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22
Rue du Chevalier de la Barre
Adresse

22 rue du Chevalier de la Barre

📍 22 rue du Chevalier de la Barre, 75018 Paris 📋 2 événements répertorié s 📅 1902 — 1905

Toponymie — rue du Chevalier de La Barre

1825
rue de La Barre
Dénomination antérieure
Aujourd'hui
Rue du Chevalier de La Barre
Dénomination actuelle
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Événements à cette adresse

2 événements · 1902 — 1905
Siège du journal "L'Anarchie"
Au 4 bis, rue d'Orsel (XVIIIe arr.), un homme sur des béquilles lance un journal qui va secouer le mouvement libertaire français pendant près de dix ans. Albert Libertad est un personnage hors norme. Abandonné à la…

Au 4 bis, rue d'Orsel (XVIIIe arr.), un homme sur des béquilles lance un journal qui va secouer le mouvement libertaire français pendant près de dix ans.

Albert Libertad est un personnage hors norme. Abandonné à la naissance à Bordeaux en 1875, handicapé des deux jambes, il traverse la vie sur ses béquilles avec une énergie qui désarçonne tout le monde — y compris la police. Installé à Montmartre depuis 1896, il est devenu une figure incontournable du milieu anarchiste parisien, un orateur redoutable qui harangue les foules dans la rue et n'hésite pas à se battre à coups de béquille quand l'occasion l'exige.

Ce 13 avril 1905, il lance L'Anarchie, journal individualiste qui paraîtra chaque semaine pendant 484 numéros, jusqu'en juillet 1914. Le programme est radical : ni Dieu, ni maître, ni patron — mais surtout, pas de parti. Libertad se méfie autant des organisations anarchistes que de l'État. Ce qu'il veut, c'est l'émancipation individuelle, ici et maintenant.

Autour du journal gravitent les « Causeries populaires », ces réunions de quartier où l'on débat de tout — amour libre, végétarisme, refus du salariat, éducation nouvelle. Le 4 bis rue d'Orsel devient un foyer d'agitation intellectuelle où passent des figures comme Émile Armand, André Lorulot, et plus tard un jeune Victor Serge, encore connu sous le nom de Kibaltchich.

Libertad ne verra pas la fin de son journal. Il meurt en 1908, à 33 ans, des suites d'une rixe. Mais L'Anarchie lui survivra — pour le meilleur et pour le pire, quand certains de ses lecteurs passeront de la théorie à l'acte.

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Personnage(s) : Libertad
22 rue du Chevalier de la Barre — 18e arr.
Siège du journal "L'Anarchie" — Causeries populaires de Libertad
Sans statuts, sans cotisation, sans inscription : dans une maison de la Butte, un anarchiste boiteux invente une école du peuple où chacun entre et parle. Albert Joseph, dit Libertad, est né à Bordeaux en 1875. Enfant…

Sans statuts, sans cotisation, sans inscription : dans une maison de la Butte, un anarchiste boiteux invente une école du peuple où chacun entre et parle.

Albert Joseph, dit Libertad, est né à Bordeaux en 1875. Enfant trouvé, infirme des deux jambes, il se déplace avec des béquilles dont il se sert aussi, dit-on, dans les bagarres avec la police. Il arrive à Paris à la fin des années 1890 et devient l'une des figures les plus reconnaissables de l'anarchisme individualiste français : orateur d'une véhémence redoutée, il tient des réunions dans les cafés, interrompt les meetings des partis, insulte les électeurs, prêche l'abstention.

En 1902, avec Georges Paraf-Javal, il fonde les Causeries populaires. Le modèle vient des Universités populaires, ces institutions d'éducation ouvrière nées après l'Affaire Dreyfus. Mais Libertad en retire tout ce qui ressemble à une organisation : pas de statuts, pas d'adhésion, pas de cotisation, pas de bureau. On vient, on parle, on écoute, on repart. La causerie est ouverte à quiconque entre.

Les thèmes sont ceux de l'anarchisme individualiste : la critique de l'État, du travail salarié, de la famille, de l'école, du vote, de l'armée, de l'alcool, de la viande. On y discute de néo-malthusianisme et de contraception, sujets alors passibles de poursuites. On y forme une génération entière de militants libertaires.

Le local principal s'installe au 22 rue du Chevalier de la Barre, dans le 18e arrondissement, maison de deux étages avec l'imprimerie au sous-sol et la rédaction au rez-de-chaussée, où les causeries se tiennent deux fois par semaine. En avril 1905, Libertad et sa compagne Anna Mahé y fondent le journal l'anarchie, écrit avec une minuscule initiale à la demande d'Anna Mahé, partisane d'une réforme de l'orthographe.

L'adresse est ironique. La rue du Chevalier de la Barre porte le nom du jeune homme supplicié en 1766 pour blasphème, symbole de la lutte anticléricale. Elle mène droit au chantier de la basilique du Sacré-Cœur, monument expiatoire édifié pour racheter les "crimes" de la Commune. Libertad et ses camarades tiennent leurs réunions antireligieuses à cent mètres du plus grand chantier catholique de France.

Libertad meurt en 1908, à trente-trois ans, des suites de coups reçus. Le journal lui survivra jusqu'en 1914.

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Personnage(s) : Libertad ·Anna Mahé
22 rue du Chevalier de la Barre — 18e arr.
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