Au fond du cimetière du Père-Lachaise, contre le mur d'enceinte du sud-est, une plaque sobre : « Aux morts de la Commune, 21-28 mai 1871 ». C'est là que s'achève la Semaine sanglante : le 27 mai 1871 au soir, les derniers fédérés se replient dans le cimetière et s'y battent entre les tombes, à la baïonnette. À l'aube du 28, les prisonniers sont alignés contre le mur et fusillés — la tradition retient le chiffre de cent quarante-sept —, puis jetés dans une fosse commune ouverte à son pied.
Dès l'amnistie de 1880, le pan de mur devient le point de ralliement de la mémoire communarde. Chaque printemps, la « Montée au Mur » rassemble socialistes, anarchistes et syndicalistes derrière le drapeau rouge — Louise Michel, revenue du bagne, y conduit les foules. Le lieu ne célèbre pas un héros : il porte une multitude anonyme.
Le Mur se trouve dans la 76e division, tout au fond à l'est du cimetière. Autour de lui se sont agrégés au fil du XXe siècle les monuments aux victimes des camps nazis et les tombes des grandes figures du mouvement ouvrier. La commémoration annuelle de la Semaine sanglante s'y tient chaque fin mai.