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19 février 1951
Événement

Mort d'André Gide

Demeure d'André Gide (depuis 1928)
📍 1 bis rue Vaneau — 7e arr. (6ème étage, plaque)
Mort d'André Gide
André Gide

Mort d'André Gide ; il avait accueilli Klaus Mann et Albert Camus

Le 19 février 1951, André Gide s’éteint dans son appartement parisien de la rue Vaneau, qu’il occupait depuis l’entre‑deux‑guerres. Malade depuis plusieurs mois, il meurt à 81 ans, déjà reconnu de son vivant comme l’une des grandes consciences littéraires du XXᵉ siècle, prix Nobel de littérature en 1947.

Sa demeure est un lieu de passage pour plusieurs générations d’écrivains et d’exilés. Dans les années 1930, Gide y accueille Klaus Mann, fils de Thomas Mann, romancier antifasciste contraint à l’exil, qu’il soutient moralement et intellectuellement. Après la guerre, c’est Albert Camus, d’abord son éditeur chez Gallimard puis son ami, qui vient régulièrement lui rendre visite. Entre eux, s’invente un dialogue fécond entre deux morales de la révolte : celle, introspective et exigeante, de Gide, et celle, plus tragique, de l’auteur de La Peste et L’Homme révolté.

La mort de Gide clôt un itinéraire marqué par la remise en question permanente : critique du colonialisme après Voyage au Congo, rupture avec le communisme après son retour d’URSS, exploration impitoyable des hypocrisies bourgeoises et religieuses dans Les Faux‑Monnayeurs, La Symphonie pastorale ou L’Immoraliste. Son appartement de la rue Vaneau, discret et sans ostentation, a été le théâtre de ces conversations, de ces ruptures et de ces fidélités.

En disparaissant, Gide laisse une œuvre qui a profondément influencé aussi bien les écrivains de sa génération que ceux d’après‑guerre. La présence, à un moment ou à un autre, de Klaus Mann et d’Albert Camus dans ce lieu dit assez combien cette adresse parisienne fut un nœud de rencontres entre l’Europe frappée par les totalitarismes et la littérature qui cherchait, contre eux, une voie de vérité.