Début février 1777, le marquis de Sade revient à Paris après plusieurs années d’errance et de poursuites judiciaires. Il s’installe avec son épouse Renée-Pélagie de Montreuil au 33 rue Jacob, dans l’hôtel du Danemark, au cœur du faubourg Saint-Germain. Ce retour n’a rien de clandestin : Sade cherche au contraire à se réinstaller officiellement dans la capitale, à renouer avec une existence stable et mondaine, sans pour autant se délaisser du libertinage, plus discrètement ça va de soi.
La rue Jacob est alors un espace aristocratique et résidentiel, éloigné des marges où Sade a longtemps vécu. L’installation à l’hôtel du Danemark semble marquer une tentative de normalisation après les scandales et les condamnations qui ont jalonné sa vie depuis la fin des années 1760. Mais cette accalmie est trompeuse.
Trois jours seulement après son installation, le 13 février 1777, Sade est arrêté à Paris sur ordre de sa belle-mère, Madame de Montreuil, par le biais d’une lettre de cachet. Il est immédiatement incarcéré au château de Vincennes, inaugurant une nouvelle et longue période de détention. Ce retour à Paris se transforme ainsi en piège, refermant sur lui l’appareil répressif de l’Ancien Régime.