si la mort n'avait rien interrompu. Quatre jours plus tard, le 20 juillet, un autre enragé, Jean-Théophile Leclerc, fait paraître à son tour un nouvel Ami du peuple. Deux journaux, deux héritiers autoproclamés, pour un mort qui n'a pas eu le temps de désigner de successeur.

La compagne du tribun ne l'entend pas ainsi. Le 8 août 1793, Simonne Évrard se présente à la barre de la Convention et dénonce les « écrivains scélérats » qui se parent du nom de Marat — Roux et Leclerc nommément. L'attaque tombe au plus mauvais moment pour les enragés : Robespierre les a déjà pris en grippe. Roux est arrêté quelques jours plus tard, condamné, et se donne la mort en prison au début de 1794 ; Leclerc se tait. L'ombre de Marat n'aura servi ses porteurs que quelques semaines.

Du 30 rue des Cordeliers, il ne reste rien : la maison, devenue le 20 rue de l'École-de-Médecine, fut expropriée puis démolie en 1877 pour agrandir la faculté de médecine. Dans La Sainte Famille, Marx dresse la généalogie de « l'idée communiste » et retient, pour représenter le mouvement révolutionnaire à mi-course, deux noms exactement : Leclerc et Roux — les deux journalistes du quartier qui, la semaine des funérailles, s'étaient emparés de la voix du mort.

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Événement
1824
1824 — Demeure de Simone Evrard et Albertine Marat
p 247-248
Mort de Simonne Evrard, veuve de Marat, et de la sœur de celui-ci, jusqu'en 1835
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Événement
1787
14 juin 1787 — Café du Parnasse
p 252
Mariage de Danton avec la fille du patron du café qu'il fréquentait à son arrivée à Paris
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Événement
Événement
1794
31 mars 1794 — Demeure de Georges Jacques Danton (donnant alors sur la rue Marat)
p 257
Arrestation de Danton à son domicile, à 6 heures du matin. Il avait refusé de s'enfuir, disant "on n'emporte pas sa patrie sous la semelle de ses souliers" Le 31 mars 1794, à six heures du matin, on frappe à la porte du …

Arrestation de Danton à son domicile, à 6 heures du matin. Il avait refusé de s'enfuir, disant "on n'emporte pas sa patrie sous la semelle de ses souliers"

Le 31 mars 1794, à six heures du matin, on frappe à la porte du 130 boulevard Saint-Germain — la rue s'appelait alors rue des Cordeliers, puis rue Marat. Georges Danton dort encore. Sa jeune femme Louise Gély est à ses côtés. Les agents du Comité de sûreté générale sont là pour l'arrêter.

Il ne s'enfuit pas. On lui en avait donné l'occasion — des amis l'avaient prévenu, des chevaux de poste étaient disponibles. Il avait refusé, avec cette phrase que Philippe avait notée dans sa fiche : "on n'emporte pas sa patrie sous la semelle de ses souliers."

Danton était l'un des hommes de la Révolution. Il avait contribué à renverser la monarchie, à organiser la défense nationale en septembre 1792, à fonder le Tribunal révolutionnaire — l'instrument qui allait maintenant le juger. Depuis plusieurs mois, il appelait à modérer la Terreur, à clémence, à en finir avec les exécutions en masse. Robespierre et Saint-Just y voyaient une trahison.

Le procès est une mascarade — Danton le transforme en tribune, rugit, domine la salle au point que le Tribunal finit par suspendre les débats pour le faire taire. Il est guillotiné le 5 avril avec Camille Desmoulins et leurs amis. Sa dernière parole au bourreau, selon la tradition : "Tu montreras ma tête au peuple, elle en vaut la peine."

Dix semaines plus tard, Robespierre passait à son tour sous la lame.

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Événement
1792
11 août 1792
p 267
Les Desmoulins se cachent à l'annonce de la prise des Tuileries
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Événement
Date imprécise — Demeure d'Antoine Simon (jouxtant l'École de Médecine d'origine)
p 277
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Événement
Date imprécise — Maison en vis-à-vis de celle de Danton
p 284
Maisons située au 33 rue des Cordeliers, face à celle qu'occupait Danton à l'entrée de la cour du Commerce
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Événement
1789
novembre 1789 — Club Breton
p 293
Siège du Club Breton lors du transfert de l'Assemblée Constituante à Paris, avant qu'il ne fusionne avec celui des Amis de la Constitution pour former ce qui deviendra "les Jacobins"
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Événement
Événement
1790
1790 — Couvent des Jacobins St Honoré (dans le réfectoire puis dans la bibliothèque)
p 300-301
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Événement
1789
27 octobre 1789 — Couvent des Jacobins St Honoré (réfectoire, bibliothèque puis église)
p 300 & 303
Ils louent le réfectoire d'un couvent de dominicains pour y débattre ; le nom des moines s'attachera pour deux siècles à une manière de faire la politique. Le club est né à Versailles pendant les États généraux, sous le …

Ils louent le réfectoire d'un couvent de dominicains pour y débattre ; le nom des moines s'attachera pour deux siècles à une manière de faire la politique.

Le club est né à Versailles pendant les États généraux, sous le nom de Club breton, réunion informelle des députés du tiers état de Bretagne rejoints par d'autres patriotes. Quand l'Assemblée constituante suit le roi à Paris en octobre 1789, ils cherchent un local.

Le 27 octobre 1789, la Société des Amis de la Constitution loue le réfectoire du couvent des Dominicains de la rue Saint-Honoré, dans l'actuel 1er arrondissement, à l'emplacement du marché Saint-Honoré. Les Dominicains sont appelés à Paris les Jacobins, parce que leur premier établissement se trouvait rue Saint-Jacques. Le club prend le surnom de son adresse : club des Jacobins.

À ses débuts, il n'a rien de révolutionnaire au sens ultérieur du mot. La cotisation est élevée, ce qui en écarte le peuple. On y trouve La Fayette, Mirabeau, Barnave, Talleyrand, le duc d'Aiguillon, les frères Lameth, Sieyès. C'est le club de la monarchie constitutionnelle, dominé par des nobles libéraux et des bourgeois modérés.

Il se radicalise par scissions successives. En juillet 1791, après la fusillade du Champ-de-Mars, les modérés partent fonder le club des Feuillants. Restent les partisans de la République, autour de Robespierre, qui deviendra la figure centrale du club et y prononcera l'essentiel de ses discours. Le réseau des sociétés affiliées couvre le pays : plus d'un millier de clubs correspondent avec Paris. C'est la première structure politique nationale de l'histoire française.

Le club est fermé le 12 novembre 1794, après Thermidor. Le couvent est démoli sous le Directoire. Le mot est resté, "Jacobin" désigne aujourd'hui une conception centralisatrice et unitaire de la République, ce qui n'était qu'un aspect de la doctrine des Jacobins historiques, et ce qui a fait oublier tout le reste : le suffrage universel, le droit à l'existence, l'abolition de l'esclavage.

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Événement
1794
1794
p 306
Le couvent des Jacobins est rasé ; on aménage à sa place le "marché du 9 Thermidor"
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Événement
1790
27 avril 1790 — Église du couvent des Cordeliers (jusqu'au 16 mai 1791)
p 307
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Événement
1782
1782 — Salle du Musée de Paris/Société Apollonienne
p 308 & 319
Le Musée de Paris, à l'étroit rue Dauphine, tient ses réunions au couvent des Cordeliers
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Événement
1787
1787 — Hôtel de Genlis/Musée de Paris (salle laissée vacante après son départ rue Ste Avoie)
p 308
Lieu de réunions de la loge maçonnique des Neuf-Sœurs, référence aux 9 muses
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Événement
Événement
1857
1857 — Cours de Lecoq de Boisdaubran (école de dessin depuis 1776)
p 310
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Événement
1775
1775 — Réfectoire du couvent des Cordeliers (bureaux au 1er étage de l'aile nord du cloître)
p 318
Réalisation du plan cadastral de Verniquet par 60 ingénieurs et dessinateurs ; l'original, déposé à l'Hôtel de Ville, disparaît en 1797
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Événement
1793
16 juillet 1793 — Jardin du couvent des Cordeliers/Tombe de Jean-Paul Marat
p 326-327
Enterré comme un saint, hissé au Panthéon, jeté dehors quatre mois plus tard : peu de morts ont autant voyagé que Marat. Dans la nuit du 16 juillet 1793, au terme d'un cortège de plusieurs heures, on descend Marat sous l …

Enterré comme un saint, hissé au Panthéon, jeté dehors quatre mois plus tard : peu de morts ont autant voyagé que Marat.

Dans la nuit du 16 juillet 1793, au terme d'un cortège de plusieurs heures, on descend Marat sous les arbres du jardin des Cordeliers — à deux pas de la maison de la rue des Cordeliers où Charlotte Corday l'a frappé trois jours plus tôt. Pas de marbre : une roche brute, surmontée d'une urne. Le cœur du tribun, embaumé, est déposé à part, dans une urne que le club des Cordeliers suspend, dit-on, à sa voûte. Le culte de l'Ami du peuple est à son zénith ; son nom gagne les rues, les places, les discours.

Ce culte lui survit une année entière. Le 21 septembre 1794 — Thermidor est passé, mais l'élan jacobin n'est pas encore retombé —, la Convention le fait entrer au Panthéon. Ses restes y prennent, ce jour même, la place que l'on retire à ceux de Mirabeau, tombé en disgrâce : une idole en chasse une autre.

Le vent, pourtant, a tourné. La réaction thermidorienne s'accélère ; la jeunesse dorée brise les bustes de Marat, on efface son nom des carrefours. Le 8 février 1795, la Convention décrète son expulsion. On tire ses restes du Panthéon pour les jeter dans un cimetière voisin, du côté de Sainte-Geneviève — à peine quatre mois et demi après son entrée. Nul n'aura fait passage plus bref, ni plus orageux, sous la coupole. Où reposent aujourd'hui ses ossements, on ne le sait plus au juste.

Quant au jardin où tout avait commencé, il a disparu avec le couvent. La faculté de médecine couvre désormais l'ancien enclos des Cordeliers, quelque part entre les actuels 15 et 21 de la rue de l'École-de-Médecine. Sous les amphithéâtres dort l'emplacement où, une nuit de juillet, Paris avait couché son Ami du peuple sous une pierre nue — et que plus rien, aujourd'hui, ne signale.

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Événement
1793
8 août 1793 — Théâtre des Variétés Amusantes/Boulevard du Crime
p 329
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Événement
1792
7 février 1792 — Demeure de Jacques-René Hébert
p 331-332
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Événement
1792
17 août 1792 — Palais de Justice/Grand'Chambre du Parlement de Paris/Siège du Tribunal révolutionnaire/Salle de la Liberté (aujourd'hui 1ère chambre)
p 373
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Événement
1775
Événement
1792