Exécution dite abusivement des Hébertistes le 4 germinal an II

Guillotine place de la Révolution

Supplice de Gobel évêque de Paris, Hebert, Vincent, Chaumette etc, Berthault Pierre-Gabriel, BnF

Exécution dite abusivement des Hébertistes le 4 germinal an II. Michel Laumier, Jean-Charles Bourgeois, Albert Mazuel, Jean-Baptiste Ancard, Armand Hubert Leclerc, Jean Antoine Florent Armand.

Le 24 mars 1794 — 4 germinal an II — dix-neuf hommes montent à l'échafaud place de la Révolution. On les appelle les hébertistes. Philippe notait dans sa fiche : abusivement. Il avait raison.

Hébert est là — le patron du Père Duchesne, journaliste populaire, tribun des sans-culottes, dénonciateur professionnel. Avec lui montent Ronsin, général des armées révolutionnaires, Vincent, secrétaire général du ministère de la Guerre, Momoro, imprimeur et théoricien de la déchristianisation. Mais aussi Anacharsis Cloots, le "citoyen de l'univers", aristocrate prussien devenu révolutionnaire cosmopolite, et d'autres encore dont le seul point commun est d'avoir été désignés par Robespierre comme une faction à abattre.

C'est précisément le problème du terme "hébertistes" : ce groupe n'a jamais formé un parti cohérent, ni un courant unifié. Robespierre et Saint-Just les ont regroupés artificiellement pour frapper d'un seul coup la gauche révolutionnaire — ceux qui poussaient à radicaliser la Terreur, à déchristianiser plus vite, à défendre plus âprement les sans-culottes. En les présentant comme une faction conspirante, le Comité de salut public éliminait des concurrents gênants plutôt qu'un complot réel.

Dix jours plus tard, ce sera au tour des indulgents — Danton, Desmoulins — d'être guillotinés. Robespierre élimine simultanément sa gauche et sa droite. Il lui reste quatre mois à vivre.