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60
Boulevard Edgar Quinet
Adresse

60 boulevard Edgar Quinet

📍 60 boulevard Edgar Quinet, 75014 Paris 📋 2 événements répertorié s 📅 1923 — 1930

Toponymie — boulevard Edgar Quinet

1879
boulevard de Montrouge
Dénomination antérieure
Aujourd'hui
Boulevard Edgar Quinet
Dénomination actuelle
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Événements à cette adresse

2 événements · 1923 — 1930
Boîte de Nuit le "Maldoror" (ouverte pour le nouvel an 1929)
Un soir de Saint‑Valentin, ce n’est pas une histoire d’amour qui s’écrit, mais une déclaration de guerre littéraire. Sur le fond d'une dispute entre courants surréalistes, le 14 février 1930, une boîte de nuit parisienne…

Un soir de Saint‑Valentin, ce n’est pas une histoire d’amour qui s’écrit, mais une déclaration de guerre littéraire. Sur le fond d'une dispute entre courants surréalistes, le 14 février 1930, une boîte de nuit parisienne baptisée « Maldoror » devient la cible d’un petit commando surréaliste – André Breton, Louis Aragon, Elsa Triolet, René Char, Yves Tanguy, Georges Sadoul – furieux de voir le titre fétiche de Lautréamont transformé en simple enseigne à la mode. Pour eux, les Chants de Maldoror ne sont pas un décor chic, mais un texte de rupture, incompatible avec les banquettes de velours et les cocktails mondains.

Ce soir‑là, ils se présentent au « Maldoror » sans intention de danser. Leur objectif est clair : dénoncer la récupération commerciale d’un symbole de révolte poétique. La protestation prend vite la forme d’une intervention musclée : invectives contre la direction, slogans contre la bourgeoisie nocturne, perturbation de la soirée, échanges vifs avec le service et les clients. "Nous sommes les invités du compte de Lautrémont" crie Breton en ouvrant la casse. L’action est brève, mais suffisamment spectaculaire pour marquer les esprits. Robert Desnos se trouvait dans la boîte cette nuit‑là et prit part à la bagarre, cette fois aux côtés des clients plutôt que de ses anciens compagnons surréalistes.

L’épisode s’inscrit dans la série d’actions directes menées par les surréalistes à cette époque : irruptions dans les salles de cinéma, attaques contre les institutions culturelles jugées réactionnaires, refus que l’avant‑garde serve de vitrine à un mode de vie qu’ils combattent. En visant cette boîte de nuit, ils défendent à la fois un auteur, Lautréamont, et une idée : les signes de la révolte ne sont pas des marques déposées pour nuits branchées.

Au passage, cette affaire rappelle une tension toujours actuelle : dès qu’un geste artistique devient référence, il est tenté d’être récupéré, adouci, vendu. Le « commando Maldoror » rappelle bruyamment que certaines œuvres ont été écrites pour ébranler l’ordre, pas pour l’ambiancer.

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60 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
Cabaret Le Cri-Cri — Siège de la Principauté de Montparnasse
Proclamation de la "principauté de Montparnasse", qui deviendra "République" en 1926
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Personnage(s) : Paul Fort ·Han Ryner
60 boulevard Edgar Quinet — 14e arr.
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