Réunion organisée par Jean Moulin, destinée à trancher entre action immédiate ou seulement lors du Débarquement

Demeure de Claire Davinroy

Centre d'histoire de la résistance et de la déportation - Exposition Jean Moulin, les voies de la liberté - Photographie d'identité de Jean Moulin

Réunion organisée par Jean Moulin, destinée à trancher entre action immédiate ou seulement lors du Débarquement ; débat sur l'intégration des FTP à l'Armée Secrète, commandée par Delestraint, que le PCF refuse.

Le 12 avril 1943, dans un appartement de la rue de la Faisanderie, dans le 16e arrondissement, Jean Moulin réunit autour de lui les hommes qui doivent décider de la stratégie militaire de la Résistance en zone occupée. Sont présents le colonel Passy — André Dewavrin, chef du BCRA à Londres —, Pierre Brossolette, le général Delestraint, commandant de l'Armée secrète, et les responsables des cinq mouvements de résistance de zone Nord. La réunion est clandestine, le lieu change à chaque fois, les participants arrivent séparément.

L'enjeu est considérable. Passy et Brossolette sont en France depuis février, envoyés par de Gaulle pour une double mission — baptisée « Arquebuse-Brumaire » — : unifier les mouvements de zone Nord et créer un état-major militaire de zone occupée, symétrique de celui de l'Armée secrète au Sud. La question qui divise ce 12 avril est celle qui traversera toute l'histoire de la Résistance : faut-il privilégier l'action immédiate — sabotages, attentats, guérilla — ou constituer une armée secrète structurée qui n'interviendra massivement qu'au moment du débarquement allié ?

Moulin, mandaté par de Gaulle, pousse à l'unification et à la discipline militaire. Brossolette, plus proche des mouvements de terrain, défend leur autonomie. Le débat est tendu. Delestraint tranche en faveur d'un commandement centralisé — les forces de zone Nord seront intégrées dans un état-major unique.

Un mois plus tard, le 27 mai, Moulin préside la première réunion du Conseil national de la Résistance, rue du Four. Deux mois après cette réunion de la rue de la Faisanderie, le 21 juin, il est arrêté à Caluire. Il meurt sous la torture le 8 juillet sans avoir parlé.