Soldat, Louis Alibaud refuse en 1830 de tirer sur les insurgés de Juillet. Le 25 juin 1836, à la sortie des Tuileries, ce militant républicain tire sur Louis-Philippe avec une canne-fusil et le manque. Devant les pairs, il dit avoir médité son geste « depuis qu’il a fait massacrer les citoyens dans les rues de Lyon et au cloître de Saint-Merri ». Il est guillotiné le 11 juillet, barrière Saint-Jacques, à cinq heures du matin, afin d’éviter tout rassemblement républicain : 6 000 soldats bloquent la place. Il a 26 ans et meurt, dit-il, « pour la liberté, pour le peuple, et pour l’extinction de la monarchie ». Son corps est enseveli dans la tranchée des suppliciés du Montparnasse ; sa famille obtient ensuite une tombe propre, que la républicaine Laure Grouvelle fait fleurir à ses frais.