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Au 12 du boulevard des Capucines — cette longue artère qui longeait jadis les jardins des Capucins —, l'histoire s'est déposée couche par couche, comme un millefeuille de Paris. Avant que ne s'élève l'un des palaces les plus fastueux du Second Empire, c'est ici que Juliette Récamier tient salon, entre 1809 et 1818. Chateaubriand y lit Le Dernier Abencérage en 1814, Benjamin Constant y passe. En 1829, Laure Junot, duchesse d'Abrantès, y loge et y écrit ses Mémoires, avec dans son sillage un certain Honoré de Balzac.

En 1862, les frères Émile et Isaac Pereire, banquiers de génie et bâtisseurs du Second Empire, font surgir le Grand Hôtel de la Paix, œuvre architecturale saluée par Charles Garnier lui-même. Six ans plus tard, ses salons accueillent le premier banquet hippophagique de Paris : le naturaliste Isidore Geoffroy Saint-Hilaire et le vétérinaire Émile Decroix convainquent les convives de manger du cheval — scandale savoureux, premier pas vers la boucherie chevaline.

En mars 1871, le Grand Hôtel se mue en quartier général politique : l'amiral Saisset y installe son QG contre le Comité central de la Garde nationale, et c'est du tailleur Bonne, voisin de façade, que part la première manifestation des Amis de l'ordre. En 1919, ses salons voient se tenir le « Congrès de la Race Noire », réunion de cinquante représentants africains et afro-américains — dont W.E.B. Du Bois et Blaise Diagne — exclus des négociations de Versailles et étroitement surveillés par la police française. Le Café de la Paix, annexe mythique de l'hôtel, connaît ses propres turbulences : les Hemingway y réveillonnent en 1921 sans avoir de quoi payer l'addition, les garçons grévistes l'assaillent en 1937, et en 1942 un panneau « Interdit aux Juifs » en barre l'entrée.

Noms successifs du lieu
  • 1809 — 1818 Demeure de Mme Récamier, salon littéraire du Premier Empire
  • 1829 Demeure de la duchesse d'Abrantès, Laure Junot
  • 1862 Grand Hôtel de la Paix, inauguré par les frères Pereire
  • 1862 — XIXe–XXe siècle Grand Hôtel / Café de la Paix, haut lieu mondain et politique
  • Aujourd'hui InterContinental Paris Le Grand — Café de la Paix toujours en activité
Toponymie — boulevard des Capucines
boulevard des Capucines
Ce boulevard longeait les jardins du couvent des Capucines.
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Événements à cette adresse
12 événements · 1809 — 1942
Café de la Paix (panneau indiquant "interdit aux juifs")
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12 boulevard des Capucines — 9e arr.
12 boulevard des Capucines — 9e arr.
Café de la Paix
Les Hemingway n'ont pas de quoi payer la note du réveillon
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12 boulevard des Capucines — 9e arr.
Grand Hôtel
QG de l'amiral Saisset contre le Comité central de la Garde nationale
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Personnage(s) : Jean-Marie Saisset
12 boulevard des Capucines — 9e arr.
12 boulevard des Capucines — 9e arr.
12 boulevard des Capucines — 9e arr.
Grand Hôtel
Premier banquet hippophagique à Paris, à l'initiative du naturaliste Isidore Geoffroy Saint-Hilaire
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12 boulevard des Capucines — 9e arr.
12 boulevard des Capucines — 9e arr.
Demeure de Laure Junot, duchesse d'Abrantès
Emplacement : lieu disparu
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Personnage(s) : Laure Junot ·Honoré de Balzac
12 boulevard des Capucines — 9e arr.
12 boulevard des Capucines — 9e arr.
Café de la Paix/Café philosophique
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12 boulevard des Capucines — 9e arr.
Aujourd'hui

Rebaptisé InterContinental Paris Le Grand, l'hôtel a conservé sa façade Napoléon III et son faste intérieur classé. Le Café de la Paix, monument historique, reste ouvert sur le boulevard et sur la place de l'Opéra — l'un des rares cafés parisiens où l'on peut s'asseoir exactement là où l'Histoire, grande et petite, a pris ses habitudes.

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