La Chambre vote à l'unanimité le droit de vote des femmes ; le Sénat refuse d'inscrire le texte à son ordre du jour

Palais Bourbon/Chambre des députés

Affiche des Elections législatives du 26 Avril 1936. "Les Femmes françaises veulent voter."

Bibliothèque Marguerite Durand.

Le 30 juillet 1936, les 495 députés de la Chambre votèrent à l'unanimité le droit de vote des femmes. Pas une voix contre. Le Sénat refusa d'examiner le texte. C'était la septième fois.

Depuis 1901, la Chambre des députés avait voté six fois en faveur du suffrage féminin. À chaque fois, le Sénat avait refusé d'inscrire le texte à son ordre du jour. En 1936, le gouvernement du Front Populaire semblait ouvrir une nouvelle époque : Léon Blum avait nommé trois femmes sous-secrétaires d'État — Irène Joliot-Curie, Cécile Brunschvicg, Suzanne Lacore. Elles siégeaient au gouvernement sans pouvoir voter.

Le 30 juillet, la Chambre vota. Unanimité totale : 495 voix pour, zéro contre. Le résultat était sans ambiguïté.

Le Sénat n'inscrivit pas le texte à son ordre du jour. Il ne le ferait pas non plus en 1937, ni en 1938, ni en 1939. La guerre vint ensuite, puis l'Occupation et l'effondrement de la IIIe République.

C'est par ordonnance que les femmes obtinrent enfin le droit de vote, le 21 avril 1944, du Gouvernement provisoire réuni à Alger sous de Gaulle. Elles votèrent pour la première fois lors des élections municipales de mai 1945.

La France était parmi les dernières démocraties d'Europe occidentale à franchir ce pas : l'Australie l'avait fait en 1902, la Finlande en 1906, la Grande-Bretagne en 1918. Le Sénat de la IIIe République avait tenu bon jusqu'à sa propre disparition.

Bibliographie