Jugement des dirigeants du Club des Cordeliers ; ils seront guillotinés le 24 mars

Palais de Justice/Grand'Chambre du Parlement de Paris/Siège du Tribunal révolutionnaire/Salle de la Liberté (aujourd'hui 1ère chambre)

Ordre d'exécution des hébertistes publié par le Tribunal révolutionnaire signé de la main de Fouquier-Tinville

Dans la nuit du 13 au 14 mars 1794, le Comité de salut public frappe vite et fort. Hébert, Ronsin, Vincent, Momoro sont arrêtés. Le lendemain, leur mise en accusation est annoncée depuis la Grand'Chambre du Palais de Justice, 4 boulevard du Palais — là même où siège le Tribunal révolutionnaire.

Dix jours plus tôt, au club des Cordeliers, l'insurrection avait été proclamée. Le tableau de la Déclaration des droits de l'homme voilé d'un crêpe noir, Ronsin réclamait le renversement des « endormeurs » — Robespierre en tête. Mais Paris n'avait pas bougé. La Commune n'avait pas suivi. Les Comités, qui attendaient ce faux pas, avaient saisi l'occasion.

L'acte d'accusation rédigé par Fouquier-Tinville est un chef-d'œuvre d'amalgame. Aux chefs cordeliers — imprimeur Momoro, général Ronsin, secrétaire Vincent, pamphlétaire Hébert — on adjoint des militants de sections parisiennes (Ancard, Ducroquet, Descombes, Mazuel) et des étrangers suspects de liens avec l'ennemi : le baron prussien Anacharsis Cloots, « orateur du genre humain », le banquier hollandais de Kock. Vingt accusés au total, présentés comme les agents d'un « complot de l'étranger » ourdi par Pitt et les puissances coalisées.

Le procès s'ouvre le 21 mars. Il dure quatre jours. Le 24, à 17h30, trois charrettes traversent Paris vers la place de la Révolution. Hébert, dit-on, hurle et doit être traîné à l'échafaud — lui qui réclamait si souvent que les têtes tombent. La foule se moque. Dix jours plus tard, Danton suivra le même chemin.