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📖 Paris Jardins. Promenade historique dans les parcs et jardins SOPRANI Anne
Bibliographie

Paris Jardins. Promenade historique dans les parcs et jardins

SOPRANI Anne
Paris Méditerranée, 1998.
Livre
186 Fiches citant cet ouvrage
1998 Édition

Fiches citant cet ouvrage

186 fiches
Événement
1854
1854 — Pavillons des Halles
p 12-13
Construction des pavillons des Halles, seconde construction à Paris réalisée en métal. Les "Forts des Halles" étaient la plus ancienne corporation parisienne, fondée par Louis IX en 1250. "Le Ventre de Paris" selon Émile …

Construction des pavillons des Halles, seconde construction à Paris réalisée en métal. Les "Forts des Halles" étaient la plus ancienne corporation parisienne, fondée par Louis IX en 1250. "Le Ventre de Paris" selon Émile Zola

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Événement
1199
1199
p 13
Plus vaste cimetière de Paris jusqu'au 18ème siècle, mais aussi lieu marchand
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Événement
1199
1199
p 13
Plus vaste cimetière de Paris jusqu'au 18ème siècle, mais aussi lieu marchand
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Événement
1778
30 mars 1778 — Palais des Tuileries
p 24
Le 30 mars 1778, Voltaire assiste pour la première fois depuis vingt-huit ans à une représentation de ses œuvres à Paris. Il a quatre-vingt-trois ans, il est épuisé, il sait qu'il va mourir. La salle des Tuileries est co …

Le 30 mars 1778, Voltaire assiste pour la première fois depuis vingt-huit ans à une représentation de ses œuvres à Paris. Il a quatre-vingt-trois ans, il est épuisé, il sait qu'il va mourir. La salle des Tuileries est comble.

La pièce est Irène — une tragédie à vrai dire médiocre, que Voltaire lui-même jugeait faible. Mais ce n'est pas Irène que Paris est venu voir. C'est Voltaire. Quand il entre dans sa loge, la salle entière se lève. Les acteurs, après la représentation, apportent sur scène le buste du philosophe et le couronnent de lauriers en sa présence. La foule crie, pleure, acclame. Voltaire, dit-on, murmure à son voisin que l'on veut le faire mourir de joie.

Il était parti en 1750 pour la cour de Frédéric II de Prusse, puis s'était installé à Ferney, aux portes de Genève, hors de portée du roi de France qui ne lui pardonnait pas ses irrévérences. Vingt-huit ans d'exil intérieur, pendant lesquels il avait écrit sans relâche, combattu les injustices, pris fait et cause pour Calas, pour Sirven, pour le chevalier de La Barre. Le Paris qu'il retrouvait en 1778 l'accueillait comme un héros.

Ce même 30 mars, il est élu à la présidence de l'Académie française. Il mourra le 30 mai. L'Église lui refusera une sépulture religieuse à Paris — on l'enterrera en Champagne, en secret. Treize ans plus tard, la Révolution rapatriera ses cendres au Panthéon.

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Événement
1792
20 juin 1792
p 25
Émeute menée par les patriotes du faubourg Saint-Antoine pour l'anniversaire du Serment du jeu de paume. Ils réclament le retrait du veto sur les prêtres réfractaires et sur l'appel des Fédérés ; Louis XVI coiffe le bonn …

Émeute menée par les patriotes du faubourg Saint-Antoine pour l'anniversaire du Serment du jeu de paume. Ils réclament le retrait du veto sur les prêtres réfractaires et sur l'appel des Fédérés ; Louis XVI coiffe le bonnet rouge mais ne cède pas

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Événement
1795
20 mai 1795 — Palais des Tuileries (aile Nord, côté pavillon de Marsan)/Siège de la Convention
p 27
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Événement
1871
21 mai 1871 — Palais des Tuileries
p 31
Concert au Palais des Tuileries, qui se déroule au moment où les versaillais entrent dans Paris ; Mlle Agar lit des passages des Châtiments de Victor Hugo et la Bordas chante "la Canaille")
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Événement
1663
1663 — Palais Brion/Capitainerie de Richelieu
p 39
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Événement
1673
17 février 1673 — Théâtre du Petit Cardinal (créé par Richelieu en 1639)
p 39-40
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Événement
Événement
1578
31 mai 1578
p 47-48
Construction du premier pont de Paris sans maisons ; Henri III pose la première pierre alors qu'il est en deuil de deux de ses mignons, tués en duel ; il sera inauguré en 1603 par Henri IV
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Événement
Événement
1792
14 août 1792
p 48-49
La statue d'Henri IV est abattue pendant la Révolution ; elle sera réinstallée sous la Restauration ; le fondeur y aurait glissé des pamphlets bonapartistes et une statuette de Napoléon
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Événement
1765
1765
p 49
Premier bain public à Paris, qui en lança la mode ; il ne comptait pas moins de 200 baignoires
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Événement
1792
10 août 1792
p 52
À 0 h 45 le canon du Pont Neuf tira le signal de l'insurrection ; avant midi, la monarchie française avait cessé d'exister. Le 10 août 1792 s'ouvrit dans la nuit. Le canon du Pont Neuf, actionné par Santerre, donna à 0 h …

À 0 h 45 le canon du Pont Neuf tira le signal de l'insurrection ; avant midi, la monarchie française avait cessé d'exister.

Le 10 août 1792 s'ouvrit dans la nuit. Le canon du Pont Neuf, actionné par Santerre, donna à 0 h 45 le signal convenu. Les colonnes insurgées et les fédérés venus de province s'assemblèrent place de Grève dans les premières heures du matin.

Un premier groupe, un millier d'hommes mal armés accompagnés de quelques Marseillais, s'élança spontanément vers les Tuileries dès 8 h 30. Les Gardes suisses leur ouvrirent la porte de la cour du Carrousel puis les mitraillèrent : beaucoup furent massacrés dans la cour même.

Mais la famille royale avait déjà fui. Louis XVI, Marie-Antoinette et leurs enfants avaient quitté le palais par l'escalier des jardins et rejoint la salle du Manège, siège de l'Assemblée législative, rue de Rivoli. Ils y furent cachés dans la loge du logotachygraphe, derrière la tribune. Mandat de Grancey, commandant royaliste de la garde nationale qui avait conçu un plan pour écraser les insurgés, avait été tué place de Grève la nuit même. La défense du palais était sans chef.

Les colonnes organisées de Santerre arrivèrent et brisèrent la résistance. Les Marseillais furent les premiers à franchir le péristyle du pavillon central. Les Gardes suisses qui tentèrent de fuir furent massacrés : une centaine rue de l'Échelle, d'autres sur les Champs-Élysées à la hauteur du Garde-Meuble. Trois cents d'entre eux parvinrent à s'échapper par le passage de l'Orangerie vers la place de la Concorde. Environ sept cents périrent. Du côté des insurgés, on dénombrait plus d'un millier de morts.

Le palais prit feu. Les insurgés empêchèrent les pompiers d'intervenir tant que l'Assemblée n'aurait pas prononcé la déchéance de la royauté. Elle la prononça. Louis XVI fut suspendu, puis arrêté et transféré au Temple.

La journée du 10 août ouvre la seconde phase de la Révolution : la République sera proclamée six semaines plus tard.

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Événement
1307
13 octobre 1307 — Prieuré du Temple/Enclos du Temple
p 59-60
Une opération de police secrète, ordonnée un mois à l'avance, exécutée simultanément dans tout le royaume : le roi de France invente la rafle d'État pour effacer sa dette. L'ordre du Temple est né des croisades. Moines e …

Une opération de police secrète, ordonnée un mois à l'avance, exécutée simultanément dans tout le royaume : le roi de France invente la rafle d'État pour effacer sa dette.

L'ordre du Temple est né des croisades. Moines et soldats, les Templiers ont accumulé en deux siècles une puissance considérable. Ils possèdent des milliers de commanderies en Europe, ils sont exempts d'impôts et ne relèvent que du pape. Surtout, ils sont devenus les banquiers de la chrétienté : ils gardent les dépôts, transportent les fonds, prêtent aux souverains. L'enclos du Temple, à Paris, est leur quartier général et le coffre-fort du royaume.

Philippe IV le Bel a besoin d'argent. Ses guerres contre la Flandre et l'Angleterre ont ruiné le Trésor. Il a déjà spolié et expulsé les Lombards en 1291, puis les Juifs de France en 1306, en confisquant leurs biens et leurs créances. Il est lui-même lourdement endetté auprès du Temple.

L'opération est préparée dans le secret par Guillaume de Nogaret, garde du sceau. Des ordres scellés sont envoyés un mois à l'avance aux baillis et sénéchaux du royaume, avec interdiction de les ouvrir avant la date fixée.

Le vendredi 13 octobre 1307, à l'aube, tous les Templiers de France sont arrêtés simultanément. À Paris, Jacques de Molay, grand maître de l'ordre, et cent quarante chevaliers sont saisis à l'enclos du Temple, dans l'actuel 3e arrondissement. Tous leurs biens sont confisqués sur-le-champ.

Suivent sept années de procédure. Les aveux sont obtenus par la torture : idolâtrie, reniement du Christ, sodomie. Beaucoup se rétractent ensuite et sont brûlés comme relaps. Le pape Clément V, installé en Avignon et dépendant du roi de France, dissout l'ordre en 1312. Jacques de Molay est brûlé vif le 18 mars 1314 sur l'île aux Juifs, en aval de la Cité.

La superstition du vendredi 13 daterait, dit-on, de cette journée. L'affaire est surtout la première grande démonstration de ce que peut un État moderne : la loi, la police, la justice et la propagande mobilisées pour anéantir un corps et prendre son argent.

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Événement
1306
30 décembre 1306 — Prieuré du Temple/Enclos du Temple
p 59
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Événement
Date imprécise — Prieuré du Temple/Enclos du Temple
p 60-61
Lieu de plaisirs durant la fin de règne austère de Louis XIV
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Événement
1792
13 août 1792 — Tour de la prison du Temple/Donjon du Temple
p 62
Trois jours après la prise des Tuileries, le roi de France entra dans une prison dont il ne sortirait que pour monter à l'échafaud. Le 13 août 1792, Louis XVI, Marie-Antoinette, leur fille Marie-Thérèse, leur fils le dau …

Trois jours après la prise des Tuileries, le roi de France entra dans une prison dont il ne sortirait que pour monter à l'échafaud.

Le 13 août 1792, Louis XVI, Marie-Antoinette, leur fille Marie-Thérèse, leur fils le dauphin Louis-Charles, et Madame Élisabeth, sœur du roi, furent conduits au Temple, dans le 3e arrondissement. L'enclos du Temple était un vaste domaine qui avait appartenu à l'ordre des chevaliers du Temple puis aux chevaliers de Malte. Il comprenait un palais et une tour médiévale massive.

La famille fut d'abord logée dans le palais du prieur, jugé trop confortable. Quelques semaines plus tard, elle fut transférée dans la tour du Temple elle-même, dite le donjon : un édifice austère, aux fenêtres barricadées, entouré d'un mur supplémentaire que Pierre-François Palloy, l'homme qui avait démoli la Bastille, fut chargé de construire. Santerre commandait la garde.

Louis XVI fut exécuté place de la Révolution le 21 janvier 1793. Marie-Antoinette fut transférée à la Conciergerie en août 1793, jugée par le Tribunal révolutionnaire, et guillotinée le 16 octobre 1793. Madame Élisabeth fut guillotinée le 10 mai 1794. Le dauphin Louis-Charles, emprisonné seul dans sa cellule à partir de juillet 1793, mourut de maladie à la tour du Temple le 8 juin 1795, à dix ans. Sa sœur Marie-Thérèse fut la seule à survivre.

La tour du Temple fut démolie en 1811 sur ordre de Napoléon, qui craignait qu'elle ne devienne un lieu de pèlerinage royaliste.

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Événement
1808
1808 — Tour de la prison du Temple/Donjon du Temple/Enclos du Temple (démoli en 1854)
p 62
Le donjon du Temple est rasé pour épargner à Marie-Louise d'Autriche, épouse de Napoléon, la vue de la prison de sa tante et éviter les "pèlerinages". L'enclos sera démoli en 1854
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Événement
1814
1814 — Tour de la prison du Temple/Donjon du Temple
p 62-63
Plantation d'un saule et de cyprès à l'emplacement de la tour du Temple
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Événement
1719
1719 — Tour du Rempart/Prison du prieuré St Martin des Champs/Prison royale de St Martin des Champs
p 64
Prison royale pour filles publiques ; 180 sont mariées de force et déportées "aux Amériques" pour peupler la colonie de la Nouvelle Orléans
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Événement
1902
1902 — Maison d'enfance de Robert Desnos
p 65-66
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Événement
Date imprécise — Statue de la Victoire
p 65
Statue de la Victoire ailée en bronze à la gloire de l'armée française, détruite par les nazis pendant l'Occupation pour récupérer le bronze, mais sans doute pas seulement...
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Événement
Date imprécise — Square Émile Chautemps/Square des Arts et Métiers
p 66
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Événement
1711
13 mars 1711 — Cloître Notre-Dame/Demeure de Nicolas Boileau Despréaux (à partir de 1683)
p 72
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Événement
1789
19 octobre 1789
p 73
Treize jours après que le peuple eut ramené le roi de Versailles, les députés le suivent : le pouvoir législatif rentre lui aussi dans Paris. Les 5 et 6 octobre 1789, les femmes de Paris ont marché sur Versailles et rame …

Treize jours après que le peuple eut ramené le roi de Versailles, les députés le suivent : le pouvoir législatif rentre lui aussi dans Paris.

Les 5 et 6 octobre 1789, les femmes de Paris ont marché sur Versailles et ramené la famille royale aux Tuileries. L'Assemblée nationale constituante ne peut pas rester seule dans un château vide, à vingt kilomètres de la ville qui fait la Révolution. Elle vote son transfert.

Le 19 octobre 1789, elle tient sa première séance parisienne dans la salle synodale du palais épiscopal, l'Archevêché, adossé au flanc sud de Notre-Dame, sur l'actuelle place du Parvis dans le 4e arrondissement. L'installation est improvisée, la salle trop petite, mal disposée pour un débat. Le 26 octobre, une tribune surchargée de spectateurs s'effondre.

L'Assemblée n'y restera que jusqu'au 8 novembre, avant de gagner la salle du Manège des Tuileries, longue bâtisse où elle siégera pendant toute la Révolution et où la royauté sera abolie en 1792.

Ces vingt jours à l'Archevêché ne sont pas anodins. C'est dans cette salle que sont discutés les décrets qui nationalisent les biens du clergé, adoptés le 2 novembre sur la proposition de Talleyrand, évêque d'Autun : "Tous les biens ecclésiastiques sont à la disposition de la Nation." Les députés votent la confiscation de l'Église dans le palais de l'archevêque de Paris.

Le déménagement de l'Assemblée à Paris a une conséquence politique durable que les modérés mesureront trop tard. À Versailles, les députés délibéraient à l'écart. À Paris, ils siègent au milieu d'une population armée, organisée en sections et en clubs, qui remplit les tribunes, hue, applaudit, et vient parfois en armes. L'Assemblée est désormais sous la surveillance directe du peuple parisien. Cette proximité fera toute la dynamique révolutionnaire, et fera dire aux provinces que Paris confisque la Révolution.

L'ancien palais archiépiscopal sera saccagé lors de l'émeute anticléricale de février 1831 puis démoli.

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Événement
1310
1310 — Parvis de Notre-Dame (lieu traditionnel de repentance publique des condamnés à mort)
p 75
Lieu où les condamnés devaient avouer leur crime et demander pardon avant leur exécution ; comme les Templiers qui refusaient de renier leur ordre
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Événement
1359
1359
p 79
Canal qui divisait l'île pour servir de fossé à l'enceinte de Charles V ; construction de la tour Loriot
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Événement
1779
1779 — Graffitis de Restif de la Bretonne
p 80
Restif de la Bretonne grave ses états d'âme sous forme de graffitis sur les parapets du bord de Seine ; ils deviendront un mythe pour les Romantiques
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Événement
Événement
1639
1639 — Hôtel de Loménie de Brienne/Demeure de Marion Delorme
p 85-86
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Événement
Événement
1472
14 mai 1472 — Couvent du Béguinage
p 88
Louis XI fait reconstruire le couvent des religieuses du Tierce ordre de St François, les "béguines", et instaure l'Angélus
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Événement
1508
1508 — Clocher de l'église St Jacques la Boucherie/Chemin de St Jacques de Compostelle
p 89-90
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Événement
1648
1648 — Tour St Jacques (clocher de l'église St Jacques la Boucherie démolie)
p 90-91
Lieu erroné des expériences barométriques et du "crève-tonneau" ; Pascal les effectue en fait du clocher de St Jacques du Haut-Pas
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Événement
1793
1793 — Église St Jacques la Boucherie/Comité révolutionnaire du district des Lombards
p 91
Destruction de l'église St Jacques la Boucherie transformée en fabrique de plombs ; la pierre tombale de Nicolas Flamel est achetée par une fruitière pour hacher ses épinards
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Événement
509
509 — Palais des Thermes
p 95-96
Le palais des Thermes devient la résidence des "dames blanches", couleur du veuvage des femmes des rois Francs
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Événement
200
200 — Amphithéâtre de Lutèce
p 98-99
Amphithéâtre gallo-romain redécouvert en 1870 en ouvrant la rue Monge, le 2ème en taille après Nimes, appelé à tort les “arènes” de Lutèce ; il avait été enfoui sous les déblais du creusement des fossés de l'enceinte de …

Amphithéâtre gallo-romain redécouvert en 1870 en ouvrant la rue Monge, le 2ème en taille après Nimes, appelé à tort les “arènes” de Lutèce ; il avait été enfoui sous les déblais du creusement des fossés de l'enceinte de Charles V

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Événement
1869
1869 — Amphithéâtre de Lutèce/Arènes de Lutèce/Dépôt de la Compagnie générale des Omnibus
p 99-100
L'amphithéâtre de Lutèce, appelé à tort les "arènes de Lutèce", est redécouvert à l'occasion du percement de la rue Monge ; il devient un dépôt pour les omnibus
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Événement
Événement
Événement
1921
14 avril 1921 — Église St Julien le Pauvre/Canular des Dadaïstes
p 103-104
Au 1, rue Saint-Julien-le-Pauvre (Ve arr.), une cinquantaine de personnes attendent une visite guidée d'un nouveau genre. Elles ne le savent pas encore, mais il n'y a rien à voir. Le tract est alléchant : « Excursions & …

Au 1, rue Saint-Julien-le-Pauvre (Ve arr.), une cinquantaine de personnes attendent une visite guidée d'un nouveau genre. Elles ne le savent pas encore, mais il n'y a rien à voir.

Le tract est alléchant : « Excursions & Visites DADA — 1ère visite : Église Saint-Julien-le-Pauvre ». Les organisateurs promettent de « remédier à l'incompétence de guides et de cicerones suspects ». Suivront, annonce-t-on, le Louvre, le canal Saint-Martin, la gare Saint-Lazare. Le rendez-vous est fixé à 15 heures, dans le jardin de la plus vieille église de Paris.

Ce 14 avril 1921, la fine fleur de Dada est au complet : André Breton, Tristan Tzara, Louis Aragon, Paul Éluard, Benjamin Péret, Francis Picabia, Jean Arp, Philippe Soupault, Jacques Rigaut, Théodore Fraenkel, Gabrielle Buffet. Une cinquantaine de curieux les rejoignent. L'idée est simple et géniale : transformer la visite touristique en geste artistique, démontrer que n'importe quel coin de Paris vaut bien un musée — ou qu'aucun ne vaut rien du tout.

Le résultat est à la hauteur de l'ambition : il ne se passe strictement rien. Breton et Tzara prononcent quelques mots dans le jardin. Georges Ribemont-Dessaignes fait la visite en lisant à voix haute des définitions piochées au hasard dans le dictionnaire Larousse. Et puis il se met à pleuvoir.

C'est un fiasco magnifique. Le public repart trempé et perplexe. Les excursions suivantes n'auront jamais lieu. Mais l'idée est lancée : l'art peut naître du banal, de l'absurde, du rien. Les surréalistes s'en souviendront.

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Événement
1601
1601 — Plus vieil arbre à Paris
p 104
Plus vieil arbre de Paris ; un robinier faux acacia, planté en France pour la première fois par Jean Robin, d'où son nom
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Événement
1643
Événement
Événement
1369
1369 — Château de la Tournelle/Porte St Bernard/Tour St Bernard
p 112
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Événement
1490
1490 — Nouvelle Porte St Bernard (arc de triomphe)/Enceinte de Charles V
p 112
Porte reconstruite en 1606 ; remplacée par un arc de triomphe à la gloire de Louis XIV en 1670
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Événement
1257
septembre 1257 — Petite Sorbonne/Collège de Calvy ou de Calvi (dont on peut voir le tracé dans la cour de la Sorbonne)
p 114
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Événement
1470
1 février 1470 — Collège de Sorbon (collège de théologie fondé en 1253)/Première imprimerie à Paris/La Sorbonne
p 114
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Événement
1257
1257 — Collège de Cluny
p 116
Collège des abbés de Cluny, dans une rue fréquentée par François Villon
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Événement
1163
1163
p 121-122
Le Pré aux Clercs passe de l'abbaye de St Germain à l'Université
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Événement
1588
1588 — Demeure de Bernard Palissy (à partir de 1584)
p 123
Seconde arrestation de Bernard Palissy qui mourra en 1590 à la Bastille, à 80 ans, "de faim, de froid et de mauvais traitements", sa dépouille étant jetée à pourrir dans les fossés
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Événement
Date imprécise — La Childebert (foyer pour célibataires)/Cénacle de la Childebert
p 124-125
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Événement
Événement
998
998 — Château de Vauvert
p 129
Château mystérieux, situé à l'écart de la ville et squatté par des bandits ; origine de l'expression "envoyer quelqu'un au diable Vauvert"
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Événement
1944
23 août 1944
p 135
Ils leur ont fait tenir les pelles. C'est la dernière chose que le nazisme a exigée d'eux : leur propre tombe. Le 23 août 1944, Paris se bat. Les barricades tiennent dans les faubourgs, La Nueve de la 2e DB approche de l …

Ils leur ont fait tenir les pelles. C'est la dernière chose que le nazisme a exigée d'eux : leur propre tombe.

Le 23 août 1944, Paris se bat. Les barricades tiennent dans les faubourgs, La Nueve de la 2e DB approche de la capitale, le colonel Rol-Tanguy dirige l'insurrection depuis son QG souterrain de Denfert-Rochereau. Mais dans le Jardin du Luxembourg, dans ce parc d'État au centre du 6e arrondissement que l'occupant a transformé en place forte depuis 1940 et que la Luftwaffe a fait de son quartier général, quelque chose se passe qui ne ressemble pas à une bataille.

Six jeunes combattants des FFI ont été capturés. Leur âge, leurs noms précis nous sont imparfaitement connus. Ce qui est documenté, c'est le rituel de leur exécution. Les soldats nazis leur ordonnent de creuser eux-mêmes la fosse dans laquelle ils seront enterrés, au fond du jardin. Les pelles, la terre, le travail forcé de sa propre mort : c'est une mise en scène de domination absolue, un dernier acte de terreur pédagogique destiné non seulement à tuer mais à humilier.

Les six hommes creusent. Puis ils sont fusillés et jetés dans la fosse qu'ils viennent de creuser.

À quelques centaines de mètres de là, les combats continuent. Le palais du Luxembourg lui-même — siège de la Luftwaffe — sera pris le lendemain, le 25 août, après l'intervention de cinq chars de la 2e DB commandés par le colonel Pierre Georges, dit "Fabien," ancien militant des Jeunesses communistes. Le jardin qu'ils aimaient, que les Parisiens aimaient pour ses chaises vertes et ses enfants jouant autour du bassin central, sera rendu à la ville. Mais ces six hommes-là ne le verront pas.

Ce crime de guerre, perpétré dans les dernières heures d'une occupation qui s'achève, est l'une des atrocités caractéristiques des retraites nazies : plus la défaite approche, plus la violence contre les civils et les résistants s'intensifie, comme si l'ennemi, ne pouvant plus rien tenir, tenait à laisser des traces de sa capacité de nuire.

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Événement
1790
14 juillet 1790
p 143
Des délégations des départements viennent prêter serment de fidélité à la Nation. Talleyrand, chargé de dire la messe sur "l'Autel de la Patrie", aurait demandé à son assistant : "surtout, ne me faites pas rire"
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Événement
1791
17 juillet 1791
p 143-144
Répression de la manifestation des Cordeliers par une fusillade qui fait 50 morts ; le drapeau rouge est alors celui de la loi martiale
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Événement
1851
4 décembre 1851
p 144-145
Nombreuses exécutions, pendant 10 jours, de combattants contre le coup d'État ; 336 fusillés sans procès en une seule soirée
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Événement
Événement
1921
30 décembre 1921 — Tour Eiffel/Studio de TSF (transmission sans fil)
p 146
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Événement
1931
1931 — Tour Eiffel/Studio de TSF (transmission sans fil)
p 146
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Événement
1789
5 octobre 1789
p 149
Rassemblement du cortège des femmes se rendant à Versailles pour réclamer du pain ; Théroigne de Méricourt est accusée à tort de vouloir tuer la reine
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Événement
Événement
1804
1 décembre 1804 — Demeure de Philippe Lebon
p 150
Mort de Philippe Lebon, inventeur de l'éclairage au gaz ; une légende veut qu'il ait été assassiné dans un fourré aux des Champs-Élysées le soir du sacre de Napoléon
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Événement
1791
18 septembre 1791
p 150
Quatre jours après que Louis XVI a juré d'observer la Constitution, un inconnu monte dans un ballon et la fait pleuvoir sur les Champs-Élysées. La Constitution a été acceptée par Louis XVI le 14 septembre 1791 et proclam …

Quatre jours après que Louis XVI a juré d'observer la Constitution, un inconnu monte dans un ballon et la fait pleuvoir sur les Champs-Élysées.

La Constitution a été acceptée par Louis XVI le 14 septembre 1791 et proclamée dans Paris le même jour. Elle est encore fraîche, elle sent l'encre, et les imprimeurs de la capitale en tirent des exemplaires à la hâte. Le texte fondateur de la monarchie constitutionnelle circule dans les cafés, les sections, les clubs. Sa diffusion est une affaire politique autant que juridique.

Le 18 septembre, un aéronaute anonyme prend les devants. Il monte dans un ballon libre au-dessus des Champs-Élysées, emportant une liasse d'exemplaires imprimés de la Constitution de 1791, la première du genre, qui vient d'être adoptée. Depuis les hauteurs, il en lâche les feuillets sur la foule rassemblée en bas, sur les promeneurs des jardins, sur les carrosses et les piétons de la grande avenue. Après avoir lu la récente Constitution, il en distribue les pages depuis les airs.

Le geste est à la fois spectaculaire et calculé. Depuis l'envol des frères Montgolfier en 1783, les ballons fascinent le public parisien. Utiliser un ballon pour diffuser un texte de loi est une idée qui conjugue la modernité de la technique et le zèle civique des premières années révolutionnaires. Ce citoyen anonyme de 1791 est convaincu que les lois gagnent à être connues et que les airs sont un bon vecteur de pédagogie constitutionnelle.

La scène a quelque chose d'anachronique et de parfaitement révolutionnaire. Elle imagine ce que nous appellerions aujourd'hui une communication de masse, avec les moyens du temps : pas encore la vapeur, pas encore le télégraphe, mais un ballon libre, du papier imprimé et du vent. La Constitution tombe du ciel sur les Parisiens comme une pluie de promesses.

Quatre mois plus tard, la Constitution de 1791 entrera en crise ouverte avec la déclaration de guerre à l'Autriche. Dix mois après, Louis XVI sera suspendu le 10 août 1792. Mais ce 18 septembre-là, sur les Champs-Élysées, un homme dans son ballon croit encore que lâcher des feuilles de papier sur une foule peut changer quelque chose.

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Événement
1797
22 octobre 1797
p 159
Premier saut en parachute de 1 000 m depuis un ballon captif
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Événement
1797
22 octobre 1797 — Parc Monceau/Lieu du premier saut en parachute
p 159
Il monte à mille mètres en ballon, il coupe la corde, il tombe : la foule du parc Monceau assiste à la première descente humaine sous un parachute. André-Jacques Garnerin a vingt-huit ans. Élève du physicien Charpentier, …

Il monte à mille mètres en ballon, il coupe la corde, il tombe : la foule du parc Monceau assiste à la première descente humaine sous un parachute.

André-Jacques Garnerin a vingt-huit ans. Élève du physicien Charpentier, il a été aérostier militaire pendant les guerres de la Révolution, capturé par les Autrichiens et détenu deux ans en Hongrie, où l'idée du parachute lui serait venue en regardant les murs de sa prison.

Le principe est ancien. Léonard de Vinci en a laissé un croquis. Sébastien Lenormand a sauté d'une tour de Montpellier en 1783 avec deux parasols. Blanchard a largué des animaux sous des parachutes depuis des ballons. Mais aucun homme n'est encore descendu de haute altitude.

Le 22 octobre 1797, soit le 1er brumaire an VI, Garnerin s'élève au-dessus du parc Monceau, dans l'actuel 8e arrondissement, sous un ballon à hydrogène. Le parc est alors la Folie de Chartres, ancienne propriété de Philippe Égalité, devenue bien national et lieu de promenade publique. Une foule considérable est venue.

Son parachute est une immense toile blanche en forme de parasol, d'environ sept mètres de diamètre, suspendue sous le ballon et prolongée par une nacelle d'osier. À environ mille mètres, Garnerin sectionne la corde qui le relie au ballon.

La descente est effroyable. La toile n'a pas d'orifice au sommet : l'air comprimé s'échappe alternativement par les bords, ce qui fait osciller violemment l'ensemble. Garnerin est ballotté, pris de vertiges et de nausées. Il atterrit dans le parc, secoué mais indemne, et remonte à cheval devant la foule pour montrer qu'il est vivant.

L'astronome Lalande, témoin, suggérera de percer un trou au sommet de la toile pour laisser passer l'air : c'est la solution, encore utilisée aujourd'hui.

Le 12 octobre 1799, son élève et future épouse Jeanne Labrosse devient la première femme parachutiste et la première à sauter avec un parachute percé. En 1802, elle déposera au nom de son mari le brevet numéro 195 sur l'appareil dit parachute.

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Événement
1871
23 mai 1871 — Parc Monceau/Cour prévôtale/Lieu de massacre de Communards/Fosse commune
p 160
Cour martiale et début des massacres en masse de combattants de la Commune sur l'ordre de Lacretelle. Exécution de François Manchon décrite par Catulle Mendès dans "les 73 journées"
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Événement
1770
31 mai 1770 — Cimetière de la Madeleine
p 162-163
Inhumation des victimes de la panique provoquée par un incendie, lors des fêtes du mariage du futur Louis XVI avec Marie-Antoinette, qui fit 132 morts. Certains y virent un funeste présage...
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Événement
1770
30 mai 1770
p 162-163
La panique provoquée par un incendie lors du mariage royal fait 132 morts ; ils sont inhumés au cimetière de la Madeleine ; un très mauvais présage, diront certains... Le 30 mai 1770, un drame survient à Paris lors des f …

La panique provoquée par un incendie lors du mariage royal fait 132 morts ; ils sont inhumés au cimetière de la Madeleine ; un très mauvais présage, diront certains...

Le 30 mai 1770, un drame survient à Paris lors des festivités organisées pour célébrer le mariage du dauphin Louis-Auguste (futur Louis XVI) et de Marie-Antoinette d’Autriche. Un grand feu d’artifice est tiré sur la place Louis XV (actuelle place de la Concorde), conçu notamment par le pyrotechnicien Petronio Ruggieri. Lors du bouquet final, une fusée dévie et provoque un incendie, embrasant la structure centrale, le Temple de l’Hymen, et la paille disposée pour le spectacle.

La panique s’empare de la foule, estimée à plusieurs centaines de milliers de personnes. Beaucoup cherchent à fuir par la rue Royale, alors étroite et encombrée de carrosses et de fossés dus à des travaux. La bousculade devient meurtrière : 132 morts sont officiellement recensés, principalement écrasés ou piétinés, et plusieurs centaines de blessés. Les victimes sont inhumées au cimetière de la Madeleine. Cet événement, survenu sous le règne de Louis XV, est perçu par certains contemporains comme un mauvais présage pour le nouveau couple royal.

Sources

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Événement
1792
1792 — Cimetière de la Madeleine
p 163-164
Chapelle expiatoire de 1816, sur l'emplacement du charnier des exécutions de la Concorde
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Événement
1793
16 octobre 1793
p 163
On l'accusa d'espionnage, de dilapidation, puis d'inceste : le tribunal savait qu'il jugeait moins une reine qu'une femme étrangère, et la foule le savait aussi. Marie-Antoinette d'Autriche a été transférée de la prison …

On l'accusa d'espionnage, de dilapidation, puis d'inceste : le tribunal savait qu'il jugeait moins une reine qu'une femme étrangère, et la foule le savait aussi.

Marie-Antoinette d'Autriche a été transférée de la prison du Temple à la Conciergerie le 2 août 1793. Son mari a été guillotiné le 21 janvier. Son fils lui a été arraché en juillet et confié au cordonnier Simon. La France est en guerre contre l'Europe coalisée, la Vendée est soulevée, la Convention a instauré la Terreur en septembre.

Le procès s'ouvre le 14 octobre 1793 devant le Tribunal révolutionnaire. Les chefs d'accusation sont politiques : intelligence avec les puissances étrangères, transmission de plans militaires à l'Autriche, dilapidation du Trésor. Elle a effectivement correspondu avec Vienne et Bruxelles, transmis des informations, appelé de ses vœux l'intervention étrangère contre la Révolution. Ces faits sont établis.

Puis Hébert, procureur de la Commune, ajoute une accusation d'inceste avec son fils de huit ans, sur la foi d'une déclaration extorquée à l'enfant. Marie-Antoinette refuse d'abord de répondre, puis lance à l'assemblée : "J'en appelle à toutes les mères qui se trouvent ici." La salle frémit. Robespierre lui-même jugera cette manœuvre imbécile et désastreuse. Elle révèle ce que le procès contenait d'autre chose que du politique : la haine de l'Autrichienne, accumulée depuis vingt ans par les libelles pornographiques qui la représentaient en débauchée, en dévoreuse, en étrangère corruptrice.

Le verdict tombe le 16 octobre à quatre heures du matin : mort. À midi, elle traverse Paris debout dans une charrette, les mains liées derrière le dos, les cheveux coupés. David la croque au passage, vieillie, hautaine. À douze heures quinze, elle est guillotinée place de la Révolution, l'actuelle place de la Concorde. Elle a trente-sept ans.

Son corps est jeté dans une fosse commune du cimetière de la Madeleine. Louis XVIII le fera exhumer en 1815 pour l'inhumer à Saint-Denis. La chapelle expiatoire, rue Pasquier, marque l'emplacement de la fosse.

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Événement
1792
10 août 1792 — Cimetière de la Madeleine
p 165
Inhumation des officiers gardes-suisses, francs-maçons de la loge militaire Guillaume Tell de l'Orient de Sonnenberg, morts lors de la prise des Tuileries
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Événement
1871
24 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante (dite barricade du square de Montholon)
p 171
Prise par les versaillais des barricades de la rue La Fayette
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Événement
1794
25 juillet 1794 — Maison de St Lazare (transformée en prison, dite alors "Lazare")
p 173
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Événement
1940
18 juin 1940 — Prison de la Petite Roquette
p 178 & 180
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Événement
1851
1851
p 179
Lieu des exécutions devant la Roquette sur cinq dalles toujours présentes ; ce qui fit donner à l'échafaud un de ses surnoms "l'Abbaye de Cinq-Pierres", référence au "gardien du Paradis"
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Événement
1795
12 juin 1795 — Cimetière Ste Marguerite (appartenant à l'ex prieuré du Bon Secours)/Tombe de Louis XVII (présumée)
p 181-182
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Événement
1704
1704
p 184-185
Louis XIV autorise un certain Martin à vendre son vin hors les murs ; fondation des caves de Bercy
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Événement
Date imprécise — Petit château de Bercy (maison de plaisance de Mme de Parabère)
p 184-186
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Événement
1672
18 août 1672 — Hôtel d'Aubray/Demeure de la Brinvilliers/Affaire des poisons
p 201
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Événement
1938
1938 — Île des Singes/Cours de la Bièvre
p 202
Ancienne île sur la Bièvre, appelée Île aux Singes, ou Île des Singes ; le nom de la rivière pourrait venir du latin "biver", le castor, ou du gaulois "bawa", la boue
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Événement
Événement
Événement
1180
1180
p 209
Nom qui viendrait d'une chanson de geste de 1180 sur un roi sarrasin du Portugal surnommé le géant Ysoré, d'où dériverait le nom de la rue de la Tombe Issoire
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Événement
1871
25 mai 1871 — Parc Montsouris/Lieu de massacre de Communards
p 212
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1824
1824 — Cimetière Montparnasse/Tranchée des suppliciés (le Champ de navets)
p 214
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Événement
1650
1650 — Moulin Moliniste/Tour de la Charité/Moulin à vent
p 214
Moulin du 17ème siècle, ayant appartenu aux frères de la Charité ; il sera transformé en cabaret, fréquenté par des étudiants disciples du jésuite Molina. Le moulin de la Charité, situé au 3 boulevard Edgar Quinet dans l …

Moulin du 17ème siècle, ayant appartenu aux frères de la Charité ; il sera transformé en cabaret, fréquenté par des étudiants disciples du jésuite Molina.

Le moulin de la Charité, situé au 3 boulevard Edgar Quinet dans le 14ᵉ arrondissement de Paris, est un vestige du XVIIᵉ siècle. Édifié vers 1661 par les Frères de la Charité de l’Ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu, il servait à moudre le blé pour approvisionner l’hôpital de la Charité, alors voisin. Ce moulin, surnommé « moulin moliniste » pour le distinguer du « moulin janséniste » tout proche, a traversé plusieurs époques et usages. Après la Révolution française, il passe sous la propriété de l’Assistance Publique et devient une guinguette, avant d’être intégré en 1824 dans l’enceinte du cimetière du Montparnasse, où il sert de logement au gardien.

La tour ronde en pierre, haute d’environ quinze mètres, est aujourd’hui le seul témoin des nombreux moulins qui jalonnaient autrefois la plaine de Montrouge. Au XIXᵉ siècle, le bâtiment se dégrade, mais la tour est restaurée en 1899 à l’initiative de la commission du Vieux Paris. Le sculpteur Antoine Bourdelle a envisagé d’y installer sa sépulture, projet finalement abandonné. Le moulin est classé monument historique en 1931. Molina est mentionné comme ayant une activité liée à ce lieu, sans précision biographique.![[Ancien moulin de Montparnasse, Archives parisrévolutionnaire.org|Edgar Quinet bd 3 Moulin Moliniste 02.JPG]]

Ancien moulin de Montparnasse, Archives parisrévolutionnaire.org![[Un ancien moulin servant d'habitation aux gardiens au cimetière Montparnasse, Léon Leymonnerye Léon, 1851, Wikimedia|Un ancien moulin servant d'habitation aux gardiens au cimetière Montparnasse, Leymonnerye, Léon, 1851, Wikimedia.jpeg]]

Un ancien moulin servant d'habitation aux gardiens au cimetière Montparnasse, Léon Leymonnerye Léon, 1851, Wikimedia

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Événement
1902
26 octobre 1902 — Cimetière Montparnasse/Cénotaphe de Charles Baudelaire
p 215
Quarante-cinq ans après avoir été condamné pour outrage aux bonnes mœurs, Baudelaire reçoit un tombeau vide où il est représenté en gisant momifié. Charles Baudelaire est mort en 1867, à quarante-six ans, aphasique et pa …

Quarante-cinq ans après avoir été condamné pour outrage aux bonnes mœurs, Baudelaire reçoit un tombeau vide où il est représenté en gisant momifié.

Charles Baudelaire est mort en 1867, à quarante-six ans, aphasique et paralysé, dans une maison de santé de la rue du Dôme. Il est enterré au cimetière Montparnasse dans la tombe de sa famille, entre sa mère et le général Aupick, ce beau-père qu'il avait détesté toute sa vie. La cohabitation posthume est une ironie qui n'a échappé à personne.

De son vivant, il fut un auteur maudit au sens juridique du terme. En 1857, "Les Fleurs du mal" lui valent un procès pour outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs, intenté par le même procureur Pinard qui venait d'attaquer "Madame Bovary." Baudelaire est condamné à une amende, six pièces sont retranchées du recueil. L'interdiction ne sera levée qu'en 1949, par un arrêt de la Cour de cassation.

À la fin du siècle, les symbolistes en ont fait leur maître. Un comité se constitue pour lui élever un monument. La commande est d'abord envisagée pour Auguste Rodin, dont le projet suscite un scandale artistique et n'aboutit pas. Elle échoit finalement au sculpteur José de Charmoy.

Le cénotaphe est inauguré le 26 octobre 1902 au cimetière Montparnasse, 3 boulevard Edgar-Quinet, à l'extrémité est de l'allée transversale, entre les 26e et 27e divisions. Ce n'est pas une tombe : le corps de Baudelaire repose ailleurs dans le même cimetière.

L'œuvre est saisissante. Le poète est représenté en gisant, enveloppé comme une momie, les bras croisés sur la poitrine. Au-dessus, une figure ailée penchée, appuyée sur un pilier, contemple le mort. On y lit à la fois le Spleen, le Mal, et cette obsession de la décomposition qui traverse "Une charogne."

Le monument a été inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du 9 octobre 2023.![[Cénotaphe de Baudelaire, Archives Paris Révolutionnaire|Cimetière Montparnasse Baudelaire cénotaphe 11.JPG]]

Cénotaphe de Baudelaire, Archives Paris Révolutionnaire

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Événement
1822
21 septembre 1822
p 215
Quatre sergents montent à l'échafaud pour avoir rêvé de liberté ; dans la foule, un garçon de dix-sept ans jure de les venger : il s'appelle Blanqui. Ils s'appellent Jean-François Bories, Jean Pommier, Marius-Claude Raou …

Quatre sergents montent à l'échafaud pour avoir rêvé de liberté ; dans la foule, un garçon de dix-sept ans jure de les venger : il s'appelle Blanqui.

Ils s'appellent Jean-François Bories, Jean Pommier, Marius-Claude Raoulx et Charles Goubin. Vingt à vingt-six ans. Sergents dans le 45e régiment d'infanterie de ligne, cantonné à La Rochelle en janvier 1822. Dans le secret de leur caserne, ils ont fondé une "vente" de la Charbonnerie, société secrète d'inspiration jacobine qui milite contre la Restauration. Leur rêve : renverser le régime de Louis XVIII, rétablir les libertés de 1789.

Le complot est éventé. Le procès se tient du 21 août au 5 septembre 1822. Les quatre sergents refusent de trahir leurs complices, dont plusieurs siégeront un jour dans les rangs du libéralisme et du républicanisme français. Ils sont condamnés à mort. La cour royale rejette le pourvoi en cassation.

Le 21 septembre 1822, à l'aube, ils sont conduits en place de Grève, devant l'Hôtel de Ville. La foule est dense. La guillotine fonctionne. Bories, le premier, embrasse ses camarades avant de monter à l'échafaud. Les témoins rapportent qu'ils gardent une dignité calme, comme des hommes qui savent pourquoi ils meurent.

Dans cette foule se trouve un lycéen de dix-sept ans, Louis-Auguste Blanqui, fils d'un ancien fonctionnaire de la République. Il a suivi le procès dans les journaux ; il est venu voir mourir ces hommes. Selon son biographe, il repart de la place de Grève avec une résolution qui ne le quittera plus jamais : venger les martyrs de la liberté. Dès 1823, il adhère à la Charbonnerie. Il passera la majeure partie de sa vie en prison pour activité révolutionnaire, au total plus de trente-trois ans de détention.

L'émeute éclate au moment de l'exécution. Des étudiants, des ouvriers, des républicains tentent de s'interposer. La garde les disperse. L'Europe libérale pleure les Quatre Sergents. Un monument leur est dédié au cimetière du Montparnasse. Les générations suivantes de républicains sauront leurs noms. Ce sont les martyrs qui forment les révolutionnaires.

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Événement
1822
21 septembre 1822 — Cimetière Montparnasse/Monument des Quatre sergents de La Rochelle
p 215
Monument des Quatre sergents de La Rochelle, membres d'une conspiration carbonari contre le régime, exécutés en place de Grève
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Événement
1867
31 août 1867 — Cimetière Montparnasse (6ème division)/Tombe de Charles Baudelaire
p 215
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Événement
1902
1902 — La Ruche/Cité d'artistes
p 220
Ateliers d'artistes conçus par Eiffel pour le "pavillon de la Femme" de l'Exposition universelle de 1900 ; sa réimplantation ici est financée par Jean Boucher, sculpteur et mécène
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Événement
1927
1927 — Demeure de Chaïm Soutine
p 220
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Événement
Événement
Date imprécise
p 226
Île utilisée comme lieu de duels, puis cimetière pour malades contagieux et pour les huguenots massacrés pendant la Saint Barthélemy ; on suppose qu'y fut construit l'éphémère hôpital de Grenelle
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Événement
Événement
1871
23 mai 1871 — Kiosque à musique du square des Batignolles/Lieu de massacre de Communards
p 250-251
Massacre de combattants de la Commune ; enterrés dans une fosse sous le kiosque à musique
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Événement
1966
28 septembre 1966 — Cimetière des Batignolles (31ème division)/Tombe d'André Breton
p 251-252
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Événement
1837
3 mai 1837 — Mairie de Montmartre
p 255
Mariage de Paul Verlaine avec Mathilde Mauté le 11 août 1870
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Événement
1875
16 juin 1875 — Basilique du Sacré-Cœur
p 256-257
Pose solennelle de la première pierre du Sacré-Cœur, emblème de "l'ordre moral" déclaré d'utilité publique ; "Gallia poenitens"
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Événement
1872
18 janvier 1872 — Basilique du Sacré-Cœur
p 256-257
Prononciation officielle du vœu de construire une basilique pour "racheter les fautes de la Commune"
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Événement
1889
22 septembre 1889
p 257
Adolphe Willette, caricaturiste, violent opposant à la construction du Sacré-Cœur, est "candidat antisémite" aux élections de 1889 ; son square a été récemment débaptisé, au profit de Louise Michel
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Événement
1934
1934
p 257
La vigne du Clos Montmartre produit 700 bouteilles par an ; d'un vin qui vaut plus, avouons-le, par son étiquette que par sa valeur œnologique, mais qui donne lieu à une belle fête et à une bonne action
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Événement
1828
1828 — Château des Brouillards (de 1772)/Maquis de Montmartre
p 261
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Événement
1848
26 juin 1848
p 263-264
Sous la butte, trois cents kilomètres de galeries creusées dans le gypse : le plus grand labyrinthe de Paris, et le 26 juin 1848, le plus grand piège. Les carrières de Montmartre sont exploitées depuis l'époque romaine. …

Sous la butte, trois cents kilomètres de galeries creusées dans le gypse : le plus grand labyrinthe de Paris, et le 26 juin 1848, le plus grand piège.

Les carrières de Montmartre sont exploitées depuis l'époque romaine. On en tire le gypse — la pierre à plâtre — qui, au début du XIXe siècle, fournit encore les trois quarts des besoins de la capitale. Sous la butte, les galeries s'enfoncent sur des kilomètres, se croisent, se ramifient, plongent dans le noir. Quiconque connaît les entrées peut s'y perdre — ou s'y cacher.

Le 26 juin 1848, l'insurrection ouvrière agonise. Depuis trois jours, les barricades tombent les unes après les autres sous l'artillerie de Cavaignac. Les derniers foyers de résistance s'éteignent dans le faubourg Saint-Antoine et à la barrière des Amandiers. La bataille est terminée. Ce qui commence est pire.

Des insurgés en fuite se réfugient dans les carrières de Montmartre, du côté de la place Saint-Pierre. Ils sont une centaine, peut-être plus. Les soldats les poursuivent sous terre, avec des torches, dans les galeries de gypse. L'Illustration publiera quelques jours plus tard un dessin de la scène — « les insurgés poursuivis par la troupe dans les carrières Montmartre » — parmi les « derniers épisodes des sanglantes journées de juin ». Le dessin montre des uniformes et des baïonnettes à la lueur des flambeaux, des silhouettes acculées dans les galeries blanches. Les hommes pris sont fusillés sur place.

L'ironie est souterraine, elle aussi : quelques mois plus tôt, ce sont les ouvriers des Ateliers nationaux qui avaient été employés à combler les carrières et à niveler le terrain pour créer la place Saint-Pierre. Le chantier qui leur donnait du travail et le souterrain qui leur sert de tombe sont le même lieu. La République avait ouvert les Ateliers pour occuper les chômeurs ; elle les ferme en juin ; les chômeurs se soulèvent ; on les abat dans les carrières qu'ils ont eux-mêmes remblayées.

Sur l'ensemble de Paris, les exécutions sommaires font environ mille cinq cents morts, auxquels s'ajoutent les trois à cinq mille tués au combat. Onze mille prisonniers sont entassés dans les casemates, les caveaux et les souterrains des Tuileries avant d'être déportés par milliers en Algérie.

Aujourd'hui, la place Saint-Pierre est un square paisible au pied du Sacré-Cœur. En dessous, les galeries ont été injectées de béton depuis 1980. On ne descend plus dans les carrières de Montmartre.

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Événement
1871
23 mai 1871 — Cimetière Montmartre (5ème division)/Tombe d'Henri Murger
p 264
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Événement
1902
29 septembre 1902 — Demeure d'Émile Zola (à partir de septembre 1889)
p 265
Une cheminée bouchée, un homme mort dans son lit, une femme qui survit : quatre ans après avoir sauvé Dreyfus, Zola meurt d'un accident que personne n'a jamais pu vraiment expliquer. Émile Zola meurt dans la nuit du 28 a …

Une cheminée bouchée, un homme mort dans son lit, une femme qui survit : quatre ans après avoir sauvé Dreyfus, Zola meurt d'un accident que personne n'a jamais pu vraiment expliquer.

Émile Zola meurt dans la nuit du 28 au 29 septembre 1902 au 21 bis de la rue de Bruxelles, dans le 9e arrondissement, où il vit depuis 1889. Il a soixante-deux ans. La cause officielle est l'asphyxie par oxyde de carbone : le conduit de la cheminée de la chambre était obstrué. Sa femme Alexandrine, dans le même lit, survit de justesse.

L'enquête conclut à l'accident. Les experts vérifient la cheminée et constatent l'obstruction. Ils ne parviennent pas à expliquer comment elle s'est produite. Des expériences sont conduites avec des cobayes, qui ne meurent pas. Le doute s'installe immédiatement.

Zola était devenu, quatre ans plus tôt, l'homme le plus haï de France par les milieux nationalistes et antisémites. Le 13 janvier 1898, il avait publié dans L'Aurore une lettre ouverte au président Félix Faure : "J'accuse." Le texte, écrit en une nuit, accusait nommément les officiers de l'état-major d'avoir sciemment condamné un innocent, le capitaine Dreyfus, et couvert le vrai coupable. Il valut à Zola un procès, une condamnation, un exil en Angleterre. Il fit basculer l'Affaire : la révision devint inévitable, et Dreyfus sera réhabilité en 1906.

Les nationalistes ne le lui pardonnèrent jamais. Sa maison fut menacée, ses livres brûlés, sa personne insultée quotidiennement dans la presse de droite. En 1953, cinquante et un ans après sa mort, le journal Libération publia le témoignage recueilli auprès d'un fumiste parisien nommé Henri Buronfosse, militant d'extrême droite, qui aurait avoué avant de mourir avoir bouché la cheminée de Zola par vengeance politique. Le témoignage est indirect et n'a jamais pu être vérifié. Il n'a jamais été réfuté non plus.

Ses obsèques ont lieu au cimetière de Montmartre. Anatole France prononce l'éloge funèbre : "Il fut un moment de la conscience humaine." Dreyfus, encore officiellement coupable, y assiste. Zola sera transféré au Panthéon en 1908 ; le jour de la cérémonie, un journaliste nationaliste tirera deux coups de revolver sur Dreyfus, le blessant au bras.

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Événement
Événement
1814
30 mars 1814 — Carrières de la butte de Chaumont
p 273
Le 30 mars 1814, lors de la bataille de Paris, les troupes françaises du général Michel Ordener opposent une forte résistance aux forces coalisées à la place Armand Carrel, dans le quartier de Belleville. Cette position …

Le 30 mars 1814, lors de la bataille de Paris, les troupes françaises du général Michel Ordener opposent une forte résistance aux forces coalisées à la place Armand Carrel, dans le quartier de Belleville. Cette position fait partie des défenses tenues par le 6e corps du maréchal Auguste-Frédéric-Louis Viesse de Marmont, déployé autour de Romainville et du Pré-Saint-Gervais.

Malgré cette résistance acharnée, Marmont ordonne au général Étienne Bordesoulle de faire cesser le combat. Bordesoulle commande la cavalerie qui soutient les positions françaises dans le secteur de Charonne et Ménilmontant, proche de la place Armand Carrel. Le maréchal Édouard Mortier couvre le flanc nord avec son corps d'armée, tandis que les généraux Louis Pierre Aimé Chastel et Henri Catherine Balthazard Vincent participent aux manœuvres défensives.

Ce jour-là, les coalisés attaquent sur plusieurs fronts, forçant les Français à se replier. Marmont réorganise ses divisions dispersées après des contre-attaques russes, mais manque de réserves. Les combats s'intensifient autour de Romainville et Pantin, où les troupes françaises, harassées, tiennent le plateau avant de céder du terrain.

L'ordre de cessation marque le début des négociations de capitulation, signée dans la nuit du 31 mars. Paris tombe aux mains des alliés, concluant la campagne de France par la retraite des défenseurs.![[Bataille de Paris - 1814 Entrée des Russes à Paris|Bataille de Paris - 1814 Entrée des Russes à Paris.jpg]]

Bataille de Paris - 1814: Entrée des Russes à Paris

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Événement
Événement
1871
1871
p 275-276
Puits où furent jetés pèle mêle des cadavres des 2 camps
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Événement
1871
1871 — Puits des Fédérés
p 275-276
Puits où furent jetés pèle mêle des cadavres des 2 camps
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Événement
1776
24 octobre 1776 — Château de Ménilmontant (panneau)
p 280-281
Il tombe, il perd connaissance, il se réveille au crépuscule sans savoir qui il est : il en tirera l'une des rares descriptions d'un bonheur pur de la littérature française. Jean-Jacques Rousseau a soixante-quatre ans en …

Il tombe, il perd connaissance, il se réveille au crépuscule sans savoir qui il est : il en tirera l'une des rares descriptions d'un bonheur pur de la littérature française.

Jean-Jacques Rousseau a soixante-quatre ans en 1776. Il vit rue Plâtrière, aujourd'hui rue Jean-Jacques-Rousseau, dans le 1er arrondissement, dans un modeste appartement où il copie de la musique pour vivre. Il est brouillé avec presque tout le monde : avec Voltaire, avec Diderot, avec Hume. Il se croit victime d'un complot universel, ce qui n'est pas entièrement faux et pas entièrement vrai. Il ne publie plus. Il herborise et il marche.

Le 24 octobre 1776, il redescend de Ménilmontant, alors village campagnard hors de Paris, où il est allé herboriser. Sur la route, un grand chien danois lancé au galop devant un carrosse le renverse. Il est projeté violemment au sol, tête la première.

Il perd connaissance. Ce qu'il écrit ensuite est resté célèbre. Revenant à lui à la nuit tombante, il ne se souvient ni de sa chute, ni de son nom, ni de rien : "Je naissais dans cet instant à la vie, et il me semblait que je remplissais de ma légère existence tous les objets que j'apercevais. Tout entier au moment présent, je ne me souvenais de rien ; je n'avais nulle notion distincte de mon individu. Je sentais dans tout mon être un calme ravissant."

Ce texte forme la Deuxième Promenade des "Rêveries du promeneur solitaire," dernier livre de Rousseau, resté inachevé à sa mort en 1778. C'est l'une des premières descriptions littéraires d'un état de conscience pure, sans mémoire ni identité, et l'un des textes fondateurs de tout ce que la littérature fera ensuite de l'introspection.

L'anecdote a une suite grinçante. Le bruit court dans Paris que Rousseau est mort. Un journal publie même une notice nécrologique. Rousseau, qui lit cela vivant, y voit une nouvelle preuve du complot ourdi contre lui. Un panneau au 128 rue Pelleport, dans le 20e arrondissement, rappelle l'emplacement approximatif de la chute.

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Événement
Date imprécise — Bois de la ferme des Savies
p 280
Petit parc, vestige du bois de la ferme de Savies ; nom qui viendrait du celte "savart", terre pauvre
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Événement
1826
1826 — Taverne Dénoyez (à l'enseigne du Grand St Martin)/Club des Travailleurs
p 281-283
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Événement
1675
1675 — Résidence du Champ l'Évêque/Folie Regnault de Wandonne
p 285-286
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Événement
1652
2 juillet 1652 — Château de Charonne (pavillon d'angle)
p 285-286
Mazarin amène Louis XIV assister au combat décisif de la Fronde
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Événement
1804
21 mai 1804 — Domaine de Mont Louis (propriété des jésuites)/Cimetière de l'Est/Cimetière du Père Lachaise
p 286
Le domaine des jésuites devient le Grand cimetière de l'Est, futur Père Lachaise
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Événement
Date imprécise — Cimetière du Père Lachaise (allée vers le haut du cimetière)
p 287
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Événement
1857
4 mai 1857 — Cimetière du Père Lachaise (4ème division)/Tombe d'Alfred de Musset
p 288-289
Mort d'Alfred de Musset, ex enfant chéri du romantisme alors totalement oublié ; un saule pleureur est planté sur sa tombe
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Événement
1869
31 mars 1869 — Cimetière du Père Lachaise (44ème division)/Tombe d'Allan Kardec
p 289-290
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Événement
1871
30 mai 1871 — Cimetière du Père Lachaise/Mur des Fédérés/Lieu de massacre de Communards
p 290-291
Fosse commune creusée pour les 1018 victimes des combats de la Semaine sanglante tués dans le cimetière et aux alentours ; 147 Fédérés sont fusillés sur place, à la mitrailleuse. 152 selon Maxime Du Camp
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Événement
1903
23 février 1903 — Cimetière du Père Lachaise (76ème division, face au Mur des Fédérés)/Tombe de Jean Baptiste Clément
p 291
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Événement
1900
30 novembre 1900 — Cimetière du Père Lachaise (89ème division)/Tombe d'Oscar Wilde
p 292-293
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