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Au 3 du boulevard Edgar Quinet, dans le 14e arrondissement, s'étend le cimetière du Montparnasse — deuxième plus grand cimetière intra-muros de Paris après le Père-Lachaise. Avant d'être un champ des morts, le terrain accueille au XVIIe siècle un moulin appartenant aux frères de la Charité, dit Moulin Moliniste : les étudiants disciples du jésuite Molina en font un cabaret animé. Le cimetière ouvre à la place au début du XIXe siècle, absorbant peu à peu cette mémoire populaire sous ses allées rectilignes.

Dès la Restauration, le lieu se charge d'une densité politique rare. Le monument des Quatre sergents de La Rochelle — Jean-François Bories, Charles Goubin, Jean Pommier, Charles Raoulx, guillotinés pour leur complot carbonari — en fait très tôt un lieu de pèlerinage républicain. En 1831, les obsèques de l'abbé Grégoire, auquel l'archevêque refuse les sacrements, tournent à la manifestation. Une bande de terrain y est réservée de 1824 à 1882 aux condamnés à mort. Pendant la Semaine sanglante de 1871, le cimetière devient théâtre de combats acharnés et lieu d'exécution : les registres dénombrent 1 684 inhumations de fédérés, soldats déserteurs et étrangers ayant rejoint la Commune. Un monument dans la 27e division perpétue leur mémoire.

Mais Montparnasse est aussi un panthéon des lettres, des arts et des sciences. Charles Baudelaire repose en 6e division avec sa mère et son beau-père le général Aupick — un cénotaphe sculpté par José de Charmoy lui est inauguré en 1902 au bout de l'allée transversale. Jean-Baptiste de Lamarck le précède dès 1829 ; Pierre-Joseph Proudhon, François Rude, Jules Dalou, Antoine Bourdelle, Chaïm Soutine, Robert Desnos, Man Ray, Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir s'y succèdent jusqu'à la fin du XXe siècle, faisant de chaque division un chapitre à ciel ouvert de l'histoire intellectuelle et artistique française.

Noms successifs du lieu

  • XVIIe siècle Moulin de la Charité, puis cabaret dit Moulin Moliniste
  • Début XIXe siècle Ouverture du cimetière du Sud (ou cimetière de l'Ouest)
  • XIXe siècle Cimetière du Montparnasse — nom d'usage courant lié au quartier
  • 1871 Site de combats, d'exécutions et d'inhumations massives de fédérés communards
  • Aujourd'hui Cimetière du Montparnasse, nécropole municipale en activité

Événements à cette adresse

228 événements · 1650 — 2025
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Mort entre et
Tri :
Cimetière du Montparnasse
Ancien juge, député gaulliste de Paris, Jean Tibéri est le premier adjoint de Jacques Chirac, qui le désigne pour lui succéder : il est maire de Paris de 1995 à 2001. Le Canard enchaîné découvre 800 faux inscrits dans le 5e arrondissement, dont il est maire, qui auraient reçu en échange crèches, logements sociaux ou emplois. En 2015, sa condamnation et celle de son épouse Xavière deviennent définitives ; lui écope de dix mois de prison avec sursis et de trois ans d’inéligibilité. Le Conseil constitutionnel, révèle Le Monde en 2024, avait délibérément fermé les yeux. Il meurt à Paris le 27 mai 2025, à 90 ans. Il repose dans la 4e division.
Emplacement : 4e division
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Personnage(s) : Jean Tibéri
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Résistante sous le nom de « Rainer », en hommage à Rilke, Madeleine Riffaud entre aux FTP en mars 1944 et, le 23 juillet, abat un soldat allemand sur le pont de Solférino. Torturée par la Gestapo puis par la police française, elle se tait ; condamnée à mort, elle échappe au peloton puis à la déportation et commande un détachement pendant la libération de Paris. Journaliste communiste, elle couvre les guerres d’Algérie et du Viêt Nam et réchappe en 1962 d’un attentat de l’OAS. En 2024, elle soutient le Nouveau Front populaire, heureuse d’en avoir connu deux. Elle meurt à Paris le 6 novembre 2024, à 100 ans ; elle repose dans la 29e division.
Emplacement : 29e division
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Personnage(s) : Madeleine Riffaud
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Fils d’un tailleur juif venu de Pologne, déporté de Drancy à Auschwitz en 1943 et qui y meurt, Georges Kiejman obtient en 1976 l’acquittement de Pierre Goldman, défend la famille de Malik Oussekine et, en 2007, Charlie Hebdo. Proche de Mendès France puis de Mitterrand, ministre de 1990 à 1993, il s’interroge en 1990 sur l’utilité de juger René Bousquet, ancien chef de la police de Vichy et ami du président, pour « préserver la paix civile », avant de reconnaître : « J’ai commis une bourde ». Il meurt à Paris le 9 mai 2023, à 90 ans. Il repose dans la 30e division, au petit cimetière.
Emplacement : 30e division
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Personnage(s) : Georges Kiejman
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Sa mère, résistante, est arrêtée en 1943 ; cinq jours plus tard, Juliette Gréco et sa sœur Charlotte sont emmenées au siège de la Gestapo, 80, avenue Foch : Charlotte est torturée, Juliette violemment battue. Sa mère et sa sœur seront déportées à Ravensbrück ; elle, trop jeune, est libérée. En 1945, elle découvre la politique aux Jeunesses communistes, devient la muse de Saint-Germain-des-Prés, chante Sartre, Queneau, Prévert, Brel ou Ferré, et va en 1972 au meeting de l’Union de la gauche. Elle meurt à Ramatuelle le 23 septembre 2020, à 93 ans, et repose dans la 7e division, auprès de son dernier mari, le pianiste Gérard Jouannest.
Emplacement : 7e division, ligne 11 Nord, tombe 3 Ouest
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Personnage(s) : Juliette Gréco
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Cofondateur de la Jeunesse communiste révolutionnaire avec Alain Krivine et Daniel Bensaïd, Henri Weber est l’une des figures de Mai 68, puis dirige le journal Rouge et le service d’ordre de la Ligue communiste, dont il écrit l’hymne : « les CRS ça s’enfonce très bien ». Entré au Parti socialiste en 1986, proche de Laurent Fabius, il est sénateur de la Seine-Maritime de 1995 à 2004, puis député européen ; en 2017, il vote Emmanuel Macron dès le premier tour. Il meurt à Avignon le 26 avril 2020, à 75 ans, des suites du Covid-19. Il repose en bordure de la 4e division.
Emplacement : 4e division
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Personnage(s) : Henri Weber
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Maire de Paris de 1977 à 1995, deux fois Premier ministre, président de 1995 à 2007, Jacques Chirac reconnaît en 1995 la responsabilité de l’État français dans la déportation des Juifs. En 2011, il est le premier ancien président condamné en justice : deux ans de prison avec sursis pour les emplois fictifs de la mairie de Paris, « au mépris de l’intérêt public des Parisiens ». Il meurt chez lui, rue de Tournon, le 26 septembre 2019, à 86 ans ; le soir même, la Ville de Paris éteint la tour Eiffel. Il repose dans la 1re division, au bord du rond-point central, auprès de sa fille Laurence ; Bernadette Chirac, morte en 2026, l’y rejoint.
Emplacement : 1re division, section 1, ligne 1 RPT, tombe 4 Nord
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Personnage(s) : Jacques Chirac
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Installée dès 1951 au 86, rue Daguerre, dans le 14e arrondissement, où elle ouvre son atelier de photographe, Agnès Varda suit dans Cléo de 5 à 7 l’errance d’une chanteuse dans Paris, le 21 juin 1961, puis filme les Black Panthers en 1968. Signataire du manifeste des 343, elle manifeste en 1972, enceinte, pour le droit à l’IVG et prête par deux fois sa maison pour des avortements clandestins. Elle meurt chez elle, rue Daguerre, dans la nuit du 28 au 29 mars 2019, à 90 ans. Le 2 avril, après un hommage à la Cinémathèque, elle rejoint Jacques Demy dans la 9e division, sous une stèle qui émerge de la verdure, flanquée d’un petit banc.
Emplacement : 9e division, ligne 1 Nord, tombe 13 Est
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Personnage(s) : Agnès Varda
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Résistant à 18 ans dans les maquis d’Auvergne, Claude Lanzmann est en 1960 l’un des dix inculpés parmi les signataires du manifeste des 121, « Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie ». Il consacre douze ans à Shoah, sorti en 1985 : plus de neuf heures, sans image d’archives, sur l’extermination des Juifs d’Europe. Il meurt le 5 juillet 2018 à l’hôpital Saint-Antoine, à Paris, à 92 ans. Le 12 juillet, l’État qui l’avait inculpé lui rend un hommage national aux Invalides ; il est inhumé le même jour dans la 5e division, dans la tombe de son fils Félix, où reposent aussi sa mère et sa sœur, l’actrice Évelyne Rey.
Emplacement : 5e division, section 1, ligne 1 Nord, tombe 12 Est
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Personnage(s) : Claude Lanzmann
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Déportée à Auschwitz à 16 ans, matricule 78651 tatoué sur le bras, Simone Jacob perd durant la Shoah son père, son frère et sa mère. Magistrate, ministre de la Santé de Valéry Giscard d’Estaing, elle fait adopter la loi qui dépénalise l’avortement, entrée en vigueur le 17 janvier 1975, sous les injures et les menaces de l’extrême droite et d’une partie de la droite parlementaire. Elle meurt chez elle, place Vauban, le 30 juin 2017, à 89 ans. Après un hommage national aux Invalides, elle est inhumée dans la 5e division aux côtés de son époux Antoine Veil, mort en 2013 ; ses fils récitent le kaddish sur sa tombe. Exhumés, les deux cercueils sont exposés au mémorial de la Shoah les 29 et 30 juin 2018, puis entrent au Panthéon le 1er juillet. Leur ancienne tombe demeure dans la 5e division.
Emplacement : 5e division
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Personnage(s) : Simone Veil
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Fils d’un résistant mort à Buchenwald, François Maspero fonde ses éditions en 1959, en pleine guerre d’Algérie : Frantz Fanon, témoignages sur la torture, volumes interdits. Le pouvoir gaulliste le censure — « dix-sept condamnations » —, ses éditions subissent les attentats de l’extrême droite et de l’OAS, et ceux qui visent sa librairie de la rue Saint-Séverin, La Joie de lire, font de lui « l’homme le plus plastiqué de France ». Signataire du manifeste des 121, il quitte ses éditions en 1982, puis se consacre à l’écriture. Il est retrouvé mort chez lui, à Paris, le 12 avril 2015, à 83 ans. Il repose dans le caveau familial, 3e division.
Emplacement : 3e division
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Personnage(s) : François Maspero
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Psychiatre et psychanalyste, Elsa Cayat signe toutes les deux semaines dans Charlie Hebdo la chronique « Charlie Divan ». Menacée à plusieurs reprises, elle est assassinée le 7 janvier 2015 lors de l’attentat contre le journal, à Paris, à 54 ans. Elle est inhumée le 15 janvier dans le carré juif du cimetière, dans la 5e division, juste derrière la tombe de Gérard Oury.
Emplacement : 5e division
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Personnage(s) : Elsa Cayat
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Entré en 1960 à Hara-Kiri, Georges Wolinski fonde en Mai 68 L’Enragé avec Siné, puis est rédacteur en chef de Charlie Hebdo de 1970 à 1981 ; il y dessine ses bavards de café du commerce qui commencent tous par « Monsieur », et crée le « roi des cons ». Il est abattu par des terroristes le 7 janvier 2015, à 80 ans, lors de l’attentat contre Charlie Hebdo, à Paris. Incinéré au Père-Lachaise, il repose depuis le 15 janvier dans un caveau de la 4e division ; sa femme, la journaliste Maryse Wolinski, morte en 2021, l’y a rejoint.
Emplacement : 4e division, section 2, ligne 1 Ouest, tombe 28 bis Sud
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Personnage(s) : Georges Wolinski
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Soutien de la révolution cubaine, l’architecte Ricardo Porro doit s’exiler au Venezuela en 1957. Après la victoire, Fidel Castro lui confie en 1960 les écoles nationales d’art de La Havane : il dessine celles des arts plastiques et de la danse. Son architecture jugée contraire au fonctionnalisme soviétique alors dominant, il s’exile en France en 1966. Il meurt à Paris le 25 décembre 2014, à 89 ans. Il repose dans la 12e division.
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Personnage(s) : Ricardo Porro
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Engagé dans la France libre en 1943, communiste puis maoïste, Jacques Vergès est l’avocat du FLN : il défend Djamila Bouhired, torturée puis condamnée à mort pour attentat à la bombe, qu’il épouse ensuite, et pratique la « défense de rupture », où l’accusé se fait accusateur. Il disparaît de 1970 à 1978 sans jamais dire où, puis défend le nazi Klaus Barbie, jugé à Lyon en 1987, et le terroriste Carlos. Il meurt ruiné à Paris le 15 août 2013, dans la chambre même qui vit mourir Voltaire. À ses obsèques, une gerbe porte le nom du Khmer rouge Khieu Samphân. Il repose dans la 26e division, à la droite immédiate de Bruno Cremer.
Emplacement : 26e division, section 1, ligne 1 Nord, tombe 12 Ouest
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Personnage(s) : Jacques Vergès
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Fils de Rose Repetto, créatrice des chaussons de danse, Roland Petit fonde en 1945 les Ballets des Champs-Élysées et crée en 1946 Le Jeune Homme et la Mort, sur un livret de Cocteau ; en 1968, son Turangalîla provoque « une petite révolution » à l’Opéra de Paris. Il meurt à Genève le 10 juillet 2011, à 87 ans. Il repose dans la 13e division avec son épouse Zizi Jeanmaire, l’interprète de Mon truc en plumes, morte en 2020.
Emplacement : 13e division
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Personnage(s) : Roland Petit
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Deux fois évadé, résistant, Jean Dutourd participe à la libération de Paris, puis peint au vitriol, dans Au bon beurre (1952), une famille de crémiers sous l’Occupation. Académicien de sensibilité monarchiste, il juge « aberrant » le choix des signataires du Manifeste des 121 et finit chroniqueur sur Radio Courtoisie, radio d’extrême droite. Il meurt à Paris le 17 janvier 2011, à 91 ans. Il repose dans la 9e division.
Emplacement : 9e division
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Personnage(s) : Jean Dutourd
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Arrivé à Paris en 1939, Nikos Papatakis y crée en 1947 le cabaret de la Rose rouge, tremplin des Frères Jacques et de Juliette Gréco. Ses activités politiques pendant la guerre d’Algérie le font partir en 1957 ; en 1976, son Gloria Mundi, sur la torture en Algérie, est retiré de l’affiche après une bombe au cinéma Le Marbeuf, revendiquée par d’anciens de l’OAS. Il meurt à Paris le 17 décembre 2010, à 92 ans, et repose dans la 1re division.
Emplacement : 1re division
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Personnage(s) : Nikos Papatakis
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Né Lev Tarassov à Moscou, arrivé à Paris en 1920 après la fuite des siens devant la révolution d’Octobre, Henri Troyat obtient le Goncourt en 1938 ; une loi de Vichy lui interdit ensuite tout emploi de fonctionnaire : il n’est pas Français de naissance. Condamné pour plagiat en 2003, il meurt à Paris dans la nuit du 2 au 3 mars 2007, à 95 ans. Il repose dans la 2e division, avec son épouse, presque face à Serge Gainsbourg.
Emplacement : 2e division
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Personnage(s) : Henri Troyat
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Sept ans durant, à partir de 1953, Philippe Noiret joue les classiques dans la troupe du TNP ; au cabaret, à l’Écluse ou aux Trois Baudets, il se moque avec Jean-Pierre Darras de la politique du général de Gaulle et de Michel Debré. Le cinéma en fait l’acteur fétiche de Bertrand Tavernier et le médecin vengeur du Vieux Fusil, inspiré du massacre d’Oradour-sur-Glane. Il meurt chez lui, à Paris, le 23 novembre 2006, à 76 ans. Après des obsèques à Sainte-Clotilde, en présence du Premier ministre Dominique de Villepin, il est inhumé le 27 novembre dans la 3e division, face à la tombe de Jean Poiret, de l’autre côté de l’avenue Transversale.
Emplacement : 3e division
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Personnage(s) : Philippe Noiret
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Syndicaliste CGT et communiste, Maurice Kriegel devient Valrimont dans la Résistance ; au printemps 1944, il est l’un des trois dirigeants du COMAC, le comité militaire du CNR. Le 25 août 1944, il reçoit avec Leclerc et Rol-Tanguy la reddition de von Choltitz, qui signe à la gare Montparnasse les ordres de cessez-le-feu. Député communiste, il vote en 1952 l’exclusion de Marty et Tillon, puis, partisan de la déstalinisation, est exclu de la direction en 1961 ; le parti le réhabilite en 1998. Il meurt à Paris le 2 août 2006, à 92 ans, et repose en bordure de l’allée principale de la 10e division, avec son gendre Alexandre Adler.
Emplacement : 10e division
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Personnage(s) : Maurice Kriegel-Valrimont
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Peintre communiste, Boris Taslitzky peint en 1936 la Commémoration de la Commune au cimetière du Père Lachaise en 1935. Résistant, arrêté en 1941 et condamné pour des « dessins de propagande communiste », il est déporté à Buchenwald le 31 juillet 1944 et y fait quelque deux cents dessins de la vie du camp ; sa mère est assassinée à Auschwitz. En 1952, son exposition « Algérie 52 », qui dénonce la misère du petit peuple d’Algérie, fait scandale : la préfecture de police en fait arracher toutes les affiches. Il meurt à Paris le 9 décembre 2005, à 94 ans. Il repose dans la 11e division.
Emplacement : 11e division
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Personnage(s) : Boris Taslitzky
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Fils d’un coiffeur et d’une ouvrière de Reggio d’Émilie, arrivé en France à huit ans en 1930, Serge Reggiani est Manda dans Casque d’or (1952), puis Robespierre dans un feuilleton italien de 1962, I Giacobini. Venu à la chanson à 42 ans, il enregistre Le Déserteur de Boris Vian, Les loups sont entrés dans Paris et Ma liberté de Moustaki, qui trouve un écho auprès de la jeunesse « soixante-huitarde ». Il meurt d’une crise cardiaque le 22 juillet 2004 à Boulogne-Billancourt, à 82 ans. Il repose dans la 9e division, auprès de ses parents et de son fils Stéphan, mort en 1980.
Emplacement : 9e division
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Personnage(s) : Serge Reggiani
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Typographe à 13 ans, Yves Robert joue au cabaret de la Rose rouge, où il met en scène en 1949 les Exercices de style de Queneau, avant de tourner La Guerre des boutons, prix Jean-Vigo 1961. Il meurt à Paris le 10 mai 2002, à 81 ans. Sa tombe de la 9e division, où l’a rejoint Danièle Delorme en 2015, porte l’épitaphe « Un homme de joie... », et des visiteurs y posent des boutons de toutes les couleurs.
Emplacement : 9e division
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Personnage(s) : Yves Robert
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Enfant du 13e prolétaire, Alphonse Boudard rejoint un maquis en 1943 puis se bat en 1944 pour la libération de Paris avec les FFI. Après la guerre, il glisse vers les cambriolages ; à la prison de Fresnes, il fait son éducation littéraire, et ses romans, d’une langue drue nourrie d’argot, racontent le Paris populaire des années 1940. Il meurt à Nice le 14 janvier 2000, à 74 ans. Sa tombe, dans la 18e division, a été transformée en 2006.
Emplacement : 18e division
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Personnage(s) : Alphonse Boudard
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Inspecteur des finances, Maurice Couve de Murville sert Vichy comme directeur des Finances extérieures : il avalise les mouvements financiers franco-allemands et doit « réduire l’influence juive dans l’économie française ». En mars 1943, il gagne Alger, envoyé par le chef de cabinet de Laval pour avoir un homme à lui dans l’autre camp ; « Couve a passé les Pyrénées en sleeping », aurait dit de Gaulle. Rallié à Giraud, puis à de Gaulle, il est dix ans son ministre des Affaires étrangères, puis son Premier ministre après Mai 68. Il meurt chez lui, rue du Bac, le 24 décembre 1999, à 92 ans. Il repose dans la 18e division.
Emplacement : 18e division
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Personnage(s) : Maurice Couve de Murville
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Pianiste et compositeur de Ray Ventura et ses Collégiens, Paul Misraki signe en 1935 Tout va très bien, madame la marquise. Né dans une famille juive de Constantinople, il est en tournée en Amérique du Sud quand l’armée allemande envahit la zone libre ; à son retour, son frère lui apprend la mort de leur mère en déportation, à Auschwitz. Il meurt à Paris le 29 octobre 1998, à 90 ans, et repose dans la 12e division.
Emplacement : 12e division
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Personnage(s) : Paul Misraki
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Trotskiste en Grèce sous l’occupation allemande, Cornelius Castoriadis gagne Paris en 1946 à bord du Mataroa. Avec Claude Lefort, il quitte le parti trotskiste et fonde le groupe et la revue Socialisme ou barbarie (1949-1967), qui dénonce en l’URSS un régime bureaucratique n’ayant en rien aboli l’exploitation des ouvriers. Économiste à l’OCDE de 1948 à 1970, il écrit sous pseudonyme : Chaulieu, puis Coudray pour Mai 68 : la brèche, coécrit avec Lefort et Edgar Morin. Il meurt à Paris le 26 décembre 1997, à 75 ans. Il repose dans la 6e division.
Emplacement : 6e division
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Personnage(s) : Cornelius Castoriadis
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Né à Paris en 1938 de parents juifs polonais qui se cachent en Savoie de 1941 à 1945, Roland Topor dessine pour Hara-Kiri dès 1961 et fonde en 1962 le mouvement Panique avec Arrabal et Jodorowsky. Son humour noir gagne le cinéma, avec La Planète sauvage de René Laloux et Le Locataire chimérique, que Polanski adapte, puis la télévision avec Téléchat. Pour le bicentenaire de la Révolution, il tourne avec Henri Xhonneux Marquis, un Sade joué par des acteurs masqués en animaux. Frappé d’une hémorragie cérébrale, il meurt à Paris le 16 avril 1997, à 59 ans. Il repose dans la 14e division, au bord de l’avenue du Nord.
Emplacement : 14e division
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Personnage(s) : Roland Topor
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Née boulevard Saint-Martin dans une famille juive immigrée, Mireille fait entrer le swing dans la chanson avec son parolier Jean Nohain (Couchés dans le foin, Ce petit chemin). Juive comme son mari Emmanuel Berl, elle fuit Paris occupé pour Argentat, en Corrèze, où elle participe à la Résistance. Morte à Paris le 29 décembre 1996, à 90 ans, elle repose auprès de Berl dans la 25e division, sous une plaque : « Avec le soleil pour témoin ».
Emplacement : 25e division
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Personnage(s) : Mireille Hartuch
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Alsacien réfugié à Lyon, Jean-Pierre Lévy devient la cheville ouvrière du groupe France Liberté, qui prend en novembre 1941 le nom de Franc-Tireur ; il en est le chef et pousse à l’union voulue par Jean Moulin, d’où naissent les MUR en janvier 1943. Arrêté à Paris en octobre 1943, il est délivré le 12 juin 1944 par un commando des MUR qui attaque son convoi à Villejuif. Sa sœur, déportée avec son mari et leur enfant, est gazée à Auschwitz. En 1964, au Panthéon, Malraux nomme les fondateurs des grands mouvements : « c’est Frenay, d’Astier, Jean-Pierre Lévy ». Il meurt à Paris le 15 décembre 1996, à 85 ans ; il repose dans la 8e division.
Emplacement : 8e division
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Personnage(s) : Jean-Pierre Lévy
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
En 1944, Marguerite Duras entre au mouvement de résistance que dirige Mitterrand — « La Résistance est venue à moi », dira-t-elle ; son mari Robert Antelme, arrêté par la Gestapo, revient moribond de Dachau. Communiste en 1945, elle est exclue du PCF en 1950, notamment pour « fréquentation des boîtes de nuit » ; on lui reprochait aussi « une ironie trop appuyée ». Elle signe le Manifeste des 121 en 1960, celui des 343 en 1971 ; L’Amant obtient le Goncourt en 1984. Elle meurt rue Saint-Benoît le 3 mars 1996, à 81 ans. Dans la 21e division, sa tombe ne porte que son nom de plume, deux dates et « M D » ; Yann Andréa l’y a rejointe en 2014.
Emplacement : 21e division
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Personnage(s) : Marguerite Duras
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Élevé à Paris, rentré en Roumanie, Eugène Ionesco revient en France en 1942 comme attaché de presse de l’ambassade de Roumanie à Vichy. Correcteur dans une maison d’édition parisienne après la Libération, il fait jouer La Cantatrice chauve en 1950, puis, avec Rhinocéros (1959), dit son effroi devant « toutes les formes de totalitarisme ». Satrape du Collège de ’Pataphysique en 1957, il entre en 1970 à l’Académie française. Il meurt dans le 14e arrondissement le 28 mars 1994, à 84 ans. Dans la 6e division, sa dalle porte cette épitaphe : « Prier le Je Ne Sais Qui / J’espère Jésus Christ ».
Emplacement : 6e division
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Personnage(s) : Eugène Ionesco
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Dessinateur sous son nom, Jean Bruller prend dans la Résistance le pseudonyme de Vercors ; à l’automne 1941, il fonde avec Pierre de Lescure les Éditions de Minuit, clandestines, dont le premier livre, Le Silence de la mer, est imprimé en février 1942. À la Libération, il quitte la commission d’épuration de l’édition, qu’il juge trop indulgente envers les collaborateurs. Compagnon de route du PCF, il dénonce pourtant en 1949 le procès Rajk, et renvoie en 1957 sa Légion d’honneur pour protester contre la torture en Algérie. Il meurt à Paris, quai des Orfèvres, le 10 juin 1991, à 89 ans. Il repose sous une dalle discrète de la 29e division.
Emplacement : 29e division
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Personnage(s) : Jean Bruller
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Fils d’immigrés juifs venus d’Odessa, Lucien Ginsburg porte l’étoile jaune à 12 ans, puis se cache sous un faux nom. En 1979, sa Marseillaise reggae, Aux armes et cætera, choque : Michel Droit dénonce dans Le Figaro Magazine les Juifs dont les provocations « peuvent déclencher des réactions d’antisémitisme ». À Strasbourg, d’anciens paras investissent la salle ; il leur chante l’hymne a cappella, le poing tendu, et les voilà au garde-à-vous : « J’ai mis les paras au pas ! » Il meurt rue de Verneuil le 2 mars 1991, à 62 ans. Sa tombe de la 1re division, qu’il partage avec ses parents, se couvre de tickets de métro et de choux.
Emplacement : 1re division
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Personnage(s) : Serge Gainsbourg
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Secrétaire particulier de Pierre Pucheu, ministre de l’Intérieur de Vichy, Robert Antelme rejoint en 1943, avec sa femme Marguerite Duras, le réseau de résistance de François Mitterrand. Arrêté par la Gestapo le 1er juin 1944, déporté à Buchenwald puis à Dachau, il est retrouvé en avril 1945, épuisé, atteint du typhus, et rapatrié grâce à Mitterrand et à Dionys Mascolo. Il en tire L’Espèce humaine (1947), dédié à sa sœur morte en déportation. Communiste, puis exclu du parti, il signe le Manifeste des 121 contre la guerre d’Algérie. Il meurt à Paris le 26 octobre 1990, à 73 ans ; il repose dans la 4e division, au caveau Régnier Delasalle.
Emplacement : 4e division
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Personnage(s) : Robert Antelme
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Révélée en 1961 par L’Année dernière à Marienbad, Delphine Seyrig met à partir de 1970 sa carrière en danger pour la cause des femmes : elle signe le manifeste des 343 en 1971 et dépose l’année suivante pour la défense au procès de Bobigny, aux côtés de Gisèle Halimi et de Simone de Beauvoir ; en août 1972, la première démonstration en France de l’avortement par la méthode Karman a lieu dans son appartement. Cofondatrice des Insoumuses, vouées à la vidéo féministe, elle réalise Sois belle et tais-toi. Elle meurt d’un cancer à Paris le 15 octobre 1990, à 58 ans. Elle repose dans la 15e division, en face de Charles Baudelaire.
Emplacement : 15e division
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Personnage(s) : Delphine Seyrig
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Irlandais installé en France en 1937, Samuel Beckett entre dans la Résistance le 1er septembre 1941, au réseau Gloria ; quand un agent de l’Abwehr le fait tomber en août 1942, il échappe de justesse aux arrestations et se cache à Roussillon, dans le Vaucluse. Croix de guerre en 1945, il écrit en français En attendant Godot ; le prix Nobel de 1969 est pour lui une « catastrophe ». Veuf de Suzanne en juillet 1989, il meurt le 22 décembre suivant dans une modeste maison de retraite du 14e arrondissement, à 83 ans. Il est enterré le 26 décembre dans la 12e division, aux côtés de son épouse.
Emplacement : 12e division
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Personnage(s) : Samuel Beckett
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Après l’armistice, l’éditeur Pierre Seghers décide de résister « avec les armes qui sont les siennes » : sa revue Poésie 40, puis 41_… Il soumet à la censure allemande ses livres de poésie et fait paraître les plus subversifs sous un faux visa. Le 23 octobre 1941, apprenant l’exécution des otages de Châteaubriant, il écrit Octobre, repris en 1943 dans L’Honneur des poètes des Éditions de Minuit clandestines. En 1944, il lance « Poètes d’aujourd’hui ». Il meurt à Créteil le 4 novembre 1987, à 81 ans ; Pierre Daix et le Premier ministre Jacques Chirac font son éloge. Il repose dans la 7e division, à quelques mètres du boulevard Raspail.
Emplacement : 7e division
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Personnage(s) : Pierre Seghers
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Orphelin employé dans une imprimerie, élève de Bartók à Budapest, Imre Weisshaus adhère en 1930 au Parti communiste en Allemagne et travaille avec Brecht et Hanns Eisler ; il fuit l’Allemagne nazie en 1933 et devient en France Paul Arma, l’auteur de l’hymne « Sport rouge » et d’un Chant de Thaëlmann. Contraint à la clandestinité sous l’Occupation, il recueille les chants des maquis, des partisans et des prisonniers, et compose Les Chants du silence sur des poèmes d’Éluard, de Vercors ou de Cassou. Il meurt à Massy le 27 ou le 28 novembre 1987, à 83 ans. Il repose dans la 2e division.
Emplacement : 2e division
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Personnage(s) : Paul Arma
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Dans ce caveau de la 6e division repose le compositeur Charles Sablon (1871-1928) : la mélodie de sa chanson Bonsoir m’amour, reprise par les soldats de 1914-1918, devient La Chanson de Craonne. Ses enfants l’y ont rejoint : André, Marcel, Jean, premier à chanter au micro sur une scène française, en 1936, inhumé avec son compagnon Carl Galm, et Germaine. Partie pour l’Angleterre, celle-ci chante le 30 mai 1943, pour la première fois, Le Chant des partisans de Kessel et Druon, puis suit comme infirmière la 1re division française libre. Elle meurt à Saint-Raphaël le 17 avril 1985, à 85 ans ; Jean à Cannes, le 24 février 1994.
Emplacement : 6e division
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Personnage(s) : Jean Sablon ·Germaine Sablon
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière Montparnasse — Tombe de Brassaï
Né en Transylvanie sous le nom de Gyula Halász, Brassaï s'installe à Paris en 1924 et devient le photographe de la ville la nuit : son livre Paris de nuit, en 1932, révèle la ville nocturne ; il fréquente Picasso, Prévert et les surréalistes, dessine et sculpte aussi. Naturalisé français, il meurt à Beaulieu-sur-Mer le 8 juillet 1984. Il est enterré dans la 2e division du cimetière du Montparnasse, sous une stèle de granit rouge.
Emplacement : 2e division
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Personnage(s) : Brassaï
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Né dans un shtetl de Galicie, élève du psychologue Alfred Adler à Vienne, Manès Sperber entre en 1927 au Parti communiste d’Allemagne. Emprisonné quand Hitler arrive au pouvoir, il gagne Paris, où il travaille pour l’Internationale communiste avec Willi Münzenberg ; il la quitte en 1937 à cause des purges staliniennes et se met à étudier le totalitarisme. Engagé volontaire dans l’armée française en 1939, il fuit en Suisse en 1942, quand les déportations s’intensifient, puis revient à Paris éditer chez Calmann-Lévy et écrire Et le buisson devint cendre. Il meurt à l’hôpital Cochin le 5 février 1984, à 78 ans. Il repose dans la 8e division.
Emplacement : 8e division
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Personnage(s) : Manès Sperber
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Condisciple de Sartre et de Nizan à l’École normale, Raymond Aron voit à Berlin monter le nazisme, gagne Londres en juin 1940 et dirige la revue La France libre. Libéral, il dénonce dans L’Opium des intellectuels (1955) l’aveuglement des intellectuels envers les régimes communistes ; il prône dès 1957 de renoncer à l’Algérie française, mais soutient en 1973 le coup d’État de Pinochet, qui doit selon lui prévenir une guerre civile. Le 17 octobre 1983, il meurt à 78 ans en sortant du palais de justice, où il vient de témoigner pour Bertrand de Jouvenel contre Zeev Sternhell. Il repose dans le caveau familial de la 24e division.
Emplacement : 24e division
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Personnage(s) : Raymond Aron
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Critique musical à 14 ans, ami de Satie et de Cocteau, Georges Auric rejoint le groupe des Six ; il écrit des ballets pour Diaghilev, puis les musiques de La Belle et la Bête, de Du rififi chez les hommes ou de La Grande Vadrouille. Compagnon de route du Parti communiste, auteur en 1943 des Quatre Chants de la France malheureuse, il préside la Sacem de 1954 à 1978. Il meurt à Paris le 23 juillet 1983, à 84 ans. Il repose dans la 2e division, sous une dalle qui, en bordure de division, « se remarque à peine ».
Emplacement : 2e division
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Personnage(s) : Georges Auric
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Vice-président de la section arts du Groupe Collaboration, Paul Belmondo participe en 1941 au « voyage d’études » en Allemagne organisé par Arno Breker et Otto Abetz. En 1946, l’épuration lui interdit d’exposer un an, rétroactivement au 1er septembre 1944 : la peine est purgée avant d’être prononcée. Élu à l’Institut en 1960, il meurt à Ivry-sur-Seine le 1er janvier 1982, à 83 ans, et repose dans la 2e division sous une dalle très sobre.
Emplacement : 2e division
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Personnage(s) : Paul Belmondo
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière Montparnasse — Tombe de Jean-Paul Sartre et de Simone de Beauvoir
Philosophe de l'existentialisme, romancier et dramaturge, qui refuse le prix Nobel en 1964, Jean-Paul Sartre meurt le 15 avril 1980 à l'hôpital Broussais. Le 19 avril, cinquante mille personnes suivent son convoi dans Paris. Incinéré au Père-Lachaise, il est inhumé au cimetière du Montparnasse, 20e division, juste à droite de l'entrée du boulevard Edgar-Quinet. Simone de Beauvoir, l'autrice du Deuxième Sexe, morte le 14 avril 1986, repose à ses côtés ; les visiteurs y laissent billets de métro et messages.
Emplacement : 20e division
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3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
L’un des maîtres de l’avant-garde du muet, Marcel L’Herbier confie à Robert Mallet-Stevens la scénographie de L’Inhumaine (1924), puis fonde en 1943 l’IDHEC, dont il préside le conseil d’administration jusqu’en 1969. Il meurt à Paris le 26 novembre 1979, à 91 ans. Il repose dans la 3e division avec son épouse, l’actrice Marcelle Pradot, dans une tombe discrète dont le nom ne figure même pas sur les plans du cimetière.
Emplacement : 3e division
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Personnage(s) : Marcel L'Herbier
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Aviateur engagé volontaire en 1914-1918, puis grand reporter, Joseph Kessel cofonde en 1928 Gringoire, hebdomadaire de droite qu’il quitte quand le journal tourne à l’antisémitisme. Résistant du réseau Carte, il gagne Londres avec son neveu Maurice Druon ; en mai 1943, dans un pub de la banlieue londonienne, ils écrivent les paroles françaises du Chant des partisans, et Kessel publie L’Armée des ombres. Élu à l’Académie française en 1962, ce fils d’immigrés juifs de Russie fait orner son épée d’une étoile de David. Il meurt d’une rupture d’anévrisme à Avernes (Val-d’Oise) le 23 juillet 1979, à 81 ans ; il repose dans la 28e division.
Emplacement : 28e division
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Personnage(s) : Joseph Kessel
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Médecin, Marcel Renet entre dès novembre 1940 au réseau Valmy et fonde en août 1942, sous le nom de Jacques Destrée, le mouvement « Résistance » et son journal clandestin. Arrêté, évadé, repris, blessé par balle, torturé par la Gestapo sans céder, il est déporté à Buchenwald en janvier 1944. Sénateur RPF de la Seine (1948-1952), puis directeur politique de L’Aurore, il meurt à Paris le 11 mars 1979, à 74 ans. Il repose dans la 12e division.
Emplacement : 12e division
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Personnage(s) : Marcel Renet
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Préfet du Rhône, Émile Bollaert refuse en septembre 1940 de prêter serment à Pétain et entre dans la Résistance. En septembre 1943, de Gaulle le nomme délégué général du CFLN auprès du CNR, à la place de Jean Moulin. Arrêté le 3 février 1944 en Bretagne avec Pierre Brossolette, en route pour Londres, il est torturé, puis déporté à Buchenwald et à Dora, où il est l’un des instigateurs du sabotage des V2. Délivré le 15 avril 1945, il pèse 45 kilos. Haut-commissaire en Indochine en pleine guerre, en 1947-1948, il négocie le retour au pouvoir de l’ex-empereur Bảo Đại. Il meurt à Paris le 18 mai 1978, à 87 ans ; il repose dans la 13e division.
Emplacement : 13e division
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Personnage(s) : Émile Bollaert
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière Montparnasse — Tombe d'Henri Langlois
Né à Smyrne, Henri Langlois fonde en 1936 la Cinémathèque française avec Georges Franju et sauve des milliers de films de la destruction ; son éviction par le ministère, en 1968, provoque une mobilisation des cinéastes qui obtient son retour. Il s'efforce jusqu'au bout d'étendre le principe des cinémathèques à d'autres pays, et meurt à Paris le 13 janvier 1977. Il est inhumé en bordure de la 6e division du cimetière du Montparnasse, sous une dalle ornée d'images de films.
Emplacement : 6e division
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Personnage(s) : Henri Langlois
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière Montparnasse — Tombe de Man Ray
Arrivé de New York en 1921, Man Ray devient le photographe des surréalistes et du Paris des années folles, invente les rayographies et tourne des films dada. Il meurt à Paris le 18 novembre 1976. Il est inhumé dans la 7e division du cimetière du Montparnasse ; sa dalle porte l'épitaphe « Unconcerned, but not indifferent », détaché mais pas indifférent, et sa femme Juliet, morte en 1991, l'y rejoint sous la mention « Together again ». En mars 2019, la tombe est profanée à cinq reprises.
Emplacement : 7e division
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Personnage(s) : Man Ray
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Membre de l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires, Agnès Capri chante Prévert dès 1936 au Bœuf sur le toit, puis dans son cabaret de la rue Molière. Juive, elle doit le fermer à la guerre et gagne Alger. En 1947, à l’ABC, elle fait scandale en disant le jour de Pâques le Pater Noster de Prévert : « Notre Père qui êtes aux cieux, restez-y ! » Morte quai Voltaire le 15 novembre 1976, à 69 ans, elle repose dans la 15e division.
Emplacement : 15e division
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Personnage(s) : Agnès Capri
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Issu de la haute bourgeoisie juive parisienne, Emmanuel Berl lance en 1932 Marianne, principal hebdomadaire de gauche jusqu’en 1935 ; pacifiste intransigeant, il approuve les accords de Munich. Le 17 juin 1940, à Bordeaux, on lui demande de travailler aux discours de Pétain : il rédige ceux des 23 et 25 juin, où figurent « Je hais les mensonges qui vous ont fait tant de mal » et « La terre, elle, ne ment pas ». En juillet 1941, il s’installe à Argentat, en Corrèze, où Malraux le rejoint. Il meurt à Paris le 22 septembre 1976, à 84 ans. Il repose dans la 25e division, au petit cimetière, auprès de son épouse, la chanteuse Mireille.
Emplacement : 25e division
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Personnage(s) : Emmanuel Berl
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Radical traité de « radical-bolchévik », fondateur d’un Front commun contre le fascisme, élu du Front populaire, Gaston Bergery est en 1939 le seul député à voter contre les crédits de guerre. En juillet 1940, il réclame un « ordre nouveau, autoritaire, national, social, anticommuniste et antiploutocratique », vote les pleins pouvoirs à Pétain et écrit une partie de son message du 11 octobre appelant à la collaboration. Ambassadeur de Vichy à Moscou puis à Ankara, acquitté en 1949, il cofonde en 1951 l’Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain. Il meurt à Paris le 10 février 1974, à 81 ans. Il repose dans la 8e division.
Emplacement : 8e division
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Personnage(s) : Gaston Bergery
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Président de la Fédération protestante, le pasteur Marc Bœgner écrit en mars 1941 au grand-rabbin contre la législation raciste de Vichy ; Au Pilori et Je suis partout, en la publiant pour la dénoncer, lui donnent un immense retentissement. Le 20 août 1942, après la rafle du Vél’ d’Hiv’, il proteste auprès de Pétain contre la livraison à l’Allemagne de Juifs étrangers. Il siège pourtant au Conseil national de Vichy, reçoit la francisque et témoigne en faveur du Maréchal à son procès. Il meurt à Paris le 18 décembre 1970, à 89 ans ; Yad Vashem le fait Juste parmi les nations en 1988. Il repose dans le caveau familial de la 1re division.
Emplacement : 1re division
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Personnage(s) : Marc Bœgner
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Héritière de banquiers, descendante du marquis de Sade, Marie-Laure de Noailles finance avec son mari L’Âge d’or de Buñuel : le 3 décembre 1930, des militants d’extrême droite envahissent le Studio 28 aux cris de « Mort aux juifs ! » et lacèrent les tableaux du hall, puis le préfet Chiappe fait interdire le film, jusqu’en 1981. En mai 68, elle se fait conduire en Rolls-Royce près des barricades du Quartier latin pour soutenir les étudiants. Elle meurt d’une embolie le 29 janvier 1970, à Paris, à 67 ans, et repose dans le caveau Bischoffsheim, avenue Thierry, dans la 28e division.
Emplacement : 28e division
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Personnage(s) : Marie-Laure de Noailles
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière Montparnasse — Tombe d'Ossip Zadkine
Né à Vitebsk, installé à Paris en 1910, Ossip Zadkine taille le bois et la pierre avant de devenir l'un des sculpteurs majeurs de l'École de Paris ; son monument à Rotterdam détruite, La Ville détruite, est inauguré en 1953. Il vit et travaille rue d'Assas, dans la maison-atelier devenue le musée Zadkine. Il meurt à Neuilly-sur-Seine le 25 novembre 1967 et est enterré dans la 8e division du cimetière du Montparnasse.
Emplacement : 8e division
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Personnage(s) : Ossip Zadkine
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Aux Finances, Paul Reynaud met fin en 1938 à la semaine de 40 heures et brise la grève générale du 30 novembre en licenciant les grévistes. Président du Conseil en mars 1940, il prend Pétain comme vice-président le 18 mai ; partisan de poursuivre la guerre, il démissionne le 16 juin et Pétain le remplace. Vichy l’emprisonne, puis les Allemands jusqu’en 1945 : « les maîtres se conduisent tout de même mieux que leurs valets de Vichy », dit-il. Il meurt à Neuilly-sur-Seine le 21 septembre 1966, à 87 ans, sans obsèques nationales. Il repose dans la chapelle familiale de la 22e division, avec son neveu Pierre Olivier, compagnon de la Libération.
Emplacement : 22e division
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Personnage(s) : Paul Reynaud
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Célimène de la Comédie-Française, Cécile Sorel lance en 1933 au Casino de Paris « L’ai-je bien descendu ? ». En juin 1942, elle demande au commandant allemand du Grand Paris l’appartement d’un Juif en fuite, mettant son influence « au service de la collaboration franco-allemande la plus étroite » : un an d’interdiction à la Libération. Morte à Trouville le 3 septembre 1966, à 92 ans, elle repose dans la 9e division, sous un buste de marbre blanc.
Emplacement : 9e division
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Personnage(s) : Cécile Sorel
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière Montparnasse — "La séparation du couple"
Sculpture transférée sur la fosse des morts du choléra en 1832 suite à une pétition de riverains coincés du jardin du Luxembourg, où elle se trouvait auparavant, qui la trouvaient indécente
Emplacement : 4e division
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3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Galeriste rue Bonaparte puis rue des Beaux-Arts, Pierre Loeb consacre en novembre 1925 une exposition à la peinture surréaliste. Contraint en 1942 à l’exil à La Havane, il confie sa galerie, selon la législation de Vichy, à son confrère Georges Aubry, qui rechigne ensuite à la lui rendre : il faut l’intervention de Picasso pour qu’elle lui revienne en juillet 1945. Il meurt à Clichy le 6 mai 1964, à 66 ans, et repose dans la 28e division.
Emplacement : 28e division
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Personnage(s) : Pierre Loeb
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Né Samuel Rosenstock dans la communauté juive de Roumanie, exclue de la citoyenneté, Tristan Tzara cofonde Dada à Zurich en 1916 et l’exporte à Paris en 1920. Compagnon de route des communistes depuis 1934, dénoncé en 1943 par Je suis partout, il entre dans la clandestinité et écrit pour la presse de la Résistance ; les initiales de sa plaquette Une route, seul soleil forment « URSS ». Au PCF en 1947, il s’en éloigne après Budapest en 1956 et signe en 1960 le Manifeste des 121. Il meurt chez lui, dans le 7e arrondissement, le 24 décembre 1963, à 67 ans. Il repose dans la 8e division.
Emplacement : 8e division
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Personnage(s) : Tristan Tzara
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Proche de Marc Sangnier et du Sillon, l’éditeur Francisque Gay fonde La Vie catholique en 1924 et L’Aube en 1932. Sous l’Occupation, il publie le journal clandestin La France continue et aide à fabriquer des faux papiers pour les Juifs ; en mars 1944, après des accusations de Maurras, la Gestapo perquisitionne chez lui. Cofondateur du MRP, vice-président du Conseil en 1946, il s’éloigne d’un parti qu’il juge trop colonialiste. Il meurt à Paris le 23 octobre 1963, à 78 ans. Il repose dans la 29e division, dans le caveau de sa belle-famille Fromillon ; son beau-père, cheminot, avait été sympathisant de la Commune.
Emplacement : 29e division
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Personnage(s) : Francisque Gay
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Monarchiste proche de l’Action française, soupçonné d’appartenir à la Cagoule, Raphaël Alibert devient garde des Sceaux de Pétain en juillet 1940. À propos des Juifs, il prépare, dit-il, « un texte aux petits oignons » : suivent les « lois Alibert », xénophobes et antisémites, la révision des naturalisations et sa signature au bas du statut des Juifs d’octobre 1940. Réfugié en Belgique, condamné à mort par contumace en 1947, amnistié en 1957, il meurt le 5 juin 1963, à 76 ans, chez lui, boulevard Saint-Germain, un appartement qui ne lui avait donc pas été confisqué. Il repose dans la 10e division, dans le tombeau de la famille de son épouse.
Emplacement : 10e division
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Personnage(s) : Raphaël Alibert
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Fils d’un employé de la ville de Bordeaux et d’une brodeuse, apprenti chez un fabricant de meubles à douze ans, André Lhote fréquente les cubistes de la Section d’or sans rompre avec la peinture classique. En 1922, il ouvre son académie au 18, rue d’Odessa, à Montparnasse ; il y enseigne jusqu’à sa mort. En 1936, il tient la rubrique artistique du journal communiste Ce soir ; sous l’Occupation, nombre d’artistes trouvent refuge dans sa maison de Mirmande. Il meurt à Paris, dans le 16e arrondissement, le 24 janvier 1962, à 76 ans. Sa tombe, dans la 4e division, est ornée d’un ange de sa composition.
Emplacement : 4e division
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Personnage(s) : André Lhote
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Normalien, gendre d’Alphonse Aulard, l’historien de la Révolution, le sociologue Albert Bayet milite toute sa vie pour une République radicale, jacobine et laïque : Ligue des droits de l’homme, Front populaire, soutien aux républicains espagnols. Révoqué par Vichy, il entre en 1942, à plus de 60 ans, au mouvement Franc-Tireur. Il croit aussi à la bonne foi du régime stalinien lors des procès de Moscou et défend la « mission civilisatrice » de l’Empire, jusque dans la guerre d’Algérie. Président de la Ligue de l’enseignement de 1949 à 1959, il meurt à Paris le 26 juin 1961, à 81 ans. Il est inhumé au cimetière du Montparnasse.
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Personnage(s) : Albert Bayet
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Premier assistant de Jean Renoir sur La vie est à nous, film tourné en 1936 à l’initiative du Parti communiste pour la campagne du Front populaire, Jacques Becker réalise trois films sous l’Occupation ; le plateau du dernier, Falbalas, abrite la caméra et la pellicule détournées qui servent à filmer La Libération de Paris. En 1952, Casque d’Or fait revivre avec Simone Signoret les apaches des bas-fonds parisiens de 1900. Il meurt chez lui, rue de Presbourg, dans le 16e arrondissement, le 21 février 1960, à 53 ans, après avoir achevé le montage du Trou. Il repose dans le caveau familial de la 22e division.
Emplacement : 22e division
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Personnage(s) : Jacques Becker
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Fils d’artisans de Lamballe, installé à Paris en 1902, Mathurin Méheut dessine la mer à Roscoff, le Japon en 1914, puis, mobilisé, ses Croquis de guerre des tranchées. Il sillonne ensuite la Bretagne, dont il laisse un témoignage précis. Il meurt à Paris le 22 février 1958, à 75 ans. Il repose dans la 13e division.
Emplacement : 13e division
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Personnage(s) : Mathurin Méheut
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Venu de Roumanie, Constantin Brancusi quitte en 1907 l’atelier de Rodin un mois après y être entré : « Il ne pousse rien à l’ombre des grands arbres ». En 1920, sa Princesse X fait scandale au Salon des indépendants ; on la retire avant le passage du ministre. Naturalisé français en 1952, il meurt le 16 mars 1957, à 81 ans, chez lui, 11, impasse Ronsin ; il lègue son atelier à l’État, qui le reconstitue devant le Centre Pompidou. Il repose dans la 18e division avec les peintres Alexandre Istrati et Natalia Dumitresco, ses exécuteurs testamentaires. Son Baiser orne une autre tombe du cimetière, dans la 22e division.
Emplacement : 18e division
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Personnage(s) : Constantin Brâncusi
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Tailleur de pierre devenu sculpteur, amputé d’une jambe en 1909, Henri Laurens, attiré par les artistes de Montparnasse, sculpte dès 1911 dans le style cubiste ; Braque le considère comme un frère. Il meurt à Paris, sa ville natale, le 5 mai 1954, à 69 ans. Sa tombe, dans la 7e division, est ornée de l’une de ses œuvres, La Douleur ; le même cimetière garde la tombe de Louis Tachard, qu’il a sculptée en 1924.
Emplacement : 7e division
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Personnage(s) : Henri Laurens
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Auguste Perret naît en 1874 près de Bruxelles, à Ixelles, où son père, tailleur de pierre, s’est réfugié après la Commune de Paris ; non baptisé, il se dit républicain et athée. Il fait du béton armé un art : théâtre des Champs-Élysées (1913), Mobilier national, palais d’Iéna ; « mon béton […] est plus beau que la pierre », dit-il en 1944. Sous l’Occupation, ni résistant ni collaborateur, il entre à l’Académie des beaux-arts. Après 1945, il reconstruit le centre du Havre, inscrit au patrimoine mondial en 2005. Il meurt à Paris le 25 février 1954, à 80 ans, avant la fin du chantier. Il repose dans la 27e division.
Emplacement : 27e division
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Personnage(s) : Auguste Perret
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Fauve dès le Salon d’automne de 1905, Othon Friesz est sous l’Occupation vice-président de la section arts plastiques du Groupe Collaboration. En 1946, l’épuration lui interdit d’exposer et de vendre pendant un an, à compter, rétroactivement, du 1er septembre 1944. Il meurt à Paris le 10 janvier 1949, à 69 ans. Dans la 27e division, sa tombe porte son médaillon en bronze par Paul Belmondo, son compagnon du voyage en Allemagne de 1941.
Emplacement : 27e division
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Personnage(s) : Achille-Émile Othon Friesz
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Élève de Mallarmé au lycée Rollin, condisciple de Jarry, ami de Ravel et membre du cercle des Apaches, Léon-Paul Fargue, né dans le 1er arrondissement, chante sa ville dans D’après Paris et Le Piéton de Paris (1939), et en dit la solitude « noyée dans la nuit et l’alcool ». En 1946, il brigue à l’Académie française le siège d’Abel Bonnard, radié pour collaboration : Jules Romains l’emporte. Paralysé depuis 1943, il vit cloué au 1, boulevard du Montparnasse, chez sa femme, la peintre Chériane, et y meurt le 24 novembre 1947, à 71 ans ; le carrefour porte depuis 1957 son nom. Il repose dans la chapelle familiale de la 18e division.
Emplacement : 18e division
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Personnage(s) : Léon-Paul Fargue
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Pacifiste héritier de Briand, Jean Luchaire se lie en 1930 avec Otto Abetz ; son journal Notre temps, financé par l’ambassade allemande, devient inconditionnellement favorable à Hitler. Sous l’Occupation, il devient l’homme fort de la presse parisienne ; le 15 mai 1941, ses Nouveaux Temps saluent la première grande rafle de Juifs étrangers : « L’Épuration commence ». Réfugié à Sigmaringen, condamné à mort, il est fusillé au fort de Châtillon le 22 février 1946, à 44 ans. Il repose dans la 3e division, dans le caveau Luchaire-Zeller, devenu difficile à lire, avec son père Julien, qui avait choisi la Résistance.
Emplacement : 3e division
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Personnage(s) : Jean Luchaire
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Militant blanquiste à cravate rouge en 1903, maire socialiste d’Aubervilliers, Pierre Laval quitte la gauche et devient le maître d’œuvre de la collaboration. Chef du gouvernement de Vichy de 1942 à 1944, il dit souhaiter « la victoire de l’Allemagne », confie la rafle du Vel’ d’Hiv’ à la police française et fait déporter les enfants, que les Allemands n’avaient pas demandés ; il préside la Milice et met la police au service du STO. Condamné à mort, il avale du cyanure le jour de l’exécution ; après un lavage d’estomac, il est fusillé à Fresnes le 15 octobre 1945, à 62 ans. Exhumé d’une fosse commune de Thiais, il rejoint en novembre la 15e division, où reposent sa femme, sa fille et son gendre René de Chambrun, qui milite en vain pour le réhabiliter. La tombe ne figure sur aucun plan.
Emplacement : 15e division
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Personnage(s) : Pierre Laval
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière Montparnasse — Tombe de Robert Desnos
Poète surréaliste, homme de radio, Robert Desnos entre dans la Résistance ; arrêté en 1944, il est déporté de camp en camp jusqu'à Theresienstadt, en Tchécoslovaquie, où il meurt du typhus le 8 juin 1945, un mois après la libération du camp. Reconnu peu avant sa mort par un étudiant tchèque, il est incinéré et ses cendres sont rapatriées en octobre 1945 ; Paul Éluard prononce un discours lors de leur remise. Il repose dans la 15e division du cimetière du Montparnasse.
Emplacement : 15e division
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Personnage(s) : Robert Desnos
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière Montparnasse — Tombe de Chaïm Soutine
Arrivé de Biélorussie en 1913, Chaïm Soutine peint à la Ruche et à Montparnasse des paysages convulsés, des carcasses et des portraits tourmentés. Juif sous l'Occupation, il se cache en Touraine ; transporté d'urgence à Paris, il est opéré le 7 août 1943 d'un ulcère perforé, rue Lyautey, et meurt le 9 août. Il est inhumé le 11 août au cimetière du Montparnasse, dans une concession de la famille de sa compagne Marie-Berthe Aurenche, devant quelques amis, dont Picasso et Cocteau ; elle repose dans le même caveau depuis 1960.
Emplacement : 15e division
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Personnage(s) : Chaïm Soutine
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Bibliothécaire le jour, à l’Arsenal puis à Sainte-Geneviève, André de Lorde devient la nuit « le prince de la terreur » : 150 pièces, presque toutes vouées à l’horreur, souvent pour le Grand-Guignol, plusieurs avec le psychologue Alfred Binet sur l’hystérie ou l’aliénation. Il meurt à Antibes le 6 septembre 1942. Il repose dans la 8e division, dans le tombeau du tragédien Mounet-Sully, orné d’un haut-relief : un enfant enlevé par un ange.
Emplacement : 8e division
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Personnage(s) : André de Lorde
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Né en Lituanie russe dans une famille juive, Charles Rappoport émigre en France en 1887. Marxiste de la SFIO, il dénonce en 1914 le vote des crédits de guerre et l’« union sacrée ». Au congrès de Tours, en 1920, il est de la majorité qui fonde le futur PCF et entre à son comité directeur ; écarté après la bolchevisation, il quitte le parti en 1938, en désaccord avec son soutien à l’URSS. Il meurt à Cahors le 17 novembre 1941, à 76 ans. D’abord inhumé à Saint-Cirq-Lapopie, il est transféré dans la 25e division, où sa tombe porte : « Le socialisme sans la liberté n’est pas le socialisme, la liberté sans le socialisme n’est pas la liberté ».
Emplacement : 25e division
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Personnage(s) : Charles Rappoport
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Radical-socialiste et libre-penseur, monté de Rouen à Paris en 1888, Maurice Leblanc crée en 1905 Arsène Lupin, gentleman-cambrioleur qui vole les riches : « Moi, je vole en appartement ; toi, tu voles en bourse. » Certains y voient l’anarchiste Marius Jacob, condamné la même année ; Leblanc, qui assista à son procès, l’a nié. Réfugié à Perpignan en 1940, sa femme étant d’origine juive, il y meurt le 6 novembre 1941, à 76 ans. Exhumé en 1947, il repose depuis le 14 octobre dans la 10e division, avec sa femme et son beau-frère René Renoult, l’un des 80 parlementaires qui votèrent contre les pleins pouvoirs à Pétain.
Emplacement : 10e division
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Personnage(s) : Maurice Leblanc
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Fils du sculpteur Joseph Gardet, Georges Gardet peuple Paris de bêtes : le Drame du désert du parc Montsouris (1891), les lions du pont Alexandre-III (1900), les Monstres marins (1908) du bassin du Triomphe de la République de Dalou, place de la Nation, que l’occupant allemand enlève en 1941 pour les refondre en armes. Il meurt à Paris le 6 février 1939, à 75 ans, et repose dans la 26e division, aux côtés de son père.
Emplacement : 26e division
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Personnage(s) : Georges Gardet
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Beau-fils du poète Théodore de Banville, chez qui il croise Verlaine, Rimbaud et Hugo, Georges Rochegrosse peint l’histoire et Salammbô, puis l’Orient. Sa maison de la cité Chaptal abritera le Grand-Guignol. En 1900, il s’établit à El Biar, près d’Alger, alors colonie française. Il y meurt le 11 juillet 1938, à 78 ans. Son corps est ramené dans la 12e division.
Emplacement : 12e division
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Personnage(s) : Georges Rochegrosse
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Venu du Pérou en 1923, César Vallejo vit à Paris dans la misère ; membre du Parti communiste péruvien en 1928, il est expulsé de France en 1930, accusé de propagande communiste, puis soutient la République espagnole en guerre. Il meurt à Paris le 15 avril 1938, à 46 ans, un Vendredi saint de pluie, et non un jeudi comme l’annonçait son poème « Piedra negra sobre una piedra blanca » ; Louis Aragon fait son éloge funèbre. Inhumé à Montrouge, il est transféré en 1970, selon son vœu, au Montparnasse « car Baudelaire y reposait ». Dans la 12e division, sa veuve Georgette lui a écrit pour épitaphe : « J’ai tant neigé pour que tu dormes ».
Emplacement : 12e division
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Personnage(s) : César Vallejo
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Né presque aveugle, formé à l’Institut national des jeunes aveugles puis par Franck et Widor, Louis Vierne est nommé en 1900 organiste de Notre-Dame. La guerre lui prend son fils Jacques, 17 ans, engagé avec sa permission, puis son frère René. Le 2 juin 1937, lors de son 1 750e concert, le dernier que lui concède le clergé, il s’affaisse sur le pédalier au moment d’improviser et meurt à la tribune, à 66 ans ; à ses obsèques, le grand orgue, couvert de noir, reste muet. Il repose dans la 13e division, dans un caveau de famille où repose aussi son oncle, le hautboïste et organiste Charles Colin.
Emplacement : 13e division
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Personnage(s) : Louis Vierne
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Poète symboliste né à Metz, Gustave Kahn publie en 1887 Les Palais nomades, en vers libres, dont il est le premier théoricien ; sa revue La Vogue fait paraître les Illuminations de Rimbaud. Défenseur du néo-impressionnisme avec son ami Fénéon, il prend le parti de Zola dans l’affaire Dreyfus ; sa femme se convertit au judaïsme pour protester contre l’antisémitisme et prend le nom de Rachel. Il intervient dans les débats sur l’anarchisme, le socialisme, le féminisme et le sionisme, et signe un traité d’urbanisme, L’Esthétique de la rue (1901). Il meurt à Paris le 5 septembre 1936, à 76 ans. Il repose dans la 30e division.
Emplacement : 30e division
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Personnage(s) : Gustave Kahn
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Frère cadet de l’astronome Camille, Ernest Flammarion fonde en 1876 avec Charles Marpon une maison logée aux galeries de l’Odéon ; L’Astronomie populaire de son frère en fait le succès, puis il publie Zola, Maupassant ou Hector Malot. Il meurt à Paris le 21 janvier 1936, à 89 ans. Il repose dans la 27e division, et non dans le caveau familial de la 18e, celui de son fils Charles et de son petit-fils Henri.
Emplacement : 27e division
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Personnage(s) : Ernest Flammarion
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Auteur du Disciple (1889), Paul Bourget passe du roman psychologique au roman à thèse et se fait le défenseur de la famille, de l’Église et de la monarchie contre la république : il s’agit pour lui de « défaire systématiquement l’œuvre meurtrière de la Révolution française ». Antidreyfusard, il signe la déclaration de la Ligue de la patrie française et rejoint l’Action française en 1900, tout en refusant de se déclarer contre Zola. Il meurt chez lui, dans le 7e arrondissement, le matin de Noël 1935, à 83 ans ; le maréchal Pétain tient l’un des cordons du poêle. Il repose dans la 26e division, auprès de son épouse.
Emplacement : 26e division
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Personnage(s) : Paul Bourget
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Capitaine d’artillerie de confession juive, Alfred Dreyfus est condamné à tort en 1894, par antisémitisme, pour espionnage au profit de l’Allemagne. Dégradé dans la cour de l’École militaire, il crie « Soldats, on dégrade un innocent ! », puis il est déporté à l’île du Diable ; l’état-major, informé de son innocence, l’y laisse plutôt que de perdre la face. Réhabilité en 1906, il est réintégré à un grade inférieur à celui que lui valait son ancienneté ; en 1908, au transfert de Zola au Panthéon, un journaliste antisémite, qui sera acquitté, le blesse par balles. Il meurt à Paris le 12 juillet 1935, à 75 ans, dans l’indifférence générale. Il repose dans la 28e division, aux côtés de son épouse Lucie. En novembre 2025, une loi l’élève, à titre posthume, au grade de général de brigade.
Emplacement : 28e division
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Personnage(s) : Alfred Dreyfus
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Né rue Laffitte, polytechnicien, André Citroën fabrique des obus quai de Javel pendant la guerre, puis y construit des automobiles à partir de 1919 ; il veut être le « Henry Ford européen », et son nom brille sur la tour Eiffel de 1925 à 1933. En 1933, tandis qu’il veut baisser les salaires, ses ouvriers font grève et le groupe Octobre leur lit le Citroën de Prévert ; la même année, un banquet de 6 333 convives inaugure l’usine rebâtie. Sa société en liquidation, il cède ses actions à Michelin et meurt à Paris le 3 juillet 1935, à 57 ans. Le grand-rabbin Julien Weill préside ses funérailles ; il repose dans la 28e division.
Emplacement : 28e division
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Personnage(s) : André Citroën
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Enfant, élève de Jules Vallès, l’architecte Frantz Jourdain bâtit la Samaritaine, fonde le Salon d’automne et témoigne en 1894 pour l’anarchiste Grave. Il meurt à Paris le 22 août 1935, à 87 ans. Son fils Francis, créateur de meubles à bas prix, co-organise en 1905 les obsèques de Louise Michel, passe de l’anarchisme au communisme et préside le Secours populaire jusqu’à sa mort, à Paris, le 31 décembre 1958, à 82 ans. Frantz repose dans la 9e division ; Francis, au Montparnasse.
Emplacement : 9e division
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Personnage(s) : Frantz Jourdain ·Francis Jourdain
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Prix de Rome en 1874, Albert Besnard peint des décors pour l’Hôtel de Ville, la Sorbonne, la Comédie-Française et le Petit Palais. Directeur des Beaux-Arts, il entre en 1924 à l’Académie française, premier peintre depuis 1760. Il meurt chez lui, rue Guillaume-Tell, le 4 décembre 1934, à 85 ans ; ses obsèques nationales passent par la cour Napoléon du Louvre. Il repose dans la 9e division, avec sa femme, la sculptrice Charlotte Besnard.
Emplacement : 9e division
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Personnage(s) : Albert Besnard
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Élève de Charcot à la Salpêtrière, Paul Richer dessine les « crises » des malades pour leur traité de l’Hystéro-épilepsie, puis enseigne l’anatomie artistique aux Beaux-Arts. Sculpteur, il est l’ami de Jules Dalou, ancien officier fédéré de la Commune, et l’un de ses exécuteurs testamentaires. Il meurt le 17 décembre 1933 en son domicile de la rue Guynemer, à 84 ans, et repose dans la 10e division.
Emplacement : 10e division
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Personnage(s) : Paul Richer
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Élève de César Franck, le comte Vincent d’Indy fonde en 1894 la Schola Cantorum, école de musique religieuse qui concurrence bientôt le Conservatoire et forme Satie, Albéniz ou Varèse. Monarchiste, il refuse le Ralliement à la République demandé par le pape ; l’affaire Dreyfus cristallise ses positions nationalistes et antisémites et il s’engage dans la Ligue de la patrie française, ce qui ne l’empêche pas d’accueillir des élèves juifs à la Schola. Il meurt à Paris, sa ville natale, le 2 décembre 1931, à 80 ans. Il repose dans la 13e division.
Emplacement : 13e division
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Personnage(s) : Vincent d'Indy
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Industriel du béton armé, Louis Loucheur est ministre de l’Armement de 1917 à 1918 ; élu député en 1919 malgré une campagne qui l’accuse d’être un « profiteur de guerre », il fait voter en 1928 la loi qui porte son nom : 200 000 logements HBM en cinq ans. Il meurt le 22 novembre 1931 rue de l’Amiral-Hamelin, dans le 16e arrondissement, à 59 ans. Il repose dans la 10e division.
Emplacement : 10e division
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Personnage(s) : Louis Loucheur
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Né en Bulgarie, dessinateur du Simplicissimus, journal satirique et antimilitariste de Munich, Julius Pincas, dit Pascin, arrive à Paris le 24 décembre 1905. Son ami Henri Bing voit en lui « un anarchiste déguisé en dandy » ; après la guerre, il est le « prince de Montparnasse », attablé au Dôme et au Select. Le 2 juin 1930, jour du vernissage de son exposition chez Georges Petit, il se donne la mort dans son atelier du boulevard de Clichy, à 45 ans. Plus d’un millier de personnes suivent ses obsèques ; des galeries ferment. D’abord inhumé à Saint-Ouen, il repose dans la 28e division, sous un poème d’André Salmon.
Emplacement : 28e division
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Personnage(s) : Jules Pascin
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Paysagiste symboliste, René Ménard décore la Sorbonne et la faculté de droit de visions antiques. En 1893, il fait le portrait de son oncle Louis Ménard, que son Prologue d’une révolution sur 1848 avait jeté en exil et qui défendit la Commune. Il meurt à Paris, dans le 14e arrondissement, le 13 janvier 1930, à 67 ans. Il repose dans la 10e division.
Emplacement : 10e division
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Personnage(s) : René Ménard
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière Montparnasse — Tombe d'Antoine Bourdelle
Né à Montauban, longtemps praticien de Rodin, Antoine Bourdelle sculpte l'Héraklès archer, les reliefs du théâtre des Champs-Élysées et le monument au général Alvear de Buenos Aires, et enseigne à la Grande Chaumière. Malade, il se repose chez son ami le fondeur Eugène Rudier, au Vésinet, où il meurt le 1er octobre 1929. Il est enterré dans la 15e division du cimetière du Montparnasse, non loin de son atelier de l'impasse du Maine, devenu le musée Bourdelle.
Emplacement : 15e division
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Personnage(s) : Antoine Bourdelle
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière Montparnasse — Tombe de Symon Petlioura
Figure du mouvement national ukrainien, Symon Petlioura est le commandant suprême de l’armée et le troisième président de la République populaire ukrainienne, en guerre contre les bolcheviks et les Blancs. De 60 000 à 120 000 Juifs sont victimes des pogroms en Ukraine ; 40 % sont attribués à son armée, et sa responsabilité reste débattue. Exilé à Paris, il est abattu rue Racine le 25 mai 1926, à 47 ans, par Samuel Schwartzbard, qui dit venger les victimes ; son procès, clos en 1927 par l’acquittement, donne naissance à la Ligue contre les pogroms, future LICRA. Tenu en Ukraine pour un héros national, il repose dans la 10e division.
Emplacement : 10e division
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Personnage(s) : Symon Petlioura
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Peintre des Pierrots de Montmartre, Adolphe Willette décore le cabaret du Chat noir et dessine en 1889 le moulin du Moulin Rouge. La même année, il se présente comme « candidat antisémite » aux législatives dans le 9e arrondissement : 19 voix sur 11 371 votants. En 1891, il défend le communard Jean-Baptiste Clément ; antidreyfusard, il collabore à La Libre Parole illustrée de Drumont. Il meurt chez lui, rue Lacroix, le 4 février 1926, à 68 ans. Il repose dans la 2e division, sous une tombe peu lisible. Depuis 2004, le square Willette, au pied du Sacré-Cœur, s’appelle square Louise-Michel.
Emplacement : 2e division
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Personnage(s) : Adolphe Willette
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Arrivé de Lausanne en 1882, Félix Vallotton est initié à la gravure et à l’anarchisme par Charles Maurin. Ses bois s’attaquent à la répression policière : La Charge, La Manifestation, L’Exécution ; il rend hommage au Mur des fédérés et illustre en 1897 l’« Enquête sur la Commune » de La Revue blanche, avec un portrait de Varlin. Il dessine pour les dreyfusards et soutient Jean Grave et ses Temps nouveaux. Marié en 1899 à la fille du marchand Alexandre Bernheim, il délaisse la gravure pour la peinture ; en 1912, il refuse la Légion d’honneur. Il meurt à Neuilly-sur-Seine le 29 décembre 1925, à 60 ans. Il repose dans la 28e division.
Emplacement : 28e division
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Personnage(s) : Félix Vallotton
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière Montparnasse — Tombe de Maxime Vuillaume
Élève de l'École des mines, Maxime Vuillaume fait renaître en mars 1871 Le Père Duchêne avec Vermersch et Humbert ; le journal tire bientôt à 60 000 exemplaires. Il réussit à fuir en Suisse après la Semaine sanglante, y travaille comme ingénieur, puis revient à Paris en 1887 se consacrer au journalisme. Ses Cahiers rouges au temps de la Commune, publiés par Péguy, restent un témoignage majeur. Il meurt à Neuilly-sur-Seine le 25 novembre 1925.
Emplacement : 27ème division est, 21ème ligne est, 11ème tombe, 27e division
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Personnage(s) : Maxime Vuillaume
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Poète venu du Parnasse, Pierre Louÿs publie en 1894 Les Chansons de Bilitis, qu’il fait passer pour la traduction d’une poétesse grecque contemporaine de Sappho : la mystification inspire trois compositions à Debussy. Suivent Aphrodite et La Femme et le Pantin. Avec Coppée, Degas ou Renoir, il est membre de la Ligue de la patrie française, ligue antidreyfusarde modérée. Ruiné, paralysé et en partie aveugle, il meurt d’emphysème à Paris, dans le 16e arrondissement, le 4 juin 1925, à 54 ans. Très lu de son vivant, il repose dans la 26e division sous une dalle très discrète, mal indiquée sur les plans du cimetière.
Emplacement : 26e division
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Personnage(s) : Pierre Louÿs
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Partenaire de Sarah Bernhardt, à qui il lance « Madame, je suis autant femme que vous ! », Édouard de Max affiche son homosexualité. En 1915, quand l’idée d’en faire un sociétaire pousse la presse à révéler ses origines roumaines et juives, il s’engage dans la Légion étrangère ; la Comédie-Française, « par crainte du ridicule », le nomme sociétaire en 1916. Il meurt rue de Caumartin le 28 octobre 1924, à 55 ans, et repose dans la 12e division.
Emplacement : 12e division
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Personnage(s) : Édouard de Max
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Républicain modéré, Paul Deschanel cherche une troisième voie entre libéralisme et socialisme : il défend le droit de grève, mais à des fins non politiques, et veut fermer la Bourse du travail, qui ferait selon lui des syndicats des « instruments de révolution ». En janvier 1920, il tient en échec Clemenceau et est élu président de la République ; attaqué en raison de sa maladie, il démissionne sept mois plus tard. Élu sénateur, il meurt à Paris le 28 avril 1922, à 67 ans. Il repose dans le caveau familial de la 14e division, au bord de l’avenue du Nord, avec son père Émile, opposant à Napoléon III.
Emplacement : 14e division
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Personnage(s) : Paul Deschanel
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière Montparnasse — Tombe d'Albert Adès (dessinée par Hector Guimard)
Né au Caire en 1893, Albert Adès écrit en français, avec Albert Josipovici, deux romans de la vie quotidienne des Égyptiens ; leur Livre de Goha le Simple obtient la deuxième place au prix Goncourt de 1919, derrière À l’ombre des jeunes filles en fleurs de Proust. Il meurt à Arcachon le 18 avril 1921, à 28 ans, et il est inhumé au Montparnasse le 24 avril. Sa sépulture, dans la 22e division, est dessinée en 1922 par Hector Guimard, figure majeure de l’Art nouveau.
Emplacement : 22e division
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Personnage(s) : Hector Guimard
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Organiste de la Madeleine pendant vingt ans, Camille Saint-Saëns s’engage pendant la guerre de 1870 dans la Garde nationale. Après l’insurrection communarde de mars 1871, inquiété à cause de son poste et de « son attachement aux causes républicaines », il part pour l’Angleterre et ne rentre qu’« après la fin des troubles politiques ». Auteur de Samson et Dalila et de la Danse macabre, grand-croix de la Légion d’honneur en 1913, il meurt à Alger le 16 décembre 1921, à 86 ans. Ses funérailles sont célébrées le 24 décembre à la Madeleine ; il repose dans le caveau familial de la 13e division.
Emplacement : 13e division
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Personnage(s) : Camille Saint-Saëns
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Né à Nogent-sur-Seine en 1846, marchand de charbons en gros, Eugène Hochet est sous-lieutenant du génie pendant la Commune. Condamné par contumace en 1872 à la déportation dans une enceinte fortifiée, il est arrêté en 1874 et n'écope alors que de six jours de prison. Il meurt le 10 septembre 1920 et est inhumé le 14 dans la tombe familiale.
Emplacement : 22e division
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3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Fils d’un ébéniste et d’une couturière de Nîmes, Léopold Morice signe le Monument à la République, inauguré en 1883 sur la place du même nom ; son frère Charles, architecte, en dessine le piédestal. On lui doit aussi le Monument à Raspail du square Jacques-Antoine, que le régime de Vichy envoie à la fonte. Il meurt à Paris, dans le 16e arrondissement, le 30 juin 1920, à 76 ans. Il repose dans la 26e division, dans le caveau familial que décore une statue de sa main, La Pleureuse.
Emplacement : 26e division
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Personnage(s) : Léopold Morice
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Médecin installé à Paris en 1860, qui soigne gratuitement les plus pauvres, auteur de chansons pour les cafés-concerts, Edmond Goupil adhère à l'Internationale. Élu au conseil de la Commune pour le VIe arrondissement le 26 mars 1871, il siège à la commission de l'Enseignement, puis démissionne en avril, partisan d'une Commune simple administration municipale ; il n'en est pas moins condamné à cinq ans de prison. Libéré en 1874, il aide à fonder une mutuelle des artistes lyriques. Il meurt à Sèvres le 19 mai 1920, à quatre-vingt-deux ans.
Emplacement : 7e division
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Personnage(s) : Edmond Goupil
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Fils du rabbin des Vosges, Émile Durkheim fonde en 1898 L’Année sociologique et impose la sociologie comme discipline universitaire. Dreyfusard de la première heure, il est membre fondateur de la Ligue des droits de l’homme. En 1914, il rejoint l’Union sacrée : sa théorie des représentations collectives, souligne l’historien Gérard Noiriel, est alors « transformée en un pamphlet nationaliste ». Son fils André meurt au combat en décembre 1915, en Bulgarie ; Durkheim sombre dans une grande tristesse. Il meurt chez lui, avenue d’Orléans, le 15 novembre 1917, à 59 ans. Il repose dans la 5e division.
Emplacement : 5e division
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Personnage(s) : Émile Durkheim
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Lieutenant de mobiles en 1870, Mounet-Sully entre en 1872 à la Comédie-Française ; il y est Hernani face à Sarah Bernhardt, son amante, et atteint son apogée en 1881 dans Œdipe roi. Doyen en 1894, il joue une dernière fois en avril 1915. Il meurt rue Gay-Lussac le 1er mars 1916, à 75 ans. Il repose dans la 8e division, sous un haut-relief où un ange enlève un enfant ; l’auteur de Grand-Guignol André de Lorde est dans le même tombeau.
Emplacement : 8e division
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Personnage(s) : Mounet-Sully
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Lucie Moilin est la veuve du docteur Tony Moilin, médecin socialiste qui avait occupé la mairie du VIe arrondissement le 18 mars 1871 avant de se consacrer aux blessés. Arrêté le 27 mai et condamné à mort par la cour martiale du Luxembourg, il obtient d'épouser sa compagne, enceinte : le maire du VIe les marie au matin du 28 mai, peu avant qu'il soit fusillé. Son corps, qu'elle réclama, fut jeté dans une fosse commune avec ordre qu'on ne le retrouve pas. Lucie Moilin meurt en 1916 et repose dans la tombe de la famille Moilin.
Emplacement : 12e division
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Personnage(s) : Tony Moilin
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière Montparnasse — Tombe de Charles Pigeon
Inventeur et industriel normand, Charles Pigeon fait fortune avec la lampe à essence de sûreté qui porte son nom, qui ne peut ni exploser ni répandre son combustible si on la renverse. Il meurt à son domicile du 54, rue de Rennes, en 1915. Il est inhumé avec sa femme Thérèse, morte en 1909, dans la 22e division du cimetière du Montparnasse, sous un spectaculaire monument de bronze et de pierre commandé en 1905 à un sculpteur resté anonyme, qui représente le couple dans son lit.
Emplacement : 22e division
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Personnage(s) : Charles Pigeon
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Mathématicien, physicien et philosophe des sciences, Henri Poincaré est le cousin germain du futur président Raymond Poincaré. En 1899, il écrit au conseil de guerre de Rennes pour critiquer l’analyse du bordereau qui semble accuser Dreyfus ; en 1904, à la demande de la Cour de cassation, il rédige pour l’essentiel, avec Darboux et Appell, un rapport qui en dénonce les erreurs mathématiques et qui est versé au procès en révision. Il meurt à Paris le 17 juillet 1912, à 58 ans. Il repose dans la 16e division, avec son beau-frère, le philosophe Émile Boutroux ; depuis 2010, des visiteurs couvrent la tombe de tickets de métro.
Emplacement : 16e division
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Personnage(s) : Henri Poincaré
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Économiste libéral, partisan du libre-échange, Frédéric Passy fonde en 1867, contre une guerre entre la France et la Prusse, la Ligue de la paix et de la liberté. Député de Paris de 1881 à 1889, il s’oppose à la politique colonialiste de Jules Ferry ; auteur d’une loi sur les accidents du travail favorable aux ouvriers, il est aussi pour l’abolition de la peine de mort. Le 10 décembre 1901, il reçoit avec Henri Dunant le premier prix Nobel de la paix. Il meurt à Neuilly-sur-Seine le 12 juin 1912, à 90 ans. Sa tombe, en mauvais état, se remarque à peine dans la 1re division.
Emplacement : 1re division
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Personnage(s) : Frédéric Passy
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Officier de cavalerie du Second Empire, Gaston de Galliffet commande en 1871 une brigade de l’armée de Versailles et réprime la Commune avec une férocité qui lui vaut le surnom de « Massacreur de la Commune ». Pendant la Semaine sanglante, devant une colonne de prisonniers, il ordonne : « Que ceux qui ont des cheveux gris sortent des rangs ! » ; 111 captifs s’avancent, « vous avez vu juin 1848 », leur dit-il, et il les fait mitrailler dans les fossés des fortifications. En 1899, Waldeck-Rousseau en fait le ministre de la Guerre de son gouvernement de « Défense républicaine » ; aux députés de gauche qui crient « Assassin ! », il répond : « Assassin ? Présent ! ». Mort à Paris le 9 juillet 1909, il repose dans la 21e division, dans une tombe discrète au bout de la division.
Emplacement : 21e division
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Personnage(s) : Gaston de Galliffet
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Arrivé à Paris en 1859, Catulle Mendès lance avec Louis-Xavier de Ricard le mouvement du Parnasse, défend Wagner et épouse Judith, fille de Théophile Gautier, qui surnomme son gendre « Crapule m’embête ». En 1871, il publie Les 73 Journées de la Commune. Sa poésie au parfum décadent plaît à Verlaine ; Nietzsche le célèbre comme « le plus grand et le premier satyre vivant aujourd’hui ». Le 8 février 1909, à 67 ans, on découvre son corps dans le tunnel ferroviaire de Saint-Germain-en-Laye : il aurait ouvert la porte de son wagon en se croyant arrivé. Sa tombe, dans la 22e division, porte son buste et un médaillon.
Emplacement : 22e division
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Personnage(s) : Catulle Mendès
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Fonctionnaire du ministère de l’Intérieur toute sa carrière, Joris-Karl Huysmans glisse en 1880 dans Les Soirées de Médan, sous l’égide de Zola, Sac au dos, récit ironique et antipatriotique de sa mobilisation de 1870. Avec À rebours (1884), il rompt avec le naturalisme ; critique d’art, il prend la tête du combat pour imposer l’impressionnisme, puis se convertit au catholicisme. Atteint d’un cancer de la mâchoire, il meurt le 12 mai 1907 à son domicile du 31, rue Saint-Placide, où une plaque lui rend hommage ; il avait 59 ans. Il repose dans la 2e division.
Emplacement : 2e division
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Personnage(s) : Joris-Karl Huysmans
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Fils du maire de Courrières, en Artois, Jules Breton peint en 1849 Misère et désespoir, en 1850 La Faim ; mais c’est le paysan au travail, loin des audaces sociales de Courbet, qui lui vaut médailles et achats de l’État ; Le Rappel des glaneuses (1859) est aujourd’hui au musée d’Orsay. En 1880, Van Gogh fait le voyage de Courrières pour le rencontrer ; devant l’atelier neuf, « inhospitalier et glaçant », il n’ose pas entrer. Membre de l’Académie des beaux-arts, Breton meurt au 136, rue de Longchamp, à Paris, le 5 juillet 1906, à 79 ans. Il repose au cimetière du Montparnasse.
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Personnage(s) : Jules Breton
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Peintre des clairs-obscurs bruns et gris, Eugène Carrière fait le portrait de Verlaine, de Daudet ou de Rochefort ; ami de Rodin, il exprime des convictions socialistes et se joint au mouvement dreyfusard. En 1898, il ouvre rue de Rennes l’académie Carrière, l’un des premiers ateliers mixtes de Paris, où passent Matisse et Derain. Il meurt à Paris le 27 mars 1906, à 57 ans. Il repose dans la 6e division ; sa tombe est ornée d’un buste et d’un médaillon représentant son fils Léon, mort jeune, œuvres de son ami Louis-Henri Devillez, et son fils Jean-René, sculpteur, y est inhumé avec lui.
Emplacement : 6e division
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Personnage(s) : Eugène Carrière
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Prix de Rome en 1850, membre de l’Académie des beaux-arts en 1876, William Bouguereau expose au Salon toute sa carrière et siège dans ses jurys, où il aurait barré la route aux impressionnistes. Degas invente le verbe « bouguereauter » ; Cézanne parle du « Salon de Bouguereau ». Ses nus lisses font son succès, surtout auprès des acheteurs américains ; il use aussi de son influence pour ouvrir aux femmes les institutions artistiques. Il meurt dans son hôtel particulier de La Rochelle, sa ville natale, le 19 août 1905, à 79 ans. Il repose dans la 12e division, auprès de sa première épouse.
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Personnage(s) : William Bouguereau
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Ami d’enfance de Manet, secrétaire de Gambetta, Antonin Proust devient en 1881 le premier ministre des Arts. Mis en accusation dans le scandale de Panama pour un chèque de 20 000 francs, il est acquitté en 1893. Atteint d’une maladie incurable, il se tire une balle dans la tête et meurt à Paris le 22 mars 1905, à 73 ans. Il repose dans la 8e division, sous un buste en bronze.
Emplacement : 8e division
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Personnage(s) : Antonin Proust
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Polyglotte, conteur du Livre de Monelle, Marcel Schwob se passionne pour l’argot des coquillards de Villon, défend Stevenson, alors presque ignoré en France, et révèle Alfred Jarry dans le supplément littéraire de L’Écho de Paris : Jarry lui dédie Ubu roi. Dreyfusard « de la deuxième heure », il se brouille pendant l’Affaire avec Léon Daudet et Paul Valéry. Malade, il pousse jusqu’aux Samoa, où Stevenson finit sa vie, puis meurt de la grippe à Paris le 26 février 1905, à 37 ans. Il repose dans la 5e division, dans le caveau de son oncle Léon Cahun, journaliste républicain socialiste : la tombe ne porte pas son nom.
Emplacement : 5e division
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Personnage(s) : Marcel Schwob
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Tailleur de pierre venu de Saône-et-Loire, devenu maçon puis entrepreneur, Claude-Marie Perret est élu sergent puis sous-lieutenant dans un bataillon fédéré en 1871 ; il combat à Issy et au fort de Montrouge. Réfugié en Belgique, il est condamné à mort par contumace en 1873. Ses trois fils, nés à Bruxelles, reprendront l'entreprise familiale ; l'aîné, Auguste Perret, sera l'un des maîtres du béton armé. Claude-Marie Perret meurt à Paris en 1905.
Emplacement : 27e division
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3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Historien de l’esclavage, Henri Wallon est en 1848 secrétaire de la commission Schœlcher qui prépare l’abolition. Catholique aux vues « résolument cléricales », député du centre droit élu dans le Nord en 1871, il fait adopter le 30 janvier 1875, à une voix de majorité, l’amendement qui donne à la République un président élu pour sept ans : c’est l’acte de naissance de la IIIe République. « Ma proposition […] ne proclame pas la République, elle la fait », dit-il. Sénateur inamovible, il meurt à Paris le 13 novembre 1904, à 91 ans. Après des obsèques à Saint-Germain-des-Prés, il est inhumé dans la 18e division.
Emplacement : 18e division
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Personnage(s) : Henri Wallon
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
En 1870, chef d’escadron des gardes nationales, Auguste Bartholdi est l’aide de camp de Garibaldi ; Garibaldi et Gambetta le confortent dans son amour de la république. Marqué par l’annexion de l’Alsace, il sculpte le Lion de Belfort, dont la place Denfert-Rochereau a une réplique, puis La Liberté éclairant le monde, érigée à New York en 1886. Il meurt chez lui, 82 rue d’Assas, le 4 octobre 1904, à 70 ans. Il a conçu sa tombe, dans la 28e division : un obélisque de porphyre rouge, au sommet duquel un ange de bronze prend son envol.
Emplacement : 28e division
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Personnage(s) : Auguste Bartholdi
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Venu de Grenoble à Paris en 1850, ami de Manet et des futurs impressionnistes, Henri Fantin-Latour peint leurs portraits de groupe : Un atelier aux Batignolles (1870), où Zola, Renoir, Monet et Bazille entourent Manet ; Un coin de table (1872), où posent Verlaine et Rimbaud. Edmond de Goncourt raille « le distributeur de gloire aux génies de brasserie ». Ses fleurs se vendent en Angleterre. Il meurt le 25 août 1904 à Buré, en Normandie, où il passait ses étés dans la famille de sa femme, la peintre Victoria Dubourg, à 68 ans. Il repose dans la 10e division.
Emplacement : 10e division
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Personnage(s) : Henri Fantin-Latour
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Née Milliet au Mans en 1842, dans une famille fouriériste, Alix Payen s'engage en avril 1871 comme ambulancière au 153e bataillon, où sert son mari Henri ; elle suit les combats du fort d'Issy à Levallois. Blessé, Henri meurt le 29 mai. Alix Payen meurt à Paris le 24 décembre 1903 ; les lettres qu'elle écrivait aux siens, publiées ensuite par son frère puis rééditées en 2020 par Michèle Audin, sont un témoignage rare sur la guerre des fédérés. Ce frère, le peintre Paul Milliet, lieutenant du génie sous la Commune, condamné par contumace, mort en 1918, repose avec elle.
Emplacement : 27e division
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3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Interne des hôpitaux, blanquiste dès 1864, libre penseur et franc-maçon, Albert Regnard est exclu de l'Université après le congrès étudiant de Liège en 1865, puis emprisonné à Sainte-Pélagie en 1867 pour outrage à la religion. Chirurgien de la Garde nationale pendant le Siège, il devient sous la Commune secrétaire général de la préfecture de police, auprès de Raoul Rigault, puis s'exile en Angleterre. Rentré en France, il fait carrière dans l'administration et meurt à Paris en septembre 1903.
Emplacement : 7e division
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Personnage(s) : Albert Regnard
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Anarchiste, critique et journaliste, Bernard Lazare couvre en 1895 la révolte des ouvriers de Carmaux. Contacté par Mathieu Dreyfus, il publie en novembre 1896 L’Affaire Dreyfus – Une erreur judiciaire ; sa première version s’achevait sur une litanie de « J’accuse…! », qu’il donne deux ans plus tard à Zola. Les dreyfusistes étouffent vite sa voix, et en 1903 un Précis de l’Affaire Dreyfus préfacé par Anatole France l’oublie tout à fait. Il meurt à Paris le 1er septembre 1903, à 38 ans, d’un cancer. Il repose dans la 25e division, au petit cimetière.
Emplacement : 25e division (petit cimetière)
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Personnage(s) : Bernard Lazare
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Fils d'un chirurgien militaire de Metz, médecin installé au Gros-Caillou, Charles-Félix Frébault est chirurgien-major du 15e bataillon de la Garde nationale pendant le Siège et dirige trois ambulances. Resté à son poste sous la Commune, il est arrêté par les Versaillais puis relâché aussitôt. Conseiller municipal de Paris dès 1871, député du VIIe arrondissement à partir de 1876, il défend l'école gratuite, obligatoire et laïque et la suppression du budget des cultes. Il meurt à Paris le 29 octobre 1902.
Emplacement : 7e division
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3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière Montparnasse — Cénotaphe de Charles Baudelaire
Quarante-cinq ans après avoir été condamné pour outrage aux bonnes mœurs, Baudelaire reçoit un tombeau vide où il est représenté en gisant momifié. Charles Baudelaire est mort en 1867, à quarante-six ans, aphasique et…

Quarante-cinq ans après avoir été condamné pour outrage aux bonnes mœurs, Baudelaire reçoit un tombeau vide où il est représenté en gisant momifié.

Charles Baudelaire est mort en 1867, à quarante-six ans, aphasique et paralysé, dans une maison de santé de la rue du Dôme. Il est enterré au cimetière Montparnasse dans la tombe de sa famille, entre sa mère et le général Aupick, ce beau-père qu'il avait détesté toute sa vie. La cohabitation posthume est une ironie qui n'a échappé à personne.

De son vivant, il fut un auteur maudit au sens juridique du terme. En 1857, "Les Fleurs du mal" lui valent un procès pour outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs, intenté par le même procureur Pinard qui venait d'attaquer "Madame Bovary." Baudelaire est condamné à une amende, six pièces sont retranchées du recueil. L'interdiction ne sera levée qu'en 1949, par un arrêt de la Cour de cassation.

À la fin du siècle, les symbolistes en ont fait leur maître. Un comité se constitue pour lui élever un monument. La commande est d'abord envisagée pour Auguste Rodin, dont le projet suscite un scandale artistique et n'aboutit pas. Elle échoit finalement au sculpteur José de Charmoy.

Le cénotaphe est inauguré le 26 octobre 1902 au cimetière Montparnasse, 3 boulevard Edgar-Quinet, à l'extrémité est de l'allée transversale, entre les 26e et 27e divisions. Ce n'est pas une tombe : le corps de Baudelaire repose ailleurs dans le même cimetière.

L'œuvre est saisissante. Le poète est représenté en gisant, enveloppé comme une momie, les bras croisés sur la poitrine. Au-dessus, une figure ailée penchée, appuyée sur un pilier, contemple le mort. On y lit à la fois le Spleen, le Mal, et cette obsession de la décomposition qui traverse "Une charogne."

Le monument a été inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du 9 octobre 2023.

Cénotaphe de Baudelaire, Archives Paris Révolutionnaire
Cénotaphe de Baudelaire, Archives Paris Révolutionnaire

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Personnage(s) : Charles Baudelaire
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière Montparnasse — Tombe d'Aimé-Jules Dalou
Élève de Carpeaux, officier au 83e bataillon fédéré et membre de la Fédération des artistes, Jules Dalou s'exile à Londres en juillet 1871 ; condamné par contumace aux travaux forcés, il rentre en 1879. Auteur du Triomphe de la République, place de la Nation, et des gisants de Blanqui et de Victor Noir au Père-Lachaise, il meurt à Paris le 15 avril 1902. Sa propre tombe, d'une grande simplicité, réunit sa femme et sa fille Georgette.
Emplacement : 4e division
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Personnage(s) : Aimé-Jules Dalou
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière Montparnasse — Tombe de Pierre Lavroff
Philosophe et mathématicien russe évadé de déportation, Pierre Lavrov arrive à Paris en 1870 et vit la Commune de l'intérieur, membre de la section des Ternes de l'Internationale ; elle l'envoie à Londres auprès de Marx, et il organise à l'étranger des meetings de soutien. Figure de l'émigration révolutionnaire russe, il participe en 1889 à la fondation de la Deuxième Internationale et meurt à Paris le 6 février 1900. Un bloc de pierre brute marque sa tombe.
Emplacement : 27e division
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Personnage(s) : Piotr Lavrov
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Compositeur et chef d'orchestre, familier du Montmartre des cabarets, Charles de Sivry est le beau-frère de Paul Verlaine. Employé aux archives de la Commune, il est arrêté et détenu au camp de Satory à l'été 1871 ; c'est là qu'il recommande sa mère comme professeur de piano au père du jeune Claude Debussy, qu'elle préparera au Conservatoire. Il meurt le 15 janvier 1900 et repose dans la tombe de sa famille.
Emplacement : 25e division
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Personnage(s) : Charles de Sivry
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Remarqué par Rossini, Aristide Cavaillé-Coll s’installe à Paris en 1833 et s’impose avec le grand orgue de l’abbaye de Saint-Denis, achevé en 1841 ; ses ateliers livrent cinquante-cinq orgues à Paris, dont ceux de Sainte-Clotilde, que Franck inaugure, et de Notre-Dame, où Vierne meurt à la console. La guerre de 1870 et le siège ferment un temps sa manufacture de l’avenue du Maine, qu’il doit hypothéquer ; il la cède en 1898. Atteint d’une cécité galopante, il meurt à Paris le 13 octobre 1899, à 88 ans. Il repose dans la 18e division, dans un tombeau où repose aussi son père, le facteur Dominique-Hyacinthe Cavaillé-Coll.
Emplacement : 18e division
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Personnage(s) : Aristide Cavaillé-Coll
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Conseiller d'État, Charles Robert défend l'instruction primaire obligatoire, dirige la compagnie d'assurances l'Union et préside la Société pour l'étude pratique de la participation du personnel aux bénéfices. Il n'est pas communard, mais sa tombe porte un buste de Jules Dalou, sculpteur de la Commune exilé à Londres après 1871, qui repose lui aussi à Montparnasse. Charles Robert meurt au Chesnay le 21 juillet 1899.
Emplacement : 6e division
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3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Né rue Mouffetard, fils d’un loueur de voitures, prix de Rome en 1848, Charles Garnier gagne en 1861 le concours de l’Opéra voulu par Napoléon III. Il quitte Paris pour Menton afin d’éviter la Commune. À l’inauguration de 1875, sous Mac-Mahon, on lui reproche son accointance avec le Second Empire : il doit payer sa place. En 1885, il construit sous l’Arc de triomphe le gigantesque catafalque où trône le corbillard des pauvres de Victor Hugo. Il meurt à Paris le 3 août 1898, à 72 ans. Sa tombe, dans la 11e division, a reçu depuis des feuillets de bronze qui retracent sa biographie en français et en anglais.
Emplacement : 11e division
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Personnage(s) : Charles Garnier
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Journaliste, proche lieutenant de Clemenceau, Tony Révillon est le 13 juillet 1880 à la gare Saint-Lazare pour accueillir Jules Vallès et Benoît Malon au retour d’exil. En 1881, l’extrême gauche l’oppose à Gambetta dans le 20e arrondissement ; élu, il réclame pour les ouvriers au chômage un secours de 25 millions et combat les ministères Gambetta et Ferry. Il meurt à Paris le 11 février 1898, à 66 ans ; ses obsèques civiles donnent lieu à une imposante manifestation républicaine. Sa tombe, dans la 28e division, porte son buste et le médaillon de son fils Michel, par Syamour.
Emplacement : 28e division
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Personnage(s) : Tony Révillon
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
D’abord négociant en vin à Bordeaux, Ernest Rousselle est élu en 1881 conseiller municipal de Paris, dans la fraction radicale socialiste ; anticlérical, il veut soustraire les enfants de l’Assistance publique aux institutions religieuses. Il préside le Conseil municipal en 1889 et 1890. Il meurt à Paris le 15 mai 1896, à 59 ans. Il repose dans la 29e division.
Emplacement : 29e division
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Personnage(s) : Ernest Rousselle
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Formé chez un marbrier, Léon-Alexandre Delhomme est aussi conseiller municipal de Paris. Il sculpte le Monument à Louis Blanc, inauguré place Monge le 24 février 1887 et envoyé à la fonte sous Vichy, et La République du péristyle de la Sorbonne. Il meurt à Paris le 16 mars 1895, à 53 ans. Sa tombe, dans la 3e division, porte un médaillon de Louis Deschamps.
Emplacement : 3e division
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Personnage(s) : Léon-Alexandre Delhomme
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Employé au ministère de l’Intérieur à partir de 1862, Emmanuel Chabrier dîne le samedi aux Batignolles chez Mme Verlaine ; Paul Verlaine lui écrit deux livrets d’opérette. Il fréquente Zola, Monet et Manet, dont il achète de nombreuses toiles : Un bar aux Folies Bergère est accroché au-dessus de son piano. Il se consacre entièrement à la musique en 1880 ; España, sa plus célèbre œuvre, naît en 1883 d’un voyage en Espagne. Frappé par la faillite de ses banquiers, il meurt de paralysie générale à Paris le 13 septembre 1894, à 53 ans. Il repose dans la 9e division, sous un buste de Constantin Meunier.
Emplacement : 9e division
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Personnage(s) : Emmanuel Chabrier
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
À 20 ans, Guy de Maupassant s’engage pour la guerre franco-prussienne et fait la retraite des armées normandes devant l’avancée allemande. La guerre et l’occupation nourrissent Boule de suif, sa première nouvelle, parue en 1880 dans Les Soirées de Médan, puis Mademoiselle Fifi ou Deux amis ; en 1883, dans Gil Blas, « La guerre » est un réquisitoire contre le colonialisme. Atteint de syphilis, interné chez le docteur Blanche à Passy, il y meurt le 6 juillet 1893, à 42 ans. Après les obsèques à Saint-Pierre-de-Chaillot, il est enterré dans la 26e division, au petit cimetière ; Zola prononce l’oraison funèbre.
Emplacement : 26e division
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Personnage(s) : Guy de Maupassant
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Fils de François-Vincent Raspail, l’un des premiers à proclamer la République en février 1848, Camille Raspail est médecin et soigne selon la méthode de son père. En 1870-1871, il commande en chef les forts du sud de Paris. Élu député du Var en 1885 à l’extrême gauche, réélu en 1889 comme radical-socialiste, il meurt à Paris le 24 mai 1893, à 65 ans. Dans la 2e division, où repose aussi son épouse, Sophie Olympe Cotte, sa tombe porte son buste et un médaillon de celle-ci, le tout en bronze, œuvre de Louis-Guillaume Fulconis.
Emplacement : 2e division
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Personnage(s) : Camille Raspail
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Élu du Ve arrondissement et délégué aux Finances de la Commune, déporté en Nouvelle-Calédonie d'où il s'évade en 1874 avec Henri Rochefort, Francis Jourde meurt à Nice le 20 mars 1893. Il est inhumé ici le 24, en présence d'Édouard Vaillant, Léo Frankel, Jules Martelet et Zéphirin Camélinat ; la police interdit le drapeau rouge que ses amis voulaient poser sur le cercueil. La tombe a disparu depuis et ses restes ont été transférés au Père-Lachaise : le point marque son ancien emplacement.
Emplacement : 3e division, tombe disparue
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Personnage(s) : Francis Jourde
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière Montparnasse — Tombe d'Étienne Arago
Dernier des six frères Arago, dramaturge et directeur du Vaudeville, Étienne Arago distribue sur les barricades de juillet 1830 les armes de son théâtre ; le 24 février 1848, il prend l’hôtel des Postes, qu’il dirige ensuite : le timbre-poste est adopté sous son administration. Condamné à la déportation après la manifestation de juin 1849, il ne rentre qu’en 1859 et devient maire de Paris le 4 septembre 1870. En 1871, il se range du côté de Versailles ; selon Lissagaray, il traite les fédérés de « monstres ». Il meurt à Paris le 6 mars 1892, à 90 ans. Sa tombe, dans la 10e division, est devenue illisible et laissée à l’abandon.
Emplacement : 10e division
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Personnage(s) : Étienne Arago
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière Montparnasse — Tombe de Agar (par Henry Cros)
Tragédienne de la Comédie-Française, Marie-Léonide Charvin, dite Agar, chante La Marseillaise chaque soir après la déclaration de guerre de juillet 1870. Sous la Commune, elle se produit pour sa cause, au Vaudeville, aux Tuileries, puis le 21 mai 1871 au profit des blessés, des veuves et des orphelins des gardes nationaux. On lui en fait un crime ; elle répond : « Je suis partout où je puis être en aide aux malheureux », mais doit quitter la Comédie-Française en 1872. Elle meurt à Alger le 15 août 1891, à 58 ans. Sa tombe, dans la 9e division, porte une reproduction de son buste par Henry Cros ; Coppée y dit des vers à l’inauguration.
Emplacement : 9e division
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Personnage(s) : Agar
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Élève de David d’Angers et de Rude, Jean-François Soitoux remporte le concours lancé le 18 mars 1848 par le gouvernement de la Deuxième République : sa République en est la première représentation officielle. Exposée au Salon de 1850, elle est remisée après la chute de la République, fin 1851 ; la Ville ne l’installe devant l’Institut que le 24 février 1880. Il meurt à Paris le 21 mai 1891, à 74 ans. Sa tombe, élevée par ses amis et ses élèves, inaugurée un an jour pour jour après sa mort, porte sur une colonne une réduction en bronze de sa République et, au sommet de la stèle, son profil en médaillon par Maximilien Bourgeois.
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Personnage(s) : Jean-François Soitoux
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Fils d’un cordonnier mutilé à Waterloo, l’avocat lyonnais Jean-Claude Colfavru est mêlé aux émeutes de juin 1848 et emprisonné quelques mois ; il dirige ensuite un journal proudhonien, La Voix du peuple, et siège à l’extrême gauche comme député de Saône-et-Loire. Exilé après le coup d’État du 2 décembre 1851, il ne rentre qu’avec l’amnistie de 1859. Député de la Gauche radicale à partir de 1885, il fait tomber les gouvernements Freycinet, Rouvier et Tirard, contribue à la démission de Jules Grévy et cofonde la Société des droits de l’homme et du citoyen. Il meurt à Paris le 18 mai 1891, à 70 ans. Il repose dans la 20e division.
Emplacement : 20e division
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Personnage(s) : Jean-Claude Colfavru
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière Montparnasse — Tombe de Théodore de Banville
Poète des Odes funambulesques et maître de la versification, que les Parnassiens tiennent pour l'un des leurs, Théodore de Banville est un ami fidèle de Baudelaire, dont il prononce l'éloge funèbre en 1867 au Montparnasse. Il meurt à Paris le 13 mars 1891, la veille de ses 68 ans, peu après la publication de son seul roman, Marcelle Rabe. Il est inhumé dans la 13e division du même cimetière.
Emplacement : 13e division
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Personnage(s) : Théodore de Banville
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Organiste de Sainte-Clotilde de 1858 à sa mort, sur un orgue de Cavaillé-Coll, César Franck se marie à Paris le 22 février 1848, alors que débute la révolution : leur premier enfant sera surnommé « Barricade ». Pendant le siège de 1870, il compose une Ode à Paris. Il meurt le 8 novembre 1890 au 95, boulevard Saint-Michel, à 67 ans. Au cimetière de Montrouge, Chabrier lui dit « Adieu, Maître » ; en septembre 1891, il est transféré dans la 26e division, sous une sépulture d’Émile Bois ornée d’un médaillon de Rodin, l’une des rares œuvres funéraires du sculpteur.
Emplacement : 26e division
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Personnage(s) : César Franck
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Fils de paysans du Morvan arrivé illettré à Paris, Jean Gautherin sculpte des bustes de Marianne et le Diderot du boulevard Saint-Germain (1886) ; en 1879, son projet de monument à la République est battu par celui des frères Morice. Son Travail, figure d’ouvrier, part à la fonte sous Vichy. Il meurt chez lui, passage Stanislas, le 21 juillet 1890, à 49 ans ; William Bouguereau improvise une allocution à son inhumation, dans la 28e division.
Emplacement : 28e division
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Personnage(s) : Jean Gautherin
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Peintre des églises de Paris, homme de gauche influencé par Fourier, Félix Jobbé-Duval prend une part active aux journées de 1848. Adjoint au maire du 15e en 1870, il entre le 31 octobre à l’Hôtel de Ville avec le 178e bataillon pour éviter un affrontement sanglant. Il obtient 1 863 voix aux élections de la Commune et milite à la Ligue des droits de Paris ; condamné puis amnistié, il est élu conseiller municipal du quartier Necker en 1871, réélu jusqu’à sa mort, le 2 avril 1889 à Paris, à 67 ans. Il repose dans la 17e division.
Emplacement : 17e division
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3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Poète des Hydropathes et inventeur — télégraphe automatique, photographie des couleurs par trichromie, paléophone qui annonce le phonographe —, Charles Cros meurt à Paris le 9 août 1888 sans avoir tiré profit de ses découvertes. Pendant la Commune, lui et son frère aîné Antoine, médecin, servent au 249e bataillon de la Garde nationale, où Antoine est nommé chirurgien-major le 20 avril 1871. Écrivain, prétendant au trône d'Araucanie, Antoine Cros repose dans la même tombe.
Emplacement : 29e division
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Personnage(s) : Charles Cros
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Insurgé de 1830, les armes à la main sur les barricades, Antoine Étex sculpte ensuite pour l’Arc de triomphe La Résistance de 1814 et La Paix, et peint en 1845 La Mort du prolétaire. En 1848, il écrit à Proudhon que « toute propriété qui n’est pas le fruit du travail de celui qui la possède est un vol fait à la société ». En décembre 1851, il presse des ouvriers de défendre la République ; ils répondent : « Ce sera comme aux Journées de Juin ; et pour nous, toujours des pruneaux. » Il meurt à Chaville le 14 juillet 1888, à 80 ans. Dans la 7e division, il repose sous un buste de sa main, avec son frère, le peintre Jules Étex.
Emplacement : 7e division
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Personnage(s) : Antoine Étex
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Avec son ami Charcot, Alfred Vulpian décrit la sclérose en plaques. En 1867, un évêque l’accuse de matérialisme et d’athéisme pour lui interdire d’enseigner : il obtient pourtant la chaire d’anatomie pathologique, à une voix près. En 1885, il couvre de son autorité les premières vaccinations de Pasteur contre la rage. Il meurt à Paris le 18 mai 1887, à 61 ans, et repose dans la 10e division.
Emplacement : 10e division
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Personnage(s) : Alfred Vulpian
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Feuilletoniste à succès, Paul Féval triomphe avec Le Bossu (1857) : « Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi ! » Conservateur, il ressent durement la révolution de 1848, inquiet d’avoir, par ses écrits, contribué à réveiller la conscience politique du peuple ; en 1853, il écrit une chanson royaliste, Monsieur de Charette, et en 1870, au moment de la défaite et de la Commune, il quitte Paris. Hémiplégique, recueilli par les frères de Saint-Jean-de-Dieu, il meurt rue Oudinot le 7 mars 1887, à 70 ans. Il repose dans la 26e division avec son fils Paul, auteur des suites du Bossu, sous une tombe très sobre ornée d’un crucifix.
Emplacement : 26e division
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Personnage(s) : Paul Féval
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Fouriériste et républicain, François Cantagrel passe la Commune à Nantes : il y reprend le journal L'Union démocratique et introduit le jeune Georges Clemenceau dans les clubs ouvriers, en conciliateur plus qu'en partisan. Élu conseiller municipal de Paris pour La Chapelle le 30 juillet 1871, radical et franc-maçon, il poursuit une carrière républicaine et meurt à Paris le 27 février 1887.
Emplacement : 26e division
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3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Sergent en 1870, Auguste Lançon envoie aux journaux ses dessins de la guerre. Sous la Commune, il commande une compagnie de gardes nationaux fédérés et siège à la Fédération des artistes. Interné à Satory puis à l'Orangerie de Versailles avec Courbet, il grave ensuite la vie ouvrière et les bas-fonds de Paris dans son atelier de la rue Vandamme. Il meurt le 13 avril 1885. Sa tombe a disparu et ses restes ont été transférés au Père-Lachaise : le point en donne l'emplacement approximatif.
Emplacement : 17e division, tombe disparue
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Personnage(s) : Eugène-Auguste Lançon
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Maître de Pasteur, Jean-Baptiste Dumas enseigne la chimie à l’Athénée, lieu de rassemblement de l’opposition libérale, et aide Alphonse Lavallée à fonder en 1829 l’École centrale, qui doit former les « médecins des usines et des fabriques ». Député en 1849, ministre de l’Agriculture et du Commerce de Louis-Napoléon Bonaparte en 1850-1851, il devient sénateur de l’Empire. Pendant le siège de Paris, il tente en vain de fabriquer un substitut au lait, qui vient à manquer. Il meurt à Cannes le 11 avril 1884, à 83 ans, et repose dans la 16e division.
Emplacement : 16e division
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Personnage(s) : Jean-Baptiste Dumas
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Dernier d’une lignée de cinq générations de sculpteurs, Auguste Dumont signe en 1835 le Génie de la Liberté, le bronze doré qui coiffe la colonne de Juillet, élevée place de la Bastille en mémoire des journées de 1830 : un génie ailé qui tient un flambeau et des fers brisés. Pour Napoléon III, il copie ensuite pour la colonne Vendôme le Napoléon en César de Chaudet, inauguré en 1863 ; la Commune abat la colonne le 16 mai 1871, et c’est sa statue, restaurée, qui y trône depuis 1875. Il meurt le 28 janvier 1884 en son domicile du quai Conti, à 82 ans. Il repose dans la 10e division, comme sa sœur, la compositrice Louise Farrenc.
Emplacement : 10e division
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Personnage(s) : Augustin-Alexandre Dumont
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Venu d’Aubusson faire son droit à Paris, Jules Sandeau rencontre en 1830 Aurore Dupin, baronne Dudevant : leur roman à quatre mains, Rose et Blanche (1831), paraît sous le nom de Jules Sand, dont elle garde Sand pour devenir George Sand. Secrétaire de Balzac, il s’enfuit en 1836 de la rue Cassini en lui laissant ses dettes. Élu à l’Académie française en 1858, bibliothécaire à la Mazarine, il est fait par Napoléon III bibliothécaire du palais de Saint-Cloud, pillé et incendié en octobre 1870. Il meurt le 24 avril 1883, à 72 ans, dans son logement de l’Institut, 1, rue de Seine. Il repose dans la 9e division.
Emplacement : 9e division
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Personnage(s) : Jules Sandeau
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
En juillet 1830, Émile Littré fait le coup de feu aux côtés des insurgés ; en juin 1848, il prend part à la répression de l’insurrection. Positiviste, ami d’Auguste Comte, il rédige de 1847 à 1865 son Dictionnaire de la langue française. Élu en 1871, il siège à gauche, vote l’amendement Wallon et devient sénateur inamovible. Il meurt à Paris le 2 juin 1881, à 80 ans : un quart d’heure plus tôt, sa femme a « baptisé » le vieux matérialiste, et ses obsèques religieuses réjouissent le camp clérical. Il repose dans la 3e division ; il avait exigé qu’aucun discours n’y soit prononcé : Renan s’y conforme, Grégoire Wyrouboff passe outre.
Emplacement : 3e division
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Personnage(s) : Émile Littré
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Architecte en chef du service des promenades, aux côtés d’Alphand et d’Haussmann, Gabriel Davioud dessine le mobilier urbain de Paris, bancs, kiosques et lampadaires, la fontaine Saint-Michel, les deux théâtres de la place du Châtelet et le palais du Trocadéro, démoli pour l’Exposition de 1937. Ses relevés des maisons rasées pour prolonger la rue de Rivoli disparaissent pour beaucoup dans l’incendie de l’Hôtel de Ville, en 1871. Il meurt à Paris le 6 avril 1881, cinq jours après une attaque de paralysie. Il repose dans la 8e division.
Emplacement : 8e division
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Personnage(s) : Gabriel Davioud
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Étudiant, Paul Broca fonde en 1848 la Société des libres-penseurs et dénonce une bourgeoisie « sourde aux souffrances actuelles ». En 1861, il décrit le « centre de la parole », l’aire de Broca ; mais sa craniométrie, mise au service d’une hiérarchie des races et de l’infériorité des femmes, fait de lui une figure centrale du racisme scientifique. Sénateur inamovible, il meurt subitement à Paris le 9 juillet 1880, à 56 ans, d’une rupture d’anévrisme ; son cerveau est conservé au Muséum. Il repose dans la 15e division.
Emplacement : 15e division
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Personnage(s) : Paul Broca
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Avocat des Juifs persécutés, Adolphe Crémieux devient le 25 février 1848 ministre de la Justice du gouvernement provisoire : la justice sera désormais rendue « au nom du peuple français ». Garde des Sceaux de la Défense nationale en 1870, il fait prendre le 24 octobre le décret qui déclare citoyens français les « israélites indigènes » d’Algérie ; les musulmans, eux, doivent en faire la demande en personne au bureau arabe. En 1871, il tente en vain de sauver Gaston Crémieux, un temps à la tête de l’insurrection marseillaise, fusillé le 30 novembre. Il meurt à Paris le 10 février 1880, à 83 ans. Il repose dans la 5e division.
Emplacement : 5e division
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Personnage(s) : Adolphe Crémieux
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière Montparnasse — Tombe de Gabriel Charavay
Mort de Gabriel Charavay, enfermé à Doullens puis à Belle-Île et enfin déporté en Algérie sous Napoléon III. Il collabora à la rédaction du Larousse
Emplacement : 26e division
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Personnage(s) : Gabriel Charavay
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Fille d’un militaire tué en 1815, apprentie repasseuse à 11 ans, Marie Carpantier dirige à 19 ans la salle d’asile de La Flèche et propose dès 1845 d’en faire une « école maternelle » ; le 28 avril 1848, le ministre de la République Hippolyte Carnot signe l’arrêté qui adopte le nom. Directrice à Paris de l’école normale maternelle, elle donne en 1867 cinq conférences à la Sorbonne. Sous Mac-Mahon, en 1874, elle est révoquée pour libre pensée, puis réhabilitée quelques mois plus tard. Elle meurt à Villiers-le-Bel le 31 juillet 1878, à 62 ans, et repose dans la 12e division.
Emplacement : 12e division
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Personnage(s) : Marie Pape-Carpantier
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Mécanicien de Hanovre passé par l’Angleterre, Heinrich Daniel Ruhmkorff ouvre à Paris, en 1855, une boutique d’appareils électriques. Sa bobine d’induction, aux étincelles de 30 centimètres, sert à Hertz et à Branly, aux débuts de la télégraphie sans fil ; Jules Verne glisse ses « appareils de Ruhmkorff » dans Vingt mille lieues sous les mers. Il meurt à Paris le 20 décembre 1877, à 74 ans, et repose dans la 20e division.
Emplacement : 20e division
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Personnage(s) : Heinrich Daniel Ruhmkorff
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Le 31 août 1846, Urbain Le Verrier livre à l’Académie des sciences le calcul d’une planète jamais observée ; Galle la voit à Berlin dans la nuit du 23 au 24 septembre : c’est Neptune. En juin 1848, garde national, il s’engage à droite contre le « péril rouge » ; il soutient le coup d’État de 1851 et se retrouve sénateur quelques semaines après. Directeur de l’Observatoire en 1854, il paie ses observateurs 15 centimes l’étoile ; une soixantaine d’astronomes démissionnent et il est relevé en 1870. Rétabli en 1873, il meurt à l’Observatoire le 23 septembre 1877, à 66 ans. Il repose dans la 11e division, sous un globe orné des signes du zodiaque.
Emplacement : 11e division
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Personnage(s) : Urbain Le Verrier
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Élève du Pensionnat normal, fermé en 1822 pour motifs politiques, Antoine-Augustin Cournot passe sa licence de mathématiques à la Sorbonne. En 1838, ses Recherches sur les principes mathématiques de la théorie des richesses formulent pour la première fois les modèles du monopole, du duopole et de la concurrence parfaite ; leur importance ne sera reconnue que bien plus tard. Philosophe, il définit le hasard comme la « rencontre de deux séries causales indépendantes ». Recteur et inspecteur général de l’Instruction publique, il meurt à Paris le 30 mars 1877, à 75 ans. Il repose dans la 3e division.
Emplacement : 3e division
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Personnage(s) : Antoine-Augustin Cournot
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Fils d’un chapelier, Aristide Boucicaut fait du Bon Marché, avec sa femme Marguerite, le premier grand magasin, modèle du Bonheur des Dames de Zola. Cantine, caisse de retraite : le paternalisme maison interdit pourtant la grève, même devenue légale en 1864, et la légende veut que le mot ait été rayé des dictionnaires du rayon librairie. Aristide meurt à Paris le 26 décembre 1877, à 67 ans ; Marguerite, morte à Cannes le 8 décembre 1887, à 71 ans, lègue sa fortune à des œuvres et aux employés. Ils reposent dans la 18e division, dans une sépulture qu’entretient l’Assistance publique.
Emplacement : 18e division
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3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Sorti premier de Polytechnique, ingénieur des Mines, Abel Transon prêche le saint-simonisme et écrit au Globe, puis rompt en 1832 et devient, avec Victor Considerant et Jules Lechevalier, l’un des trois disciples préférés de Fourier. Revenu au catholicisme, il figure sur une liste aux élections d’avril 1848, se disant « républicain à un double titre : comme chrétien et comme socialiste » ; il n’est pas élu. Après la Commune, il regrette d’avoir « préparé les voies à l’inondation ». Il meurt à Paris le 23 août 1876, à 70 ans, et repose dans la 6e division.
Emplacement : 6e division
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Personnage(s) : Abel Transon
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Professeur au Collège de France, Edgar Quinet y attaque les jésuites en 1843, avec son ami Michelet. Député de l’Ain en 1848, hostile pourtant aux insurrections de Juin, il doit s’exiler après le coup d’État du 2 décembre 1851, et Louis-Napoléon Bonaparte le révoque de sa chaire. Il refuse l’amnistie de 1859 et, depuis Bruxelles puis la Suisse, devient avec La Révolution (1865) « la conscience du parti républicain ». Rentré en 1870, il combat à l’Assemblée de Bordeaux la politique de Thiers et l’abandon de l’Alsace et de la Lorraine, et rejette « la République sans républicains ». Il meurt à Versailles le 27 mars 1875, à 72 ans. Il repose au centre du cimetière, dans la 11e division, où sa femme Hermione le rejoint en 1900 ; l’entrée principale donne sur le boulevard qui porte son nom.
Emplacement : 11e division
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Personnage(s) : Edgar Quinet
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Pédagogue, lexicographe et éditeur, Pierre Larousse consacre ses dernières années au Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, entrepris seul en 1864 dans l'esprit de l'Encyclopédie et conçu comme un outil d'éducation républicaine. Sans prendre part à la Commune, il la voit avec sympathie : il accueille Gustave Flourens à sa sortie de Mazas et, selon un témoignage familial, la plupart de ses ouvriers servent chez les fédérés. Il meurt à Paris le 3 janvier 1875, avant l'achèvement du dictionnaire. Son buste en bronze surmonte la tombe.
Emplacement : 14e division
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Personnage(s) : Pierre Larousse
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Architecte formé aux Beaux-Arts, coopérateur et militant de 1848, Louis Delbrouck dirige pendant le Siège les travaux de fortification de la Légion du génie auxiliaire, et refuse la Légion d'honneur que lui décerne Trochu. Membre de l'Internationale et de la Fédération des artistes, il reste capitaine du génie sous la Commune et tente par deux fois une médiation avec Versailles. Arrêté sur les remparts de Passy le 21 mai 1871, emprisonné à Versailles, il obtient un non-lieu mais meurt, malade, chez un ami, le 16 juillet 1871.
Emplacement : 27e division
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Personnage(s) : Joseph Delbrouck
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière Montparnasse
Exécution et inhumation de Fédérés dans le cimetière jusqu'au 19 juin. 1 684 inhumations selon les registres du cimetière. Mais le plus grand nombre des Communards massacrés furent inhumés au cimetière d'Ivry
Emplacement : 27e division
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Personnage(s) : Fédérés
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière Montparnasse — Lieu de massacre de Communards
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
Emplacement : 27e division
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Personnage(s) : Fédérés
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière Montparnasse — Retranchement des Fédérés
Piazza manque d'être fusillé par ses hommes qui lui reprochent de ne pas avoir réclamé de renforts ; il est sauvé par Allemane mais enfermé à la mairie du 5ème arrondissement pour le protéger
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3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière Montparnasse
Emplacement : 27e division
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Personnage(s) : Fédérés
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière Montparnasse — Tombe de Pierre Leroux
Typographe, inventeur d'une machine à composer, penseur du premier socialisme — il revendiquait l'invention du mot —, Pierre Leroux fonde à Boussac une communauté ouvrière, est élu député en 1848 et s'exile après le coup d'État. Il meurt à Paris le 12 avril 1871, en pleine Commune : celle-ci décide de lui rendre hommage et délègue Jules Martelet à ses obsèques, le 14 avril.
Emplacement : 9e division
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Personnage(s) : Jules Martelet ·Pierre Leroux
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière Montparnasse — Monument des Fédérés
Pendant la Semaine sanglante, les troupes versaillaises entrent dans le XIVe arrondissement par la porte de Vanves ; les combats et les exécutions sommaires se poursuivent jusque dans le cimetière. Entre 1 600 et 2 000 morts y sont enfouis dans des fosses profondes, recouverts de chaux : 1 684 inhumations selon les registres du cimetière. Un emplacement leur est dédié en 1907, et ce monument est inauguré en 1910.
Emplacement : 27e division
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Personnage(s) : Fédérés
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Chef, avec Hittorff et Labrouste, de la génération romantique des architectes, Félix Duban succède en 1832 à son beau-frère Debret sur le chantier de l’École des beaux-arts, dont il élève le palais des Études, ouvert sur la rue Bonaparte ; à partir de 1848, il restaure la galerie d’Apollon du Louvre. Il meurt à Bordeaux le 8 octobre 1870, à 71 ans. Il repose dans la 19e division ; sa femme et sa fille sont aussi inhumées au Montparnasse.
Emplacement : 19e division
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Personnage(s) : Félix Duban
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Critique des Causeries du lundi et historien de Port-Royal, Charles-Augustin Sainte-Beuve est d’abord l’ami de Victor Hugo. À la différence de Hugo, il se rallie au Second Empire en 1852 ; en 1855, des étudiants chahutent sa leçon inaugurale au Collège de France pour dénoncer ce ralliement, et il démissionne. Nommé au Sénat en 1865, il y défend la liberté des lettres et la liberté de penser. Il meurt chez lui, 11 rue du Montparnasse, le 13 octobre 1869, à 64 ans. Il repose dans la 17e division, dans le caveau de sa mère ; son buste, « extraordinairement hautain » selon Philippe Landru, est l’œuvre de De Charmoy.
Emplacement : 17e division
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3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Américaine aux origines incertaines, qu’elle a elle-même racontées de multiples façons, Adah Isaacs Menken devient l’actrice la plus riche de son époque avec Mazeppa, où elle semble nue, attachée à un cheval. En 1866, à Paris, elle joue à guichets fermés Les Pirates de la savane et devient la maîtresse d’Alexandre Dumas père, de plus de deux fois son aîné. Tombée dans la misère, malade, elle meurt à Paris le 10 août 1868, à 33 ans. Au Montparnasse, sa tombe porte l’épitaphe « Thou knowest », choisie chez Swinburne, le poète qui disait d’elle qu’une femme aux si belles jambes n’avait pas besoin de parler poésie.
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Personnage(s) : Adah Isaacs Menken
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière Montparnasse — Tombe de Charles Baudelaire
Le poète des Fleurs du mal, condamnées en 1857, est frappé d'aphasie et de paralysie en 1866 et meurt à Paris le 31 août 1867, à 46 ans. Il est inhumé le 2 septembre au cimetière du Montparnasse, 6e division, dans la tombe de son beau-père détesté, le général Jacques Aupick, mort en avril 1857 quelques semaines avant la parution du recueil ; moins de cent personnes entendent l'éloge de Théodore de Banville. Sa mère l'y rejoint en 1871. Un cénotaphe, élevé plus tard entre les 26e et 27e divisions, ne doit pas être confondu avec cette tombe.
Emplacement : 6e division
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3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Fils d’un maréchal-ferrant de Touraine, ayant appris presque seul à lire, Alfred Velpeau monte à Paris et devient chirurgien de la Pitié, professeur de clinique chirurgicale, puis successeur de Larrey à l’Académie des sciences ; la « bande Velpeau » porte son nom. Il meurt à Paris le 24 août 1867, à 72 ans. Après des obsèques à Saint-Thomas-d’Aquin, il repose dans la 7e division, dans une chapelle qui borde l’avenue de l’Ouest.
Emplacement : 7e division
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Personnage(s) : Alfred Velpeau
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière Montparnasse — Tombe de Pierre-Joseph Proudhon
Typographe venu de Besançon, auteur de Qu'est-ce que la propriété ? en 1840 et de la formule « la propriété, c'est le vol », Pierre-Joseph Proudhon est élu député en 1848 et défend à l'Assemblée les insurgés de Juin. Condamné sous l'Empire, exilé à Bruxelles, il meurt à Paris le 19 janvier 1865, six ans avant la Commune, sur laquelle son socialisme fédéraliste et associatif pèsera fortement.
Emplacement : 2e division
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Personnage(s) : Pierre-Joseph Proudhon
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Le 23 février 1848, « défenseur de l’ordre », Jacques Alexandre Bixio marche contre les barricades de la rue Saint-Jacques, puis devient chef du cabinet du gouvernement provisoire. En juin, représentant du Doubs, il combat les insurgés les armes à la main : une balle lui traverse la poitrine rue des Noyers. Le 2 décembre 1851, il prononce avec d’autres représentants la déchéance du prince-président et fait un mois de prison. Il meurt à Paris le 16 décembre 1865, à 57 ans. Sa chapelle de la 4e division, ornée de son buste par Adam-Salomon, accueille aussi son fils Maurice (1836-1906), conseiller municipal, qui a donné son nom à la rue Bixio.
Emplacement : 4e division
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Personnage(s) : Jacques Bixio ·Maurice Bixio
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Élève du Pensionnat normal, ancêtre de l’École normale supérieure, Louis Hachette voit sa carrière d’enseignant brisée quand le gouvernement Villèle le ferme, en 1822 ; il fonde en 1826 une librairie classique et reçoit en 1836 le titre envié de « libraire de l’Université ». En 1853, il installe ses « Bibliothèques des Chemins de fer » dans les gares ; on lui reproche d’y privilégier ses propres livres et d’en censurer d’autres. Il meurt le 31 juillet 1864 en son château du Plessis-Piquet, à 64 ans, à la tête de la première maison d’édition d’Europe. Il repose dans la 15e division.
Emplacement : 15e division
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Personnage(s) : Louis Hachette
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Membre de la charbonnerie dans les années 1820, cofondateur du Temps, Jean-Jacques Baude signe en juillet 1830 la protestation des journalistes contre les ordonnances de Saint-Cloud ; le préfet de police fait saisir les presses des journaux qui l’ont publiée. La révolution faite, cet homme-clé du parti orléaniste devient lui-même préfet de police, le 26 décembre 1830. Député, il vote en 1833 la condamnation du gérant de La Tribune, un journal républicain. Il meurt à Paris le 6 février 1862, à 69 ans. Il repose dans la 12e division, dans la chapelle de la famille Baude, avec son fils Georges, diplomate.
Emplacement : 12e division
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Personnage(s) : Jean-Jacques Baude
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
En septembre 1792, à 18 ans, Jean-Baptiste Biot s’engage comme canonnier volontaire et se bat à Hondschoote. Physicien de la lumière polarisée, il rédige sur la météorite tombée à L’Aigle en 1803 un rapport qui passe pour la première preuve de l’origine non terrestre des météorites ; le 24 août 1804, il s’élève en ballon avec Gay-Lussac à quelque 4 000 mètres pour étudier l’atmosphère. Professeur au Collège de France, il publie un Essai sur l’histoire générale des sciences pendant la Révolution française. Il meurt à Paris le 3 février 1862, à 87 ans. Il repose dans la 6e division, sous une dalle contemporaine.
Emplacement : 6e division
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Personnage(s) : Jean-Baptiste Biot
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Né à Paris dans un milieu modeste, peintre sur porcelaine, puis élève de Charlet et de Gros, Auguste Raffet met la lithographie au service de la légende napoléonienne et popularise le « grognard » : Le Réveil, Ils grognaient et le suivaient toujours. Illustrateur attitré des Histoires d’Adolphe Thiers, il dessine aussi la conquête de l’Algérie et le siège de Rome par les troupes françaises en 1849. Il meurt à Gênes, dans le royaume de Sardaigne, le 16 février 1860, à 55 ans. Son corps, rapatrié, est inhumé dans la 11e division. Une rue du 16e arrondissement porte son nom.
Emplacement : 11e division
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Personnage(s) : Auguste Raffet
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Secrétaire de Saint-Simon de 1814 à 1817, Augustin Thierry se lance au Censeur dans le combat libéral, cherchant dans l’histoire des arguments contre la politique de son temps ; il soutient ardemment la révolution de Juillet. Aveugle et paralysé, il écrit l’histoire du tiers état, mais 1848, en renversant la bourgeoisie libérale, ruine sa lecture de l’histoire nationale fondée sur la concorde. Il meurt à Paris le 22 mai 1856, à 61 ans. D’abord inhumé à Montmartre dans le tombeau d’Ary Scheffer, il repose dans une chapelle de la 19e division, avec sa femme Julie de Quérangal et son frère Amédée ; les médaillons du fronton ont disparu.
Emplacement : 19e division
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Personnage(s) : Augustin Thierry
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Fille de la charité, sœur Rosalie passe 54 ans au service des pauvres du quartier Mouffetard, l’un des plus misérables de Paris, où les ravages d’un libéralisme économique triomphant accentuent la misère ; elle y ouvre dispensaire, pharmacie, école, orphelinat, crèche. En juillet 1830 et en 1848, elle monte sur les barricades secourir les blessés, de quelque camp qu’ils soient : « Ici on ne tue pas. » Elle meurt rue de l’Épée-de-Bois le 7 février 1856, à 69 ans ; de Saint-Médard au Montparnasse, une foule immense suit sa dépouille. Elle repose dans la 14e division.
Emplacement : 14e division
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Personnage(s) : Jeanne-Marie Rendu
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière Montparnasse — Tombe de François Rude
Sculpteur dijonnais passé du néoclassicisme au romantisme, François Rude signe le Départ des volontaires de 1792, dit La Marseillaise, sur l'Arc de triomphe, et le gisant de Godefroy Cavaignac au cimetière de Montmartre. Il consacre ses dernières années à deux œuvres pour sa ville natale. Il meurt à Paris le 3 novembre 1855 et est inhumé dans la 1re division du cimetière du Montparnasse ; sa tombe porte son buste, œuvre de son neveu Paul Cabet.
Emplacement : 1re division
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Personnage(s) : François Rude
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Seul page français à la cour de Joseph Bonaparte, roi d’Espagne, sous-lieutenant à la chute de l’Empire, Abel Hugo, frère aîné de Victor, fonde avec ses frères Le Conservateur littéraire en 1819, puis écrit sur Napoléon et l’armée. Il meurt à Paris le 8 février 1855, à 56 ans. Son tombeau familial, dans la 18e division, très érodé et à peine lisible, abrite aussi son fils Léopold ; le médaillon, descellé, a été remisé.
Emplacement : 18e division
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Personnage(s) : Abel Hugo
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Pensionné par Louis XVIII pour sa tragédie Louis IX, bibliothécaire du roi, Jacques Ancelot perd pension et postes à la révolution de Juillet : privé de revenus, il écrit dix ans durant surtout des vaudevilles, « non par goût, mais par nécessité ». Élu à l’Académie française en 1841, il meurt à Paris le 7 septembre 1854, à 60 ans. Il repose dans la 10e division avec sa femme, la romancière Virginie Ancelot, qui tenait salon.
Emplacement : 10e division
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Personnage(s) : Jacques Ancelot
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Fils d’un conventionnel, Adolphe Blanqui succède à Jean-Baptiste Say au Conservatoire des arts et métiers ; on lui attribue parfois l’expression « révolution industrielle ». Partisan du libre-échange, conservateur, élu député de Bordeaux en 1846 contre le candidat de l’opposition démocratique, il soutient Louis-Philippe. Son cadet Auguste, « l’Enfermé », passe en prison une grande partie de sa vie ; en 1849, Adolphe lance à l’Académie : « C’est l’ignorance sociale qui fait la fortune du socialisme. » Il meurt à Paris le 29 janvier 1854, à 55 ans, son frère toujours détenu. Il repose dans la 8e division.
Emplacement : 8e division
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Personnage(s) : Adolphe Blanqui
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Fils d’Antoine-Laurent, Adrien de Jussieu côtoie Mérimée au lycée Napoléon, puis remplace son père en 1826 à la chaire de botanique du Jardin des Plantes ; son Cours élémentaire de botanique, publié en 1839, sert à des générations d’étudiants. Président de l’Académie des sciences en 1853, il meurt à Paris le 29 juin 1853, à 55 ans. Il repose dans la 1re division, au côté de son père, sous une tombe presque illisible.
Emplacement : 1re division
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Personnage(s) : Adrien de Jussieu
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Né à Minorque, naturalisé français en 1818, Mathieu Orfila passe pour le fondateur de la toxicologie médico-légale ; doyen de la faculté de médecine de Paris de 1831 à février 1848, il crée le musée Dupuytren. Expert de l’affaire Lafarge, il y est ridiculisé par Raspail, « l’apôtre de la médecine libre », qu’il fait ensuite poursuivre pour exercice illégal : quinze francs d’amende, et Raspail continue ses consultations gratuites. Il meurt le 12 mars 1853 en son domicile du 45, rue Saint-André-des-Arts, à 65 ans. Il repose dans la 4e division ; sur sa tombe, un médaillon le montre de profil.
Emplacement : 4e division
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Personnage(s) : Mathieu Orfila
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière Montparnasse — Tombe de Denis-Gaston Dussoubs
Contre le coup d'État de décembre 1851, Denis Dussoubs prend l'écharpe de son frère Gaston, député socialiste malade, et monte sur une barricade du quartier Montorgueil ; il s'avance seul et désarmé vers la troupe pour la rallier à la République et tombe sous les balles. Sa tombe, élevée par souscription en 1880, porte un bas-relief de bronze, « La mort de Dussoubs », dû au sculpteur communard Charles Capellaro, et ses derniers mots : « Je meurs avec la République ».
Emplacement : 8e division
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3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Chargé par la Constituante, le 4 avril 1791, de faire de l’église Sainte-Geneviève le « Panthéon des grands hommes », Quatremère de Quincy lui donne son apparence actuelle ; élu la même année à la Législative, il y siège avec les royalistes. Emprisonné sous la Terreur, il prend part à l’insurrection royaliste du 13 vendémiaire, qui lui vaut une condamnation à mort par contumace : le temple républicain doit sa forme à un homme « plein de zèle pour la contre-révolution ». Il meurt à Paris le 28 décembre 1849, à 94 ans, et repose dans la 7e division.
Emplacement : 7e division
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3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Fille de comédiens ambulants, Marie Dorval porte sur scène la révolution dramatique de l’école romantique : elle joue Antony et Marion de Lorme, puis incarne Kitty Bell dans le Chatterton de Vigny, son amant. Son amitié intense avec George Sand fait courir dans Paris des rumeurs de lesbianisme, que les historiens n’ont pas tranchées. Le public réclamant des actrices plus jeunes, sa carrière s’achève en tournées ; très dépressive après la mort d’un petit-fils, elle meurt à Paris le 20 mai 1849, à 51 ans. Inhumée dans la 6e division auprès de son mari, elle repose sous une croix qui porte : « Marie Dorval, morte de chagrin ».
Emplacement : 6e division
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Personnage(s) : Marie Dorval
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière Montparnasse — Tombe d'Auguste Dornès
Parlementaire français siégeant à gauche. Grièvement blessé lors des journées de Juin 1848 en tentant une impossible conciliation avec les Insurgés, et pour cause, il mourra quelques semaines plus tard, martyr de l'idéalisme
Emplacement : 11e division
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Personnage(s) : Auguste Dornès
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Fils de pharmacien, Joseph Pelletier isole avec Joseph Caventou la strychnine en 1818, puis la quinine en 1820, et monte une manufacture de sulfate de quinine que toute l’Europe réclame, sans jamais lâcher l’officine de la rue Jacob héritée de son père. Membre du Conseil de salubrité de Paris de 1821 à 1842, il meurt à Clichy le 19 juillet 1842, à 54 ans. Il repose dans la 10e division ; place Louis-Marin, dans le 5e arrondissement, un monument couronné d’une sculpture de Pierre-Marie Poisson honore les deux découvreurs.
Emplacement : 10e division
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Personnage(s) : Joseph Pelletier
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Officier de marine, Jules Dumont d’Urville signale le premier, lors d’une campagne commencée en 1819, la Vénus de Milo tout juste exhumée. Quand les Trois Glorieuses renversent Charles X, c’est lui qui le débarque en exil à Portsmouth, le 16 août 1830 ; la monarchie de Juillet le tient ensuite à l’écart. En 1840, il découvre la terre Adélie, baptisée du nom de sa femme. Le 8 mai 1842, le train de Versailles à Paris déraille à Meudon : il y périt avec elle et leur fils, à 51 ans. Il repose dans la 15e division, sous un obélisque orné d’un buste et de bas-reliefs de Dantan aîné.
Emplacement : 15e division
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Personnage(s) : Jules Dumont d'Urville
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Défenseur de Miranda, qu’il fait acquitter en 1793, puis de Charlotte Corday et de Marie-Antoinette, Claude François Chauveau-Lagarde est convoqué au Comité de sûreté générale, accusé d’avoir trop bien défendu la reine. Arrêté en 1794, libéré après Thermidor, il préside la section royaliste de l’Unité et est condamné à mort par contumace après le 13 Vendémiaire. Sous la Restauration, il obtient la cassation de la condamnation à la marque et aux travaux forcés de Bissette et de deux autres déportés de la Martinique. Il meurt à Paris le 19 février 1841, à 85 ans. Il repose en bordure de la 1re division, que longe l’allée Chauveau-Lagarde.
Emplacement : 1re division
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3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière Montparnasse — Tombe du général Hulin
Le 14 juillet 1789, Pierre-Augustin Hulin prend avec l’huissier Maillard la tête du peuple qui marche sur la Bastille, entre parmi les premiers dans la forteresse et tente en vain de sauver le gouverneur de Launay, lynché à l’Hôtel de Ville. Devenu général sous Bonaparte, il préside en 1804 la commission militaire qui condamne le duc d’Enghien, aussitôt fusillé. Commandant de la place de Paris lors de la conspiration de Malet, en 1812, il reçoit de celui-ci un coup de pistolet qui lui fracasse la mâchoire. Banni par la Restauration, aveugle depuis 1818, il meurt à Paris le 9 janvier 1841, à 82 ans. Il repose dans la 15e division.
Emplacement : 15e division
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Personnage(s) : Pierre-Augustin Hulin
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Nommé en 1791 gardien du dépôt des Petits-Augustins, où l’on réunit les objets d’art confisqués aux maisons religieuses, Alexandre Lenoir assiste en 1793 à la destruction des tombes royales de Saint-Denis décrétée par la Convention : il en sauve statues et gisants, et en fait le musée des Monuments français, ouvert en 1795. La Restauration démantèle ce musée en 1816 et charge Lenoir, la même année, de replacer à Saint-Denis les dépouilles royales. Il meurt à Paris le 11 juin 1839, à 77 ans. Il repose dans la 2e division, dans le caveau de famille où sont aussi inhumés les sculpteurs Alfred et André Lenoir.
Emplacement : 2e division
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Personnage(s) : Alexandre Lenoir
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Rapporteur de la Constituante sur le régime féodal, Philippe-Antoine Merlin, dit de Douai, vote la mort de Louis XVI et présente le 17 septembre 1793 la loi des suspects, l’un des fondements de la Terreur. Thermidorien convaincu, il réclame la fermeture du club des Jacobins ; directeur en 1797, comte d’Empire en 1810, il est exilé en 1815 comme régicide et ne rentre qu’après 1830. Il meurt à Paris le 26 décembre 1838, à 84 ans. Sa tombe, dans la 16e division, est restée inconnue jusqu’en 2011 : la dalle, élevée à la mémoire de sa première épouse, ne le désigne que comme « M. le comte Merlin », suivi de ses titres.
Emplacement : 16e division
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Personnage(s) : Philippe Merlin de Douai
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Recueilli à quatre ans par une bienfaitrice de Provins, apprenti correcteur, puis employé chez l’imprimeur Didot, Hégésippe Moreau participe aux journées de juillet 1830, puis vit en bohème, de faim et de poésie. Son recueil, Le Myosotis, paraît en 1838 et va lui faire une réputation quand, sans ressource, il entre à l’hospice de la Charité ; il y meurt de la tuberculose le 20 décembre 1838, à 28 ans. Dans la 2e division, son buste est de Laure Coutan-Montorgueuil ; la stèle, qui mentionne une souscription publique de 1890 à 1903, porte un quatrain de Pierre Dupont : « Lisez un nom cher à la Muse ».
Emplacement : 2e division
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Personnage(s) : Hégésippe Moreau
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Assistant à l’hôpital militaire pendant le siège de Toulon en 1793, puis élève de Larrey au Val-de-Grâce, Jean Itard n’a pas fini ses études quand l’abbé Sicard lui confie, à l’Institution des sourds-muets de la rue Saint-Jacques, l’enfant sauvage de l’Aveyron, qu’il prénomme Victor. Cinq ans durant, il tente de l’éduquer, et tient pour un échec de ne pas l’avoir fait parler. Il meurt à Passy le 5 juillet 1838, à 64 ans, et repose dans la 3e division. Victor, mort en 1828 impasse des Feuillantines, a été jeté dans une fosse commune.
Emplacement : 3e division
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Personnage(s) : Jean Itard
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Élève de David, François Gérard obtient, pour échapper à la conscription, un poste de juré au Tribunal révolutionnaire, où il siège peu en prétextant une maladie. Peintre de cour sous Napoléon, il doit, sous la seconde Restauration, prouver qu’il n’a pas siégé au procès de Marie-Antoinette ; Premier peintre de Louis XVIII puis de Charles X, il est fait baron en 1819. Il meurt à Paris le 11 janvier 1837, à 66 ans. Il repose dans la 1re division ; les médaillons et les bas-reliefs de sa tombe sont de Dantan.
Emplacement : 1re division
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Personnage(s) : François Gérard
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Démonstrateur au Jardin du roi dès 1770, Antoine-Laurent de Jussieu publie en 1789 son Genera plantarum, à la base de toute la classification actuelle des végétaux supérieurs. Franc-maçon de la loge des Neuf Sœurs, il voit la Convention fonder le 10 juin 1793 le Muséum national d’histoire naturelle, qui succède au Jardin, et en devient directeur l’année suivante. Presque aveugle, il cède sa chaire à son fils Adrien et meurt à Paris le 17 septembre 1836, à 88 ans ; deux ans plus tard, la rue Saint-Victor devient rue Jussieu. Il repose dans la 1re division, près de son fils, sous une tombe aujourd’hui presque illisible.
Emplacement : 1re division
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Personnage(s) : Antoine-Laurent de Jussieu
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Soldat, Louis Alibaud refuse en 1830 de tirer sur les insurgés de Juillet. Le 25 juin 1836, à la sortie des Tuileries, ce militant républicain tire sur Louis-Philippe avec une canne-fusil et le manque. Devant les pairs, il dit avoir médité son geste « depuis qu’il a fait massacrer les citoyens dans les rues de Lyon et au cloître de Saint-Merri ». Il est guillotiné le 11 juillet, barrière Saint-Jacques, à cinq heures du matin, afin d’éviter tout rassemblement républicain : 6 000 soldats bloquent la place. Il a 26 ans et meurt, dit-il, « pour la liberté, pour le peuple, et pour l’extinction de la monarchie ». Son corps est enseveli dans la tranchée des suppliciés du Montparnasse ; sa famille obtient ensuite une tombe propre, que la républicaine Laure Grouvelle fait fleurir à ses frais.
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Personnage(s) : Louis Alibaud
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Née à Tranquebar, aux Indes danoises, Catherine Verlée, divorcée de George-François Grand, est depuis 1797 la maîtresse de Talleyrand, ministre des Relations extérieures et évêque sacré en 1789 ; le Premier consul exige la séparation ou le mariage, et elle l’épouse le 10 septembre 1802. Princesse de Bénévent, séparée de lui en 1816, elle meurt à Paris, 80 rue de Lille, le 10 décembre 1834, à 72 ans ; le registre de Saint-Thomas-d’Aquin la dit « veuve de Georges François Grand », son second mari étant bien vivant. Dans la 2e division, sa tombe n’est qu’un emplacement qui semble vide, sans aucune marque ; elle y repose pourtant toujours.
Emplacement : 2e division
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Personnage(s) : Mme Grand
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Député de la noblesse en 1789, Champagny rejoint le tiers état avant l’invitation royale, mais proteste en 1791 contre l’abolition de la noblesse héréditaire. Ministre de l’Intérieur puis des Affaires étrangères de Napoléon, il adhère en 1814 à sa déchéance, le rejoint aux Cent-Jours et vit assez pour prêter serment à la monarchie de Juillet. Il meurt à Paris le 3 juillet 1834, à 77 ans, et repose dans la chapelle familiale, 3e division.
Emplacement : 3e division
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3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Mathématicien qui a laissé son nom à une théorie des équations, Évariste Galois milite dans la frange la plus intransigeante des républicains de 1830. Au banquet des Vendanges de Bourgogne, le 9 mai 1831, il lance « À Louis-Philippe ! » un poignard à la main ; acquitté, il est repris le 14 juillet et condamné à six mois de prison pour port illégal de costume militaire. Provoqué en duel dans des circonstances restées obscures, il est blessé au ventre le 30 mai 1832 près de l’étang de la Glacière et meurt le lendemain à l’hôpital Cochin, à 20 ans. Sous la surveillance de la police, deux à trois mille personnes suivent son cercueil, porté par ses amis jusqu’à la fosse commune du Montparnasse. Ses restes y ont disparu ; son nom figure sur la tombe familiale de Bourg-la-Reine.
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Personnage(s) : Évariste Galois
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière Montparnasse — Tombe de l'abbé Grégoire (supprimée après son transfert au Panthéon en 1989)
Obsèques de l'abbé Grégoire ; l'archevêque lui refuse les sacrements, déclenchant une manifestation
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Personnage(s) : Henri Grégoire
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Élève de l’École polytechnique, Louis Vaneau a 19 ans quand éclate la révolution de Juillet. Le 29 juillet 1830, en uniforme de l’École, il charge en tête des insurgés contre la caserne de la rue de Babylone, tenue par les gardes suisses, et tombe abattu. Il est enterré le 31 juillet au Montparnasse avec les honneurs militaires de la Garde nationale ; la même année, une rue voisine de la caserne prend son nom, et il figure parmi les morts du 29 juillet sur la colonne de Juillet. Il repose dans la 1re division, sous une colonne ; chaque année, après le défilé du 14 Juillet, une délégation d’élèves de Polytechnique vient lui rendre hommage.
Emplacement : 1re division
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Personnage(s) : Louis Vaneau
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière Montparnasse — Tombe de Jean-Baptiste Lamarck
Botaniste puis zoologiste du Muséum, Jean-Baptiste de Lamarck classe les invertébrés, emploie le premier le mot « biologie » et formule, dans sa Philosophie zoologique de 1809, une théorie de la transformation des espèces que Darwin discutera. Aveugle durant ses dix dernières années, il meurt à Paris le 18 décembre 1829, pauvre et presque oublié. Ses restes sont déposés dans la fosse commune du cimetière du Montparnasse : il n'a pas de tombe.
Emplacement : 1re division
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Personnage(s) : Jean-Baptiste de Lamarck
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Surnommé « le sculpteur des Lumières », Jean-Antoine Houdon fixe les traits de Voltaire, de Diderot et de Rousseau, traverse l’Atlantique en 1785 pour modeler Washington, et expose au Salon de 1790 les bustes de La Fayette, de Mirabeau et de Bailly. En 1793, dénoncé par David au Comité de salut public pour une statue de sainte Scolastique, il est acquitté en la changeant en Philosophie, qui finit dans la salle des séances de la Convention. Il meurt à Paris le 15 juillet 1828, à 87 ans. Il repose dans la 1re division avec son gendre, l’archéologue Raoul Rochette ; chacun avait un médaillon de David d’Angers, aujourd’hui disparu.
Emplacement : 1re division
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Personnage(s) : Jean-Antoine Houdon
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière Montparnasse — Tranchée des suppliciés (le Champ de navets)
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3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière Montparnasse — Monument des Quatre sergents de La Rochelle
Sous la Restauration, quatre sergents du 45e régiment de ligne, Jean-François Bories, Jean-Joseph Pomier, Marius-Claude Raoulx et Charles Goubin, âgés de 20 à 26 ans, fondent dans leur unité une vente de la Charbonnerie, société secrète qui complote contre le régime de Louis XVIII. Jugés par la cour d’assises de la Seine, ils refusent de livrer leurs chefs, au premier rang desquels La Fayette, et sont guillotinés en place de Grève le 21 septembre 1822 ; tous crient « Vive la liberté ! ». Inhumés au cimetière Sainte-Catherine, leurs restes sont transférés en 1830 au Montparnasse, dans la 8e division, sous une colonnette qui porte leurs noms, au bord de l’allée des Sergents de La Rochelle. Sous la Commune, des communards exécutent leur dénonciateur, l’ancien sergent Goupillon.
Emplacement : 8e division
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3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cimetière du Montparnasse
Peintre de portraits normand devenu savant, Nicolas-Jacques Conté anime pour le Comité de salut public une commission sur l’usage militaire des aérostats ; une explosion dans son laboratoire lui coûte l’œil gauche. En 1794, le blocus prive la France du graphite anglais : il mélange graphite et argile, cuit le tout et l’enferme dans du cèdre, c’est le crayon. Membre du Conservatoire des arts et métiers, il meurt à Paris le 6 décembre 1805, à 50 ans. Transféré par ses descendants au Montparnasse, ouvert après sa mort, il repose dans la 3e division, avec l’architecte de la mairie du 15e, Désiré Devrez.
Emplacement : 3e division
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Personnage(s) : Nicolas-Jacques Conté
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Moulin Moliniste — Tour de la Charité — Moulin à vent
Moulin du 17ème siècle, ayant appartenu aux frères de la Charité ; il sera transformé en cabaret, fréquenté par des étudiants disciples du jésuite Molina. Le moulin de la Charité, situé au 3 boulevard Edgar Quinet dans…

Moulin du 17ème siècle, ayant appartenu aux frères de la Charité ; il sera transformé en cabaret, fréquenté par des étudiants disciples du jésuite Molina.

Le moulin de la Charité, situé au 3 boulevard Edgar Quinet dans le 14ᵉ arrondissement de Paris, est un vestige du XVIIᵉ siècle. Édifié vers 1661 par les Frères de la Charité de l’Ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu, il servait à moudre le blé pour approvisionner l’hôpital de la Charité, alors voisin. Ce moulin, surnommé « moulin moliniste » pour le distinguer du « moulin janséniste » tout proche, a traversé plusieurs époques et usages. Après la Révolution française, il passe sous la propriété de l’Assistance Publique et devient une guinguette, avant d’être intégré en 1824 dans l’enceinte du cimetière du Montparnasse, où il sert de logement au gardien.

La tour ronde en pierre, haute d’environ quinze mètres, est aujourd’hui le seul témoin des nombreux moulins qui jalonnaient autrefois la plaine de Montrouge. Au XIXᵉ siècle, le bâtiment se dégrade, mais la tour est restaurée en 1899 à l’initiative de la commission du Vieux Paris. Le sculpteur Antoine Bourdelle a envisagé d’y installer sa sépulture, projet finalement abandonné. Le moulin est classé monument historique en 1931. Molina est mentionné comme ayant une activité liée à ce lieu, sans précision biographique.

Ancien moulin de Montparnasse, Archives parisrévolutionnaire.org
Ancien moulin de Montparnasse, Archives parisrévolutionnaire.org

Ancien moulin de Montparnasse, Archives parisrévolutionnaire.org

Un ancien moulin servant d'habitation aux gardiens au cimetière Montparnasse, Léon Leymonnerye Léon, 1851, Wikimedia
Un ancien moulin servant d'habitation aux gardiens au cimetière Montparnasse, Léon Leymonnerye Léon, 1851, Wikimedia

Un ancien moulin servant d'habitation aux gardiens au cimetière Montparnasse, Léon Leymonnerye Léon, 1851, Wikimedia

Emplacement : lieu disparu
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Personnage(s) : Molina
3 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.

Toponymie — boulevard Edgar Quinet

1879
boulevard de Montrouge
Dénomination antérieure
Aujourd'hui
Boulevard Edgar Quinet
Dénomination actuelle
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Aujourd'hui

Le cimetière du Montparnasse est toujours en activité. On y vient autant pour se recueillir que pour flâner entre les tombes célèbres : Sartre et Beauvoir côte à côte, le cénotaphe de Baudelaire, la tombe de Man Ray ornée de sa propre formule — «Unconcerned but not indifferent». Un plan est disponible à l'entrée principale, boulevard Edgar Quinet.

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