Biographie
Fils d’un couple de tricoteurs juifs immigrés de Pologne, Marcel Rajman, membre du groupe spécial des FTP-MOI fusillé avec Manouchian à vingt ans, est l’un des résistants de l’Affiche rouge, par laquelle l’occupant et Vichy veulent faire des francs-tireurs immigrés une « armée du crime ». En 1943, dans les rues de Paris, il achève le colonel SS qui supervise en France le travail obligatoire, avant d’être pris par la police française.
Né à Varsovie, il arrive en France à huit ans. La famille demeure au 1, rue des Immeubles-Industriels (11e) ; après le certificat d’études, il travaille avec ses parents comme ouvrier tricoteur. Il grandit dans le Paris ouvrier juif.
Sous l’Occupation, il rejoint les Jeunesses communistes reconstituées, dont il devient responsable dans le 11e. Il est aussi de l’Union de la jeunesse juive qu’anime Henri Krasucki. Son père, militant communiste, est raflé en décembre 1941 et déporté le 22 juin 1942 à Auschwitz, où il meurt ; prévenus de la rafle du 16 juillet 1942, sa mère et son petit frère Simon se cachent rue de Belleville, puis au 68, boulevard Soult (12e).
Au début de 1942, il entre au 2e détachement juif des FTP-MOI, bras armé de la Main-d’œuvre immigrée. Moniteur, il forme les recrues, puis le groupe tchèque et le détachement arménien : la première action de Missak Manouchian, à Levallois, se fait sous sa direction. En juin 1943, il passe à l’équipe spéciale avec le tourneur Spartaco Fontanot, fils d’antifascistes italiens, le républicain espagnol Celestino Alfonso et l’Allemand Leo Kneler, charpentier et ancien des Brigades internationales. Les permanents touchent de 2 000 à 2 300 francs par mois, l’équivalent d’un salaire ouvrier.
Début juin, rue Mirabeau (16e), il attaque avec Ernest Blaukopf un car de marins allemands, où une grenade éclate ; les marins ripostent et blessent trois passants, dont une fillette qui meurt à l’hôpital. Le 21 juillet, son équipe abat le traître Frydkowski au coin des rues Dieu et de l’Entrepôt (10e). Le 28, avenue Paul-Doumer, elle attaque la voiture qu’on croit celle du général von Schaumburg, signataire des avis d’exécution des résistants ; remplacé depuis le 1er mai, il n’y est pas. Entre deux actions, il retrouve sa bande de copains « Chez Bouboule », boulevard Diderot.
Le 28 septembre, rue Pétrarque (16e), Alfonso tire sur un dignitaire nazi qui monte en voiture ; blessé, l’homme tente de fuir par l’autre portière et tombe face à Rajman, qui l’achève de trois balles. Les combattants apprennent par la presse qui ils ont tué : Julius Ritter, colonel SS, responsable du Service du travail obligatoire en France. En représailles, cinquante otages sont fusillés au Mont-Valérien le 2 octobre.
La police française le tient depuis l’été : le 27 juillet, des inspecteurs des Renseignements généraux le voient entrer chez sa mère, boulevard Soult, mais préfèrent prolonger la filature. Le 16 novembre 1943, la BS2 l’arrête avec Olga Bancic rue du Docteur-Paul-Brousse (17e). Selon son frère, il est frappé cinq heures durant au nerf de bœuf, puis livré aux Allemands.
Le 18 février 1944, il est l’un des vingt-quatre accusés du tribunal militaire allemand. Le Matin décrit une « tourbe internationale qui assassinait et détruisait pour 2.300 francs par mois » : la paie d’un ouvrier. L’Affiche rouge le présente comme « Juif polonais 13 attentats ». Il est fusillé au Mont-Valérien le 21 février 1944, à vingt ans, avec vingt et un camarades. Sa mère meurt à Auschwitz ; Simon, revenu de Buchenwald, accuse devant la commission d’épuration de la police les inspecteurs qu’il tient pour « responsables de notre déportation et de la mort de mon frère ». Gaston Barrachin, l’inspecteur à l’origine de l’arrestation du groupe, est fusillé en 1946.
En 1953, Aragon fait « franciser un peu » les noms des 23 dans un recueil de nouvelles, et le groupe Manouchian-Boczov-Rayman devient le « groupe Manouchian ». Un square du 11e porte son nom depuis 1994.
Texte rédigé avec l’aide de l’IA, relu et corrigé par la rédaction.