🗺 Lieux & Arrondissements 🎭 Thèmes ⏳ Époques 👤 Personnages 📅 Événements 🚶 Balades 🧭 Explorer 📚 Bibliographie À propos
10e arr.
Voie · 10e arrondissement

Rue Léon Jouhaux

De rue Beaurepaire, 2 et place de la République, 12. à quai de Valmy, 43.
Quartier Porte-Saint-Martin · Longueur ≈ 246 m
≈ 246 m
Longueur
1825
Ouverte en
1
Quartier
I

Histoire de la rue

Cette courte rue qui descend du carrefour de la République vers le quai de Valmy porte depuis 1970 le nom de Léon Jouhaux (1879-1954), figure majeure du syndicalisme français et prix Nobel de la paix. Avant cela, elle s'appelait rue de la Douane — dénomination logique, puisque les entrepôts de la Douane s'y dressaient aux numéros 11-13. Elle avait aussi été connue sous les noms de passage du Vauxhall et de rue Neuve Sanson, reflets successifs de ses fonctions et de ses voisinages. Sa section supérieure est ouverte par lettres patentes du 25 octobre 1782 ; la partie basse rejoindra le canal un peu plus tard, par ordonnance de 1825.

L'histoire de la rue tient en grande partie dans un bâtiment : le Bal du Tivoli Waux-Hall (n° 12-16), vaste salle de spectacle et de danse héritée du goût du XVIIIe siècle pour les jardins de plaisir à l'anglaise. Tout près, au n° 2, Louis Daguerre et Nicéphore Niépce avaient installé leur célèbre Diorama — ce théâtre d'illusions lumineuses qui préfigurait le cinéma et dans l'atelier duquel Daguerre perfectionnait ses recherches photographiques. En 1839, un incendie ravage le bâtiment, détruisant une partie des archives du pionnier de l'image.

Le Tivoli devient ensuite l'une des scènes politiques les plus agitées de Paris. En 1848, la grande salle accueille une nébuleuse de clubs révolutionnaires et socialistes, dont certains appellent ouvertement à l'insurrection — Paul de Flotte y harangue la foule contre la suppression des Ateliers nationaux. Pendant les journées de Juin, la prise des entrepôts de la Douane voisins par le général Lamoricière coupe en deux la résistance des insurgés, tournant décisif de la répression. Vingt ans plus tard, sous l'Empire libéral, c'est encore au Tivoli que se tient en 1868 l'une des toutes premières réunions publiques autorisées depuis des années. Puis, en février 1871, la salle se mue en constituante de la révolution naissante : du 16 au 18 février, 1 325 délégués de 215 bataillons y élisent le Comité central de la Garde nationale fédérée, posant les fondations de la Commune de Paris. Eugène Varlin, Louis-Denis Chalain et Jean-Louis Pindy comptent parmi les figures qui animent ces séances fiévreuses. La salle continuera longtemps d'attirer les foules militantes : réunions sur l'affaire de Panamá en 1893, meeting de solidarité avec les victimes du « Dimanche rouge » de Saint-Pétersbourg réunissant 6 000 personnes en 1905, congrès socialistes et syndicaux… jusqu'à ce que la Seconde Guerre mondiale transforme les entrepôts d'à côté en dépôt de marché noir.

Centre de la voie Adresse documentée Calque « Plan ancien » (haut-gauche) : choisir un plan + régler l'opacité.
II

Fiches

27 fiches · 5 adresses
2
2 rue Léon Jouhaux
Premier Diorama de Bouton et Daguerre (construit en 1822)
1 fiche
Voir l'adresse
Incendie du Diorama de Daguerre qui, contrairement à une idée reçue n'inventa pas la photographie, mais sut l'améliorer et surtout la faire "fructifier" Le 3 mars 1839, le Diorama de Daguerre, installé depuis 1822 près…
Lire le récit
11–13
11–13 rue Léon Jouhaux
Douane centrale de Paris/Entrepôts de marché noir
2 fiches
Voir l'adresse
La prise des entrepôts de la douane permet au général Lamoricière de scinder la résistance des Insurgés. Elle marque, avec la prise du Panthéon, un tournant dans l'évolution des combats
Voir la fiche
12–16
12–16 rue Léon Jouhaux
Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall)
22 fiches
Voir l'adresse
Meeting d'unification socialiste ; Hervé retournera complètement sa veste par la suite
Voir la fiche
Personnage(s) : Gustave Hervé
Meeting, qui réunit 6 000 personnes, de protestation contre la répression de la manifestation du "Dimanche rouge" à Saint-Pétersbourg le 22 janvier 1905. La police a tiré sur des grévistes, faisant des centaines de morts
Voir la fiche
Élection des 38 membres du Comité Central de la Garde nationale ; les Fédérés refusent de reconnaître d'Aurelle de Paladines comme général en chef et proclament Garibaldi à l'unanimité moins une voix. Quand Arnold…
Lire le récit
Élection du Comité central de la Garde nationale par 1 325 délégués de 215 bataillons ; fusion du Comité fédéral et du Comité central ; Giuseppe Garibaldi est acclamé général en chef mais refuse le poste. Depuis la…
Lire le récit
Adoption des statuts de la Fédération républicaine de la Garde nationale, dite plus simplement Fédération de la Garde nationale, par les délégués de 215 bataillons. Unification avec le "Comité fédéral républlicain"
Voir la fiche
Personnage(s) : Fédérés
Adoption par la Fédération de la Garde nationale d'une motion visant à s'opposer à l'entrée des prussiens dans Paris ; les Internationalistes la combattront fermement afin d'éviter toute provocation
Voir la fiche
La Garde nationale se fédère ; 500 délégués des bataillons adoptent ses statuts et instaurent un Comité central provisoire de 29 membres ; apparition de l'appellation "Fédérés"
Voir la fiche
Du 16 au 18 février 1871, le Tivoli Waux‑Hall, grande salle de bal près du canal Saint‑Martin, se transforme en véritable constituante de la Garde nationale. Depuis la défaite face à la Prusse et l’élection d’une…
Lire le récit
Démission de Clément-Thomas. Désignation d'une commission des statuts par 3 000 gardes nationaux. Forme fédérative suggérée par Louis Chalain. Boursier propose que le département de la Seine devienne république…
Lire le récit
Dans la même salle où l'on dansait la veille, on discute ce soir si les femmes méritent un salaire égal — sous l'œil du commissaire de police. Depuis l'article 291 du Code pénal de 1810, toute association de plus de…
Lire le récit
Personnage(s) : Mr Horn ·Jean-Baptiste Torré
Première réunion publique non autorisée après l'interdiction du 6 juin 1864
Voir la fiche
Le Gouvernement provisoire ayant décidé de supprimer les Ateliers nationaux, Paul de Flotte prend la parole lors d'une réunion du club du Tivoli Waux-Hall pour appeler à l'insurrection
Voir la fiche
Personnage(s) : Paul de Flotte
Club plus ou moins folklorique créé pendant la Révolution de 1848, qui éditait le journal "Le Salut social, Moniteur du commerce véridique, Journal des Droits de l'Homme, rédigé par des opprimés"
Voir la fiche
Club révolutionnaire favorable aux candidats de gauche aux élections de 1848
Voir la fiche
Personnage(s) : Labélonye ·Favrel
17
17 rue Léon Jouhaux
Club de la rue de Beaune (succursale)
1 fiche
Voir l'adresse
III

Sur cette voie

IV

Sources

Données Dénominations des emprises des voies, Ville de Paris ODbL · attribution