Sheridan qui assiste d'une fenêtre à la manifestation témoigne que les coups de feu sont partis des "Amis de l'ordre"

Immeuble de la rue de la Paix

Le général Sheridan avec James Forsyth, Wesley Merritt, Thomas Devin et George Custer, 1861

Le 22 mars 1871, rue de la Paix, un homme observe depuis sa fenêtre la manifestation des Amis de l'ordre qui descend vers la place Vendôme. Il n'est pas français, n'a aucun intérêt partisan dans l'affaire, et ce qu'il voit le rend perplexe. Il s'appelle Philip Sheridan.

Sheridan est l'un des généraux les plus célèbres de la guerre de Sécession américaine — commandant de la cavalerie de l'Union, artisan de la victoire finale sur Lee en 1865. En 1871, il est à Paris en observateur militaire, envoyé par Washington pour suivre la guerre franco-prussienne. Il a assisté au siège, vu la capitulation, et se trouve encore dans la ville quand éclate la Commune.

Ce jour-là, il assiste donc à la fusillade de la place Vendôme depuis sa fenêtre de la rue de la Paix. Sa position lui permet de voir ce que la version versaillaise contestera ensuite : les coups de feu sont partis des rangs des manifestants, pas des gardes nationaux fédérés. Son témoignage, consigné dans ses mémoires et repris par plusieurs historiens de la Commune, contredit directement la propagande réactionnaire qui fera des fédérés les agresseurs de ce 22 mars.

Un général américain, vainqueur d'une guerre civile, témoin d'une autre — et dont la déposition froide et militaire pèse, dans l'historiographie de la Commune, bien plus que les indignations de la presse versaillaise.

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