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Couverture — Histoire de la Révolution de 1848
Bibliographie

Histoire de la Révolution de 1848

STERN Daniel (pseudonyme de Marie d'Agoult)
Balland, 1984.
Livre
249 Fiches citant cet ouvrage
1984 Édition

Fiches citant cet ouvrage

249 fiches
Événement
Événement
1847
9 juillet 1847 — Le Château Rouge/Nouveau Tivoli
p 24
Lieu du premier banquet réformiste contre la Monarchie de juillet ; 1 200 participants dont 86 députés ; Thiers décline l'invitation
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Événement
1867
1867 — Demeure d'Alphonse de Lamartine
p 27-33
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Événement
1836
1836 — Demeure d'Alphonse de Lamartine
p 27-33
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Événement
1873
Événement
Date imprécise — Demeure de Camille Odilon Barrot
p 34-35
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Événement
Événement
1807
2 février 1807 — Maison natale d'Alexandre Ledru-Rollin
p 36-37
Le 2 février 1807, Alexandre Auguste Ledru-Rollin naît au 10 rue François-Miron, dans le quartier du Marais, à proximité de l'église Saint-Gervais-Saint-Protais. Fils du docteur Paul-Jérôme Alexandre Ledru, médecin et an …

Le 2 février 1807, Alexandre Auguste Ledru-Rollin naît au 10 rue François-Miron, dans le quartier du Marais, à proximité de l'église Saint-Gervais-Saint-Protais. Fils du docteur Paul-Jérôme Alexandre Ledru, médecin et antiquaire, et petit-fils du célèbre prestidigitateur Nicolas Philippe Ledru dit Comus, professeur de physique des enfants de France sous Louis XV, il grandit dans une famille de la bourgeoisie parisienne cultivée.

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Événement
Date imprécise — Demeure de Louis Blanc
p 37 & 367
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Événement
1842
1842 — Demeure de Louis Blanc
p 37 & 367
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Événement
1882
6 décembre 1882 — Cimetière du Père Lachaise (67ème division)/Tombe de Louis Blanc
p 37 & 367
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Événement
1864
Événement
1870
13 mars 1870 — Impasse Valmy/Demeure de Charles Forbes de Montalembert
p 53
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Événement
1848
1848 — Hôtel de Poulpry/Comité de la rue de Poitiers (parti de "l'Ordre")
p 53 & 641
Rassemblement conservateur des orléanistes et légitimistes ; ils se rallieront à Louis-Napoléon Bonaparte, l'essentiel étant de "conserver"
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Événement
Événement
Événement
1848
22 février 1848
p 66-68
Rassemblement d'étudiants contre la suppression des cours d'Edgar Quinet, de Jules Michelet et d'Adam Mickiewicz ; ils partent en manifestation vers la Madeleine
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Événement
1848
22 février 1848
p 67
Rassemblement d'étudiants devant l'Institut contre la suppression des cours d'Edgar Quinet, de Jules Michelet et d'Adam Mickiewicz
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Événement
1848
3 janvier 1848 — Palais Bourbon/Chambre des députés
p 68
Une manifestation de 3 000 étudiants dépose à la Chambre une pétition de protestation contre la suppression des cours de Michelet, Quinet et Mickiewicz
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Événement
1848
22 février 1848
p 83
Lieu de remplacement prévu pour le banquet réformiste interdit par François Guizot ; des tentes installées en plein air sur un terrain vague
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Événement
1848
22 février 1848 — Place de la Madeleine
p 87
Lieu de rassemblement alternatif suite à l'interdiction du banquet politique qui déclenchera la Révolution de Février 1848
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Événement
1848
22 février 1848 — Demeure de Camille Odilon Barrot
p 93
C'est le début de la Révolution de février 1848. Le 22 février 1848, tout commence presque calmement, dans un salon de la Chaussée d’Antin. Une délégation de l’opposition se rend chez Odilon Barrot, chef de file des réfo …

C'est le début de la Révolution de février 1848. Le 22 février 1848, tout commence presque calmement, dans un salon de la Chaussée d’Antin. Une délégation de l’opposition se rend chez Odilon Barrot, chef de file des réformistes, pour trancher la question qui met le feu aux poudres : maintenir ou non le grand banquet réformiste prévu à l’est de Paris, interdit par le gouvernement Guizot.

Barrot, Lamartine, Marrast et d’autres y pèsent le pour et le contre. Le banquet devait couronner la campagne des banquets, cette forme détournée de réunion politique par laquelle l’opposition réclame l’élargissement du suffrage. Mais le risque de heurts est réel, et la monarchie de Juillet a choisi la manière forte : interdiction pure et simple du cortège et du repas. Après discussion, Barrot obtient la résiliation de la manifestation, en échange de la promesse d’une mise en accusation des ministres à la Chambre.

Cette reculade des modérés ne calme rien. Dans la nuit, le banquet est officiellement annulé, mais, comme l’admettra Barrot lui‑même, « le char est lancé, et quoi que nous fassions le peuple sera demain dans la rue ». Le 22 février au matin, étudiants et ouvriers commencent à se rassembler, la Marseillaise aux lèvres, bien décidés à transformer l’interdiction d’un repas politique en ouverture d’une crise de régime.

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Événement
1848
21 février 1848 — Siège du journal "Le Siècle"
p 93 & 348
Réunion au sortir de chez Odilon Barrot, où se décide le recours aux armes en cas de répression ; 7 parlementaires seulement sont présents sur les 100 initialement inscrits pour le banquet
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Événement
1848
24 février 1848 — Palais Bourbon/Chambre des députés
p 99
Un escadron de dragons à cheval sorti de la caserne d'Orsay pour repousser la foule remet le sabre au fourreau ; symbole de l'isolement et de la défaite de la Monarchie de Juillet
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Événement
1848
23 février 1848
p 101
Les insurgés pillent un magasin d'armes de théâtre et de fantaisie ainsi que le vestiaire du théâtre de l'Ambigu
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Événement
1848
22 février 1848
p 101
Les insurgés prennent et incendient le corps de garde de l'avenue Marigny, un simple baraquement en bois, mais refluent devant le retour de la troupe
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Événement
1848
23 février 1848 — Magasin de l'armurier Lepage
p 101
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Événement
1848
22 février 1848 — Poste de garde de Monceau
p 102
C'est la première journée de la Révolution de février 1848. Quelques heures après la décision prise chez Barrot de renoncer au banquet, suite à l interdiction par le gouvernement, celle-ci n’est déjà plus qu’un épisode. …

C'est la première journée de la Révolution de février 1848. Quelques heures après la décision prise chez Barrot de renoncer au banquet, suite à l interdiction par le gouvernement, celle-ci n’est déjà plus qu’un épisode. Dans les quartiers Ouest, la contestation a changé de nature. Au poste de garde de Monceau, tenu par des gendarmes et des gardes nationaux, la tension finit par dégénérer : les manifestants attaquent le corps de garde, les forces de l’ordre ripostent, quatre insurgés sont tués, premiers morts de la Révolution de Février.

On n’est plus dans le registre du banquet symbolique, ni même de la seule démonstration de rue évoquée chez Odilon Barrot. Ici, c’est un point armé du dispositif royal qui est visé. L’épisode s’inscrit dans une série d’affrontements localisés : charges de cavalerie place de la Concorde, heurts autour des barrières d’octroi, premières barricades en préparation.

La nouvelle de ces morts circule rapidement en ville et radicalise les esprits. Elle confirme ce que les éléments les plus décidés de l’opposition pressentaient déjà : la partie ne se jouera plus seulement à la Chambre, mais sur le pavé. À partir de là, chaque poste attaqué, chaque barricade montée prend valeur de réponse directe à la fermeture politique entérinée la veille chez Barrot.


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Événement
1848
22 février 1848
p 105
Poste de garde pris dès le début de l'insurrection de Février 1848
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Événement
1848
22 février 1848
p 105
Poste de garde pris dès le début de l'insurrection de Février 1848
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Événement
1848
23 février 1848
p 107
Des gardes nationaux de la 3ème légion prennent parti pour le peuple, crient "vive la réforme" et s'opposent aux gardes municipaux qui tentaient de procéder à des arrestations
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Événement
1848
23 février 1848
p 107 & 113
Les gardes nationaux croisent la baïonnette avec des dragons qui tentaient de disperser la foule des insurgés. Cette nouvelle ébranle la sérénité affichée par Louis-Philippe
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Événement
1848
23 février 1848
p 107
Les hommes du 4ème bataillon de la 10ème légion de la garde nationale refusent d'obéir à leur colonel ; celui-ci démissionne
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Événement
1848
23 février 1848 — Caserne des gardes municipaux
p 115 & 126
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Événement
1848
23 février 1848 — Boulevard Montmartre au carrefour de la rue du même nom
p 120
Première apparition du drapeau rouge à Paris pendant la Révolution de Février 1848, à la tête d'un important cortège de manifestants du Fbg St Antoine se rendant à la Madeleine
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Événement
1848
23 février 1848 — Siège du journal "Le National"
p 121
Armand Marrast harangue les manifestants se dirigeant vers la Madeleine depuis une fenêtre du National, appelant à la revendication pacifique des réformes
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Événement
1848
23 février 1848 — Ministère des Affaires étrangères
p 121-123
Répression par le 14ème de ligne d'une manifestation boulevard des Capucines vers 22 heures ; ce sera le déclencheur de la Révolution de 1848, on relèvera 52 morts et quantité de blessés Le 23 février 1848, vers 22 heure …

Répression par le 14ème de ligne d'une manifestation boulevard des Capucines vers 22 heures ; ce sera le déclencheur de la Révolution de 1848, on relèvera 52 morts et quantité de blessés

Le 23 février 1848, vers 22 heures, le [[boulevard des Capucines|doc:boulevard-des-capucines.WebHome]] devient l’épicentre d’un basculement politique que personne ne maîtrise plus. Toute la journée, les manifestations se sont multipliées après l’interdiction du banquet réformiste : on chante, on fraternise parfois avec la Garde nationale, on démonte quelques pavés, mais beaucoup croient encore la situation rattrapable.

Devant le ministère des Affaires étrangères, la foule se masse pour acclamer la chute annoncée du ministère Guizot. Des torches, des drapeaux, des cris de « Vive la réforme ! ». Des compagnies du 14ᵉ de ligne sont déployées en travers du boulevard, théoriquement pour contenir la manifestation. Un mouvement de foule, un attelage qui s’engage, des manifestants qui veulent forcer le passage : la confusion s’installe au pied des baïonnettes.

Un coup de feu part – tir isolé ou geste d’un sous‑officier paniqué –, immédiatement suivi d’une décharge en règle contre la foule tassée le long des trottoirs. Quand le silence retombe, on relève 52 morts, des dizaines de blessés. Des corps sont chargés sur des tombereaux et promenés à la lueur des torches vers le centre de Paris : les cadavres deviennent argument politique.

Ce massacre de nuit brise net la stratégie de « réforme encadrée » de [[Louis‑Philippe|doc:louis-philippe-1er.WebHome]] et de [[Guizot|doc:francois-guizot.WebHome]]. Aux yeux des Parisiens, le régime a tiré sur le peuple désarmé. Dès lors, l’abdication du roi, le 24, n’apparaîtra plus comme une simple crise ministérielle, mais comme la réponse tardive à une révolution déjà déclenchée sur le pavé des Capucines.

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Événement
1848
23 février 1848 — Café Tortoni
p 123
Courant envoie chez Tortoni, le café des journalistes, pour essayer d'y expliquer le déclenchement de la fusillade du bd des Capucines, l'officier Baillet qui manque d'être lynché par la foule
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Événement
1848
23 février 1848 — Siège du journal "Le National"
p 125
Garnier-Pagès jure de venger la fusillade des Capucines au passage du tombereau des victimes. La révolution aura 289 morts : 275 hommes, 14 femmes. L'armée perdra 72 hommes
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Événement
1848
24 février 1848
p 126
Le magasin d'armes des gardes municipaux est pris d'assaut par les insurgés
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Événement
1848
24 février 1848
p 126
Une décharge à bout portant est tirée par la troupe pour disperser la foule, faisant plusieurs morts. La révolution aura 289 morts : 275 hommes, 14 femmes. L'armée perdra 72 hommes
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Événement
1848
24 février 1848 — Poste de la garde municipale devant l'ambassade de Turquie
p 138-139
Une vingtaine de gardes municipaux qui occupaient le poste de l'ambassade ottomane font feu sur la foule des insurgés, tuant et blessant plusieurs personnes
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Événement
1848
24 février 1848 — Siège du journal "La Réforme"/Quartier général de l'insurrection de Février 1848
p 141
Le journal La Réforme devient le quartier général de l'insurrection de Février 48, journalistes et politiques en assurant de fait l'organisation
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Événement
1848
24 février 1848 — Palais des Tuileries
p 144
À l'annonce de la défection de l'armée du général Bedeau, Thiers conseille à Louis-Philippe de partir à St Cloud pour y rassembler des troupes et faire un retour offensif sur Paris... Déjà ! Dans les dernières heures de …

À l'annonce de la défection de l'armée du général Bedeau, Thiers conseille à Louis-Philippe de partir à St Cloud pour y rassembler des troupes et faire un retour offensif sur Paris... Déjà !

Dans les dernières heures de la monarchie de Juillet, la scène se joue encore aux Tuileries. Louis‑Philippe hésite, tergiverse, espérant qu’un dernier rééquilibrage militaire pourra sauver la situation. C’est là qu’intervient Adolphe Thiers, vieux routier de 1830, déjà obsédé par l’idée de « rétablir l’ordre » par la force. Quand on lui apprend que l’armée du général Bedeau commence à flancher, que les troupes fraternisent ou reculent devant l’insurrection, il comprend que le rapport de force à Paris est perdu pour le moment.

Son conseil au roi est alors très révélateur : quitter la capitale pour gagner Saint‑Cloud, y regrouper des forces fidèles et organiser un retour offensif sur Paris. Autrement dit, abandonner provisoirement le centre du pouvoir politique, laisser l’insurrection occuper le terrain, mais pour mieux revenir plus tard avec la supériorité militaire. Ce schéma – se retirer devant la rue, laisser monter une expérience révolutionnaire, puis revenir l’écraser – annonce déjà ce que Thiers mettra en pratique en 1871 contre la Commune : départ à Versailles, recomposition de l’armée, reconquête sanglante de la ville.

En 1848, le plan ne se réalise pas vraiment : la monarchie s’effondre plus vite que prévu, Louis‑Philippe prend la route de l’exil plutôt que celle d’une contre‑offensive organisée. Mais l’épisode des Tuileries, ce 24 février, montre bien comment Thiers pense la politique dans les moments de crise : accepter, si nécessaire, une retraite tactique, pourvu que la bourgeoisie conserve l’armée, l’argent et les appuis internationaux qui permettent ensuite de revenir frapper fort. Derrière le conseil donné au roi, on voit déjà se dessiner le futur « bourreau de la Commune ».

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Événement
1848
24 février 1848
p 150-158
Attaque du poste du Château d'Eau par les insurgés ; dernier bastion de résistance de l'armée. Sa chute marque celle de la royauté. 38 insurgés et 11 soldats furent tués dans ces combats
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Événement
Événement
1848
24 février 1848 — Palais Bourbon/Chambre des députés
p 190-194
Lamartine tergiverse entre la régence de la duchesse d'Orléans et la constitution d'un Gouvernement provisoire, mais se prononce finalement pour cette seconde solution
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Événement
1848
24 février 1848 — Palais Bourbon
p 197
Théodore Six, ouvrier tapissier, s'oppose à la vandalisation de la chambre des députés. Le légalisme de la Classe ouvrière lui coûtera parfois cher, entre autres sous la Commune
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Événement
1848
24 février 1848 — Barricade rue St Jacques
p 209
Barricade en Février 48 représentée par un bas-relief sur le monument Arago de Perpignan, montrant François Arago et peut-être Alexandre Marie se rendant de l'Observatoire à l'Hôtel de Ville
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Événement
1848
24 février 1848 — Hôtel des Invalides
p 224-225
Après sa tentative de prendre le pouvoir pour son fils en se faisant nommer régente, la duchesse d'Orléans s'est réfugiée aux Invalides. Elle va devoir s'enfuir sous la pression des insurgés
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Événement
1848
25 février 1848 — Ministère de l'Intérieur
p 226
Guizot s'enfuit par la porte de derrière du ministère de l'Intérieur, accompagné de Duchâtel, Salvandy et Michel Hébert, au moment ou Odilon Barrot vient s'y installer pour le Gouvernement provisoire
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Événement
1848
25 février 1848 — Hôtel de Ville
p 246-250
Proclamation de la République à 2 heures du matin et désignation du Gouvernement provisoire ; Lamartine défend le drapeau tricolore contre le drapeau rouge. Dans la nuit du 24 au 25 février 1848, l’Hôtel de Ville ne dése …

Proclamation de la République à 2 heures du matin et désignation du Gouvernement provisoire ; Lamartine défend le drapeau tricolore contre le drapeau rouge.

Dans la nuit du 24 au 25 février 1848, l’Hôtel de Ville ne désemplit pas. La monarchie de Juillet vient de s’effondrer, les Tuileries ont été envahies, mais rien n’est encore réellement stabilisé : quelle forme de gouvernement ? Avec qui ? Au milieu du tumulte, entre délégations de quartiers, journalistes, ouvriers, étudiants et notables républicains, se fabrique, presque à voix haute, la future République.

Vers deux heures du matin, la décision tombe : la République est proclamée, et un Gouvernement provisoire est désigné. On y retrouve les grandes figures du moment – Dupont de l’Eure, Lamartine, Ledru‑Rollin, Arago, Garnier‑Pagès, Marie, Crémieux, Louis Blanc, Flocon, Albert… – mélange de républicains « respectables », de tribuns plus radicaux et de représentants symboliques des classes populaires. L’Hôtel de Ville devient officiellement le centre du nouveau pouvoir, au nom du « peuple de Paris ».

C’est aussi à l’Hôtel de Ville, le 25 février, qu’a lieu l’un des épisodes les plus commentés de ces journées : la confrontation autour du drapeau. Une partie des insurgés, emmenés par des militants comme Raspail, réclame l’adoption du drapeau rouge, couleur des luttes ouvrières et de la révolution sociale. Lamartine, lui, se dresse pour défendre le tricolore, qu’il présente comme le drapeau de 1789, de 1830, de la nation tout entière, là où le rouge ne serait, selon lui, « que le drapeau d’une seule classe ». Sa longue harangue, très théâtrale, l’emporte : le drapeau tricolore est maintenu, avec l’ajout de quelques symboles (comme la cocarde rouge) pour tenter de calmer les ardeurs populaires.

Cet épisode condense toute l’ambiguïté de la révolution de Février. D’un côté, la République est arrachée par une insurrection où les ouvriers et les quartiers populaires ont joué un rôle décisif ; de l’autre, sa forme et ses symboles sont aussitôt encadrés par des républicains « modérés » qui veulent une République politique, mais surtout pas une République sociale. Entre la proclamation nocturne, les cris venus de la place et la voix de Lamartine au balcon, on sent déjà la tension qui conduira, quelques mois plus tard, aux affrontements de Juin 1848.

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Événement
1848
15 mai 1848 — Hôtel de Ville
p 250-254
Les manifestants investissent l'Hôtel de Ville et proclament un nouveau Gouvernement provisoire ; ils sont délogés par la Garde nationale bourgeoise sous les ordres de Lamartine et Ledru-Rollin. Barbès et Albert sont arr …

Les manifestants investissent l'Hôtel de Ville et proclament un nouveau Gouvernement provisoire ; ils sont délogés par la Garde nationale bourgeoise sous les ordres de Lamartine et Ledru-Rollin. Barbès et Albert sont arrêtés

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Événement
1881
1 janvier 1881 — Cimetière du Père Lachaise (91ème division)/Tombe d'Auguste Blanqui
p 250-254
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Événement
1848
26 février 1848 — Bal du Prado/Société Républicaine centrale/Club Blanqui
p 252
Première réunion de fait de ce qui constituera le club révolutionnaire créé par Blanqui pendant la Révolution de 1848. Il le dirigera avec Théodore Dezamy. L'enfermé protestera toujours contre l'apellation "Club Blanqui"
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Événement
1848
25 juin 1848 — Barricade rue de la Tixeranderie/Barricade en Juin 1848
p 255
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Événement
Événement
1848
28 février 1848 — Palais du Luxembourg/Siège de la Commission du Luxembourg
p 264-267
Institution d'une Commission du gouvernement pour les travailleurs, alors que ceux-ci voulaient un ministère du Travail, dit "ministère du Progrès". Louis Blanc se laisse fléchir et accepte le gadget
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Événement
1848
28 février 1848
p 264-265
Une manifestation de 12 000 ouvriers réclame l'instauration d'un "ministère du Progrès et de l'Organisation du travail" et l'Abolition de l'homme par l'homme. Louis Blanc seul défend le projet. Le 28 février 1848, la pla …

Une manifestation de 12 000 ouvriers réclame l'instauration d'un "ministère du Progrès et de l'Organisation du travail" et l'Abolition de l'homme par l'homme. Louis Blanc seul défend le projet.

Le 28 février 1848, la place de Grève devient la caisse de résonance d’une revendication qui dépasse de loin la simple chute de la monarchie : des milliers d’ouvriers parisiens exigent qu’on organise réellement le travail et qu’on crée un « ministère du Progrès et de l’Organisation du travail », parfois aussi nommé « ministère du Travail et du Progrès ». En quelques banderoles, tout est dit : il ne s’agit plus seulement d’avoir une République politique, mais d’attaquer ce que les manifestants appellent l’« abolition de l’homme par l’homme », autrement dit l’exploitation dans l’atelier.

La manifestation, forte d’environ 12 000 travailleurs, s’appuie sur le décret du 25 février par lequel le Gouvernement provisoire, sous la pression des ouvriers armés entrés à l’Hôtel de Ville, a reconnu le droit au travail et la nécessité de l’« organisation du travail ». Trois jours plus tard, les mêmes milieux veulent passer du principe à l’instrument : un ministère spécifique, véritable « parlement des travailleurs », chargé de convoquer des « États généraux du travail », de limiter la journée, d’encourager les associations ouvrières, d’arracher les ateliers à la seule loi du profit.

Dans le Gouvernement provisoire, Louis Blanc est quasiment le seul à défendre ce projet jusqu’au bout. Lamartine, Ledru‑Rollin, Crémieux, Garnier‑Pagès et l’aile modérée redoutent qu’un tel ministère ne donne trop de poids autonome au monde ouvrier ; ils acceptent une Commission du Luxembourg, présidée par Louis Blanc, mais sans budget ni pouvoir exécutif, tout en repoussant l’idée d’un véritable ministère du Travail. Marx, dans Les Luttes de classes en France, souligne précisément ce point : la bourgeoisie accepte de reconnaître la question du travail, mais cantonne les représentants ouvriers au Luxembourg, loin du vrai siège du pouvoir d’État, et rejette la création d’un ministère spécial du Travail.

Pour lui, la journée du 28 février s’inscrit dans cette contradiction : la classe ouvrière, qui a fait la révolution « de concert » avec la bourgeoisie, tente d’inscrire ses propres revendications au cœur même de l’appareil d’État, tandis que la bourgeoisie républicaine s’empresse de borner ce mouvement. Le slogan d’« abolition de l’homme par l’homme » et la demande d’un ministère du Travail annoncent déjà la fracture à venir entre République bourgeoise et aspirations sociales, fracture qui éclatera en juin 1848 lorsque les Ateliers nationaux seront fermés.

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Événement
1848
27 février 1848
p 269-278
Inhumation des 196 morts de la révolution de Février. Proclamation de la République au pied de la Colonne de Juillet au cours d'une grande fête patriotique
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Événement
1848
novembre 1848 — Siège de l'Association démocratique des Amis de la Constitution/Palais National (ex Palais Royal)
p 296-297
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Événement
Date imprécise — Demeure du général Louis Eugène Cavaignac
p 296-297
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Événement
1848
1848 — Demeure du général Louis Eugène Cavaignac
p 296-297
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Événement
1857
1857 — Demeure du général Louis Eugène Cavaignac
p 296-297
Mort du ministre de la Guerre Eugène Cavaignac, promu maréchal de France pour bons et loyaux massacres en Juin 1848
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Événement
1848
mars 1848 — Prison de Clichy/Atelier d'uniformes pour la garde mobile
p 302-303
La création de la Garde mobile nécessite des uniformes. La prison de Clichy est transformée en atelier. Marx invente le terme "lumpenprolétariat" au sujet des déclassés recrutés. Ils se conduiront comme des bêtes fauves …

La création de la Garde mobile nécessite des uniformes. La prison de Clichy est transformée en atelier. Marx invente le terme "lumpenprolétariat" au sujet des déclassés recrutés. Ils se conduiront comme des bêtes fauves en Juin

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Événement
1848
4 mars 1848 — Ministère de la Marine
p 303-304
François Arago obtient la création d'une "commission d'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises". Elle sera dirigée par Victor Schœlcher. Esclavage rétabli par Bonaparte en 1802. Le 4 mars 1848, quelques jou …

François Arago obtient la création d'une "commission d'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises". Elle sera dirigée par Victor Schœlcher. Esclavage rétabli par Bonaparte en 1802.

Le 4 mars 1848, quelques jours après la révolution de Février, François Arago, nouveau ministre de la Marine et des Colonies dans le gouvernement provisoire, impose un tournant décisif : il fait créer une « commission d’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises ». Cette commission doit préparer très vite un décret général, afin d’éviter que l’on se contente de vagues promesses ou d’une émancipation lente et conditionnelle, comme le souhaitent une partie des colons et des milieux d’affaires.

Arago confie la présidence effective des travaux à Victor Schœlcher, républicain radical, familier des Antilles et de l’Afrique, qui milite depuis des années pour une abolition immédiate, sans rachat des esclaves par l’État. Autour de lui siègent des figures venues des colonies ou du mouvement abolitionniste, comme Auguste‑François Perrinon, officier martiniquais, Henri‑Joseph Mestro, Adolphe Gatine, Charles Gaumont, Louis Percin, ainsi que l’historien Henri Wallon, futur artisan de l’« amendement Wallon » sous la IIIᵉ République. L’objectif est clair : rédiger, en quelques semaines, un texte qui mette un terme sans équivoque à un système rétabli en 1802 par Bonaparte, après l’abolition de 1794.

La commission travaille dans l’urgence, auditionne témoins et délégués, discute du sort des nouveaux libres, de la citoyenneté, du travail et des indemnités éventuelles aux anciens maîtres. De ces débats sortira le décret du 27 avril 1848, qui proclame la liberté dans toutes les colonies françaises et fait de tous les anciens esclaves des citoyens à part entière – une rupture majeure, arrachée dans le sillage direct de la révolution parisienne de février.

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Événement
1848
mars 1848 — Palais de l'Élysée
p 314
Création d'une "Commission des dons patriotiques" présidée par Béranger et Lamennais pour recueillir les dons nombreux destinés à sauver l'économie nationale en crise après la Révolution de 1848
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Événement
1848
6 mars 1848 — Pavillon de Monceau/Rotonde de Chartres
p 327 & 567
Émile Thomas, qui vient d'être nommé par Louis-Antoine Garnier-Pagès, prend la direction des ingérables ateliers nationaux, dont la fermeture en juin provoquera la seconde Révolution de 1848. Le gouvernement provisoire d …

Émile Thomas, qui vient d'être nommé par Louis-Antoine Garnier-Pagès, prend la direction des ingérables ateliers nationaux, dont la fermeture en juin provoquera la seconde Révolution de 1848.

Le gouvernement provisoire de la IIe République vient de créer les ateliers nationaux le 27 février 1848, quelques jours à peine après la fuite de Louis-Philippe. L'objectif affiché : donner du travail aux milliers d'ouvriers parisiens que la crise économique a jetés au chômage. La réalité, moins avouable, est aussi d'étouffer dans l'œuf l'influence du socialiste Louis Blanc et de sa Commission du Luxembourg.

Pour diriger cette institution explosive, Garnier-Pagès, maire de Paris, se tourne vers un jeune ingénieur de vingt-huit ans sorti de l'École centrale : Émile Thomas. Le 6 mars, Thomas est nommé commissaire de la République et prend la direction du bureau central, installé dans l'ancien manège du parc Monceau, boulevard de Courcelles — à l'écart, délibérément, des quartiers populaires. En l'intronisant, Garnier-Pagès aurait lancé : « Un homme d'État vient de se révéler. »

Thomas s'attelle à une tâche proprement ingérable. Les inscriptions s'emballent : 6 000 chômeurs à mi-mars, 30 000 fin mars, 117 000 fin avril. Il tente d'organiser les effectifs sur le modèle militaire, mobilise les élèves de l'École centrale comme encadrants, multiplie les chantiers de terrassement. Mais les ateliers deviennent rapidement un gouffre financier et un foyer d'agitation politique — tout ce que les républicains modérés craignaient.

Le 27 mai, Thomas est brutalement écarté, enlevé à la sortie du bureau de son ministre et expédié à Bordeaux. Trois semaines plus tard, la fermeture des ateliers déclenchera l'insurrection des Journées de Juin — réprimée dans le sang.

La nomination du 6 mars avait armé la mèche sans le savoir.![[Organisation des ateliers nationaux, 1848, Émile Thomas|Ateliers_nationaux,_organisation, 1848, Émile Thomas.png]]

Organisation des ateliers nationaux, 1848, Émile Thomas

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Événement
1848
5 mars 1848 — Hôtel de Ville
p 327
Garnier-Pagès réunit les douze maires du Conseil municipal qui adoptent le plan d'Émile Thomas pour la gestion des ateliers nationaux. Ce dernier est nommé commissaire de la République
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Événement
1848
mars 1848 — Demeure de Joseph Sobrier
p 334-336
Lieu de réunions de la direction du Club des Clubs, comité Révolutionnaire pour les élections à l'Assemblée nationale constituante en 1848. Il réunissait trois délégués de chacun des autres clubs
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Événement
1848
14 mai 1848 — Demeure de Joseph Sobrier
p 335
Lieu de distribution d'armes et de munitions aux insurgés du 15 mai 1848. Appartement fourni par Caussidière, directeur de la préfecture de police ; sorte de préfecture annexe de la rive droite sous la houlette de Lamart …

Lieu de distribution d'armes et de munitions aux insurgés du 15 mai 1848. Appartement fourni par Caussidière, directeur de la préfecture de police ; sorte de préfecture annexe de la rive droite sous la houlette de Lamartine

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Événement
1848
25 février 1848 — Conservatoire national de Musique (vestibule à colonnes)
p 340
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Événement
1848
mars 1848 — Palais National/Palais Royal (rebaptisé)/Club de la Révolution
p 340-343
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Événement
1848
24 juin 1848 — Église St Gervais-St Protais/Quartier général des Insurgés de Juin 1848
p 344
Les Insurgés établissent leur QG dans l'église St Gervais pour attaquer l'Hôtel de Ville
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Événement
1848
février 1848 — Société Fraternelle centrale/Salle Valentino/Journal "Le Populaire"
p 345-346
Club fondé par Étienne Cabet réunissant les socialistes Icariens. Robert Owen, âgé alors de 77 ans, arrivé à Paris fin mars 1848, y prit la parole le 3 avril et fut acclamé
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Événement
1848
mars 1848 — Salle Bonne-Nouvelle/Salle des Spectacles-concerts/Comité central des élections
p 346
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Événement
1848
2 avril 1848 — Club central des Ateliers nationaux/Salle du Manège
p 346 & 592
Club créé par les chefs de l'état-major des Ateliers nationaux. Le ministre Ulysse Trélat, venu leur annoncer le 29 mai la démission d'Émile Thomas, est molesté et doit s'enfuir par la porte de derrière
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Événement
1848
mars 1848 — Club des Quinze-Vingts/Siège du journal "La République démocratique et sociale"
p 346
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Événement
1848
1848
p 346
Club révolutionnaire pendant la Révolution de 1848, rassemblant surtout des étudiants
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Événement
1848
2 mars 1848 — Ancienne préfecture de police/Club des droits et des devoirs
p 346
Constitution par Grandmesnil, dans les combles de la préfecture de police, d'un club des droits et des devoirs, organisé militairement, chapeauté par Caussidière
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Événement
1848
2 mars 1848 — La Sorbonne (grand amphithéâtre)/Club du 2 Mars
p 346
Le Club du 2 Mars naît dans l’effervescence qui suit la révolution de février 1848, quand les clubs politiques se multiplient à une vitesse folle à Paris. Il s’installe dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, ce qui l …

Le Club du 2 Mars naît dans l’effervescence qui suit la révolution de février 1848, quand les clubs politiques se multiplient à une vitesse folle à Paris. Il s’installe dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, ce qui lui donne d’emblée une visibilité et une capacité d’accueil importantes : on y tient de vastes assemblées où se mêlent étudiants, ouvriers, petits bourgeois et militants républicains.

Autour d’Eugène Dauzon et de ses proches (Prévost, Lallier, Christian Pitois, etc.), le club se veut à la fois tribune d’agitation démocratique et lieu de politisation accélérée, dans la lignée des clubs de 1793. On y discute suffrage universel, organisation du travail, droit au secours, responsabilité des nouveaux gouvernants, et très tôt s’y exprime une sensibilité nettement sociale, voire socialiste, qui le placera du côté des clubs les plus radicaux.

Cette radicalité explique qu’on retrouve le Club du 2 Mars très actif au moment des journées de Juin 1848. Ses orateurs ont contribué, en amont, à entretenir la défiance à l’égard de la fermeture des Ateliers nationaux et à appeler à une pression populaire sur l’Assemblée. Lorsque l’insurrection éclate, une partie de ses membres bascule vers le camp des insurgés ou, à tout le moins, sert de relais entre les faubourgs et les milieux étudiants, ce qui vaudra au club d’être dans le collimateur des autorités lors de la répression et du tournant répressif de l’été 1848.

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Événement
1848
mars 1848
p 346-347
Lieu de réunions du Comité central de la Société des Droits de l'homme et du citoyen
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Événement
Événement
1844
1844 — Siège du journal "Le Constitutionnel"
p 348
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Événement
1848
27 février 1848 — Siège du journal "Le Représentant du Peuple"
p 349
Parution du 1er numéro du journal fondé par Pierre-Joseph Proudhon, Le Représentant du Peuple
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Événement
1848
27 février 1848 — Siège du journal "Le Peuple constituant"
p 350
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Événement
1848
1 mars 1848 — Palais des Tuileries
p 353
Installation dans les grands salons de réception au premier étage du palais des Tuileries d'un service d'hôpital de 120 lits pour les invalides civils blessé au cours de la Révolution de Février
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Événement
1848
14 mars 1848 — Palais du Luxembourg/Chambre de l'ouvrier Albert
p 356-358
Trois semaines après la proclamation de la République, Marc Caussidière, nouveau préfet de police révolutionnaire, compulse les dossiers saisis rue de Jérusalem. Il y découvre une longue série de rapports signés « Pierre …

Trois semaines après la proclamation de la République, Marc Caussidière, nouveau préfet de police révolutionnaire, compulse les dossiers saisis rue de Jérusalem. Il y découvre une longue série de rapports signés « Pierre », remontant à 1838 : des comptes rendus minutieux des sociétés secrètes républicaines, de leurs réunions, de leurs complots. L'auteur a tout vu, tout entendu — il était des leurs.

Les soupçons se portent aussitôt sur Lucien Delahodde, journaliste, membre de la Société des droits de l'homme depuis 1832, installé à la préfecture en qualité de secrétaire général depuis la révolution. La confrontation des écritures lève le doute.

Caussidière convoque pour le soir même, dans la chambre qu'Alexandre Martin — l'ouvrier Albert — occupe au Luxembourg, seize des personnes désignées dans les rapports : Grandmesnil, Tiphaine, Sobrier, Bocquet, Bergeron, Pilhes, Léchallier, Mercier, Caillaud et d'autres. Albert lui-même ignore l'objet de la réunion. Caussidière arrive en compagnie de Delahodde, avec lequel il a dîné. Quand la salle est au complet, il prend la parole : « Citoyens, il y a un traître parmi nous. »

En s'entendant nommer, Delahodde bondit sur sa chaise et s'élança vers la porte. Caussidière l'avait devancé, tirant de sa poche un pistolet, il lui barrait le passage. Confondu par les dossiers, Delahodde implore la grâce. Albert intercède. On évoque le poison. Il fut résolu qu'on le laisserait vivre, mais qu'on le garderait au secret à la préfecture de police, avant transfert à la Conciergerie.

Delahodde était immatriculé rue de Jérusalem sous le pseudonyme de « Pierre » depuis 1838. Dix ans d'infiltration au cœur du mouvement républicain.

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Événement
1790
3 juillet 1790 — Hôtel des Monnaies/Demeure de Nicolas de Condorcet
p 360
En 1790, la Révolution vient de proclamer l'égalité de tous les hommes. Elle a oublié la moitié du genre humain. L'Hôtel des Monnaies, quai de Conti, est l'un des salons les plus courus de Paris. Sophie de Grouchy, épous …

En 1790, la Révolution vient de proclamer l'égalité de tous les hommes. Elle a oublié la moitié du genre humain.

L'Hôtel des Monnaies, quai de Conti, est l'un des salons les plus courus de Paris. Sophie de Grouchy, épouse de Nicolas de Condorcet, y reçoit depuis 1787 : philosophes, mathématiciens, hommes politiques viennent débattre dans les appartements que le poste d'inspecteur général des monnaies de son mari met à leur disposition. Sophie n'est pas que l'hôtesse. Philosophe elle-même, elle traduit Adam Smith et publie ses propres Lettres sur la sympathie en appendice. C'est un espace où les idées se fabriquent à deux.

Le 3 juillet 1790, le Journal de la Société de 1789 — fondé par Condorcet et Sieyès — publie « Sur l'admission des femmes au droit de cité ». Signé de Condorcet, mais sans doute écrit en partie avec Sophie.

L'argument est simple et dévastateur. Si les droits politiques découlent de la capacité à raisonner et à exercer un jugement moral, exclure les femmes est une contradiction flagrante : soit on admet qu'elles sont des êtres raisonnables, soit on avoue que la Révolution ne proclame pas des droits universels mais des droits masculins. Condorcet ne laisse pas d'échappatoire : l'exclusion des femmes repose sur « l'habitude » et « les préjugés », pas sur la raison.

Le texte paraît quatorze mois avant la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne d'Olympe de Gouges. Ni l'un ni l'autre ne sera entendu. La Constitution de 1791 confirme l'exclusion des femmes de la citoyenneté active. Celle de 1793 aussi. La Révolution, comme l'écrira Marx dans La Question juive, avait proclamé les droits « de l'homme bourgeois » — ceux du propriétaire masculin, pas de l'être humain en général.

Condorcet mourra en prison en mars 1794. Sophie survivra à la Terreur et à la ruine. Pour vivre sous le Directoire, elle tiendra une boutique.

Les femmes françaises voteront pour la première fois en avril 1944. Cent cinquante-quatre ans après ce texte écrit quai de Conti.

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Événement
1790
1790 — Demeure de Nicolas de Condorcet
p 360
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Événement
1848
mars 1848 — Bureau d'enrôlement des "Vésuviennes"/Club légion des "Vésuviennes"
p 364
Constitution d'une cohorte féminine, les "Vésuviennes", suite à un canular misogyne de Daniel Borme qui avait placardé dans Paris un faux appel d'enrôlement féminin
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Événement
1848
16 mars 1848
p 377-384
Manifestation réactionnaire violente de bataillons bourgeois de la Garde nationale contre le décret du Gouvernement provisoire d'étendre le recrutement à toute la population masculine
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Événement
1848
17 mars 1848
p 385-394
Manifestation organisée par Louis Blanc pour obtenir le report des élections et le retrait des troupes de Paris. Les blanquistes tentent en vain de la transformer en insurrection
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Événement
1848
1848 — Siège du journal "La Révolution démocratique et sociale"
p 399
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Événement
1848
mars 1848
p 446
Création à la mairie de Paris d'un service de recrutement de volontaires pour une légion belge d'intervention armée républicaine. Elle entre en concurrence avec l'initiative de Blervacq
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Événement
1848
1848 — Demeure de George Sand (chez son fils)
p 452 & 462
George Sand vit chez son fils. Elle devient la rédactrice principale du "Bulletin de la République", sorte de journal mural officiel affiché dans toute la France, dont elle radicalise maladroitement l'esprit
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Événement
1848
5 avril 1848
p 454
Un tribunal d'honneur est réuni suite à l'accusation émise contre Blanqui d'avoir fourni un rapport à Duchâtel en 1839 ; tentative de le discréditer pour l'éliminer politiquement, qui réussit partiellement
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Événement
1848
15 avril 1848 — Ministère des Affaires étrangères (1820-1853)
p 457-458
Au 37-43, boulevard des Capucines (IIe arr.), deux hommes que tout oppose s'enferment seul à seul pendant trois heures. Dehors, Paris retient son souffle. La scène est improbable. D'un côté, Alphonse de Lamartine, poète, …

Au 37-43, boulevard des Capucines (IIe arr.), deux hommes que tout oppose s'enferment seul à seul pendant trois heures. Dehors, Paris retient son souffle.

La scène est improbable. D'un côté, Alphonse de Lamartine, poète, orateur, chef de fait du gouvernement provisoire, l'homme qui a proclamé la République en février et qui gouverne à la force du verbe. De l'autre, Louis-Auguste Blanqui, conspirateur professionnel, vétéran de toutes les insurrections depuis 1827, que la bonne société considère comme le diable en personne. On est à huit jours des élections à la Constituante, et la tension entre républicains modérés et clubs révolutionnaires est à son comble.

C'est Paul de Flotte, officier de marine et futur héros de la Commune, qui sert d'intermédiaire. Il conduit Blanqui au ministère des Affaires étrangères, où Lamartine a ses bureaux. La rencontre stupéfie l'entourage du ministre : recevoir Blanqui, c'est recevoir l'insurrection en personne.

L'entrevue dure trois heures. Trois heures en tête-à-tête entre le poète du pouvoir et le révolutionnaire des cachots. De quoi ont-ils parlé ? Les sources sont maigres. On sait que Blanqui cherche à repousser les élections — il estime que le peuple de Paris n'est pas prêt, que la province conservatrice va écraser la République sociale. Lamartine refuse. Le lendemain, la journée du 16 avril tentera sans succès de renverser le gouvernement provisoire.

Deux visions de la République, face à face dans un salon ministériel. Aucune n'a convaincu l'autre.

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Événement
1848
avril 1848 — Hôtel de Ville
p 458
Constitution d'un centre de résistance à la politique du Gouvernement provisoire et de Ledru-Rollin en particulier
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Événement
1851
2 décembre 1851 — Demeure du Nicolas Changarnier (général)
p 460-461
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Événement
1848
15 avril 1848 — Ancienne préfecture de police
p 463
Caussidière, d'accord avec Ledru-Rollin et Louis Blanc, fait distribuer armes et munitions à ses partisans en prévision de la journée insurrectionnelle prévue pour le lendemain
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Événement
1848
16 avril 1848
p 464-465
Rassemblement des corporations sous prétexte de l'élection d'officiers de la Garde nationale au choix des ouvriers ; en fait en vue d'une tentative de chasser les têtes du Gouvernement provisoire Au matin du 16 avril 184 …

Rassemblement des corporations sous prétexte de l'élection d'officiers de la Garde nationale au choix des ouvriers ; en fait en vue d'une tentative de chasser les têtes du Gouvernement provisoire

Au matin du 16 avril 1848, les clubs ouvriers et les délégués des corporations convergent vers le Champ de Mars pour une réunion à laquelle le gouvernement provisoire les a lui-même conviés : élire les officiers de la Garde nationale. On est deux mois après Février, la République a dix semaines, et tout se joue encore. Aux bannières, les vieilles devises des canuts lyonnais : Vivre en travaillant ou mourir en combattant, Vive la République démocratique et sociale ! À la tribune improvisée, on parle d'ajourner les élections à la Constituante prévues pour le 23 avril : la province n'est pas prête, la contre-révolution s'organise.

Louis Blanc, Cabet, Raspail sont là ; Blanqui rôde — non sans méfiance à l'égard de Barbès, qui vient de fonder un club rival. De la rue de Poitiers à l'Hôtel de Ville, la droite et les modérés guettent le faux pas. Ledru-Rollin, ministre de l'Intérieur, le leur donne. Ou plutôt le leur fabrique : à neuf heures, il fait battre le rappel de la Garde nationale des quartiers bourgeois. Vingt brigades, deux cent mille hommes en armes, bientôt massés sur les boulevards. Consigne officielle : protéger l'Hôtel de Ville d'un complot communiste. Consigne réelle : écraser politiquement la gauche sociale sans tirer un coup de feu.

Quand le cortège part du Champ de Mars vers l'Hôtel de Ville pour remettre une pétition, il avance entre deux haies hurlantes : À bas les communistes ! À bas Cabet ! À l'eau Louis Blanc ! La délégation atteint le Grève, remet son texte à Lamartine, ressort sous les huées, reflue vers le Champ de Mars. Pas un blessé. Mais la partie est perdue : la République sociale vient d'être ostracisée au sein même de la République. Les Journées de Juin s'écrivent ce jour-là, en creux.

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Événement
1848
16 avril 1848 — Hippodrome (de 1845)
p 465
Les ouvriers des ateliers nationaux se rassemblent à l'Hippodrome, à l'initiative de Caussidière, en vue de rejoindre les corporations du Champ de Mars pour prendre ensemble l'Hôtel de Ville Hippodrome de la barrière de …

Les ouvriers des ateliers nationaux se rassemblent à l'Hippodrome, à l'initiative de Caussidière, en vue de rejoindre les corporations du Champ de Mars pour prendre ensemble l'Hôtel de Ville

Hippodrome de la barrière de l'Étoile, entre la place et la porte Maillot

Il faut imaginer la chose. Depuis 1845, juste en dehors des fortifications, là où la ville cesse, se dresse un curieux édifice de bois peint en bleu et blanc, style mauresque, cent trente mètres de long, mâts vénitiens et drapeaux. C'est le premier Hippodrome de Paris — pas un champ de course, mais une arène de quinze mille places où l'on donne, pour les Parisiens à la mode, des spectacles équestres et acrobatiques. L'architecte s'appelle Rohault de Fleury ; le lieu est tout neuf, inauguré le 3 juillet 1845.

Le 16 avril 1848, il change brièvement de fonction. Une partie des manifestants refoulés du Champ de Mars, ouvriers des faubourgs et délégués des ateliers nationaux, remonte par les Champs-Élysées et se retrouve, poussée par la Garde nationale, à la barrière de l'Étoile. L'Hippodrome leur offre le seul espace capable de contenir leur nombre. Ils s'y entassent, comptent leurs forces, tentent de se réorganiser. Aucune estrade, aucun orateur ne prend le dessus : la fatigue, l'humiliation, la colère s'échappent sans trouver de forme. On parle, on maudit Ledru-Rollin, on se disperse. Dans les jours qui suivent, l'Hippodrome sera rebaptisé Hippodrome de la République — dernier hommage avant la Révolution perdue.

Le bâtiment lui-même ne connaîtra pas dix ans : Haussmann fait démolir la barrière en 1854 pour redessiner la place de l'Étoile, et l'Hippodrome déménage avant d'être détruit. Aujourd'hui, là où les blouses exténuées s'étaient réfugiées, s'ouvre le carrefour le plus parcouru de Paris — douze avenues en étoile, une circulation ininterrompue et, au centre, l'Arc de Triomphe qui ne connaîtra jamais la défaite de ce jour-là.

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Événement
1848
1848 — Entreprise Bapterousse (fabrique de boutons)
p 470
Entreprise qui employait Alexandre Martin, dit l'ouvrier Albert, avant qu'il fasse partie du Gouvernement provisoire. Il était taxé par la propagande réactionnaire d'être un industriel millionnaire
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Événement
1848
20 avril 1848 — Arc de Triomphe (et Champs-Élysées)
p 471-473
Deux cent mille hommes en armes défilent dans Paris pour célébrer la concorde. Dans deux mois, ils s'entre-tueront. Ce 20 avril 1848, Paris se donne en spectacle à lui-même. Le Gouvernement provisoire de la République, n …

Deux cent mille hommes en armes défilent dans Paris pour célébrer la concorde. Dans deux mois, ils s'entre-tueront.

Ce 20 avril 1848, Paris se donne en spectacle à lui-même. Le Gouvernement provisoire de la République, né des barricades de Février, a décrété une « Fête de la Fraternité » — un grand défilé militaire qui doit sceller l'union de la Nation autour du suffrage universel tout juste instauré. Le rendez-vous est fixé à la place de l'Étoile, au pied de l'Arc de Triomphe que la monarchie de Juillet n'avait achevé que douze ans plus tôt.

Le cortège est immense. Deux cent mille hommes — Garde nationale, garde mobile, troupes de ligne — remontent les Champs-Élysées dans un ordre impeccable. Chaque bataillon de la Garde nationale reçoit un drapeau neuf des mains du Gouvernement provisoire. Les discours célèbrent la République, la fraternité, l'unité du peuple. Lamartine, omniprésent depuis Février, domine la cérémonie de sa stature romantique. Des estrades dressées sous l'Arc accueillent les membres du gouvernement ; la foule, massée le long de l'avenue, applaudit.

La mise en scène d'une fiction

La fête est grandiose, mais elle sonne faux — et tout le monde le sait. Depuis les journées de mars, la fracture entre la bourgeoisie républicaine et le prolétariat parisien ne cesse de s'élargir. Les Ateliers nationaux, créés pour absorber le chômage ouvrier, sont déjà dénoncés par la droite républicaine comme un gouffre financier et un foyer d'agitation. La Commission du Luxembourg, où Louis Blanc tente d'esquisser une organisation du travail, est marginalisée. Le suffrage universel lui-même — la grande conquête de Février — va se retourner contre Paris : les élections du 23 avril, trois jours après la fête, donneront une Assemblée constituante massivement conservatrice, dominée par les notables ruraux.

La Fête de la Fraternité est donc aussi la « Fête des Drapeaux » — un rituel de distribution où chaque bataillon reçoit son étendard tricolore comme gage d'allégeance à l'ordre républicain. Derrière la solennité, c'est un acte d'encadrement : on arme symboliquement la Garde nationale bourgeoise tout en lui rappelant qu'elle sert la République, pas la rue.

Le décor avant le massacre

Deux mois plus tard, en juin, le même gouvernement ordonne la dissolution des Ateliers nationaux. Le prolétariat parisien se soulève. La Garde nationale, celle-là même qui défilait sous l'Arc de Triomphe en avril, tire sur les barricades ouvrières. Le général Cavaignac écrase l'insurrection dans le sang : des milliers de morts, des milliers de déportés.

Marx, observateur acéré de la séquence 1848-1851, dissèque cette imposture dans Les Luttes de classes en France. La « fraternité » proclamée en Février et mise en scène en avril n'est pour lui que le voile idéologique d'une lutte de classes qui n'ose pas encore dire son nom. La bourgeoisie républicaine a besoin du prolétariat pour renverser la monarchie, mais une fois le trône à terre, elle n'a plus qu'une urgence : le désarmer. « La fraternité, écrit Marx, c'est la fraternité des classes antagonistes dont l'une exploite l'autre — cette fraternité proclamée en Février, inscrite en grandes lettres sur le front de Paris, sur chaque prison, sur chaque caserne — sa véritable expression, c'est la guerre civile dans sa forme la plus effroyable, la guerre du travail et du capital. »

Le 20 avril 1848, sous l'Arc de Triomphe, les drapeaux neufs claquent au vent. Le décor est parfait. Le drame est écrit.

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Événement
1848
1848 — Statue de la République/Quai Mal-Acquest
p 475
Première représentation officielle de la République suite à un concours organisé à la demande de Ledru-Rollin
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Événement
1848
15 mai 1848 — Palais Bourbon/Chambre des députés
p 492 & 532
Manifestation en faveur de la Pologne insurgée ; les dirigeants républicains sont arrêtés. L'Assemblée doit proclâmer à nouveau la République sous la pression des émeutiers
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Événement
Événement
1848
15 mai 1848 — Palais Bourbon
p 510-515
Une manifestation en soutien à la Pologne débouche, peut-être du fait d'une provocation d'Huber, sur l'envahissement de l'Assemblée qui va servir de prétexte à la répression des chefs républicains
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Événement
1848
15 mai 1848 — Salle Molière/Club des Droits de l'Homme
p 514-539
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Événement
1848
15 mai 1848 — Demeure d'Aloysius Huber (chez son ami Léonard Moulin)
p 516-517
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Événement
1848
15 mai 1848
p 517
Rassemblement, à l'appel d'Huber et de Sobrier, d'une manifestation en soutien à la Pologne. Elle aboutira à l'investissement de l'Assemblée et au basculement réactionnaire de la situation politique
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Événement
1848
14 mai 1848 — Demeure de Louis Blanc
p 518
Une réunion se tient chez Louis Blanc qui aboutit à décider de ne pas participer à la manifestation du 15 mai 1848. La plupart des dirigeants de clubs y sont également opposés
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Événement
1848
15 mai 1848 — Palais Bourbon/Chambre des députés
p 530
Le général de Courtais, accusé d'avoir laissé faire les insurgés, est molesté et démis de ses fonctions de commandant de la Garde nationale. Le colonel Clément-Thomas est nommé à sa place...
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Événement
1848
15 mai 1848 — Palais du Luxembourg
p 533
Arrestation d'Auguste-François Quentin à la demande de François Arago. Il fera partie des accusés du procès de Bourges intenté contre les dirigeants révolutionnaires
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Événement
1848
15 mai 1848 — Ancienne préfecture de police
p 542-543
La préfecture de police est transformée par Mercier en camp retranché après l'émeute du 15 mai 1848. Totalement isolée, elle se rendra sans combat. Entre temps, Cauusidière s'était enfui
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Événement
1848
mai 1848 — Jardin du Palais Royal/Palais National
p 546
Les républicains de l'Assemblée se réunissent début mai qu nombre d'environ 250 dans une galerie du Palais National dans le but de soutenir la Commission exécutive
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Événement
1848
21 mai 1848
p 550
Fête de la Concorde offerte aux gardes nationaux des départements, alors que les contradictions sont au pire entre le gouvernement, l'Assemblée et les ouvriers, à un mois des journées de Juin
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Événement
1840
août 1840 — Conciergerie
p 563
Louis-Napoléon Bonaparte et ses complices sont enfermés à la Conciergerie en attendant leur procès après la tentative de coup d'État de Boulogne sur Mer. Badinguet sera enfermé au fort de Ham, d'où il s'évadera sous le n …

Louis-Napoléon Bonaparte et ses complices sont enfermés à la Conciergerie en attendant leur procès après la tentative de coup d'État de Boulogne sur Mer. Badinguet sera enfermé au fort de Ham, d'où il s'évadera sous le nom de Pinguet

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Événement
1848
26 février 1848
p 565
Louis-Napoléon Bonaparte quitte son exil londonien pour Paris à l'annonce de la Révolution de Février. Mais il n'est pas encore le bienvenu. Le Gouvernement provisoire l'invite à rejoindre l'Angleterre
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Événement
1848
6 mars 1848 — Salle du manège de Monceaux/Bureau central des Ateliers nationaux
p 588-589
Création des Ateliers nationaux le 27 février 1848, suite à la proclamation du droit au travail le 25 ; leur suppression déclenchera l'insurrection de Juin. Ils auront alors incorporé 107 000 hommes
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Événement
1848
3 avril 1848
p 588
Journée de fraternisation entre étudiants et ouvriers des Ateliers nationaux. Le 5 juin, ils éliront Pierre Leroux, Charles Lagrange et Pierre-Joseph Proudhon comme délégués. Le 3 avril 1848, sur le Champ de Mars, étudia …

Journée de fraternisation entre étudiants et ouvriers des Ateliers nationaux. Le 5 juin, ils éliront Pierre Leroux, Charles Lagrange et Pierre-Joseph Proudhon comme délégués.

Le 3 avril 1848, sur le Champ de Mars, étudiants et ouvriers des Ateliers nationaux se retrouvent pour une journée de fraternisation. C'est l'un des moments les plus lumineux — et les plus éphémères — de la IIe République.

Les Ateliers nationaux ont été créés le lendemain de la révolution de février pour donner du travail aux chômeurs parisiens. Le gouvernement provisoire, coincé entre le principe du droit au travail proclamé par Louis Blanc et la méfiance de la bourgeoisie envers toute organisation ouvrière, a inventé une formule ambiguë : des ateliers de secours déguisés en chantiers publics, où l'on verse un salaire à des dizaines de milliers d'hommes pour des travaux souvent inutiles. En avril, ils regroupent déjà plus de cent mille personnes.

Ce 3 avril, les étudiants de l'École Polytechnique et d'autres établissements viennent fraterniser avec les ouvriers du Champ de Mars. La scène est touchante — deux mondes qui se découvrent, portés par l'élan républicain de février. Le 5 juin, ces mêmes hommes élisent ensemble comme délégués Pierre Leroux, philosophe socialiste, Charles Lagrange, et Proudhon lui-même — le théoricien anarchiste qui avait dit que la propriété, c'est le vol.

Trois mois plus tard, le gouvernement dissout les Ateliers nationaux. Les ouvriers se soulèvent. La répression fait entre trois et cinq mille morts. Cavaignac reçoit les pleins pouvoirs. La fraternité du Champ de Mars est finie.

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Événement
1848
15 mai 1848 — Palais Bourbon/Chambre des députés
p 593-598
Le premier discours de Pierre Leroux à l'Assemblée nationale crée l'évènement. Mais Goudchaux, ministre des Finances, vient aussitôt lui répondre au grand soulagement des députés bourgeois
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Événement
1848
22 juin 1848
p 603-607
Lieu de rassemblement des ouvriers du Fbg St Marceau. Des barricades sont érigées dans la rue St Jacques par 8 000 ouvriers des Ateliers nationaux et 56 délégués du 12ème arrondissement
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Événement
1848
22 juin 1848 — Palais du Luxembourg/Siège de la Commission exécutive du gouvernement
p 604-606
Manifestation contre la fermeture des Ateliers nationaux, prônée par Alfred de Falloux, dont le rapport à l'Assemblée provoqua l'insurrection du 22 juin. Se produit une altercation entre Marie et Pujol
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Événement
1848
22 juin 1848
p 606
Louis Pujol fait le compte-rendu de la rencontre d'une délégation avec les représentants du gouvernement au Luxembourg. Des ouvriers des ateliers nationaux font taire les cloches de St Sulpice
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Événement
1848
22 juin 1848
p 606-607
Second rassemblement de la journée de plusieurs milliers d'hommes qui partent en manifestation dans le faubourg St Antoine pour appeler à la lutte armée le lendemain matin
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Événement
Événement
1848
23 juin 1848
p 611
Trois des premières barricades de Juin 1848 entre la Porte St Denis et la rue Mazagran. Des combats se dérouleront dans le Fbg St Denis et le Sentier. Les drapeaux portent "Du pain ou la mort !"
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Événement
1848
22 juin 1848 — Jardin des Plantes
p 616
Une cinquantaine de meneurs de Juin 1848 se réunissent la veille du déclenchement de l'insurrection. Certains prétendront qu'ils ne furent pas arrêtés par provocation en faveur du gouvernement
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Événement
1848
Événement
Événement
1848
25 juin 1848 — Barricade en Juin 1848
p 621
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Événement
1848
23 juin 1848 — Barricade rue de Dunkerque en Juin 1848
p 622-623
Combats en Juin 1848 devant l'embarcadère du Nord qui vient d'être construit
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Événement
Événement
Événement
1848
23 juin 1848 — Café à l'angle des boulevard et rue St Denis/Quartier général de Lamoricière
p 625
Après la prise des barricades du bd Bonne-Nouvelle et de la Porte St Denis, Lamoricière, un des principaux responsables de la répression en Juin 1848 établit là son quartier général
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Événement
1848
23 juin 1848 — Barricade en Juin 1848
p 626
Les Insurgés tiennent un bon moment en échec les troupes commandées par le général Cavaignac
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Événement
1848
24 juin 1848 — Barricade de la barrière des Trois Couronnes/Barricade en Juin 1848
p 626
Victor Hugo participe à la prise de la barricade ; il dénonce Turmel comme étant le chef des insurgés. Isaluera devant l'Assemblée l'action de la Garde nationale. Toujours en retard d'une révolution, le cher grand poète
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Événement
1848
23 juin 1848
p 628
Les Insurgés édifient une barricade en face du Palais de Justice occupé par les gardes mobiles
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Événement
1848
23 juin 1848
p 628
Les Insurgés édifient une barricade sur le pont afin de tenter la prise de l'Hôtel de Ville
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Événement
1848
23 juin 1848
p 628 & 669
Les Insurgés qui tentent d'atteindre l'Hôtel de Ville parviennent jusqu'au marché St Jean mais finiront par être repoussés. L'ayant repris, ils en seront définitivement chassés le 25 Juin
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Événement
Événement
1848
23 juin 1848 — Barricade en Juin 1848
p 629
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Événement
1848
23 juin 1848
p 632-634
Recurt et Bixio prennent, les armes à la main, la tête des troupes à l'assaut des barricades érigées tous les 20 mètres dans la rue St Jacques
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Événement
1848
23 juin 1848 — Magasin de nouveautés "Aux Deux Pierrots"
p 633
Massacre des insurgés réfugiés dans le magasin par les gardes mobiles
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Événement
1848
25 juin 1848 — Barricade en Juin 1848
p 634 & 657
Barricade dressée lors des journées de Juin 1848, théâtre d'une vaine tentative de médiation. Une compagnie de la garde mobile y a été désarmée le 23 juin
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Événement
1848
23 juin 1848
p 634
Un des trois pôles de l'insurrection de Juin 1848. Le général Bedeau, un des principaux commandants de la répression, est blessé par une balle venue de la rue des Noyers
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Événement
1848
23 juin 1848 — Palais Bourbon/Chambre des députés
p 637
Anthime Corbon présente un projet de loi visant à éteindre l'insurrection. L'Assemblée le rejette, marquant ainsi son désir d'en découdre pour écraser toute revendication du "droit au travail"
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Événement
1848
23 juin 1848 — Palais Bourbon/Ancienne chambre des députés
p 648 & 700
Thiers propose, devant 300 députés conservateurs, sa tactique de quitter Paris pour rassembler des troupes et revenir écraser l'insurrection. Il l'appliquera finalement en 1871 contre la Commune
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Événement
1848
23 juin 1848 — Barricade rue Planche Mibray/Barricade en Juin 1848
p 649
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Événement
1848
23 juin 1848 — Barricades autour de l'église St Gervais-St Protais/Barricade en Juin 1848
p 650
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Événement
1848
23 juin 1848
p 650
Les Insurgés se replient devant les troupes du général Lebreton jusque dans les ateliers Cavé
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Événement
1848
23 juin 1848 — Barricade en Juin 1848
p 652
Combats violents en Juin 1848 sur trois barricades ; contrairement à février, les polytechniciens sont contre les insurgés
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Événement
1848
23 juin 1848 — Mairie de l'ex 8ème arrondissement (de 1793 à 1860)
p 652
Les Insurgés prennent la place des Vosges et la mairie de l'ex 8ème arrondissement sur laquelle ils hissent le drapeau rouge. 350 soldats de la ligne ont mis bas les armes
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Événement
Événement
1848
24 juin 1848
p 653-654
Dernier bastion de résistance des Insurgés sur la Montagne Ste Geneviève. Le général Damesme, qui dirige les troupes de répression, reçoit une blessure à la cuisse qui entraînera sa mort après une amputation
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Événement
1848
25 juin 1848 — Barricade rue du Fbg du Temple (dite "barricade rue St Maur")/Barricade en Juin 1848
p 655-656
Barricade photographiée par Thibault ; la façon dont on la situe généralement en référence au titre donné par Thibault à ses clichés, "Barricades rue Saint Maur avant et après l'attaque les 25 et 26 juin 1848", est erron …

Barricade photographiée par Thibault ; la façon dont on la situe généralement en référence au titre donné par Thibault à ses clichés, "Barricades rue Saint Maur avant et après l'attaque les 25 et 26 juin 1848", est erronée

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Événement
1848
24 juin 1848 — Douane centrale de Paris/Entrepôts de la douane
p 657
La prise des entrepôts de la douane permet au général Lamoricière de scinder la résistance des Insurgés. Elle marque, avec la prise du Panthéon, un tournant dans l'évolution des combats
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Événement
1848
23 juin 1848 — Manufacture des Gobelins
p 657
Les Insurgés, repoussés par les troupes de la répression, se retranchent dans la manufacture des Gobelins
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Événement
1848
24 juin 1848 — Barrière de Rochechouart/Barricade en Juin 1848
p 657
Violents combats en Juin 1848. Les troupes du général Lebreton se sont positionnées dans les abattoirs de Montmartre, à l'emplacement de l'actuel lycée Jacques Decour
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Événement
Événement
1848
24 juin 1848
p 668
Lagrange manque d'être fusillé par un groupe de gardes nationaux de l'Ordre qui l'accusaient d'être un ami de Barbès et de s'être opposé à la proclamation de l'état de siège
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Événement
1848
25 juin 1848 — Bal de la Belle Moissonneuse (corps de garde des Insurgés de Juin 1848)
p 668
Le général Bréa est pris en otage par les insurgés et exécuté ; Daix et Lahr seront guillotinés
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Événement
1848
24 juin 1848 — Demeure d'Alexandre Ledru-Rollin
p 668
Ledru-Rollin, considéré comme trop conciliant vis à vis des Insurgés, est poursuivi jusque chez lui en sortant de l'Assemblée par des menaces de mort
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Événement
1848
25 juin 1848 — Barricade à l'entrée du faubourg St Antoine/Barricade en Juin 1848
p 670
Chute de la barricade de l'entrée du Fbg St Antoine à 10 h 10
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Événement
1848
25 juin 1848
p 670-671
La place de la Bastille est entièrement ceinte de barricades en Juin 1848. Le drapeau rouge flotte sur la colonne de Juillet. Le général Négrier est tué d'une balle tirée par un de ses propres soldats
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Événement
1848
25 juin 1848
p 670
Les Insurgés se réfugient dans le grenier d'abondance. Il sera repris par les troupes de l'Ordre commandées par le général Négrier
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Événement
1848
25 juin 1848
p 670
Répression de l'insurrection de Juin dans le faubourg St Antoine ; 19 barricades dans cette rue, 65 dans tout le quartier ; elle fait 2 000 morts
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Événement
1848
25 juin 1848 — Barricade à l'entrée du faubourg St Antoine/Barricade en Juin 1848
p 672-677
Un rameau vert à la main, l'archevêque de Paris escalade la plus grande barricade de juin 1848 : il veut arrêter le massacre. Le massacre ne l'a pas attendu. Paris est en guerre civile depuis trois jours. Le 22 juin 1848 …

Un rameau vert à la main, l'archevêque de Paris escalade la plus grande barricade de juin 1848 : il veut arrêter le massacre. Le massacre ne l'a pas attendu.

Paris est en guerre civile depuis trois jours. Le 22 juin 1848, les ouvriers des Ateliers nationaux — ces chantiers créés par la République en février pour donner du travail aux chômeurs — apprennent que le gouvernement les ferme. Cent mille hommes jetés à la rue, sans travail, sans indemnité, avec pour seule proposition l'enrôlement dans l'armée ou le départ vers les marais de Sologne. Le 23, les barricades se lèvent dans tout l'est parisien.

Le général Cavaignac, investi des pleins pouvoirs par l'Assemblée, mène la répression avec méthode. L'artillerie pilonne les quartiers ouvriers. Le faubourg Saint-Antoine, cœur de l'insurrection, résiste. À son entrée, face à la place de la Bastille, une immense barricade barre la rue — la plus grande, la plus symbolique, la dernière à tomber.

C'est devant cette barricade que le général François de Négrier est tué d'une balle au front le 25 juin, en menant l'assaut. Et c'est sur cette même barricade que, quelques heures plus tard, Mgr Denys Affre, archevêque de Paris, décide de monter.

Affre a cinquante-quatre ans. Encouragé par Frédéric Ozanam, fondateur de la Société de Saint-Vincent-de-Paul, il s'est convaincu que son intervention personnelle peut ramener la paix. Cavaignac tente de l'en dissuader. L'archevêque insiste. Il part à pied vers le faubourg, accompagné de quelques fidèles, un rameau vert à la main en signe de paix, porteur d'une proclamation gouvernementale promettant le pardon aux insurgés qui déposeront les armes.

Il monte sur la barricade. Les tirs cessent. Le silence se fait — un silence improbable dans ce faubourg qui tonne depuis trois jours. Affre commence à parler. Mais un coup de feu claque. D'où ? La question n'a jamais été tranchée. L'opinion dominante veut que le premier tir soit venu des lignes de la Garde nationale. Les insurgés, croyant à un piège, ripostent. La fusillade reprend, chaotique. Au milieu de la confusion, une balle frappe l'archevêque dans les reins. Il s'effondre.

Les insurgés le portent au presbytère de Saint-Antoine sur un brancard de fortune. On le ramène le lendemain au palais épiscopal. Il meurt le 27 juin au matin. Ses derniers mots, entrés dans la légende : « Puisse mon sang être le dernier versé ! »

Il ne l'est pas. La répression de Cavaignac fera entre trois et cinq mille morts parmi les insurgés, auxquels s'ajoutent les déportations massives vers l'Algérie. L'insurrection de juin 1848 est, pour Marx, le moment de vérité de la révolution : dans Les Luttes de classes en France (1850), il y voit le premier affrontement ouvert entre le prolétariat et la bourgeoisie républicaine — la « fraternité » de février démasquée en « guerre civile sous sa forme la plus effroyable, la guerre du travail contre le capital ». La République avait promis du travail ; elle envoie l'artillerie. L'archevêque, entre les deux camps, tombe du côté où personne ne l'attendait.

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Événement
1848
1848
p 677
Club révolutionnaire qui fit campagne contre la répression de l'insurrection d'Avril 1848 à Rouen
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Événement
1848
25 juin 1848 — Boutique d'horloger-bijoutier de Marchal
p 678
Agricol Perdiguier sauve de la fusillade trois députés pris en otages par les Insurgés. D'autres témoignages parlent d'une boutique de la rue de Charenton
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Événement
Événement
1848
23 juin 1848 — Caserne Reuilly
p 678
Les Insurgés du Fbg St Antoine prennent en pure perte la caserne de Reuilly. Ils manqueront aux forces qui tentaient au même moment d'investir l'Hôtel de Ville
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Événement
Événement
Événement
1848
juin 1848 — Souterrain des Tuileries/Terrasse du Bord de l'Eau
p 690
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Événement
1848
juin 1848 — Hôpital St Louis
p 691
Admis à l'hôpital St Louis après les combats de Juin 1848, un blessé sur six meurt parmi les Insurgés alors que ce n'est le cas que pour un militaire su quinze
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Événement
1848
6 juillet 1848
p 692-693
Le 6 juillet 1848, une cérémonie funèbre solennelle rassemble au pied de l'obélisque de Louqsor ce que la Deuxième République compte de plus officiel. Le général Eugène Cavaignac, nommé Chef du Pouvoir Exécutif le 28 jui …

Le 6 juillet 1848, une cérémonie funèbre solennelle rassemble au pied de l'obélisque de Louqsor ce que la Deuxième République compte de plus officiel. Le général Eugène Cavaignac, nommé Chef du Pouvoir Exécutif le 28 juin par l'Assemblée nationale constituante, préside le cortège. Plusieurs prélats célèbrent la messe — dont trois évêques membres de cette même Assemblée. Armand Marrast est là, les officiers généraux, les délégations des gardes nationales et des gardes mobiles qui ont tenu les barricades contre les insurgés.

La cérémonie est dédiée à « toutes les victimes » des journées de Juin. Toutes. Sans distinction.

Du 23 au 26 juin, Paris s'était couvert de barricades. L'insurrection éclate en réponse au décret du 21 juin fermant les ateliers nationaux — structures créées après la révolution de Février pour absorber le chômage ouvrier. L'Assemblée, dominée par une majorité conservatrice qui n'avait eu de républicain que le nom, venait d'en voter la dissolution. Les ouvriers descendent dans la rue. Cavaignac reçoit les pleins pouvoirs. Il les exerce.

Le bilan est celui d'une guerre civile à sens unique : entre 3 000 et 5 000 insurgés tués pendant les combats, environ 1 500 fusillés sans jugement dans les jours qui suivent, 25 000 arrestations, 11 000 condamnations à la prison ou à la déportation en Algérie. « L'événement le plus formidable dans l'histoire des guerres civiles en Europe », écrira Karl Marx.

Il y a une ironie funèbre dans le choix du lieu. L'obélisque de Louqsor — cadeau de Méhémet Ali à la France, inauguré en 1836 — dresse sa flèche au centre de la place où Louis XVI fut guillotiné le 21 janvier 1793. La Révolution a changé de camp.

Une absence domine pourtant la cérémonie. Monseigneur Affre, archevêque de Paris, avait tenté le 25 juin de s'interposer sur une barricade du faubourg Saint-Antoine pour appeler à la trêve. Une balle l'avait frappé. Il mourut deux jours plus tard. Le 6 juillet, le siège archiépiscopal est encore vacant — Mgr Sibour ne sera nommé que le 10. Ce sont donc des évêques membres de l'Assemblée qui a voté la dissolution des ateliers nationaux qui officient pour les morts. Pour tous les morts.

Ce que la commémoration officielle accomplit avec soin, c'est effacer la ligne de partage entre ceux qui ont tiré et ceux qui ont été fusillés. Marie d'Agoult, qui écrit sous le nom de Daniel Stern son Histoire de la Révolution de 1848, rend compte de cette journée. La neutralisation symbolique des victimes est le but de l'opération : en mêlant les insurgés aux soldats dans un même deuil national, l'État dissout la question de savoir qui a ordonné le massacre.

La Constitution du 4 novembre 1848 achèvera ce que les canons ont commencé : le droit au travail, proclamé en Février, n'y figure plus.

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Événement
1848
31 juillet 1848 — Palais Bourbon/Assemblée Constituante de 1848
p 701-705
Pierre-Joseph Proudhon présenta son plan à l'Assemblée constituante. Il fut hué. La motion fut rejetée par 691 voix contre 2. Proudhon fut l'un des deux. Six semaines après les journées de Juin, l'Assemblée constituante …

Pierre-Joseph Proudhon présenta son plan à l'Assemblée constituante. Il fut hué. La motion fut rejetée par 691 voix contre 2. Proudhon fut l'un des deux.

Six semaines après les journées de Juin, l'Assemblée constituante était dans un état d'esprit particulier. Le général Cavaignac avait réprimé l'insurrection ouvrière avec de l'artillerie ; des milliers de travailleurs avaient été tués, déportés ou emprisonnés. On ne parlait plus de droit au travail. On parlait d'ordre.

Pierre-Joseph Proudhon, élu à Paris en juin 1848 lors d'une élection partielle, monta à la tribune le 31 juillet 1848 au Palais Bourbon. Il proposa un plan radical : réduire d'un tiers les loyers, les intérêts et les dettes commerciales, et substituer à la banque privée un système de crédit gratuit géré par l'État. L'auteur de "Qu'est-ce que la propriété ?" (1840), dont la réponse était bien connue ("La propriété, c'est le vol"), n'avait rien abandonné de ses convictions.

L'Assemblée l'hua. Adolphe Thiers répondit longuement, brillamment, au nom de l'ordre et de la propriété. Thiers avait cinquante et un ans ; il était déjà le défenseur le plus éloquent des intérêts bourgeois, et il le prouva ce jour-là. Le vote : 691 contre, 2 pour.

Marx analysa ces événements dans "Les Luttes de classes en France" (1850) : l'Assemblée constituante sortie des urnes d'avril 1848 représentait, selon lui, la fraction républicaine de la bourgeoisie industrielle et financière, non le peuple qui avait fait la révolution de Février. La séance du 31 juillet en était la démonstration la plus transparente.

Proudhon avait déclaré, dans un autre contexte, à ceux qui lui opposaient le droit au travail : "Donnez-moi le droit au travail et je vous abandonne le droit de propriété." L'Assemblée avait choisi.

Thiers, lui, reprit du service en 1871 : il donna l'ordre d'écraser la Commune de Paris. Mêmes convictions, même efficacité.

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Événement
1855
1855
p 702
Demeure de l'auteur de la "Théorie de la propriété". Interrogé sur sa présence dans le Fbg St Antoine pendant les journées de Juin 1848 , il avait répondu qu'il "était allé contempler la sublime horreur de la canonnade"
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