À la mort de Simon-Charles Boutin, guillotiné en 1794, sa somptueuse Folie de la rue Saint-Lazare change radicalement de visage. Dès 1795, l’entrepreneur Gérard Desrivières transforme le domaine confisqué en parc d’attractions public, et le nom de Tivoli s’impose aussitôt dans le langage parisien. Là où naguère s’étaient promenés les financiers et les artistes, se pressent désormais les Incroyables et les Merveilleuses du Directoire, avides de danser, de rire et d’oublier les années de Terreur.
On y vient pour tout : voir les feux d’artifice des frères Ruggieri, écouter les orchestres, assister à des ascensions de ballons ou à des pantomimes en plein air. Le dimanche, dix mille curieux déambulent sous les allées illuminées de milliers de lampions, où la galanterie trouve toujours un recoin d’ombre pour s’épanouir. Tivoli devient bientôt « le jardin où il faut être », le miroir enchanté d’un Paris qui se réinvente dans la fête.
Mais, comme toute illusion, celle-ci ne dure qu’un temps. En 1826, les héritiers Boutin cèdent le terrain à un banquier suédois, Jonas Hagerman, qui lotit les lieux et ouvre un nouveau quartier. Du premier Tivoli, il ne reste que le souvenir d’un Paris entre renaissance et vertige, où la joie remplaçait la peur.![[Francois Louis Joseph Watteau - Ball in the Tivoli Gardens Paris 1799, (MeisterDrucke)|Jardin de Tivoli - Francois_Louis_Joseph_Watteau_-Ball_in_the_Tivoli_Gardens_Paris_1799-_(MeisterDrucke).jpg]]
Francois Louis Joseph Watteau - Ball in the Tivoli Gardens Paris 1799, (MeisterDrucke)