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24 février 1848
Événement

À l'annonce de la défection de l'armée du général Bedeau,...

Palais des Tuileries
À l'annonce de la défection de l'armée du général Bedeau,...
Révolution de février 1848 - Adolfe Thiers, 1848 - Assemblée_nationale, galerie des représentants du peuple, d'après Émile Desmaisons

À l'annonce de la défection de l'armée du général Bedeau, Thiers conseille à Louis-Philippe de partir à St Cloud pour y rassembler des troupes et faire un retour offensif sur Paris... Déjà !

Dans les dernières heures de la monarchie de Juillet, la scène se joue encore aux Tuileries. Louis‑Philippe hésite, tergiverse, espérant qu’un dernier rééquilibrage militaire pourra sauver la situation. C’est là qu’intervient Adolphe Thiers, vieux routier de 1830, déjà obsédé par l’idée de « rétablir l’ordre » par la force. Quand on lui apprend que l’armée du général Bedeau commence à flancher, que les troupes fraternisent ou reculent devant l’insurrection, il comprend que le rapport de force à Paris est perdu pour le moment.

Son conseil au roi est alors très révélateur : quitter la capitale pour gagner Saint‑Cloud, y regrouper des forces fidèles et organiser un retour offensif sur Paris. Autrement dit, abandonner provisoirement le centre du pouvoir politique, laisser l’insurrection occuper le terrain, mais pour mieux revenir plus tard avec la supériorité militaire. Ce schéma – se retirer devant la rue, laisser monter une expérience révolutionnaire, puis revenir l’écraser – annonce déjà ce que Thiers mettra en pratique en 1871 contre la Commune : départ à Versailles, recomposition de l’armée, reconquête sanglante de la ville.

En 1848, le plan ne se réalise pas vraiment : la monarchie s’effondre plus vite que prévu, Louis‑Philippe prend la route de l’exil plutôt que celle d’une contre‑offensive organisée. Mais l’épisode des Tuileries, ce 24 février, montre bien comment Thiers pense la politique dans les moments de crise : accepter, si nécessaire, une retraite tactique, pourvu que la bourgeoisie conserve l’armée, l’argent et les appuis internationaux qui permettent ensuite de revenir frapper fort. Derrière le conseil donné au roi, on voit déjà se dessiner le futur « bourreau de la Commune ».