Six jeunes FFI font creuser leur propre fosse dans le Jardin du Luxembourg avant d'être fusillés

Fosse commune dans le Jardin du Luxembourg

Des résistants français tirant lors d'un échange de tirs au cours de la bataille de Paris. Capture d'écran tirée du jeu « La Libération de Paris », 1er septembre 1944.

Ils leur ont fait tenir les pelles. C'est la dernière chose que le nazisme a exigée d'eux : leur propre tombe.

Le 23 août 1944, Paris se bat. Les barricades tiennent dans les faubourgs, La Nueve de la 2e DB approche de la capitale, le colonel Rol-Tanguy dirige l'insurrection depuis son QG souterrain de Denfert-Rochereau. Mais dans le Jardin du Luxembourg, dans ce parc d'État au centre du 6e arrondissement que l'occupant a transformé en place forte depuis 1940 et que la Luftwaffe a fait de son quartier général, quelque chose se passe qui ne ressemble pas à une bataille.

Six jeunes combattants des FFI ont été capturés. Leur âge, leurs noms précis nous sont imparfaitement connus. Ce qui est documenté, c'est le rituel de leur exécution. Les soldats nazis leur ordonnent de creuser eux-mêmes la fosse dans laquelle ils seront enterrés, au fond du jardin. Les pelles, la terre, le travail forcé de sa propre mort : c'est une mise en scène de domination absolue, un dernier acte de terreur pédagogique destiné non seulement à tuer mais à humilier.

Les six hommes creusent. Puis ils sont fusillés et jetés dans la fosse qu'ils viennent de creuser.

À quelques centaines de mètres de là, les combats continuent. Le palais du Luxembourg lui-même — siège de la Luftwaffe — sera pris le lendemain, le 25 août, après l'intervention de cinq chars de la 2e DB commandés par le colonel Pierre Georges, dit "Fabien," ancien militant des Jeunesses communistes. Le jardin qu'ils aimaient, que les Parisiens aimaient pour ses chaises vertes et ses enfants jouant autour du bassin central, sera rendu à la ville. Mais ces six hommes-là ne le verront pas.

Ce crime de guerre, perpétré dans les dernières heures d'une occupation qui s'achève, est l'une des atrocités caractéristiques des retraites nazies : plus la défaite approche, plus la violence contre les civils et les résistants s'intensifie, comme si l'ennemi, ne pouvant plus rien tenir, tenait à laisser des traces de sa capacité de nuire.