Guy Flavien, qui avait détruit dix à douze mille dossiers du STO, est arrêté place Adolphe Chérioux

Office régional du Travail de Paris/Bureau de Guy Flavien

Guy Flavien.

Entre 1943 et août 1944, Guy Flavien avait effacé dix à douze mille noms des listes du travail obligatoire. Il fut arrêté le 5 août 1944. La Libération de Paris eut lieu quatorze jours plus tard.

Le Service du Travail Obligatoire, institué par la loi du 16 février 1943, imposait aux jeunes Français de partir travailler dans les usines du Reich. L'Office régional du Travail de Paris, au 3 bis place Adolphe Chérioux dans le 15e arrondissement, gérait les listes, les convocations, les assignations.

Guy Flavien avait vingt-deux ans et était étudiant ingénieur quand il entra dans la Résistance en 1943. Il fut affecté au service du Travail de l'Office régional, dans une position qui lui donnait accès aux décrets du STO avant leur publication officielle. Il transmit systématiquement ces informations à la Résistance, notamment au commandant Massiet, responsable du mouvement "Ceux de la Résistance" et de l'état-major FFI de la Seine, qui pouvait ainsi prévenir les personnes visées.

Parallèlement, il détruisit entre dix et douze mille dossiers. Des noms rayés de la liste signifiaient des convocations qui n'arrivaient jamais, des jeunes gens qui restaient en France.

Guy Flavien fut arrêté le 5 août 1944. Paris allait être libéré le 25 août. Il fut déporté à Buchenwald. Il y mourut le 1er avril 1945, d'épuisement, sept mois après la Libération de Paris, à vingt-quatre ans.

Les dossiers qu'il avait détruits représentent autant de vies qui prirent un autre chemin que le sien.

Personnage(s)

Bibliographie

  • LR p 199-200