L'Affiche rouge. "Des libérateurs ? La libération par l'armée du crime."
Bibliothèque nationale de France
Le 21 juillet 1943, dans deux rues du 10e distantes de quelques centaines de mètres, le même groupe de résistants exécuta deux hommes qui avaient livré des juifs à la police.
Leo Kneler travaillait pour un organisme d'entraide juive mais établissait en secret des listes d'israélites étrangers qu'il transmettait à la police. Des dizaines de personnes avaient ainsi été livrées. Ce 21 juillet, des combattants des FTP-MOI — dont Spartaco Fontanot et Marcel Rajman — l'exécutèrent rue Marie-et-Louise.
Quelques heures plus tard, au carrefour des rues Dieu et de l'Entrepôt — aujourd'hui rue Yves Toudic —, Rajman participa à l'exécution du traître Frydkowski, autre délateur.
Marcel Rajman avait vingt ans. Ouvrier juif d'origine polonaise, il avait rejoint les FTP-MOI en 1942 — les Francs-Tireurs et Partisans, branche armée du PCF pour les résistants étrangers : Polonais, Italiens, Roumains, Arméniens. Spartaco Fontanot était un communiste italien de vingt-quatre ans qui avait fui le fascisme.
Le 16 novembre 1943, Rajman fut arrêté par la police française. Il rejoignit à Fresnes le groupe Manouchian. Le 21 février 1944, il fut fusillé au Mont-Valérien avec vingt-deux autres combattants. L'Affiche rouge les montrait comme des terroristes étrangers. Missak Manouchian est entré au Panthéon le 21 février 2024 — quatre-vingts ans jour pour jour.