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Au 9 de la rue Drouot, dans le 9e arrondissement, s'élève depuis le milieu du XIXe siècle le plus célèbre hôtel des ventes de Paris. Le terrain a une mémoire bien plus ancienne : au Moyen Âge, une ferme fortifiée — la Grange Batelière, dont le nom latin Granchia batiliaca évoque une propriété « bataillée », c'est-à-dire défendue — occupait ces lieux avant de céder la place à l'administration de l'octroi, puis à la salle des ventes.

L'Hôtel Drouot, dont le nom honore le général Antoine Drouot (1774-1847), fidèle entre les fidèles de Napoléon, devient très vite le théâtre d'histoires qui débordent largement le monde feutré des enchères. En septembre 1870, c'est ici que se tiennent les premières réunions des chefs de bataillons de la Garde nationale — assemblées tumultueuses dont naîtra le Comité central de la Garde nationale, embryon de la future Commune. Puis, en 1877, les huissiers y saisissent et mettent en vente les œuvres de Gustave Courbet pour financer la reconstruction de la colonne Vendôme, que le peintre-communard avait contribué à renverser. Scène amère : l'artiste est alors en exil en Suisse, il mourra la même année sans avoir soldé sa dette.

En 1891, c'est Paul Gauguin qui dépose trente toiles sous le marteau du commissaire-priseur. Il lui faut de l'argent — beaucoup — pour embarquer vers Tahiti. La vente rapporte près de 10 000 francs et finance le grand départ. Un demi-siècle plus tard, sous l'Occupation, les salles de Drouot servent à un tout autre genre de transaction : la liquidation forcée des biens spoliés aux familles juives, page sombre que l'institution mettra longtemps à assumer pleinement.

Noms successifs du lieu

  • Moyen Âge Ferme fortifiée dite « Grange Batelière » (Granchia batiliaca)
  • Époque moderne Administration de l'octroi
  • XIXe siècle Salle Drouot / Hôtel des ventes de Drouot
  • 1976 Démolition du bâtiment historique et reconstruction
  • Depuis 1980 Hôtel Drouot — hôtel des ventes reconstruit, toujours en activité

Toponymie — rue Drouot

rue Drouot
le comte Antoine Drouot (1774-1847), général de division.
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Événements à cette adresse

6 événements · 856 — 1940
9 rue Drouot — 9e arr.
Hôtel des ventes de Drouot
Paul Gauguin met 30 toiles en vente pour payer son voyage à Tahiti
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Personnage(s) : Paul Gauguin
9 rue Drouot — 9e arr.
9 rue Drouot — 9e arr.
Hôtel Drouot (démoli en 1976)
Dans les salles de ventes aux enchères transformées en quartier général, les chefs de bataillons de la Garde nationale se réunissent pour la première fois : c'est l'embryon du Comité central qui fera la Commune. Paris…

Dans les salles de ventes aux enchères transformées en quartier général, les chefs de bataillons de la Garde nationale se réunissent pour la première fois : c'est l'embryon du Comité central qui fera la Commune.

Paris est encerclé depuis le 19 septembre. Le gouvernement de la Défense nationale est enfermé dans la ville avec deux millions d'habitants. Jules Favre a rencontré Bismarck à Ferrières : ses propositions d'armistice ont été rejetées, mais l'idée même de cette rencontre a indigné les patriotes. Le gouvernement bourgeois qui prétend défendre Paris semble prêt à capituler.

Le 22 septembre 1870, au 9 de la rue Drouot, dans les locaux de l'Hôtel des ventes, les chefs de bataillons de la Garde nationale de Paris tiennent leur première réunion commune. Ce sont les représentants de l'ensemble des arrondissements de Paris : artisans, ouvriers, petits-bourgeois, républicains, socialistes, membres de l'Internationale pour certains. Depuis les décrets de septembre 1870, les chefs de bataillon sont élus par leurs hommes. Ils ont une légitimité populaire que le commandement militaire régulier n'a pas.

Leur objet est urgent : s'organiser pour ne pas être livrés, sans le savoir, à un commandement qui négocie en secret. Le gouvernement ne les consulte pas ; les généraux les méprisent ; les décisions de guerre se prennent sans eux. Ils veulent savoir ce que Jules Favre a négocié. Ils veulent que Paris résiste.

De cette première réunion naît une structure : le Comité central de la Garde nationale. Elle grandira pendant les cinq mois du siège, s'organisera, développera une capacité d'action autonome. C'est ce Comité central qui, dans la nuit du 17 au 18 mars 1871, refusera de laisser les soldats de Thiers enlever les canons de la Butte Montmartre. C'est lui qui déclenchera, de fait, l'insurrection de la Commune.

L'Hôtel Drouot de la rue Drouot, démoli en 1976, ne subsiste plus. Mais sa première réunion de septembre 1870 est inscrite dans la généalogie de la Commune : sans ce 22 septembre, il n'y aurait pas eu de 18 mars 1871.

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9 rue Drouot — 9e arr.
Ferme de la Grange Batelière (Granchia batiliaca, granche bataillée, donnent grange Batelière)
Emplacement : emplacement de l'Hôtel des ventes
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9 rue Drouot — 9e arr.
Confluent du "ru de Ménilmontant" avec celui de la "Grange Batelière"
Soi-disant confluent de deux ruisseaux imaginaires, celui de Ménilmontant qui n'est autre que le Grand Égout prolongé du ru de Belleville, avec un ru de la Grange Batelière qui n'a jamais existé que dans l'imagination de certains auteurs
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9 rue Drouot — 9e arr.

Aujourd'hui

Le bâtiment actuel, reconstruit après la démolition de l'édifice historique en 1976, abrite toujours l'Hôtel Drouot, hôtel des ventes aux enchères le plus fréquenté de France. Ses seize salles brassent chaque année des milliers de lots, des tableaux de maîtres aux objets de curiosité. L'adresse reste un rendez-vous incontournable pour chineurs, marchands et amateurs d'art.

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