Une plaque au 82 boulevard Sebastopol. Crédits : Tangopaso. Wikimedia
Numérotation des immeubles prescrite par le préfet Frochot ; en noir sur fond jaune
Le 4 février 1805, un décret impérial prescrit la numérotage des immeubles à Paris, marquant la naissance du système encore en vigueur aujourd'hui. Signé sous l'Empire napoléonien, ce texte met fin au chaos du numérotage révolutionnaire instauré en 1791, qui visait un recensement fiscal mais générait une incohérence totale : numéros répétés dans une même rue, ruptures aux frontières de sections, ou suites continues d'une artère à l'autre.
Nicolas Frochot, préfet de la Seine, supervise l'application du décret. Celui-ci impose une série numérique unique par rue, même traversant plusieurs arrondissements. Un seul numéro identifie chaque maison via sa porte principale. Les impairs s'affichent côté gauche en remontant le courant de la Seine (ou de la rue), les pairs côté droit. Les premiers numéros peints apparaissent en noir sur fond jaune dès l'été 1805, apposés par la municipalité entre juin et septembre. Les propriétaires assurent ensuite l'entretien, malgré leur réticence initiale liée à des craintes fiscales.
À la place de la Concorde, par exemple, les immeubles reçoivent ainsi leurs numéros selon ce principe, facilitant orientation et services postaux dans une ville en expansion. Ces plaques s'usent vite ; en 1847, un arrêté préfectoral les remplace par des versions en porcelaine émaillée, chiffres blancs sur fond bleu. Le système s'étend à toute la France en 1823.
Ce décret rationalise l'urbanisme parisien naissant, posant les bases d'une signalétique durable.
Sources
- Numérotation des immeubles de Paris - Wikipédia
- Décret relatif au numérotage des immeubles à Paris- FranceArchives
- Napoléon et la numérotation des rues - Blog Napoléon Cologne