Un festin civique est offert aux Fédérés arrivant à Paris sur les ruines de la Bastille

Emplacement de la Bastille

Commémoration de la Prise de la Bastille. 14 Juillet 1792, dessin de Jean-Louis Prieur.
Musée Carnavalet.

Le 25 juillet 1792, on festoya sur les ruines de la Bastille. Les convives étaient les volontaires venus des provinces pour défendre la Révolution. Seize jours plus tard, ils marchaient sur les Tuileries.

Depuis le début de l'été 1792, la France était en guerre avec l'Autriche et la Prusse. L'Assemblée avait déclaré la Patrie en danger. De toutes les provinces, des bataillons de fédérés convergeaient vers Paris. Ce même 25 juillet, le duc de Brunswick publiait son manifeste menaçant Paris de destruction si le moindre mal était fait à Louis XVI : la menace, quand elle parvint à Paris, n'eut d'autre effet que d'enflammer les esprits.

Sur l'emplacement de la Bastille — détruite depuis trois ans, le sol rasé, les fondations dégagées —, un festin civique fut offert aux fédérés arrivant dans la capitale. On mangea et on but sur ce sol symbolique : l'endroit même où quelque chose d'insupportable avait existé, et n'existait plus.

Seize jours plus tard, dans la nuit du 9 au 10 août 1792, ces mêmes fédérés — les Marseillais en tête, arrivés le 30 juillet avec leur chant de guerre — participaient à l'assaut des Tuileries. Louis XVI fut suspendu, puis emprisonné au Temple avec sa famille. La monarchie ne se releva pas.

Le festin du 25 juillet sur les ruines de la Bastille avait été, sans que personne le sache encore, le dernier repas paisible de la Révolution.