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23 février 1358
Événement

Étienne Marcel instaure une monarchie contrôlée par les états généraux

Couvent des Grands Augustins (réunions de l'assemblée des notables)
Étienne Marcel instaure une monarchie contrôlée par les états généraux
Le Prévôt des marchands Etienne Marcel et le dauphin Charles - Lucien Mélingue | Musée d'Orsay

Le 23 février 1358, Étienne Marcel tente de donner un cadre institutionnel durable au rapport de force qu’il vient d’imposer au dauphin Charles. Quelques jours après l’irruption armée au Palais de la Cité et le meurtre des deux maréchaux, le prévôt des marchands réunit au couvent des Grands Augustins une large assemblée de notables, prolongement des états généraux de 1357.

L’objectif est clair : transformer un coup de force urbain en réforme de la monarchie. On y réaffirme les exigences portées par la « Grande Ordonnance » de 1357 : contrôle des finances royales, surveillance de l’entourage du prince, participation des représentants des villes et des ordres aux décisions majeures. La figure du roi, affaiblie par la captivité de Jean le Bon, doit désormais être encadrée par des états généraux réguliers, capables de limiter l’arbitraire et de peser sur la politique de guerre comme sur la fiscalité.

Pour Marcel et ses alliés, il s’agit d’instaurer de facto une « monarchie contrôlée », où le pouvoir royal reste central mais ne peut plus gouverner sans le concours et le consentement des représentants du royaume, notamment de Paris. Le couvent des Grands Augustins devient ainsi, le temps de ces réunions, le laboratoire d’un régime mixte, entre monarchie traditionnelle et proto‑parlementarisme.

Cette tentative restera pourtant inachevée. La violence du 22 février, les résistances d’une partie de la noblesse et des élites urbaines, la crainte du désordre et, bientôt, l’assassinat d’Étienne Marcel en juillet 1358, refermeront la parenthèse. Mais la séquence de février‑mars 1358, et en particulier les délibérations des Grands Augustins, laisseront dans la mémoire politique française l’image d’un moment où l’on a cherché, bien avant 1789, à soumettre la monarchie à un contrôle permanent des états.