Le Tivoli Waux-Hall devenu Tivoli Cinéma en 1910 Auguste Léon, Département des Hauts-de-Seine, musée Albert-Kahn, Archives de la Planète
Du 16 au 18 février 1871, le Tivoli Waux‑Hall, grande salle de bal près du canal Saint‑Martin, se transforme en véritable constituante de la Garde nationale. Depuis la défaite face à la Prusse et l’élection d’une Assemblée largement monarchiste, une partie des bataillons parisiens refuse l’idée d’un désarmement imposé par Thiers. Il s’agit désormais de s’organiser collectivement, sur une base durable.
Après la grande réunion du 15 février, les 16, 17 et 18 sont consacrés à un travail plus structuré : des délégués des bataillons se retrouvent au Tivoli pour discuter, article par article, des futurs statuts de la Fédération de la Garde nationale. L’idée centrale est claire : passer d’une somme de corps dispersés à une organisation fédérative, élisant ses responsables, décidant collectivement de sa ligne, et non plus simplement obéissant aux généraux nommés par le gouvernement.
Les débats portent sur plusieurs points sensibles :
- les modalités d’élection des officiers ;
- l’autonomie des bataillons face au pouvoir central ;
- la garantie que la Garde nationale ne puisse être utilisée contre le peuple de Paris.
Des figures comme Louis‑Denis Chalain poussent en ce sens, tandis que d’autres, plus modérés, cherchent encore un compromis avec l’exécutif. Mais le mouvement de fond est là : la Garde nationale parisienne se pense désormais comme une force politique, pas seulement militaire.
Ces journées de travail au Tivoli Waux‑Hall préparent directement la naissance de la Fédération républicaine de la Garde nationale et annoncent les choix du 18 mars : quand Thiers tentera de reprendre les canons, il trouvera face à lui une force déjà dotée de structures, de statuts et d’une culture de délibération collective forgée dans ces réunions de février.